‹ Traité practique sur l'usage et le mode d'application des réactifs chimiquesChapitre 170 sur 181 · ANALYSE DES SOLS · texte numérisé non relu

ANALYSE DES SOLS

L*EXP09É , qui suit , des moyens à employer pour déterminer la composition d'un sol, est extrait d'un mémoire présenté par sir Humphry Davy , au département de Pagriculture.

I. Utilité de la recherche, par V analyse, de la nature des sots. — Les méthodes 5 qui ont pour objet Famélioration des terroirs , se liant immédiatement aveo la connaissance de la nature chimique des sols , les expériences sur leur composition semblent être susceptibles d'un g^rand nombre d'applications utiles.

L'importance de ce sujet a déjà été sentie par quelques savans distingués. Il a donné lieu à beaucoup de fait9 et d'observations intéressantes , annoncés par M. Young. 11^ été examiné par lord Dundonald, dans son Traité sur la connexité qui existe entre la chimie et l'agriculture, et M. Kirwan s'en est occupé daQS soû excellent Essai sur les engrais. Mais cet ob|et de recherches est encore loin d'être épuisé ; et le progrès rapide des découvertes en chimie fournit presque continuellement des méthodes nouvelles , qui tendent à éclaircir le sujet.

Parmi ces méthodes, sir Humphry Davy préiente l'exposé de celles qui, paraissant les plus précises et les plus simples, doivent être, par conséquent, les plus avantageuses à suivre par le cultivateur. Ces méthodes sont établies, en partie, sur les travaux des savans dont les noms viennent d'être cités, et, en partie, d'après quelques perfectionnemens trouvés depuis.

ANALYSE aai

Les substances qui constituent les sols, sont de certains mélanges ou combinaisons de quelques-unes des terres primitives , de matière animale ou végétale, en état de décomposition, de certains composés salins, et d'oxide de fer. Ces substances retiennent toujours de l'eau ; elles existent en proportions très -diverses dans différens terroirs; et c'est, pour en déterminer les quantités et découvrir leur mode d'union , qu'on soumet ces terres aux expériences de l'analyse.

II. Manière de rassemiier des sais pour l'analyse. — Lorsqu'il s'agit de reconnaître la nature générale du sol d'un champ, il en faut prendre des échantillons en différens endroits, à 6 ou 8 centimètres de profondeur, et eh examiner comparativement les propriétés. Il arrive quelquefois que , dans les plaines, tout le sol supérieur, c'est-à-dire la couche supérieure du terrain, est de la même espèce, et, dans ce cas, une seule analyse suffira. Mais daps les vallées et dans le voisinage des rivières, il y a des différences très-grandes; il se trouve parfois qu'une partie d'un champ est calcaire, et qu'une autre partie est siliceuse. Dans ce cas , et ceux analogues , il faut prendre des portions différentes de chaque espèce de terre , et les soumettre séparément à l'expérience.

Lorsqu'on ne peut pas examiner immédiatement les portions de sols recueillies pour eh faire l'analyse, on les conservera , sans qu'ils éprouvent de changement , en les mettant dans des fioles, qu'on a soin d'en remplir tout'à-fait, et de fermer ensuite, avec des bouchons de verre.

La quantité de sol la plus convenable pour une ana-

aSS AVALYSC

lyse parfaite^ est celle de la à a4 grammes. Cet échantilloD doit être pris par im temps sec f et il faut Texposer à l'air , jusqu'à ce qu'il ne manifeste plus d'humidité au toucher.

On peut constater la pesanteur spécifique d'un sol , c'est-à-dire, le rapport de son poids avec celui de l'eau » en introduisant dans une fiole , qui contiendra un poids connu d'eau , des virfumes égaux d'eau et de sol ; ce mélange , à volumes égaux 9 peut aisément se faire 9 en versant d'abord de l'eau pure dans la fiole jusqu'à moitié de sa contenance , et en y ajoutant ensuite la terre du sol 9 jusqu'à ce que le liquide se soit élevé à son orifice, tia différence entre le poids de cette fiole avec Teau et la terre , et celui qu'elle aurait étant remplie d'eau seulement, donnera le résultat cherché. Si, par exemple, le poids delà fiole, remplie d'eau seulement, étant de a4 grammes, le poids est devenu de 36 grammes lorsqu'elle contient moitié seulement de sa capacité de cette eau , et l'autre moitié de la terre du sol , la pesanteur spécifique de ce sol sera a; et, par conséquent, il sera deux fois plus pesant que l'eau. Si l'augmentation du poids de la fiole avec l'eau et la terre n'était que de 10 grammes, la pesanteur spécifique du sol serait de i853 , celle de l'eau étant de 1000.

Il est important de connaître la pesanteur spécifique d'un sol, parce qu'elle fournit une indication de la quantité de matière animale et végétale que le sol contient , ces substances étant toujours les plus abondantes dans les sols plus légers.

Il convient également d'examiner les autres propriétés physiques des sols, avant d'en faire l'analyse, parce

quMles dénotent, jusqu'à un certain point , leur composition , et servent de guides pour se diriger dans les expériences. Ainsi , les sols siliceux sont généralement rudes au toucher, et ils rayent le verre lorsqu'on les frotte dessus; les sols argileux adhèrent fortement à la langue» et lorsqu'on souffle dessus 9 ils émettent très- Sensiblement une odeur terreuse; les sols calcaires sont doux au toucher, et ils adhèrent beaucoup moins que les sols argileux.'

III. Mimière <U recofitiaitre la gtumtité d'eau dCab* sorption dans des sois» — Les sols, quoique aussi secs qu'ils puissent l'être par leur exposition continuelle à l'air, n'en contiennent pas moins encore, dans tous les cas, une quantité d'eau considérable, qui, adhérant avec force aux terres , ainsi qu'à la matière animale et vé(j;étale, n'en peut être chassée que par un très-haut degré de chaleur. La première opération de l'analyse est de dépouiller, autant que possible de cette eau, un poids donné du sol, en prenant garde toutefois de i^e pas affecter, sous d'autres rapports, sa composition; et cela peut se faire ainsi,en chauffant l'échantillon , à poids connu, du srol , pendant dix ou douze minutes, sur une lamipe à esprit de vin , dans une capsule de porcelaine , à une température égale d'environ i5o degrés centigrades; et, dans le cas où l'on ne ferait pas emploi d'un thermomètre , on s'assurera aisément du degré convenable de chaleur , en tenant un morceau de bois en contact avec le fond de la capsule. Tant que la coupleur du bois n'est point altérée» la chaleur n'est pas trop

aa4 ARALTSE

\ forte; mais lorsqu'il commence à se charbonner) il faut arrêter l'opération. Il restera peut-être alors une petite quantité d'eau dans l'échantillon du sol ; mais cette épreuve donne toujours des résultats comparatifs utiles. Si y au contraire , on poussait la chaleur au delà du point indiqué y la matière Yég;étale ou animale serait décomposée ; et , par conséquent, l'expérience ne pourrait offrir des résultats satisfaisans.

II faut noter avec soin la perte de poids qui résulte du dessèchement ; et, si sur 400 parties de sol elle s'élèvie à 5o , on peut considérer ce sol comme étant absorbant au plus haut degré, comme retenant l'eau, et l'on trou* vera généralement qu'il contient une grande proportion d'alumine. Si la perte de poids n'est que de ao à 10 parties, on en conclura que le sol n'est que légèrement absorbant, qu'il retient peu l'eau, et que la terre siliceuse y prédomine.

' IV. Manière de séparer ^ des sots, (es pierres, te gravier , et ies fibres végétales, — On ne doit point séparer du sol, dans Tétat où il se trouve, les pierres, le gravier ou les fibres végétales , jusqu'à ce que l'eau en ait été expulsée, car ces corps sont souvent eux-mêmes très-absorbans , et susceptibles de retenir l'eau; ils influent, par conséquent, sur la fertilité du terroir. Cependant , cette séparation devra se faire immédiatement après l'opération du dessèchement, et on l'effectuera aisément au moyen d'un tamis, le sol ayant été modérément broyé dans un mortier. Il faudra noter séparément les poids des fibres végétales, ou bois, du gravier et des

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pierres 5 et s^assurer de la nature de celles-^i. .$î ces pierres «ont calc£^ires » elles feront effervescence avec les acides; si elles sont de nature siliceuse, elles seront assez dures pour ray^r le verve; et si ce sont des pierres de la classe ordinaire de celles argileuses , elles seront douces au loucher, susceptibles d'être aisément coupées aci couteau , et incapable^ de faire effervescence avec les acides.

y. Séparation du sable d'avec l'argile au glaise. — Les sols contiennent , pour le plus grand nombre, outre le gravier et les pierres , de plus ou moins grandes proportions de sable de différent degrés de finesse; et 9 c'est une opération nécessaire-, la première, qui doit suivre dans le procédé de l'analyse, que de séparer ces substances, des parties à Tétat de plus petite division • telles que l'argile, la glaise, la marne , et la ma* tière végétale ou animale. On peut y parvenir d'une manière suflGisamment exacte , en agitant le sol dans l'esiu. Le sable grossier se séparera généralement alors dans une minute, et le plus fin en deux ou trois minutes, tandis, que les parties terreuses, très -tenues, la matière aniipale ou végétale, resteront pendant beaucoup plus long-temps en état de suspension mécanique; de sorte, qu'en décantant l'eau avec p^caution, an bout d'une, de de^x ou trois minutes, le sable sera principalement séparé des autres substances; l'eau, qui les tiefkt en suspension, étant mise sur un filtre, elles^'y trouveront déposées, après que l'eau l'aura traversé; on pourra alors rassembler ces substances, les sécher, et les peser; le sable sera également pesé , et il sera pris

!ia6 ANÀLTSE

note du poids des quantités respectives. L*eau qui a filtré doit être conservée , parce qu'elle se trouvera contenir la matière saline , et les matières animales et végétales solubles, s'il en existe dans le sol.

YI. Examen du sable. — Par le procédé de lavage et delà filtra tion : le sol (est séparé en deux portions, dont la plus importante est généralement la matière qui est la plus divisée. Une analyse particulière du sable n'est jamais, ou que très-rarement nécessaire; on en peut reconnaître la nature , de la même manière que celle des pierres ou du gravier. C'est toujours, ou du sable siliceux, ou du sable calcaire, ou un mélange de l'un et de l'autre. S'il consiste entièrement en carbonate de chaux , il se dissoudra rapidement et avec effervescence dans l'acide hydro-chlorique ; mais , si le sable est composé en partie de cette substance , et en partie de matière silieeuse , on peut en déterminer les quantités respectives , en pesant le résidu après l'action de l'acide, dont il faut augmenter la dose, jus* qu'à ce que toute effervescence ait cessé , et que la liqueur ait acquis une saveur acide. Ce résidu est la partie siliceuse. Il faut , après Tavoir lavé et fait sécher , l'exposer à une forte chaleur dans un creuset.

La différence, entre le poids de ce résidu et le poids de tout le sable 9 indique la proportion du sable calcaire.

yily. Eicamen deia matière très-divisée de sois s et manière de découvrir ia chaux et la magnésie. — La matière très «divisée du sol est ordinairement de

nature très-composée; elie contient quelquefois toutes les quatre tepres primitives des sols , ainsi que de la matière animale et végétale; et, ce qxCil y a de plus difidcile dans cet examen, c'est de déterminer les proportions des substanoes d'une manière suffisamment exacte*

La première opération à faire, dans cette partie de Tanalyse, est de soumettre la matière très-divisée du sol, à Taction de Tacide hydro-chlorique. *ll faut verser de cet acide sur la matière terreuse dans un bassin propre à Tévaporation , en quantité égale à deux fois le poids de la terre , lùais racide doit être étendu d'un volume d'eau qui soit double du sien. Après avoir remué souvent le mélange , on le laissera reposer pendant une heure et demie avant de l'examiner.

S'il existe dans le soi du carbonate de chaux , ou du carbonate de magnésie, il aura été dissous par l'acide, qui se charge également quelquefois d'un peu d'oxide de fer, mais très - rarement d'aucune portion quelconque d'alumine.

Après avoir filtré la liqueur, la mati&pe solide , restée sur le filtre, sera lavée avec de l'eau de pluie , puis séchée à une douce chaleur, et epsuite pesée. Ce qu'elle aura perdu àe, son poids indiquera la matière solide enlevée. On réunira l'eau de lavage à la dissolution , et si la liqueur n'est pas acide à la saveur, elle sera rendue telle, en .y ajoutant une nouvelle quantité de l'acide. On mêlera alors avec le tout un peu de dissolution d'hydro-cyanate de potasse. S'il se manifeste nn précipité bleu, ce sera une indication de la présence d'oxide de fer ; et dans pe cas 9 il faut ajouter gQutte

2a8 ÂMÀLTSB

à goutte ^e la diwoloUoD d'hydro^cyanate , jusqu'à ce qu'elle cesse de (produire aucoo effet. Pour recenuattré ensuite la quantité du précipité, après FaToir recueilli comme d'autres précipités solides, on le ebauffera au rouge : le tiâsuttat sei-a de Toxide de fer.

Dans le liquide , ainsi débarrassé de l'oxide de fer» on versera de la dissolution de caflx»nale dé potasse neutre » jusqu'à ce que toute effervescence ait cessé 9 et que l'odeur , ainisi que la saveut du liquide 9 iodi* quent un excès considérable de sel alcalin.

Le précipité qui s'est déposé est du carbonate dé chaux ; après l'avoir recueftHi par la filtration 5 on le fera sécber à une chaleur au-^dessous du rouge.

On fait bouillir ensuite la liqueur "filtrée pendant un quart d'heure. S'U y existe de la magnésie ^ cette terre se précipitera , à l'état de combinaison avee de l'acide carbonique ; et l'on pourra en reconnaître la^uantité de la ndème manière que pour le carbonate de

chaux.

Si, par quelques circonstances particulièi^és, une trèspetite portion d'alun^tfe avidt été dissoute par l'acâde^ elle se trouvera dkns le précipite «vec le carbonate de chaux , dont on pourra la séparer , en faisant bouillir pendant quelques minutes ce précipité avec une quantité de potasse caustique, suffisante, pour recouvrir la matière solide. La potasse csAistique dissout ralomine sans attaquer le caifbonate de chaux.

Lorsque le sol, tf ès-'divisé , est d'ume aaiture astez calcaire pour donner lieu, avec les acides, à une trèsvive efféifvescetice, ou peut, dans tofusies^ cas ordinaiies^ reconnaître la quantîté^de carbonate de chaux , qu'il con

DBS SOXiS. 399

tient, par up moyen trè^siinplcf, et suffîgamment exact.

Le carbonate de chay^:, d^ny aea divefs étfits, contient une proportion déterminé^ d'acide carbonique, c'eat«^à-4ire , ^iviron 4^ pour 100. Ainsi, lorsque la quantité 4e çfi fluide élastique , dégagé d'un spl pendant la dissolution de sa mfitîèi^ calcaire daps un acide, est Qonnuciji soit çn poids, soit en mesure, la quantité de ç^urboi^ate de cbiiuic s'^n \vfèrfi ^^s^inent.

Lorsqu'on veut procéder par réduction de poids, on pèse deu}( portions d^ Ta^id^ dfms une fiole,, et une portion 4^ ki nuati^re 4^ M 4^I^^ ^uç autre, et on mêle ensi^it^ CC4 deux portions trëjs^entement, jusqu'à cee^ation 4'^0<^*vescepoe : la dî(|)^i»pçe 4e po^di^, avant et apr^ r^Q^ériepç^ , indiqua }a quantité d*aci4e carbonise qv(i s'est 4ég^gée ; ça^ 4 P^vtites et 4eini^ 4^ cet api4e s doivent représenter 10 parties de carbonate de chwx-

La. Q»eUl#lire mé|i|o4§ pçyr recueillir le g^z açidç carbonique 9 4e ypiwîère à poiivpir ep ççi^nattré Iç yc^ Iqm^., cpmist§ ^ faire ns^g» 4» l'app^^reil ppeuniatique,

dont Ja constvMlim Qt l'application ^^ont ci-aprè^ expQs^e^ L'évalufitiofi ^9%9 poi^ chaque once mefure , ( 5i çeptm^trfis e^lm) 4'jîfii4e c^rtppîqwe, ]3*çentigrainipes 4e carbomte 4ç cb^ux.

yi{I. Moment dp recpnn^iiTiH ia qwmtité de matière anifnade et végétal^ tri^s^divisée in^pif^M^. — La matière fine du sol ayant été soumise à l'action de l'acide bydro^-Ç&iprique, U fs^ut alpr^ ç'oççupe^. de re- CoauaHr^ H qiiaptit^ de matière aniniale et végétale très-'4iv^#éi^ in§Q|p|)lç quf^ ce soi cpp^ient.

25a amâstse

On y parvient avec une précision suffisante^ en portant la masse à ré ta t de forte ignition dans un creuset^ sur uo feu ordinaire , jusqu'à ce qu'on n'y aperçoive plus rieu de noir. Il faut remuer souvent cette masse pendant l'opération 5' avec une baguette métallique , afin d'en exposer continuellement de nouvelles surfaces à l'air; la * perte de poids qu'elle éprouve , indique la quantité de la substance qu'elle contient, susceptible d'être détruite par le feu et l'air.

Il n'est pas possible de s'assurer si cette substance est entièrement animale ou végétale, ou si c'est un mélange de l'une ou de l'autre de ces matières. Lorsque l'odeur , qui s'exhale pendant l'ignition , ressemble à celle de plumes brûlées, c'est une indication certaine de quelque matière animale ; et , la production , dans le même temps ; d'une flammé bleue abondante , dénoté presque toujours une portion considérable de matière végétale. Dans les cas qui nécessitent que l'expérience 4ioit trèspromptement achel'ée, là destruction des substances décomposables peut être aidée par l'aelîon de nitrate d'ara*moniaque, jeté peu à peu pendant l'ignition , sur la masse chauffée, en quantité de ac parties pour 100 partiesdu sol résidu. Le nitrate d'aitimoniaqn'e , ainsi employé, fournit le principe nécessaire à la combustion de la tnar ty^re animale et végétale , dont il opère la conversion en fluides élastiques ; ^a^dis'^ qu^en mêihë temps ', ce nitrate lui-même, étant décomposé, se dissipe.

IX; Manière de séparer -ià matière argi€eû$e uH^ ticeuse s et Voxide de f&n — Les substaiâcies'qui irésieiit après la destruction de liet noratière animale et végétaile^

DBS SOIS. a3s

sont généralement des particules de matière terreuse, consistant ordinairement en alumine et en silice avec de Foxide de ièr combiné.

Four séparer ces substances les unes des autres , il faut faire bouillir la masse pendant deux ou trois heures avec de Tacide sulfurique , étendu de quatre fois son poids d'eau ; la quantité de Tacide se règle par la quantité du résidu solide sur lequel on doit le faire agir, en comptant, pour loo parties de ce résidu, 120 parties de Tacide.

Lu substance, qui reste après Taction dePacide, peut être considérée comme siliceuse ; il faut la séparer , et s'assurer de son poids, après l'avoir lavée et fait sécher comme à l'ordinaire.

L'alumine , et Toxide de fer , s'il en existe , SQnt dissous l'un et l'autre par l'acide sulfurique^ on peut les séparer, par une addition, de carbonate d'ammoniaque avec excès : Talumine est précipitée 9 et Toxide de fer, qui reste en dissolution , peut être séparé de la liqueur en la faisant bouillir.

Si, quelques portions quelconques de magnésie et de chaux ont échappé à la dissolution' dans l'acide hydrochlorique, on les retrouvera dans l'acide sulfurique. C'est cependant ce qui n'arrive presque jamais; mais le moyen d'en découvrir la présence, et d'en reconnaître les quantités, est le mième dans l'un et dans l'autre cas.

La méthode d'analyse, par l'acide sulfurique , est suffîsammenj; exacte pour toutes les expériences ordinaires ; mais, si l'on veut opérer avec une très-grande précision , il faut faire emploi , comme agent , de carbonate de potasse sec , en chauffant au rouge pen-

')aSd 1NALT8B

dant utHJ ëéttii^heute, dans un creuset d'argenf ou de poreelàine , le résidu de Tignitioti avec quatre fois soit poids de ce sel. On dissout , dans Tacide liydro-chlo* rique, là masse obtenue ^ et, après avoir évaporé la la dissolution prévue à Tétat solide , on j ajoutera de Fean distillée, qui dissoudra , en combinaison comme hjdro-cfalorates , To^de de fer et toutes les terres, là silice exceptée. La sîlice , après le procédé ordinaire du lavage , sera chauffée âù rôuge ; et les atiti'es sùb-^ stances pourront être séparées de la ménde manière que de^ dissolutions hydrè-dhloriques et sutfuriques.

€ê procédé est \in de ceux oidinaii^ement employée par les chimistes p<^ar Fatnôl j^e des (iiierrés.

X. Manière de déèawvrir ta matière animale et végétale soiuMe , et tes suèètanceè salines. — l^i l^ôii suppose la présence , dans le soi , dé qUelqùe tnatièi'e saline, ou de matière végétale où animale solûlble, un les trouvera dans l'eau d« lavage qui a servi à séparer le sable.

Cette eau doit être éiàpôrée j'udqti^â siccité , dàiis un vase ôonvenablé, à Uîie chaleur inférieure â èelle àe rébullitioh.

Si la niàlière solide obtenue e^t dé côulèUr brune , et inflammable , on peut là Considérer côifanie étant , en partie , uù extrait végétal. Si , ii)rsqu'èllé est chauffée , elle répâtid une bdeiir forte et fétîdé , elle <r6ntient une substance animale mucilàglrietjlse où gél'àtîiieusè; si cette matière est blanche èï trânsp'aréiité, éilê peut être considérée comme étant principale»inent saline. La présence du nitrate de potasse , ou dit

DES SOLS. S3a

nitrate de chaux , dans cette matière saline , se reconnaît à sa scintillation avec un charbon ardent. Le sulfate de ma^ésie peut àtre indiqué par sa saveur amère; et le sulfate de potasse, en ce qu'il ne produit aucun changenoient dans la dissolution de carbonate d'amuioniaque 9 mais^y qu'il précipite la dissolution d'bydro- chlorate de barite«

XI. Manière dt découvrir ta présence , dans des sotSf de suifaUj et phosphate^ de chavKR» — S'il y a Heu de soupçonner qu'il existe 5 dans le sol entier, du sulfate ou du phosphate de chaux, il faut avoir recours h un procédé particulier pour s'en assurer. On chaufifera au rouge , pendant une deiaî-heure 9 dans un creuset y une quantité connue » 100 parties , par exemple , de la matière du sol, mêlée avec 53 parties de poussière de charbon. On fera bouillir ensuite le ^mélange pendant un quart-d'heure^ dans un quart de litre d'eau , et y après avoir filtré la liqueur, on la laissera, pendant quelques jours, exposée à l'air libre dans un vaisseau ouvert. S'il existait dans le sol une quantité sohiMe quelconque de sulftite de chaux , il se formera peu à peu 5 dans la liqueur, un précipité blanc > dont le poids après qu'il aura été Séohé, indiquera la proportion.

Après cette séparation du suffate de chaux , on procédera, ainsi qu'il Suit, à celle du phosphate de chaux ,s\l y en a dans le sol. On mettra l'échantillon du sol, sur lequel on opère, en digestion dans une quantité d'actde hydrochlorique,'plus que suffisante pour saturer les terres solubles.» Après avoir évaporé la liqueur , on versera ,. «ur la matière solide y de l'eau, qui dissoudra les com«

a34 ANÀLT8B

posés terreux formés avec l'acide hydro-chloriqae^ et laissera le phosphate de chaux intact.

XII. Manière d'établir (es résultats et produits. — Lorsque rexamen d'un sol est complètement achevé ^ il faut classer les produits, et ajouter ensemble leurs quantités ; si la somme de ces produits est à peu près égale à la quantité du sol, mise en expérience, l'analyse peut être considérée comme exacte. Il faut, cependant, remarquer, que si le phosphate ou le sulfate de chaux a été trouvé dans le sol par le procédé indépendant ci-devant article XI, il convient de faire une correction, en en déduisant le poids, de la quantité de carbonate de chaux , obtenue , par précipitation ,. de Faction de l'acide hydro-chlorique.

En arrangeant les produits, il faut les établir dan» l'ordre des expériences d'où ils ^nt résultés.

Ainsi 4^0 parties d'un bon sol sablonneux siliceux , peuvent être supposés contenir :

PAAIUf.

£au d'absorption 18

Pierre, et gravier principalement siliceux. . . 4^

Fibres végétales non décomposées 10

Sable fin siliceux. . . . .' 2o5

Matière très-divisée , séparée par filtra-

tion , et consistant eq :

Carbonate de chaux. . • 25

Carbonate de magnésie. . . . . . 4

Matière destructible par la chaleur ,

principalement végétale 10

Silice .40

DES SOLS. a55

Ci-contre» . ^ 373

Idem 79

Alumine 55

Ôxide de fer '. . 4.

Matière soluble 9 principalement sulfate > ^ ^6

de potasse , et extrait végétal. . . 5

Sulfate de .chaux. . r 5

Phosphate de chaux. ....... 2

Total des produits 599

Perte. ...... 1

Dans cet exemple , la perte est supposée très-petite ; mais, en général, en effectuant les expériences, elle sera trouvée beaucoup plus grande, à raison de la difficulté de recueillir les quantités totales des différens précipités; et tant que la perte n'excède, pas une trentaine de parties, sur 4<)o , «1 n'y a pas lieu de soupçonner, qu'elle puisse être provenue '4e défaut de précision convenable dans les -opérations.

.. XIII. CMC méthode générale d'analyse peut être, dans beaucoup de cas, sensiMem^it simplifiée, — Lorsque , celui qui fait les analyses, se sera mis eu état d'être familiarisé avec l'usage des divers instrumens , les propriétés des réactifs, et avec les rapports qui existent entre les qualités extérieures et les qualités chimiques des sols , il trouvera très-rarement nécessaire de faire toutes les opérations qui viennent d'être, décrites. Lorsque 9^ par exemple, le sol à examiner, ne conti^iit pas une quantité notable de matière calcaire , on peut se dispenser de l'emploi de l'acide hydro-chlorique , art. YII. Dans l'analyse de sels tourbeux , il devra, principale-

d36 ' ÂHALTSE

ment, porter 0on attention sur Topération par le feu et Tair^ art. YIII; et, en opérant sur des sels de craie et de glaise, Tanalyste se trouvera souvent dans lecas de poavoir négliger Texpérience pair l'acide solfuriqae, art.|IX. Ceux , qui ne sont pas encore exercés aux manipulations chimiques , ne doivent pas s'attendre à une grande précision dans les résultats de leurs premiers essais. Ils rencontreront un grand nombre de difficultés ; mais , c'est en travaillant à se mettre en état de les vaincre, qu'ils acquerront la plus utile des connaissances pratiques ; et rien n'est plus instructif, dans les sciences expérimentales, que la découverte d'erreurs. On ne peut opérer avec exactitude dans l'art de l'analyse , sans avoir une parfaite connaissance de la chimie générale ; mais , il n'est peut-être pas de moyen plus convenable, pour acquérir cette connaissance , que celui de se livrer à des recherches originales. En s'occupant de faire les expériences qu'elles rendent nécessaires , on est .continuellement obligé de recourir aux ouvrages pour y apprendre l'histoire des substapces qu'on doit y employer, ou sur lesquelles il faut agir ; et les idées théoriques sont , d'autant plus avantageusement établies , qu'elles se lient aux opérations pratiques, et qu'elles s'acquièrent dans la vue et la poursuite d'une découverte.

XIV. De i' a/méUaratio^ des séis , otmwne se Uant. «u princife de ieur eampcsitum. •— Lorsqu'on examine un sol stérile, avec le projet deTaméliorer, il faut toujours , si cela est possible, le comparer avee un sol extrêmement fevtile dans le voisinage , et^ans une si-

DES SOLS. a37

tuation semblable : la différence ^ que présente leur analyse^ indiquerait les méthades de culture; et, ainsi , le plan d'amélioration serait fondé sur des principes scientifiques exacts.

Silesolfertile contient unegrande quantité desable^re-^ lativement au sol stérile, le procédé d'amélioration consisterait seulement à i^outer de cettesubstauce; et le moyen serait également simple à Tégard des sols dans lesquels il y aurait insuiEsance d^argile ou de matière calcaire»

Dans l'application y à des terroirs d'argile , de sable , de glaise 9 de marne , ou de craie , il n'y a aucuns principes chimiques particuliers à observer; mais, lorsqu'on emploie la chaux vive 9 il faut avoir grand soin que ce ne soit pas celle obtenue de la pierre calcaire magnésienne^ car , dan^ ce cas j ainsi que M. Tenuant Ta fait voir , elle est excessivement nuisible au terroir. On peut distinguer la pierre calcaire magnésienne de la pierre calcaire ordinaire, à sa plus grande dureté, et, à raison du temps plus long qu'elle exige |iour sa dissolution dans les acides ; l'analyse peut en être faite par le procédé de carbonate de chaux et 4e magnésie, art. YII.

Lorsque la oon^paratson analytique dénote un excès de matière végétale comme la cause à^ stérilité , elle peut être détruite par une grande pulvérisation et l'exposition à l'air , en pelant le sol et ie brûlant, an par l'action de chaux vive récemment fabriquée. Il faut suppléer au manque de matière aiUmale végétale par un engrais animid ou végétal.

XY. Le$ sols stériles, dansdés climats et situations divers 9 doivent différer en campositien. — Les In-

dicatiofts générales de fertilité et de stérilité , telles qu*elles résultent d'expériences chimiques, doii^nt nécessairement varier dans des climats divers , et par Tefiet de différentes circonstances. La faculté des sols pour absorber Thumidité , principe essentiel à* leur

fécondité^ doit être beaucoup plus grande, dans les contrées chaudes et sèches , que dans celles froides et humides ; et la quantité de terre âlumineuse fine, qu'ils contiennent , plus copsidérable. Les sols , situés sur le penchant des collines, doivent , également, avoir une plus grande faculté d*absorption d'humidité que les sols , dans le même climat , des plaines ou les vallons. La fécondité des sols doit aussi être influencée par la nature de ce qui est au-dessous , ou des lits terreux Ou pierreux sur lesquels ils reposent ; et il faut avoir particulièrement égard à cette circonstance , lorsqu'on prend en considération leur nature chimique et le système d'amélioration. Ainsi , un sol sablonneux peut devoir quelquefois sa fertilité à la faculté , qu'a le sol au-dessous , de retenir l'eau ; et un sol argileux absorbant peut échapper accidentellement à la stérilité, dans un climat humide, par Tinfluence d'un lit au-dessous de lui , de sable ou gravier.

XYI. Composition chimique des sots, fertiles en éié y dans le ciimat de l'Angleterre. — Ceux des sols qui sont les plus féconds en blé , contiennent toujours certaines proportions de terres âlumineuse et calcaire dans un très-grand état de division , et une certaine quantité de matière végétale ou animale.

La quantité de terre calcaire est , cependant , très-

Tarîable^ et, dans quesques cas^ excessivement petite. Sir Humphry Davy trouva^ dans un sol à blé trèsfertile , pris à Ormiston , dans Test de la province de Lothian en Ecosse, ii parties seulement, sur loo, de terre calcaire douce au toucher ; elle contenait 25 par-» ties 4e sable siliceux , et 4^ d'argile très-divisée. Elle perdit 9 parties en matière animale et végétale décomposée, 4 ^^ c^u 9 ^^ ^^^ donnait des indices d'une petite quantité de phosphate de chaux.

Ce sol était d'une contexture très-fine, et contenait très-peu de pierres ou de fibres végétales. Il n'est pas invraisemblable que sa fertilité ne se rapportât, jusqu'à un certain point , au phosphate de ehaux ; car on trouve cette substance dans le froment, l'avoine et l'orge, et elle peut être une partie de leur nourriture.

Sir Humphry Davy reconnut , qu'un sol d^s basses terres du comté de Sommerset , renommé pour donner, sans engrais , d'excellentes récoltes de froment et de fèves 9 consistait dans un neuvième de sablé , principalement siliceux , et dans huit neuvièmes de marne calcaire, ayant une teinte de fer, et contenant environ 5 parties sur 100 de matière végétale. Il ne put reconnaître dans ce sol la présence de phosphate ou de sulfaté de chaux ; de manière , que sa fertilité devait principalement dépendre de sa faculté d'attirer des principes de nourriture végétale, de l'eau et de l'atmosphère.

M. Tillet , dans quelques expériences qu'il fît sur la composition des sols de Paris , trouva , qu'un sol , formé de trois huitièmes d'argile, deux huitièmes de sable de rivière, et trois huitièmes de débris de pierre calcaire 9 était très-propre à produire du froment.

a.^O ANALYSE

XVII. De ia composition des sots propres pour tes racines tulheuses et pour tes arires, — L.es racines bulbeuses exigent, eu général, un sol beaucoup plus sablo^eux, et moins absorbant que les graminées. Un trèsbon sol à pomme de terre , pris à Yarfal, dans le comté de Gornouailles, fournit , à Tanalyse^qu'en fit sir Humphry Davy, sept huitièmes de sable siliceux, et sa faculté d^absorption était si petite , que loo parties de ce sol D*en perdirent que a par leur dessication à la température de 204 degrés centigrades.

Les plantes et arbres, dont les racines fibreuses et dures sont capables de pénétrer en profondeur dans la terre, végéteront avec avantage dans presque tous les sols ordinaires, qui sont modérément secs, et ne contiennent pas un très-grand excès de matière végétale.

Sir Davy trouva , que le sol , pris dans un champ à Scheiiield, comté de Sussex, remarquable par les beaux chênes qui y croissent , consistait dans 6 parties 4e sa« ble , sur une partie d'argile et de matière très-divisée ; 100 parties *du sol dans sa composition entière, qu'il soumit à l'analyse, lui donnèrent pour produits, savoir :

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