FER, Fe
Le fer est d'un gris clair. A l'état de pureté parfaite, sa couleur est presque blanche. Sa combinaison avec le carbone (fonte) en a une tantôt plus et tantôt moins foncée; celle avec une petite quantité de carbone (acier) est plus claire que le fer ordinaire et presque pur (fer en barres), qui ne contient qu'une proportion extrêmement faible de carbone. Le fer a beaucoup d'éclat. U est dur et malléable. L'acier est encore plus dur que le fer, surtout quand, après l'avoir chauffé, on le fait refroidir rapidement. La fonte est dure et cassante, principalement celle qui a une teinte blanche, car la fonte grise est moins cassante. Toutes les espèces de fer sont attirées par l'aimant. Cependant, il n'y a que l'acier, à proprement parler, qui conserve long-temps le magnétisme. Cette propriété distingue le fer de tous les autres métaux, i l'exception du nickel et du cobalt. Le fer est très-difBcile à fondre : l'acier est plus fusible que le fer en barres, et la fonte plus que l'acier. A la température ordinaire, l'air n'exerce aucune action sur le fer, lorsqu'il est sec; ce métal conserve même son apparence métallique à Tair humide. La rouille ou rhydrate ferrique dont il se couvre dans les chambres habitées et divers autres lieux dépend, suivant Bonsdorf, de ce que la surface présente, dans les fissures et inégalités dont elle est parsemée, des points oxydés sur lesquels les vapeurs d'eau se déposent, et donnent lieu à la formation d'hydrate ferrique. Quand le fer est
couvert d'une couche mince de batitures, la production de l'hydrate ferrique a lieu au bout d'un laps de temps très-court.
Lorsqu'on fait rougir le fer à l'air, il s'oxyde, et se couvre d\me couche composée d'une combinaison d'oxydes ferreux et ferrique ( batîlures). Si on le chauffe jusqu'au rouge-blanc, soit à l'air, soit dans du gaz oxygène, il brûle en lançant des élincelles; le fer brûlé est alors fondu, et consiste également en un mélange d'oxydes ferreux et ferrique. La pesanteur spécifique du fer en barres est de 7,7.
Le fer se dissout aisément dans l'acide chlorhydrique, en donnant lieu à un dégagement de gaz hydrogène : la dissolution contient du chlorure ferreux. Les fers chaigésde carbone d^agent, quand on les traite par l'acide chlorhydrique, un gaz hydrogène qui exhale une odeur désagréable : il reste aussi, après la dissolution de ces fers, un résidu brun^ charbonneux. L'acide nitrique dissout aisément toutes les espèces de fer. Quand on dissout du fer dans de l'acide nitrique froid et étendu, la dissolution contient de Toxyde ferreux; lorsqu'au contraire on le dissout à chaud dans l'acide, cette dernière ne contient que de l'oxyde ferrique. Après que les fers chargés de carbone se sont dissous dans l'acide nitrique, il reste une substance brune et molle; dans ce cas, pendant la dissolution, outre du gaz oxyde nitrique, il se dégage aussi du gaz acide carbonique. L'acide sulfurique concentré, qu'on chauffe avec du fer, le convertit en sulfate ferrique, au milieu d*un dégagement d'acide sulfureux. Le fer se dissout aisément dans l'acide sulfurique étendu, et du gaz hydrogène se dégage pendant la réaction : la dissolution contient de l'oxyde ferreux. Lorsqu'on dissout des fers chaînés de carbone dans de l'acide sulfurique étendu, il se dégage un gaz hydrogène fétide, et il reste un résidu noir. Presque tous les autres acides solublcs dans l'eau se comportent de même que Tacide sulfurique étendu. Le résidu que les fers chargés de carbone laissent après avoir été traités par les acides contient souvent de l'acide silicique. Quand on fait passer un courant de chlore gazeux sur du fer échaufTé, si le chlore est en suffisante quantité, le métal se convertit en chlorure ferrique, susceptible d'être sublimé.
Le fer décompose très-facilement l'eau, au rouge obscur, avec dégagement de gaz hydrogène et formation d'oxyde ferroso-ferrique magnétique.