‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 159 sur 167 · ANALYSE DES SIUGATES NATURELS · texte numérisé non relu

ANALYSE DES SIUGATES NATURELS

leur moyen de reconnaître la petite quantité d'oxyde niccolique consiste à prendre la liqueur chlorhydrique qu'on a séparée de l'acide silicique par lafilti-ation, à y verser de l'ammoniaque en excès y et à ajouter un peu desullhydrate ammonique à la liqueur filtrée; il se produit par-là un faible précipité noir, de sulfure de nickel, qu'on examine ultérieurement, afin d'en constater la nature.

10* Oxyde cadmique. Pour découvrir cet oxyde , qui peut bien se rencontrer dans certaines variétés de zinc silicate , le mieux serait» dans une analyse qualitative, de prendre la liqueur chlorbydrique séparée de l'acide silicique par la filtration, et étendue d'eau , et d'y faire passer un courant de gaz sulfide hydrique ; il se précipiterait un sulfure de cadmium jaune ; mais en même temps aussi des traces d'oxyde plombique et d'oxyde stannique » qui pourraient être contenues dans la combinaison, seraient également précipitées» à l'état de sulfure métallique.

il* Oxyde plombique. Des traces d'oxyde plombique ont été trouvées dans plusieurs combinaisons silicifères* comme ^ par exemple, ds^ns \etkorite, le zinc rilicaté, etc. Ces traces d'oxyde plombique peuvent être contenues en totalité dans la liqueur chlorhydrique séparée de l'acide silicique par la ûUration. Des quantités plus considérables d'oxyde plombique ne se dissoudraient qu'en partie, à l'état de chlorure plombique, et ne pourraient point être séparées complètement de l'acide silicique par le lavage : ce motif fait qu'au lieu d'acide chlorhydrique, c'est de l'acide nitrique qu'il faut employer pour décomposer la combinaison ; puis, avant de traiter la liqueur acide par l'ammoniaque , on y fait passer un courant de gaz sulfide hydrique , qui précipite l'oxyde plombique, à Tétat de sulfure de plomb , qu'on peut alors examiner de plus près. Ordinairement il faut encore la traiter par lesulfhydrate ammonique, afin d'en séparer des traces de sulfure d'étain, parce que, communément , les traces d'oxyde plombique sont accompagnées de traces d'oxyde stannique dans les combinaisons silidques.

12* Oxydes (turane. L'oxyde uranique fait la base du minéral Bppe\é pechblende. On le trouve aussi en petite quantité dans plusieurs combinaisons siliciijucs , comme dans le thonte. Pour dé-

ÂtïALVse t)Es ôiLiCÀtEé NÀTuneti. ê2f

èotlvrîr dans ces corps des Iraces d'oxyde uranique, après avoir séparé Tacide sîlicîqiie, et sursaturé la liqueur filtrée avec de l*ammoniaque » on dissout le précipité qui résulte de là dans de Tacido chlorhydrique» et Ton verse de la potasse dans la dissolution. Le précipité déterminé par ce réactif est mis ensuite en digestion avec une dissolution concentrée de carbonate ammoniacal, ce qui dissout Toxyde uranique. La dissolution peut être évaporée jusqu^à siccjté, et la masse sèche mise en digestion avec de l'acide acétique étendu, qui dissout l'oxyde uranique. La dissolution a une couleur jaune; l'ammoniaque y fait naître un précipité jaune, qui, au chalumeau, se comporte comme il a été dit p. 92.

43^ Oxyde cuivrique, 11 est un des principaux élémens de la dioptase et de la malachite siliceuse. Quand on a décomposé ces substances par Tacide chlorhydrique, la liqueur acide, séparée de l'acide silicique par la fillration, ne contient pas d'autre principe constituant essentiel que l'oxyde cuivrique. Cet oxyde a été trouvé en très-petite quantité dans quelques espèces d*idocrase deNorwége, dans la cérine, dans Vallophane, et dans le schiste alumineux^ où il suffît déjà du chalumeau, employé à la manière ordinaire, pour constater sa présence (p. 100). Cependant» lorsqu'on procède par la voie humide , si l'on veut ne point omettre les traces d'oxyde cuivrique, il faut, après avoir traité les minéraux par du carbonate alcalin, décomposé la masse rougie au moyen de l'acide chlorhydrique, et séparé l'acide silicique par la filtration, faire passer, à travers la liqueur acide filtrée, un courant de gaz sulfide hydrique, qui précipite les traces d'oxyde cuivrique, à Tétat de sulfure de cuivre.

14*" Oxyde stannique. Il paraît exister dans un très-grand nombre de combinaisons silicifères; cependant il n'y entre jamais que comme partie constituante extrêmement peu essentielle • de sorte que dans l'analyse on doit s'attacher principalement à en découvrir les traces. Berzelius a trouvé des vestiges d'oxyde stunnique àans quelques e&pècesâ*émeraude, dans Veuclase, dans le zinc silicate^ et dans le thorite. Mais cet oxyde existe à coup sûr dans un très-grand nombre d'autres minéraux encore; seulement sd présence n'y a point encore été remarquée jusqu'à présent.

La plus sûre manière de le reconnaître consiste à faire passer uq

9SS ANALYSE DES SILICATES MAtURËLS.

courant de gaz sulfide bj^driquc dans la liqueur chlorbydri<pie sépan^c de Tacide siiicique parla hltralion; l'oxyde stannique se convertit pr-là en sulfure d'étain , et il se précipite à cet é(af, n)ème lorsqu'il n'existe qu'en quantité extrêmement faible dans la dissolution ; cependant la précipitation n'a pas lieu .sur-le-champ dans ce dernier cas; elle ne ^'efTectue qu'au bout d^un certain laps de temps, et principalement après qu'on a fait cbaufTer la liqueur acide (p. 151),

Lorsque la combinaison siiicique contient simultanément de l'oxyde plombique ou un autre oxyde métallique susceptible d'être précipité de la dissolution acide ^ par le gaz sulfide hydrique, à l'f^tal de sulfure métallique» ce qui peut déjà, dans la plupart des cas, se reconnaître à la couleur du précipité» le sulfure métallique obtenu doit être traité par le sulfhydrate ammonique, qui dissout le sulfure d'étain. Il ne faut qu'évaporer à siccité cette dissolution de sulfure d'étain dans un creuset en platine, et faire rougir le résidu » on obtient ainsi de l'oxyde stannique, qu'on doit traiter au chalumeau^ sur du charbon, avec de la soude, pour le réduire en étain métallique.

Cependant, il est q^eIques cas où les traces d'oxyde stannique forment avec des bases, notamment avec de la glucine, des combi^ nuisons qui, après la décomposition de la combinaison sUicique, ne se dissolvent qu'iiKX>mplètement ou fort difficilement dans l'acide chlorbydrique; c^est ce qui arrive quand on fait fondre à la manière ordinaire, avec du carbonate alcalin, l'euclase et l'émeraude^ ^jui contiennent de l'oxyde stannique. Après qu'on a sursaturé la iiiasse rougie avec de l'acide chlorhydrique , il reste une poudre blanche, qu'on distingue aisément, soit d'un reste de la pierre qui n'ç^urait pas été décomposé, soit de l'acide siiicique mis en liberté, çt qu'oQ peut sans peine aussi séparer de ce dernier. Cette poudre Manche est une combinaison d'oxyde stannique avec de la glucine, çt l'eau la dissout facilement, après qu'on l'a fondue avec du bisulfate potassique ; le gaz sulfide hydrique dont on fait passer un fûunmt à travers cette dissolution en précipite l'oxyde stannique, ^usla forme de sulfure d'étain, qui donne un grain d'étain lorsqu'on le traite au chalumeau, sur du charbon, avec de la soude.

Quand la combinaison siiicique qui contient des traces d'oxyde

ANÂLtSE DES SltlGATES NATURE^' %î$

Iteoniqu0 est traitée immédiaiement au clialumeau» avec de l|i 80ude, sur du charbon, on n'obtient pas de Iracei i^nsibles d'étain réduit.

16« Oçcyde chrQmifim. Cet Qj^ydQ se rencontre fréquemment au9^ 4an» lei combinaisons siliciques-, mais, la plupart du temp|l« }\ p'y entre que comme partiq constituante non estseaticulle, Plu« gieuni ^^ ce3 combinaisons, par exempte rér^erotfdftf du Pérou,» lui sont redeirables 4e leur belle couleur vçrte, Cependant cette cguleur verte n'esit paa tonjours due h ^ présence, comme par e;i(emple d$ms celles de la Sibérie et du pays de Salzbqurg. Mais lei combinaisons siliciques paraissent ne pas être seulement teintei en vert par de petites quantités d'oipyde chromique; elle doivent iu^ quelquefois à cette substance une couleur rouge de sang , cas dana lequel est par exemple le pifrop^^ Ces combinaisons sili* ciques colora en rouge de sang par Toxyde chromique ont la propriété de devenir noires et opaques par la seule action de la chaleur; en se refroidissant peu à peu, elles acquièrent, vues à contre-jour, une teinte jaunâtre, ou une belle couleur verte de chromai et, après l'entier refroidissement, elles ont repris leur couleur naturelle. De petites quantités d'oxyde chromique ont été trouvées aussi dans le ^pç^h chatoyant et dans quelques espèces d§

Umts même que la quantité d'oxyde chromique est (rès-faible dam les combinaisons siliciques , on peut souvent constater 99^ présence par le secours seul du chalumeau, attendu que ces com- Inmisons communiquent aux flux de bonix ou de sel de phosphore, npi^ le refroidissement complet, une couleur verto de chrome, qui cependant ^t en général trèts^faible, comme, par exemple , lors* qu'on opère sur l'émeraude du Pérou. Néanmoins, lorsque 1^ cçtfuhinaison contient en même tempb beaucoup d'oxyde (èrriqiie, les flux acquièrent par elle la couleur verte ordinaire du fer, sana qu'on puisse apercevoir dans cette teinte aucun mélange appréciable de vert de chrome.

Quand la combinaison peut être décomposée au moyen de r%<i eidechlorhydrique, la présence de l'oxyde chromique se constate « par la voie humide, dans le précipité que l'ammoniaque a &i| naître quand on l'a mêlée avec la liqueur chlorbydrique séparés

6â4 ÀMÀLYSfi im sitiâtes KAtùfteti.

de Tacide silicique par la filtration. Lors même que le olirôftté existe à l'élat d'acide chromiquo dans la combinaison silicique , il 80 trouve à celui d'oxyde chromique dans ce précipité, qui peut contenir en outre de l'oxyde ferrique , de l'alumine» etc. On le fait sécher ; puis on le fait bouillir, s'il y a de l'alumine dedans , avec Une dissolution de potasse pure, qui dissout l'alumine» en laissant de l'oxyde ferrique et de l'oxyde chromique. On peut alors fondre ces deux oxydes» dans un petit creuset en porcelaine» avec du nitrate potassique» et traiter la masse fondue par l'eau : celte-ci dissout du chromate potassique» et laisse l'oxyde ferrique. On neutralise ensuite la dissolution par le moyen de l'acide nitrique» et l'on précipite l'acide chromique à l'aide du nitrate mercureux, du nitrate barylique ou du nitrate plombique. Le précipité obtenu est traité au chalumeau» pour y constater la présence du chrome.

Lorsqu'on décompose une combinaison silicique qui contient de Foxydc chromique , en la fondant avec du carbonate alcalin » il arrive fréquemment qu'après avoir traité la masse rougie par l'acide chlorhydrique» on obtient un acide silicique qui a une teinte brune et qui est mêlé avec du chromate chromique brun. Cependant si Ton fait fondre cet acide silicique brun avec du nitrate potassique» dans un petit creuset en porcelaine, qu'on meUe la masse fondue en digestion dans de l'eau et de l'acide chlorhydrique^ qu'on évapore la liqueur jusqu'à siccité , et qu'ensuite on traite le résidu sec» comme à l'ordinaire, par l'acide chlorhydrique et l'eau» il reste de l'acide silicique blanc» tandis que la dissolution contient de l'oxyde chromique. On parvient plus aisément encore à réduire complètement l'acide chromique en oxyde chromique» si» pendant qu'on évapore la liqueUr chlorhydrique à siccité » on y ajoute un peu d'alcool.

16^ Acide titanique. L'acide titanique combiné avec Tacide silicique n* entre, comme partie constituante essentielle, que dans le tUanite (sphène), qui cx)ntient en outre de la chaux. L'acide titanique existe en très-grande quantité dans ce minéral, et cependant sa présence n'est pas très-facile à y constater au chalumeau par la couleur que cet acide communique ordinairement aux flux, quoique la présence de Tacide silicique et de la chaux ne puisse pas s'opposer À la manifestation de cette couleur caractéristique. Un globulQ

âe toàt qç'on traite avec du titanite, à la flamme intérieure du cbalumeaUf ne se colore point en bleu, et un globule de sel de phosphore n'est teint en bleu, par cette même substance, que quand on laisse le mélange exposé pendant long-temps au feu de réduction.

Des traces très-faibles d* acide titanique se trouvent , comme partie constituante non essentielle , dans quelques minéraux , ainsi qu'il arrive à l^oxyde stannique. On en a rencontré dans la cymo» phane^ dans le cyanite^ dans quelques espèces dé mica^ dans TocAmite. Lorsqu^on fait rougir ces minéraux, à la manière ordinaire, avec du carbonate alcalin, et qu'ensuite on traite les masses fougies par l'acide chlorhydrique et Peau, Facide titanique se dissout dans Tacide chlorhydrique , à l'état de titanate alcalin. Si alors on évapore le liquide acide, à une chaleur très-douce, pour provoquer la séparation de Tacide silicique, outre l'alumine, Toxyde ferrique et autres principes constituans qui se dissolvent, Tadde titanique se redissout aussi, mais se précipite ensuite , simultanément avec l'alumine et Toxyde ferrique, quand on vient à verser de l'ammoniaque dans la liqueur séparée de Tacide silicique par la filtration. Lorsqu'on fait rougir ce précipité, après l'avoir séché, et qu'ensuite on le traite par l'acide chlorhydrique , la plus grande partie de l'acide titanique reste sans se dissoudre, et on peut le reconnaître pour tel au chalumeau, quoiqu'il ne soit pas parfaitement pur, mais doive une teinte rouge&tre à une certaine quantité d'oxyde ferrique. Si, après avoir fait rougir le minéral avec du carbonate alcalin, une trop forte chaleur a été employée pour déterminer l'acide silicique à se séparer de la liqueur chlorhydrique, il est à craindre, surtout si l'èvaporation a été poussée jusqu'au degré de l'ébullition, que, lorsqu'on viendra ensuite à traiter les traces d'acide titanique par l'acide chlorhydrique et par l'eau, la plus grande partie de cet acide ne se dissolve pas et reste avec l'acide silicique.

iV Adde tantoHque. Jusqu'à présent il n'a été trouvé par Berzelius que comme partie constituante non essentielle dans quelques espèces d'àn€rau(fe. Lorsqu'on fait rougir ce minéral avec du car* bonate alcalin, et qu'ensuite on le décompose par l'acide chlorhydrique, les traces d'acide tantalique ne restent point mêlées avec l'acide silicique, comme on devrait Je présumer; mais elles se trou- *

tM AlCÀLtSt: DES SILICATES NAtUa£U.

vent dissoutes^ coujoiotement avec la glucine et l'aluniiae, dans la liqueur chlorhydrique séparée de ce dernier par la filtration. Si Ton dissout la glucine dans une dissolution de carbonate ammoniacal, les traces d'acide tantalique suivent aussi cette terre; mais çn parvient à les séparer Tun de l'autre en dissolvant la glucine d|iQS de l*acide chlorhydrique, après la calcinatioa : de cette manière, l'acide tantalique reste, mêlé avec de Tacide siiicique.

18° Acide borique. On Ta rencontré dans un grand ncnnbre de minéraux, où il est tantôt plus et tantôt moins abondant. Il forme un des principaux matériaux constituans du datboliu et du botryihtite. U a été trouvé en plus petite quantité dans les diverses espèces de toifrmaline et d'axinite. Turner, en opérant avec le cbaJumeau ainsi qu^il a été dit p. 241 , a constaté aussi la présence de cet acide dans la topiue du ^Brésil, de même que dans un grenat de m^orwége ( colophonite ) , et G.-G. Gmelin Ta découvert de la même iPMnière dans quelques espèces de mica^ de lépidolite et de piniu. Cependant, d'après Kersten, le chalumeau n'est pas \m mojea parfaitement certain de reconnaître l'acide borique , attendu que d'aidres minéraux qui ne contiennent aucune trace de cet acide , €y>mme , par exemple , quelques espèces de spath fluor, donnent UMS réaction analogue quand on les traite ainsi.

La méthode la plus certaine pour constata la présence à» Vmàde borique dans les combinaisons siliciques qui sont susceptibles d*ètre décomposées par un acide, oopsiste à les réduire en poudre et à les déoompoter par de Tacide sulfurique concentré ; après quoi , sans séparer Taçi^ siiicique, on ajoute à la liqueur de Talcool, auquel on met le tçu. La couleur verte de la flamme de l'alcool atteste la présence de Tacide borique. L'acide chlorhydrique ne doit pas être substitué à Tacide sulfiorique pour opérer la décon^positipn de la combinaison silicîipie, d'après des motifs qui ont ^ développés p. 240.

Si la cwibioaison siUcique résiste à Inaction des addos , om la réduit en poudre très-fine ; on fait rougir celle-ci avec enviroa le triple de son poids de carbonate potassique ou sodique; on décompose la masse rougie au moyen d'un acide sulfurique qui n'a été étendu que d'une petite quantité d'eau , et l'on verse ensuite dessus de l'alcool, dont la flamme prend une couleur verte, lors même

q/m ia «Mibiiiwo& ne cmtkni^'ine lrè»4Bdble proportion d^acUte bonfoe.

19^^ Acide phosphoriquê. €el aoiâe 86 fcneoiilre masi en petites quantités dans des co^dMaaiscMis silicifèfes. Ivsqit'à présent on ne Ta tf ouvé <fae dans le 9&rdaumH$e et dans qnekines espèces de tépideiiu. Cepmdant, il est vraisemMable qn'tl eiiste ansst en petites gtiantités dans plifMei»» antres eondn naisons siltefqnes ; ear sa présence pentaisémentpasser inaperçne lersqne, dans Fanafyse, on ne s^attadie pas, d'une maniéf e spéeiale, à la constater. Cet acide parait sortent eiiister d«m phisîenrs des minéranx sificifères qni cpntiemiaitt de petites ^antttés de eombmaisons de ffaor.

Pm» trouTerFacide phosplioriqaedafnsees combinaisons, qu'^elfes soient eu non soscepltbles de se laisser décomposer par les' acides, on les fait rougir avec trois à quatre fois leur poi(fe de carbonate sodf<ine ow potassique, et Fon traite îa masse rougie paf Teau, qui ne dtsscmt que le carbonate atcaKn en excès, ainsi que du phosphate ateaKn, quand les bases contenues dans la combinaison qu'on esainkie sont nasotnUes dan» h» cail^onate afcaliu'.

La présence de l'acide pbosphorique dans ïa dissoîntion, îors roème que fe quantité en est très-fidbfe, se reconnaît de ta manière smante : on eonnwence par snrsatnrer cette dissolution avec de Taeide nitrique, on mietrx avec de Pacîde acétique, et l'on ajoute ensuite une dissohrtion d^acétate plombique, ce qui donne lieu à un précipité de pbospfaate plombiqne, qu'on reconnaît aisément pour te» au cbafcmeau (p. 22S), On peut aussi, à Tafdfe du nitrate argentfqne, constater la présence de l'acide pbosphorique dans la disselutton saturée a^ec cfe l'acide nitrique.

M est impossible dfe constater au ebalumeau la présence del'acide phespborique d^ns des combinaisons siliciques, en suivant la marche qui a été tracée p. 230, parce qu'it existe toujours en trop petite quantité pour qu'on puisse exécuter cette expérience.

26^ Carbone. Parmi les combinaisons siliciques existantes dans I» nature, la seule qui contienne du carboné en quantité considérable est le pyrorthite. Pour constater sa présence dans ce minéral, il suffit de chauffer doucement celui-ci au chalumeau, et de le feffe ensuite rougir sur un point : il prend feu, puis continue à brAler seul, sans donner cependant ni flamme ni fumée, après quoi

628 ÀMALYflB btt SlUCAnES ilATÙR£LS^

le minéral est blanc cm d'un grià blanc. Le pyrorthite , mêlé avec du nitrate potassique, fuse aussi, quand on le chaufle, comme font les substances qui contiennent du carbone.

Des quantités très-petites de carbone ou plutôt de substances organiques carbonées, dont on ne connaît ppmt encore la composition, se trou?ent dans un fort grand nombre de combinaisons silieiques, et sont cause que celles-ci noircissent quand on les cbauffe dans un petit matras, sur une lampe à esprit de 'vin; la couleur noire disparaît par Tapplication de la chaleur à Tair libre, le carbone brûlant alors. C'est ce qui a lieu principalement pour les combinaisons siliciques contenant beaucoup de magnésie et en même temps de Feau, comme la pierre de lard^ Yécume de mer^ le ficrosmine^ le ftyrallolUey la ierpentitie, VagalmalolUe^ le piméUie, lechotidrodUe et le coupholite.

Quelques combinaisons siliciques contiennent de Vacide earbo^ nique , mais la plupart du temps par l'effet seulement d'un mélange de carbonate calcique ou d'autres carbonates. Ces minéraux font effervescence lorsqu'après les avoir pulvérisés, on verse de Tacide cblorhjdrique sur leur poudre.

21*' Fluor. Il existe en assez grande proportion dans la lopaze, le chondrodite et quelques espèces de mica , notamment celles qai contiennent de la lithine. On en a trouvé des quantités plus faibles dans un très-grand nombre d'autres combinaisons siliciques , notamment dans la plupart des espèces de mica , qui cependant n'en contiennent pas toutes, dans presque toutes les espèces dampAibotôy dans le carpholUe^ dans VapaphylUte, et dans quelques espèces de chabasiê et de icapolUe. Le chalumeau, appliqué comme il a été dit (p. 380) , suffit déjà, en général , pour faire aisément constater la présence du fluor dans quelques-unes de ces combinaisons siliciques, mais seulement dans celles qui contiennent en même temps une quantité d'eau plus ou. moins considérable. Cependant s'il ne s'y trouve aucune trace d'eau , on court le risque , dans l'analyse , de ne pas apercevoir des proportions même assez fortes de fluor. Il faut alors recourir à la méthode qui a été indiquée p. 379.

Lorsqu'on croit avoir reconnu, à l'aide du chalumeau, qu'une combinaison de fluor existe dans les combinaisons siliciques qu^oa

ANALYSE Dt:S SILICATES NUTUItELS. 629

essaie > il faut s^en convaincre positivement par un examen plus rigoureux encore , surtout s'il n'y a que des traces de la combinai^ son de fluor et si la combinaison silicique n^est pas de nature à se laisser décomposer par Tacidesulfurique. Cette conviction s'acquiert à l'aide des moyens qui ont été décrits p. 379. Quand on a suivi cette méthode , on obtient un précipité de fluorure calcique, lors même que la combinaison silicique ne contenait que de simples traces d'une combinaison de fluor. Le fluorure calcique ainsi obtenu doit être décomposé par l'acide sulfurique , d'après le procédé connu , et dont il a été parlé p. 377 , afin de constater si le verre est corrodé ^ phénomène qui ne laisse aucun doute sur la présence du fluor.

Il est à remarquer, au reste , que le précipité déterminé par le cblorure calcique peut contenir, indépendamment du fluorure calcique , d'autres combinaisons insolubles de chaux avec des acides , s'il existait de ces derniers dans la combinaison silicique. Le fluorure calcique peut surtout être accompagné , dans ce précipité, par du phosphate calcique, ou généralement par des combinaisons de chaux avec les acides qui ont été énumérés p. 572. Cependant il faut y rechercher avec le plus grand soin la présence de l'acide phosphorique , parce que, ainsi qu^l a été déjà dit (p. 627), cet acide existe très -fréquemment dans des minéraux qui contiennent des combinaisons de fluor. Ainsi , après avoir décomposé le précipité par l'acide sulfurique , dans un creuset en platine , à6n d'acquérir, par la corrosion du verre , la certitude de Texistence du fluor, on traite le résidu par une grande quantité d'eau ; celle-ci dissout Tacide sulfurique mis en excès, ainsi que le sulfate calcique qui s'est produit, et laisse le phosphate calcique , qu'on peut alors soumettre à un examen ultérieur.

22^ Chlore. On a trouvé le chlore, mais toujours en très-petite quantité , dans plusieurs combinaisons siliciques , notamment dans le sodalite^ Veudialite et le pyrosmatite. Pour découvrir la présence d^une combinaison de chlore dans des combinaisons siliciques décomposables par les acides , on les décompose par Tacide nitrique, en ayant soin néanmoins d'éviter, quand il est possible , toute ap* nlication de chaleur ; si Ton ne peut se dispenser de recourir à cette dernière , le mieux est de laisser l'acide nitrique agir surla

$30 ANiLTBE DES SlUGiTES UÂXWEU.

poudre du minéral , dans un flacon bouché à Témeri. Après avoir séparé la liqueur de Tacide silicique par la filtration, on y verse une dissolution de nitrate argentique , qui précipite du cUorure argentique, facile à reconnaître. Si ensuite on veut encore aller k la recherche des autres principes constituans , on &Itre la liqueur^ pour la séparer é\k chlorure argentique , et on y verse jde Tacide dilorhydrique ^ pour la débarrasser de Toxyde argentique qui aurait pu y être mis en exeès y après quoi on preoède de la manière ordinaire. Les trois minéraux dont les noms ont été cités précédemment sont décomposables par Tacide nitrique ; cependant le pyrosmalite n'est décoœiposé par cet acide qu'assez diffidlemcot, et à Taide d'une légère chaleur.

Si la combinaison siUcique résistait à Faction des acides ^ il fendrait la faire rougir avec du carbonate alcalin bien purgé de tcmt c^orure alcalin. La masse rougie serait ensuite traitée par Teau, qui , indépendamment du carbonate alcalin en excès, dissoudrait aussi du chlorure potassique ou du chlorure sodique; on sursatvrerait la dissolution alcaline avec de Tacide nitrique , puis on verserait dans la liqueur une dissolution de niirate argentique , qui précipiterait du chlorure argentique.

La présence du chlore, dans des combinaisons siVicîcpies , peut hien être constatée à Taide du ehalumeau , en agissant comme il a été dit p. SQk ) mais il ne faut cependant Jamais négliger IV naljse par la voie humide : car elle seule, en pareil cas, peut Qonduire i uu résultat certain.

23* Soufre. Il existe dans quelques combinaisons siliciques , à Tétat I soit de sulfure métallique , soit de sulfate. On le frooTe sotts la première forme dans Vhebriney qui le contient à l'èlat de sulfure 4e manganèse , et Ton peut alors constater fort aisément sa présence par le dégagement de gas suîfide hydrique qui a lieu lorsqu^on opère la décoo^ositîon au moyen de Tacide chlorhydrique. Une partie au moins du soufre pSiratt être aua à l'état de sulfure métallique dans Vlmuifn^f le nomn et lekutulkei cm ces minéraux exhalent, quand on les déeon^KM par Tacide cblorbydrique, une odeur de gaz sulGde hydriqpie, qui est cependant très*faible pendant la décomposition du nosian.

Si dusoufre sa trouvaîl à Tétat de sutfure daçs une eond»-

ànàltéib DEd Silicates hatdrels. 6di

ilsison silieiqae qui ne pût pas être décomposée parTacidechlorhydrique avec dégagement de gaz sulBde hydrique , on ne parviendrait à constater sa présence qu'au moyen de la formatioii d'acide sulfurique qui aurait Heu en traitant la cothbinaison par Tacide nitrique Tumant. On peut aussi, dans ce Caà, faire rougir là combinaison silicifère avec un mélange de carbonate et dfe hi-» trate alcalin , traiter ensuite la masse rougie par Teau, et après avoir sursaturé la liqueur avec de Tacide chlorh^drique , y constater la présence de Tacide sulfurique au moyen d'une dissolution de dilorure barytique.

Le soufre s'offire à l'état d'aeide mlfunqne dans quelques «ondiinaisons siliciques. L'haûyne , le nosîan et le lazulite ôontienneut non-seulement du sulfure métallique , mais encore de l'adde sulfurique ; car, après avoir décomposé ces minéraui au moyen de Pacide chlorbydrique , et filtré la liqueur pour la séparer de IV cide silicique, si Ton verse dans cette dernière une dissolution de chlorure barytique , on obtient un précipité de sulfate baiytique. Cependant il est nécessaire de bien laver Tacide silicique , parce que ces minéraux contiennent de la chaux qui , après la décomposition par l'acide chlorhydrique , forme du sulfate calcique , lequel est fort peu soluble dans l'eau.

S'il se trouvait de Tacide sulfurique dans des combinaisons siliciques indécomposables par les acides , il faudrait réduire la c(«i« binaison en poudre très-fine, faire rougir cette poudre avec du car-* bonate potassique ou sodique, et traiter la masse rougie par l'eau } la dissolution contiendrait, avec le carbonate alcalin mis en excès, du sulfate alcalin; il serait facile d'y constater la présence de l'acide sulfurique , en y versant une dissolution de chlorure barytique, après Tavoû: sursaturée avec de Facide chlorhydrique.

Dans les combinaisons siliciques qui contiennent du soufre ou de l'acide sulfurique, mais ne renferment pas en même temps d'oxydes métalliques proprement dits , ou du moins n'en renferment que de très-petites quantités , la présence du soufre peut être* reconnue au chalumeau , en exposant , sur du charbon , le minéral, mêlé avec de la soude , à l'action de la flamme intérieure. On ob^ tient ainsi un globule souvent trouble , qui devient rouge en se refroidissant. Ce procédé ne réussit cependant pas quand on

6d9 ANÀLYSS DES EACX MINÉRALCS.

opère sur de Thelvine , & cause de la grande quaûtUé de manganèse qu'elle contient. Mais la présence du soufre peut toujours être reconnue au dialumeau dans ces combinaisons , en les traitant sur du charbon avec un excès de soude y projetant la masse rougie sur une feuille d'argent , et l'humectant un peu ; car alors l'argent se colore en brun ou en noir.

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