‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 144 sur 167 · Marche de Canatyte pour trouver la base ou le métal · texte numérisé non relu

Marche de Canatyte pour trouver la base ou le métal

A. On traite d'abord par la dissolution du sulfide hydrique la dissolution acide et étendue d'eau du sel insoluble dans Teau. S'il se produit un précipité, la base appartient à celles qui sont comprises depuis le n9 14 jusqu'au ïi9 25. C'est par conséquent de Voxyde ferrique^ de Voxyde cadmique, de Yoxyde plombiquey de Yoxyde bU^ muthique, de Voxyde cuivrique, de Voxyde argentique , de Voxyde mercureux , de Voxyde mercurique , de Voxyde auriqus, de Voooyde ttanneux, de Yoxyde stannique, ou de Yoxyde antimonique. Pour distinguer ces oxydes Tun de l'autre , on suit la même marche que celle qui a été tracée depuis la page 640 jusqu'à la page 642. Ici il faut remarquer que, quand le sel insoluble contient de l'acide arsenique , le gaz sulfide hydrique précipite aussi ce dernier de la dissolution acide, à l'état de sulfure. Dans la plupart des cas, cependant , il est facile , à l'aide du gaz sulfide hydrique , de précipiter l'oxyde métallique précipitable de la dissolution acide avant l'acide arsenique. Ce dernier n'est précipité qu'au bout]d'un laps de temps assez long par le gaz sulfide hydrique , et sa précipitation n'a lieu rapidement qu'avec le concours de la chaleur (p. 287); les oxybases, au contraire, se précipitent plus tôt, et avec la couleur qui leur est propre, de manière qu'on peut recueillir rapidement sur un filtre ces sulfures métalliques précipités , et qu'on peut ensuite faire bouillir la liqueur filtrée, qui doit exhaler une forte odeur de gaz sulfide hydrique, pour voir s'il ne se produira pas encore ainsi un précipité de sulfure d'arsenic. Il ne faut jamais négliger, pour constater le résultat obtenu, d'essayer le sel insoluble au chalumeau en suivant les préceptes qui ont été tracés p. 289, afii\ de s'assurer s'il contient ou non de l'acide arsenique.

B. Lorsque la dissolution du sulfide hydrique ne produit pas de précipité dans la dissolution acide du sel, que par conséquent la base n'appartient point à celles qui sont comprises depuis le n*" 14 jusqu'au n"" 25 , on sursature la dissolution acide avec de l'ammo-

BÎiqoc, et on y v«»a ensuite du suUliydrate aooq^aiiique. S'il se forme ainâ un précipité noir, ou si la Mirsaturatioo par Tammoniaque en a déjà produit un qui nûiroisae par l'addition du sulibydrate ammonique , la base est une de celles comprises depuis le nMl jusqu'au n^ 18 , et par conséquent da Vawyde ferrms^^ de Yoxyde nkcolique, ou de V oxyde cobaUique, Pour reconnaître laquelle de ces trois basas est contenua dans le sei, oq essaie au chalumeau une petite quantité de ce dernier à Tétat solide, épreuve qui fait découvrir aisément i'oiiyde cobaltique (p. 65)^ mais un peu plus difficilement les oxydai ferreux^ et niccolique. ^ Ton n'a point obtenu de résultat positif au cbalun^eau, par rapport à ces deux derniers oxydes , on essaie une partie de la dissolution acide du sel au moyao d'une dissolttlipn de ey amire ferrico-potassique (p. 71).

Quand le précipité déterminé par le «ullhydrate ammonique a la tejnte eouleur de cbair qui caractérise le sulfure de manganèse, ou lorsque la aursaturation avec Tammoniaque a déjà produit un précipité qui prend cette teinte couleur de cbair par l'addition du sulfbydrate ammonique, la base du sel est de V oxyde imnganmv. J'ai déjà fait ramarquef (p. 63) que cette t^nte couleur de cbair du sulfure d^ manganèse peut être masquée par de trto-petites quantités d'autres sulfuras métalliques, notamment de oeui^ qui ont une eouleur uoîre.

Si, au contraire, la sursaturation de la dissolution fieide du sel avec l'ammoniaque n déterminé un préf^ipité blanc, qui ne rèange pas de couleur par l'addition du sulfbydrate ainpnonique, la base est ou de l'o^yd^ mn(iq^e ou de Vi^lumine. Cependant la viiagnéiie, la ià(mx, la iêFomiam et la fuiryte peuvent aussi être précipitée fo^ l'ammoniaque, lorsqu'elles sont combinées, d^ns le sel insoluble, spit avec de Tacide pbosp^orique, soit même av^c de l'acide borique. Pour distinguer ces subst^UPcs les uups des autras, op fait les expériences suivantes s

La présence de l'o^i^de mciq¥^ ae reconnaU en cbauflant, sur du charbon, à la flamme intérieure du chalun^eau, une petite quantité du sel insoluble, mêlée avec de la soude, ou aussà en la cbauffapt après Tavoir imbibée d'une solution cQl)altique (p. 88). Au reste, quand la quantité d ammoniltquç qu'un % employée pour aaturer la dissolution acide du sel çst çQmÏM^Ùhy If pr?i4pité i?

lUAGHE W l'analyse QUALITAinVB • ÇKl

trouva redissoua, et il se reproduit une liqueur claire, daos laquelle le sulfhydrate ammoqique détermine cependant un précipité l)laRC|^' qui est insoluble dans la potasse et Tammoniaque.

On reconnaît la présence de Valumm endiauffiint aucbalumtau un peu de sel solide imbibé de solution cobal tique (p. 39), OU bien à ce que le précipité produit par la sursaturation d^ la liqueur acide au moyen de rammoniaqw e^t «olubl§ dan^ un excès di dissolution de potasse ( p. 37). De même, lorsqu'on ajoute du suif» hydrate aoimoniqua à ce précipité, un excès de potassa le di^pout.

).a présence de la itrofUiam et de la hryt^ pe reconnaît k ca qw Tacide sulfurique étendu fait naître un précipité blanc dan« la ^ solution acide du sel étendue de beaucoup d'eau ; ou mieux I 09 qu'en ajoutant à la liqueur acide concentrée une di^olution 49 sulfate calcique, on obtient un précipité de sulfate barytique ou de sulfate strontianique, qur se produisent, le premier très^romptor ment, et le second au bout de quelque temps aeulem^t- Bois distinguer la baryte et la stroiitiane Tune de Tautre, on v^r$a i» Tacide silicifluorhydrique dans la liqueur acide étendue d*çttt - 09 qui détermine au bout de quelque temps un précipité, lor$qu« le sel contient de la baryte ^ et n'eu produit point, au oontUBit^ quand la base est de la arontiane.

On constate la présence de la chaux en ajoutant k la difiolur* tion acide concentrée du sel, d'abord de l'acide sulfurique, fiQi$ de l'alcool. S'il se forme alors un précipité blanc, on peut |tre certain qu'il y a de la chaux, pourvu qu'on ait préalablement t@<quis la conviction qu'il n'existe ni baryte, ni strontiane.

La meilleure manière de découvrir la magnésie dans les sels solides que l'eau ne peut dissoudre consiste à les traiter au ch^umeau avec la solution cobaltique (p. 35). On est déjà conduit à admettre que la magnésie fait la base du sel, quand on s'est convaincu que celui-ci ne contient pas d'autres bases terreuses.

G. Si le gaz sulfîde hydrique ne produit pas de précipité dans la dissolution acide du sel, s* il ne s'en forme pas non plu9 en «ursa<turant la dissolution acide au moyen de l'ammoniaque et ajoutant ensuite du sulfhydrate ammonique, on verse une dissolution de carbonate potassique ou sodique dans une partie de la dissolution acide du gel, aprèis l'avoir étendue d'eau. Si, après que la dis*

^5à MARCHE DE L* ANALYSE QUALITATIVE.

solution a été sursaturée d*alcali , on voit paraître un précipité, soit de suite, soit par Teffet d'une ébullition prolongée, la base est une de celles comprises depuis le n® & jusqu'au n^ 7, c'est-à-dire de la magnérie^ de la chaux ^ de la stroraiane ou de la baryte.

Pour distinguer ces substances Tune de Tautre, on ajoute à la dissolution acide ou étendue du sel une petite quantité d'acide sulfurique étendu, ou mieux de la dissolution de sulfate calcique.

Un précipité apparalt-il ainsi, la base est ou de la tiroruiane on de la baryte. On reconnaît la présence de cette dernière à ce que Tacide silicifluorhydrique, versé dans une autre portion de la dissolution acide et étendue du sel , détermine au bout de quelque temps un précipité blanc.

La chaux se reconnaît , lorsque les bases précédentes n^existent point, à ce que la dissolution, après qu'on y a versé une dissolution de chlorure ammonique, et qu'on l'a saturée avec de l'ammoniaque, donne un précipité blanc par les dissolutions des oxalates (p. 29).

Si ce phénomène n'a pas lieu , on ajoute du phosphate sodique à la même liqueur dans laquelle une dissolution d'oxalate a constaté l'absence de la chaux. S'il se forme un précipité blanc, quoique la liqueur contienne de l'ammoniaque libre, on peut être certain de la présence de hmagnésie (p. 3k).

D. Il n'est pas besoin de rechercher des alcatis dans la combinaison insoluble dans l'eau, puisque ces bases ne donnent, avec les acides dont il est ici question, que des sels solubies dans l'eau.

3. Marche de l'analyêe pour trouver Cadde ou le corps non métallique.

On débute par verser de l'acide chlorhydrique étendu sur un peu de sel sec , après l'avoir humecté avec de l'eau. Vacide carbonique se reconnaît au dégagement qui a lieu, avec effervescence, d'un gaz inodore. Si le carbonate insoluble dans l'eau n'est point en poudre, mais en morceaux, le gaz acide carbonique ne commence souvent à se dégager que quand on chauffe le tout; il faut aussi que l'acide dont on se sert ne soit pas trop concentré. Si l'acide

MARCHE DE L^ANALYSE CfUALlTATIYE. 5S3

chlorhjdrique étendu dégage, avec effervescence, un gaz ayant Todeur connue du sulfide hydrique , la combinaison qu^on examine contient du ioufre uni avec un métal.

On essaie ensuite la combinaison insoluble sur des charbons ardens, pour voir s'il ne s'y trouve pas d'acûfe nitrique^ qu^elle ne peut alors contenir qu'autant qu'elle est à l'état de sous-sel ; on l'essaie aussi au chalumeau sur du charbon , pour reconnaître s'il y existe de Vadde arêeniquey dont cependant la présence a déjà été découdverte dans les expériences tendant à trouver la base du sel.

On recherche alors si la combinaison ayant été mêlée, dans un creuset de platine ou de porcelaine, avec de l'acide sulfurique et de l'alcool, celui-ci, auquel on met le feu, brûle avec une flamme Terte , phénomène qui indiquerait la présence de Vadde borique.

On dissout une partie de la combinaison dans de l'acide nitrique, à froid s'il est possible, et à la dissolution acide étendue d'eau on ajoute un peu d'une dissolution de nitrate argentique. S'il se forme ainsi un précipité blanc, la substance qu'on examine contient une combinaison de chlore. Mais lorsque la substance qu'on analyse ne se laisse dissoudre que par l'eau régale , comme il arrive au chlorure mercureux , la présence de la combinaison de chlore ne saurait être reconnue de cette manière. Il faut alors faire chauffer la substance avec une dissolution de potasse qui soit bien exempte de chlorure potassique , et recueillir sur un filtre le précipité noir, d'oxyde mercureux, qui se forme ainsi. La présence de la combinaison de chlore se reconnaît ensuite dans la liqueur filtrée en y versant une dissolution de nitrate argentique , après l'avoir sursaturée au moyen de l'acide nitrique.

On verse de l'acide nitrique sur une partie de la substance, et on fait chauffer le tout. S'il s'opère une réaction accompagnée d'un dégagement de vapeurs rutilantes d'acide nitreux et d'une séparation de soufre , dont la couleur caractéristique ne se prononce point dans le commencement, mais ne devienne visible que par une digestion prolongée avec l'acide nitrique; si ensuite la liqueur étendue d'eau donne un précipité blanc insoluble, par l'addition d'une dissolution de nitrate bary tique, la combinaison est un «ti/fure métallique. Ce n'est que quand la combinaison est du sulfure de mercure qu'on doit prendre de l'eau régale en place d'acide

M4 UÂMCm M l'àM ALT» QCAUf AHYB.

nitrique, parce qq'aiors ce dernier seul ne Tattocpie poipt ; dans ce cas, il no se dégage pas de Tacide niireux, mais du chlore. Si la combinaison est du sulfure de plomb , d^étain ou d'antimoine, en la faisant digérer avec de l'acide nikique, outre du soufirê mis à nu, on obtient enpore du sulfiite plomliique, st^nnique ou antimopiqu^. Dans ces deux derniers cas, il but également, conune j'en ai déjà iait la remarque, employer Teau régale, au lieu de Tacide nîbrique, pour opérer la décomposition de la combinaison du soufre. Lorsqu'on traite le sulAire de plomb par Tacide nitrique, on ne trouve presque pas d'acide sulfurique dans ta liqueur acide , cet adde se précipitant à l'état de sulfate plombique.

Enfin, à la dissolution étendue d'eau du sel dans l'aeid^ d^lcirhydrique on ajoute une dissolution de chlorure barytiquç ; ou bien on verse, dans la dissolution nitrique du sel , une dissolution de nitrate barytique. S'il se produit par4à \m précipité htanç insoluble, Tacide du sel est de VaddemUfmique^, qui ne peu| alors être contenu dans la combinaison qu'autant que celle-ci est ^ l'état de sous-sel. J'ai déjà dit que quand la substance analysée est un^ combinaison de soufre, et qu'on la traite par l'aode nitrique 012 par l'eau régale, on trouve de l'aeide sulfiurique dans sa diisolilticm acide.

Lorsque l'acide n'a point été trouvé par les eiipérieneea énumérées jusqu'ici, il faut que de Vaciée photphoriquê existe d4n8 la combinaison. Sa présence, surtout dans les eopibinaisons insdubles, est plus difficile à découvrir que celle de tous les autres acides. C'est pourquoi on eat obligé de recourir à plusieurs expériences pour la constater.

Si la combinaison qu'on examine contient un oxyde métallique qui puisse être piédpité , soit de sa dissolution acide par le gai suàfide hydrique , soit de la liqueur saturée ou suifsaturée avec Tain-^ moniaque par le sulfliydrate ammonique, et qui par conséquent sont un de ceux compris, soit depuis le n^ 15 jusqu'au n^ 36, soit depuis le n"" 0 jusqu'au n^ Ib, on précipite cet oxyde par la dissolution du sulfid 6 hydrique ou par le sulfhydrate ammonique, et la f)résence de l'acide phosphorique dans la liqueur filtrée se constate alors de la manière qui a été indiquée page 227. Si l'acide phosphorique est combiné avec une terre, sa présence est plus difficile

MARCHE DB L'AMiLTffi QOiLiViVfm. 5SB

eojsore à découvrir. Lorsque la teire est de la baryte, de la strontiane, de la chaux, ou aussi de la magnésie, après s'être epnvàineu qu'il n'y a ni acida arsenique ni acide borique , on peut très-bien conclure qu'il existe de Tacide pho^orique , lorsque la dissolution chlorhydrique de la combinaison donne un précipité blane par l'ammoniaque, pourvu qu'oa se soit préalablement assuré qu'elle ne contient point d'oxyde métallique précipitable parle gai sulfide hydrique ou parle sulfhydrate ammoqique (p. 934.)

Le cas dans lequel il est le plus difficile dô découvrir la présence de l'acide phosphorique est celui où cet acide se trouve combiné avec de l'alumine, parce que le phosphate siluminique se comporte de même que l'alumine pure avec la plupart des réactifs (p. 97). Pour reconnaître la présence de Pacide phosphorique dans le phosphate aluminique , on procède ainsi qu4l a été dit p. 2iê.

Il ne faut jamais négliger de chercher à découvrir la présence de Pacide phosphorique par le moyen du chalumeau , en suivant la marcha qui a été indiquée page 330.

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