MARGHE DB L^ ANALYSE QUALITATIVE
n'est point de la baryte, de la strontiane^ de la chaux ou de Toxyde plombique. On les reconnaît en les traitant au chalumeau pour constater si elles contiennent de Tacide arsenique ou aussi de Tacide phosphorique, dont le premier est plus facile à découvrir que le second.
A l'égard des autres combinaisons, elles ont toutes une couleur blanche : le chlorure argentique seul peut souvent offrir une teinte de gris noirâtre, et, après qu'il a été fondu, une couleur jaunâtre. On distingue le chlorure argentique et le sulfate plombique des sulfates calcique, strontianique et barjtique, en ce que les deux premiers, surtout lorsqu'on les a réduits en petits morceaux, noircissent dès qu'on verse dessus un peu de sulfhydrate ammonique. Quant à la manière de distinguer ces combinaisons les unes des autres, on s'y prend pour cela comme il suit :
On fait chauffer légèrement, sur une lampe à esprit de vin, et dans un petit tube de verre soudé à l'un de ses bouts, une faible quantité de la combinaison qu'on veut examiner. Si celle-ci entre aisément en fusion , c'est du chlorure argentique ; si elle n'éprouve aucun changement, c'est du tulfate plombique. Alons, pour constater le résultat auquel on est arrivé, on essaie encore la substance au chalumeau , afin d'y reconnaître la présence de l'argent ou du plomb (p. 83 et 109).
Si la substance ne subit aucun changement lorsqu'on verse dessus du sulfhydrate ammonique, elle a pour base de la chaux, de la sironiiane, ou de la baryte^ combinée avec de l'acide mlfurique. Ces trois bases sont un peu plus difficiles à distinguer Tune de l'autre. Après avoir réduit la substance en poudre, on la fait bouillir avec de l'eau , puis on filtre , et l'on divise la liqueur filtrée en deux portions. A l'une on ajoute une dissolution de chlorure barytique ; on verse dans l'autre une dissolution d'un oxalate. Si, dans les deux cas, il se forme un précipité blanc, et que le premier demeure insoluble dans les acides, la substance est du sulfate calcique.
S'il ne se dissout rien de la substance pendant son ébullition avec de l'eau, on la fait bouillir, réduite eu poudre, avec une dissolution de carbonate potassique ou sodique : on filtre ensuite, on sursature la liqueur filtrée avec de l'acide chlorhydrique, et, après ravoir étendue d'eau, on y ajoute une dissolution de chlorure ba-
r^tique. S*il se produit un précipité insoluble, la combinaison est , ou du sulfate strontianique ou du sulfate barylique. Pour distinguer Tun de l'autre ces deux sels, on verse de Tacide chlorhydrique sur ce qui est resté après rébuUition avec la dissolution de carbonate potassique ou sodique, on sépare le résidu par la filtration , on évapore à siccité la liqueur filtrée, on verse de l'alcool sur ce qui reste, et on y met le feu. S'il brûle avec une flamme rouge de carmin , la substance est du sulfate strontianique; sinon c'est du sulfate bary-tique. On peut aussi verser de Tacide silicifluorhydrique dans la dissolution chîorhydrique filtrée ; si l'on voit se former au bout de quelque temps un précipité , il est dû à la baryte ; s*il ne s'en produit pas, la substance qu'on examine est du sulfate strontianique.