‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 147 sur 167 · CHAPITRE VQL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VQL

MARCHE A SUIVRE DANS l'aNALYSE QUALITATFVE DE COMRINAISONâ COMPOSÉES QUI SONT TRÈS-SOLUBLES DANS l'eAU, ET DONT LES PARTIES CONSTITUANTES SE TROUVENT COMPRISES PARMI LES SUB- STANCES INSCRITES AU TABLEAU DE LA PAGE 536.

L'analyse qualitative de combinaisons qui contiennent plusieurs principes constituans offre beaucoup plus de difficultés que celle des combinaisons simples. Il est absolument nécessaire, pour les exécuter, d'observer une marche systématique dans les opérarations qu'elles exigent, parce qu'autrement on serait fort exposé à laisser échapper un ou plusieurs des principes qui les consti-* tuent. Il serait fort difficile de tracer la marche à suivre dans l'analyse qualitative de combinaisons où l'on admettrait la présence de toutes les substances qui ont été découvertes jusqu'à présent. Une pareille instruction, quand bien môme on la donnerait réellement, ne serait d'aucune utilité pratique, attendu que ladescrip' tion des procédés à mettre en usage deviendrait trop longue et peu claire, de sorte qu'elle pourrait aisément embrouiller et rebuter les commençans. Il me paraît donc plus convenable de n'avoir d'abord égard qu'aux principes constituans qui se présentent le plus fréquemment* après quoi je ferai voir comment, en suivant

65d ItiftGte PB L^ANlLtSE QtAtlTÀTtVtf.

une marche analogue , on parvient à reconnaître aussi dtes suIh stances qu'il est plus rare de rencontrer.

TebsonI i<to motib poiir lesquels i d^tm les trois chspitfes suions i je n'ai lupposé les eoÉtibinaisons à «ràtnlner eoniposéed que des substawM qni ont été indiquées (p. 6S6).

L'analyse déS ernibinaisons eompMSes offre égalemeni beaucMp iwrini de dlfflcbhéi quand eeMes-el feont ooinplètement et facilemeiit Miliibl^ dans Teati qM totsqu'èiMss ne s'y dissolTent qu'en partie èO pas d« tout.

Ici il est foft ayanfageut de redonrir an chaliitneaà^ poiir décodvrir les substatnces dont la prépuce est facile à reconnaître pat ce

J*ai déjà dit précédemment (p. 538) que toutes les substances dont j'ai donné l'énumération ne peuvent pas se trouver dans les combinaisons solubles dans l'eau. Ainsi, en présence de terres et d'oxydes métalliques proprement dits, c'est-à-dire des bases comprises depuis le n^ 4 jusqu'au n^ 25, it ne peut point y àvôif d'acide pbosphor](]fue, d'acide aréenique, d'acide borique et d'acide carbonique. De même, en présence de ces quatre acides , ces bases ne peuvent exister, puisque tés sels qui résultent de leur combinaison avec eux ne se dissolvent pas dans l'eau , ou ne peuvent être dissouts qu'au moyen d'un acide libre. Le soufre aussi forme des composés insolubles avec les métaux de la plupart de ces bases. Enfin, j'ai fait remarquer que l'acide sulfurique produit des combinaisons insolubles avec quelques bases, et le chlore avec les métaux de certaines bases.

Lorsqu'on présume que la substance à examiner contient beaucoup de principes constituans, il faut, si l'on peut s'en procurer assez, agir sur des quantités plus considérables que quand il est question de substances d'une composition plus simple. En traitant une portion de la dissolution, comme je le ferai voir plus loin, par une dissolution de sulfide hydrique, on obtient quelquefois tant de liquide, que, dans be^iucoup de cas, on ne peut se servir de verres à réaction ; on a recours alors à des verres ordinaires.

lUACÉE BE L^ANAtYSG QUAUTATlTe. ^6$

i . Marche de l'analyse pour trouver les basée.

k. On teùâ un peu iu:idd Ift difisoIutioA oonceniréedii sel dans l'eau I but dafis lequel le mieux est d'y yerser quelques goutteai d'ftcîde ehlorbjdrique« G'esi seulement lorsqu'il y a de l'oxyde argentique, de l'oxyde mercureux ou une grande quantité d'oxyde plombiquei ce dont on s'aperçoit quand l'addition de quelques gouttes d'acide chlorbydrique détermine un précipité blanc» qu'on choisit pour cela l'acide nitrique étendu. On ajoute ensuite à la dissolution assez d'une dissolution de sulfide bydriquepour qu^elle exhale sensiblement l'odeur de ce dernier* S'il se produit ainsi un précipité ^ particulièrement lorsqu'on fait chauffer le tout , les bases sont du nombre de celles qui se (rouTent comprises depuis le n* 15 jusqu'au n'' 25 » c'est-à-dire que la combinaison peut contenir de Voœyde cadmique^ de Voscyde plombique, de Voxyde bismuthique, de Voocyde cuivrique, de Yoa^de argentique, de Yoxyde mer-' cureuœ, de Y oxyde mercuriquef de V oxyde aurique, de Y oxyde Uanneux, de Y oxyde stannique et de Y oxyde antimorUque, Il peut encore s'y trouver de Yoxydeferrique, puisqu'on présence de cet oxyde le gaz sulfide hydrique précipite du soufre de la dissolution acide. I^'il se forme un précipité blanc laiteux, de soufre , dans la dissolution acide » l'oxyde ferrique est la seule des bases susceptibles d'être découvertes par ce réactif qui existe dans la combinai->son. S'il s'y rencontre de l'acide arsenique, la dissolution du sulfide hydrique détermine bien un précipité jaune , qui se produit sinon sur-le^hamp, du moins au bout de quelques temps; mais j'ai déjà lait remarquer qu'en présence de l'acide arscnique, dans une combinaison soluble dans l'eau , il ne peut y avoir pour bases que des alcalis , et point d'oxydes métalliques* Si la dissolution rendue acide de la combinaison donne» au bout de quelque tempa, quand on la chauffe avec de la dissolution de sulfide hydrique, un précipité jaune qui se dissolve dans le sulfhydrate ammonique> on peut être certain de la présence de l'acide arsenique, et, si Ton agit sur des combinaisons neutres, de l'absence d'oxydes métalliques proprement dits et de terres.

On laisse se déposer le précipité auquel le sulfide bydricpie a

660 itAliCHE DE L^AlSAtVgfi OUÀlltÀ¥lV£<

donné naissance^ on décante ensuite le plus qu'il est possible de la liqueur, on ajoute un peu d'ammoniaque au précipité» puis on y verse du sulfhydrate ammonique en excès , et on chauffe le tout très-modérement , sans le foire bouillir. Si le précipité se dissout complètement dans ce réactif» de Voxyde aurique , de Voayde Uan^ neux y de Voxyde stannique et de Voxyde anHmoniqtie peuvent être ccmtenus dans la combinaison.

On étend d'eau la dissolution dans le sulfhydrate ammonique , et on la décompose par l'acide chlorhydrique étendu , de manière que la liqueur devienne légèrement acide. Les combinaisons de soufre qui pouvaient être dissoutes se précipitent par-là , avec la couleur qui leur est propre ; mais elles sont mêlées avec du soufre , mis à nu par la décomposition du sulfhydrate ammonique , et qui rend la couleur du précipité plus claire. Cependant, s'il existe à la fois plusieurs des oxydes dont les sulfures métalliques sont solubles dans le sulthydrate ammonique, on les distingue de la manière suivante :

Voxyde aurique se reconnaît aisément à l'apparition d'une couleur purpurine, lorsqu'après avoir étendu d'une très-grande quan*tité d'eau la dissolution pure de la combinaison qu'on examine, oti y verse quelques gouttes d'une dissolution de chlorure stanneux qui a été éclaircie par de l'acide chlorhydriquéjUbre (p. 143] . On le reconnaît encore à ce que de l'or métallique, ayant une couleur brune, se précipite lorsqu'on ajoute à la dissolution pure, étendue d'eau, une dissolution de sulfate ferreux (p. 143).

La présence de Voxyde stanneux se reconnaît à ce que , dans beaucoup de cas, la combinaison donne, avec une grande quantité d'eau , une dissolution qui n'est point claire, mais laiteuse; mais principalement à l'apparition d'une couleur purpurine , lorsqu'après avoir étendu la dissolution pure de la combinaison d'une très-grande quantité d'eau , on y ajoute une dissolution aurique étendue.

Voxyde stanniqw et Voxyde antimonique sont plus difficiles à découvrir lorsqu'ils se trouvent associés à des oxydes de métaux dont les sulfures se dissolvent dansie sulfhydrate ammonique. C'est par la manière dont les sulfures métalliques formés se comportent au chalumeau qu'on peut le^ieux démontrer leur présence , comme

latiGHfi DE L*ANALYSE QUALITATIVE. "^ 561

oelle de Voxyde antimonique peut l'être encore par cette circonslance, que la dissolution chlorhydrique de la combinaison dévient laiteuse quand on y ajoute une grande quantité d'eau , toutes les fois qu'elle ne contient pas trop d'acide libre. Si , au contraire , il n'existe qu'un de ces deux oxydes , et qu'il n'y ait point d'oxyde d'autre métal dont le sulfure soit soluble dans le sulfhydrate ammonique, on n'a pas de peine à le reconnaître, principalement par la couleur particulière du sulfure.

Lorsque legrécipitéproduitdansla liqueur acide par la dissolution dusulfidehydriquen'estpascomplètementdissous par le sulfhydrate ammonique, ou quand ce réactif ne dissout absolument rien du précipitéy ce dont on s'aperçoit à ce que, après la digestion et la dilution avec de l'eau , l'acide chlorhydrique , versé en excès dans la liqueur séparée du résidu insoluble par la filtratiôn , ne produit qu'un trouble laiteux, dû à du soufre mis en liberté , et ne détermine pas de précipité d'un sulfure métallique; ou, plus facilement encore , à ce qu'après la digestion avec du sulfhydrate ammonique, si l'on fait tomber quelques gouttes de la liqueur filtrée sur une feuille ou dans un creuset de platine , qu'on les évapore à siccité sur la lampe à esprit de vin , et qu'on fasse ensuite rougir la platine , aucun résidu ne reste sur celui-ci ; dans ce cas , dis-je , la combinaison peut contenir de Voxyde cadmique^ de Voxyde phnibique , de Voocyde bismtahique , de Voxyde cuivrique , de Voxyde orgentique, de Voxyde mercureux et de Voxyde mercurique.

On réunit le précipité de sulfure métallique sur le plus petit filtre possible , et on le lave bien ; après quoi on le chauffe avec de l'acide nitrique pur. La plupart du temps, il n'est point nécessaire , dans les analyses qualitatives , de commencer par séparer le précipité du filtre; on peut le mettre digérer, avec ce dernier et l'acide nitrique, dans un verre ordinaire à essai ; mais quand la quantité du précipité est considérable, il vaut mieux le séparer du filtre aa moyen d'une lame en platine , et le faire digérer, sans le papier, dans l'acide nitrique. Les sulfures métalliques sont décomposés par l'acide nitrique, avec le secours de la chaleur ; le métal s'oxyde et se dissout, et il se sépare du soufre, dont la couleur devient jaune par une digestion prolongée. Lorsque cet effet a eu lieu , on filtre la liqueur, pour la séparer du soufre non dissous. L 36

ta MArtClIÈ DE l'analyse QUALITATIVE.

Le sulfure de mercure taxi exception. 11 ne së dlssbiit {)t^(}^è (utô dans l'acide nitri(}uc, à moins que celui-ci tië soit ttSs-(bH: tt iresie avec la couleur qui lui est particulière dans té (Ssà, c'est-S-dirë bflVant une teinte tioire. On l'essaie au chalumeau , â t'aide 9(t(|tiel on reconnaît Irôs-âisénlent là présence du mèrCuire, (jui petit élte (Sontenu dâtis la combitiaisoh à l'état d'oxyde tnercurlcfiië oîi d'oxyde mercureux. SI c'est de l'oxyde mercuricjuè que beltê-ci contient , le sulfure de mercure qu'on a obtenu se Sublihiè ; àiië éprouver aucun changement , dans un petit tube de verre ^Udé à l'une de ses extrémités. Si c'est de l'oxyde mercureux, eh même temps que le sulfure de mercure, il se sublitne aussi des^bbules de mercure.

Enfin il peut rester encore un peu de sulfate plomlbique, lorsque la combinaison contient de l'oxyde plombique, et que par conséquent du sulfure de plomb se trouve parmi les sulfures métalliques* Cependant la plus grande partie de l'oxyde plombique se dissout toujours.

Lorsqu'on verse de l'ammoniaque en excès dans la dissolution séparée du soufre par la filtration, la coloration de la liqueur eu bleu indique la présence de Voxyde cuivrique.

Si l'on ajoute un peu d'acide chlorhydriqae à une autre portion de te liqueur, et qu'il se produise ainsi un précipité bl&nb, qui ne disparaisse pas par l'addition d'une grande quantité d'eau, tnais se dissolve dans l'ammoniaque, la combinaison èontient dé l'oai^iie argentique, ce dont on peut seconyaincre, dès le commencement de la recherche, quand on rend la dissolution acide en y versant de l'acide chlorhydrique.

On ajoute un peu d'acide sulfurique étendd à une autre portion de la liqueur étendue d'eau ; s'il paraît un précipité blaiic, la combinaison contenait de Voxyde plombique , dont la présence dans des dissolutions concentrées se reconnaît également, dès le début de ta techcrche, en ajoutant de l'acide chlorhydrique au précipité blaiic qui se forme.

On évapore une autre portion de la liqueur dans une très-petite calcule en porcelaine, afin de dissiper la plus grande partie de l'acide nitrique ; après quoi on ajoute quelques gouttes d'acide cblor-^

KARCIÎE DE t*ANALVSÈ QtÀLITÀTIVE. 563

liydriqiie , j^uls beaucoup d'eau : s'il se produit ainsi ùii tirbuble hîléux, de Voàyâe bismuthique exisiali dans la Combîtiaîsbii.

La présence dé Voxyde cadmique dans là combinâfeoh se reiiBhnatt'eh traitant sur du charbon , à la flamme intérieure du bhaîuméau, le précipité des sulfures métalliques, mêlé avec de !H feoiide. Oh aperçoit alors un enduit brun, qii'il ne faut pas confondre à^eè cielui que les conlbinaisons plombîques et bismuthiques prbdût^itt daiis lés mômes circonstances (p. 79).

Ô. La liqueur séparée du précipité des suîfùîres métalliques qûiâ la Sissolution du sùlflde hydrique iafait native dans là dissolhtlbtt rendue acide de la combinaison , est traitée de même que si le suîfide hydrique n'avait pas produit de précipité dans cette liqueur acide. Cependant on doit commencer, dans le premier cas, pat ëxamitieir si elle contient encore des bases fixes. A cet effet , on eh ëvapore quelques gouttes sur une feuille de platine , qu'on fait ensuite rougir; s'il ne reste rien, il n'y a pas de bases fixes dans la liqueur ; si l'on obtient un résidu, on continue les rechercheis; èlbh sursature la dissolution avec de l'ammoniaque , après quoi on ajouté du sulfhydrate ammonique à la liqueur ammoniacale. On peut conclure, d'après le précipité qui se forme, qu'il existe de Voxydefemque, de V oxyde ferreux^ de Voxyde niccoUque, de Voxyde cobahique, de Voxyde zincique, de Voxyde manganeux et de i'a/ttriïlne.

On filtre le précipité obtenu, et on le lave avec de l'eau à laquelle on a ajouté quelques gouttes de sulfhydrate ammonique. Puis, sans lie dëlacher du filtre, on le fait digérer, dans un petit verre à essai , avec un peu d'acide chlorhydrique étendu , jusqu'à ce que le tout n'exhale plus l'odeur du gaz sulfide hydrique ; alors on filtre la liqueur, et on la chauffe avec un peu d'acide nitrique. Il ne convient pas de traiter le précipité avec le filtre par de l'acide nitrique ou de l'eau régale, au lieu d'acide chlorhydrique , attendu que l'action de ces acides sur le papier pourrait donner naissance à des matières organiques, dont la présence serait capable de modifier la manière de se comporter des réactifs avec les oxydes dissous. Si le précipité n'est pas complètement décomposé et dissous par l'acide chlorhydrique, ce qui arrive quand, parmi lessulfuivs mctallîques précipités par le sulfhydrate ammonique, il se trouve du sulfure

564 MARCHE DE L*ANAtYSE QUALITATïTE,

de nickel ou du sulfure de cobalt , on le sépare du flitre » et on le fait digérer avec de Tacide nitrique ; ou bien> après Taddition de l'acide chlorbydrique, on ajoute encore de Tacide nitrique.

Pour ce qui concerne la précipitation de Tacide niccolique au moyen du sulfhydrate ammonique dans des analyses qualitatives , je dois faire remarquer que le sulfure de nickel précipité n'est point complètement insoluble dans un excès du réactif, et que la liqueur qui le surnage conserve une légère teinte noire (p. 67). Toutefois cet effet n'a lieu que quand le sulfure de nickel se précipite seul, et non collectivement avec d'autres sulfures métalliques; car, dans ce dernier cas , le sulfhydrate ammonique le sépare en totalité.

On verse de l'ammoniaque en excès dans la liqueur acide , on recueille sur un filtre le précipité qui s'est produit, et on le lave; il peut contenir de Voxydeferrique et de Valumine. S'il a une couleur blanche, il nWt composé que d'alumine seule; s'il est brun, les deux bases peuvent s^y trouver ensemble. Pour acquérir une notion certaine à cet égard , on le dissout dans un peu d'acide cblorhydrique, sans le détacher du filtre; on filtre la dissolution, et on y ajoute une dissolution de potasse pure en^ excès. Voxyde fenique est ainsi précipité, mais l'alumine reste dissoute. On verse dans la liqueur filtrée une dissolution de chlorure ammonique, qui produit un précipité blanc , lorsque la combinaison contient de l'alumine. L'oxyde ferrique trouvé peut avoir été à l'état d'oxyde ferrique ou à celui d'oxyde ferreux dans la combinaison ; si , en ajoutant à la dissolution pure de cette dernière une dissolution aurique, del'or métallique se précipite sous la forme d'une poudre brune, c^est une preuve de la présence de Voxyde ferreux.

Lorsque la liqueur qu'on a séparédpar la filtralion du précipité auquel l'ammoniaque a donné naissance, est colorée en bleu, on peut conclure qu'elle contient de Voxyde niccolique , et , si elle est faiblement rosée, admettre qu'il existe de Voxyde cobaliique dans la combinaison. Au reste, l'oxyde coballique , même en aussi pe^ lîte quantité que possible, et mêlé avec plusieurs autres oxydes , se reconnaît très-aisément au chalumeau par h propriété qu'il a de colorer le sel de phosphore et le borax en bleu intense > dans la flamme tant intérieure qu'extérieure (p. 65).

La liqueur ammoniacale est mêlée avec une dissolution de po-

MARCHE DE l'analyse QUALITATIVE. 665

tasse pure. S'il se forme ainsi un précipité vert-pomme clair, il y adeVoxyde niccolique dans la combinaison. Si le précipité aune autre couleur, et qu'il brunisse par Teffet de son exposition à Tair, la combinaison contient de V oxyde manganeux, delà présence duquel on peut très-aisément se convaincre pair le moyen du chalu* meau (p. 54).

La liqueur séparée par la filtra lion du précipité auquel la potasse a donné lieu est précipitée au moyen du sulfliydrate ammonique. On grille l^èrement le précipité sur du charbon, au chalumeau, après quoi il est très-facile de reconnaître , à l'aide de ce dernier, s'il contient de V oxyde cobaltique, de V oxyde zîncique et de Voayde manganeux,

G. Il reste encore à examiner la liqueur qui a été séparée par la filtration du précipité auquel le sulfliydrate ammonique avait donné lieu après la sursaturation par l'ammoniaque de la dissolution rendue acide de la combinaison. On commence par rechercher si elle contient encore des bases fixes. A cet effet, on en évapore quelques gouttes sur une feuille de platine, qu'on fait ensuite rougir; s'il ne reste rien , on n'a pas besoin de recourir à d'autre épreuve pour être certain de la non-existence de bases fixes, puisqu'il ne peut plus s'en trouver aucune en dissolutiondans la liqueur; mais si Ton obtient un résidu , la liqueur peut contenir encore de la mofgnésie, de la chaux ^ de la strontiane, de la baryte, de la sotuie et de la potasse.

On la sursature avec de l'acide chlorhydrique, pour détruire l'excès de sulfhydrate ammonique qu'on y a ajouté ; puis on la chauffe jusqu'à ce qu'elle n'exhale plus l'odeur du sulfide hydrique, et on la sépare par la filtration du soufre très-divisé qui a été mis en évidence. Alors on verse dans la liqueur une dissolution de carbonate ammoniacal, qu'on a soin d'y mettre en excès, et l'on fait chauffer un peu le tout , afin de chasser le gaz acide carbonique libre. Le précipité qui se produit par là peut contenir de la chaux, de la strontiane et de la baryte.

On le dissout dans de l'acide chlorhydrique , et l'on ajoute à une partie de la dissolution une ou quelques gouttes d'acide suKurique trèS'élendu, ou mieux une petite quantité d*une dissolution assez étendue de sulfate potassique. S'il se forme sur-le-champ un préci-

5p6 MAÏ^CHE DE l'AKALYSE QUALITATIVE.

pité, les Irois terres peuvent exister dans la liqueur, mais si la ligueur ne se trouble qu'au bout d'un certain laps de ternps , ^Ue ne contient que de la ckaujc. Dans le premier cas, on ajoute ensuite à une partie de la liqueur étendue de T^cidesulfurique également étendu, qu'on y met en très-léger excès ; on chauffe le tout, et on sépare le précipité ()ar la filtration. On verse de Tanimoniaque dans la liqueur OItrée, aûn de l'en surçaturey un peu , puis on y ajoiiteiine dissolution, soif d acide oxalique, soit d^un oxalate^. Si par là on obtient, dii moins au bout de quelque temps, un précité biaoc, il e;!fis|e dç la chaux ; mais ^'ii iie^e forme pas de précipité, pn doit être persuadé de l'absence de celte tçrre.

Le précipité déterminé par Tacide sulfurique peut être formé de baryte ou de ttrontiane, ou de ces deux terres, soit seules, soi( même mêlées avec de la chaux, ^i cette dernière a trahi sa présence daps la liqueur filtrée*^ il est exempt de chaux, au contraire, lorsqu'on ia'a point trouvé de celle-ci dans la liqueur iSUrée. Pour acquérir la certitude à cet égard , on verse de l'acici^e silicifluorhydrique dans une autre portion de la dissoUilion chlorhydrique des terres. S'il se pfQduit un précipité au bout de quelque temps, la présence de la baryte est indiquée par {à. On sépare la liqueur du précipité par la Gltratîon , et on y ajoute uae dissolution de sulfate potassique. Si l'on voit paraître sur-le-champ up précipité , c'est une preuve qu'avec la baryte se trouvait aussi de là stronfiane, qui existe, seule ou avec de la chaux, lorsque l'acide silicifluorhydrique a constaté l'abs^ce delà baryte.

Une autre méthode sûre pour examiner le précipité des tecres i\lcî\lines qu'a produit le carbopiate ammoniacal est la suivante : après ayoir dissous ce précipité dans de l'acide chlorhydrique, on ajoute à une portion de la liqueur une dissolution de sulfate calciquc. S'il ne se manifeste pas (Je trouble, même au bout d'un lonç espace de temps, le précipité ne contenait que de la chaux, dont on peut reconnaître immédiatement la présence , au moyen d'autres réactifs mis en contact avec d'autres portions de la liqueur. Si le sulfate Ci\lcique fait naître un précipité, les trois terres peuvent exister dans la dissolution chlorhydrique. Quand le précipité apparaît sur-le-chnmp, il y avait probablement de la baryte, et s'il ne survient qu'au botit de quelque temps, on est fondé

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