CHAPITRE Xm
VE LÀ MARCHE A fiOIYRB POUR l'aNALTSB DBS CAS.
On exécute l'analyse qualitative d^un mélange gazeux , aoit en isolant les uns des autres tous les gaz que ce mélange contient, soit^
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Ml séparant ensemble plusieurs de ceui qui le constituent. I^our àf^ met à ce but, on emploie différens réactifs qui ne produisent des oorps liquides ou solides qu>n se combinant avec certaines espèces de gai y tandis qu^ils n'exercent aucune action sur les autres. Gomme on a souvent recours à la même méthode pour l'analyse quantitative des mélanges gazeux, dont il sera parlé au long dans le second volume de cet ouvrage, j'insisterai moins sur la marche à suivre dans les analyses qualitatives des gaz que je ne l'ai fait en décrivant les analyses qualitatives d'autres substances.
Les expériences qu'on est obligé de faire pour l'analyse qualitative d'un mélange gazeux s'exécutent la plupart du temps dans des tubes de verre qui sont soudés à l'une de leurs extrémités, et qui ont autant de largeur, mais une fois autant de longueur à peu près que lesverresàessaidontonsert dansles analyses qualitatives par la voie humide et dont on voit p. 501 la figure réduite. Le diamètre de ces tubes doit cependant n'être pas trop considérable, afin qu'on puisse en boucher l'extrémité béante avec le pouce , lorsqu'il s'agit d'agiter le gaz avec des dissolvans liquides.
Le mélange gazeux qu'on se propose d'examiner est conservé^ sur du mercure , dans une cloche , d'où Von en fait passer dans les ëprouvettes les petites quantités nécessaires à chaque expérience. Pour que de l'air ne puisse pas se mêler avec le gaz pendant qu'on le transvase ainsi, on emplit Téprouvette du mercure, et on la place àcêté de la cloche, l'ouverture en bas, dans une cuve à mercure. Cette cuve doit avoir assez de capacité pour que la cloche puisse y être couchée dans le sens de sa longueur et cependant demeurer couverte par le mercure. On penche alors la cloche, en la rapprochant de la ntuation horizontale , jusqu'à ce que le gaz en sorte , et l'on dispose l'éprouvette remplie de mercure de telle manière que les bulles de ce gaz puissent y monter. A défaut d'une quantité sufifisante de mercure, on est obligé de substituer Teau à ce métal, pour recevoir les gaz : les résultats n'en sont pas moins suffisamment exacts dans la plupart des analyses qualitatives, mais il n'en est plus^ de même quand il s'agit d'analyses quantitatives. Cependant si le mélange gazeux contenait des gaz susceptibles de se dissoudre dans l'eau avec yne facilité extrême , on ne pourrait se dispenser alors
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d^émployer la CQve à mercure, même pour de simples analyses qoiH, litatives.
Quelques gaz, pourtant, sontabsorbés ou décomposés par le mercure, plus facilement même que par Teau, comme par exemple le chlore gazeux. Ceux-là doivent toujours être traités sur l'eau.
Les gaz qui peuvent se présenter dans les analyses qualitatives sont les suivans : Gaz oxygène, gaz hydrogène, gaz carbure dihydru que, gaz carbure téirahydrique, gaz phosphure trihydrique, gaz arsé^. niure trihydrique , gaz hydrogène antimonié^ gaz oxyde carboni^ que y gaz oxyde nitrique, gaz oxyde nitreux, gaz nitrogène, gaz chUnide hydrique, gaz bromide hydrique, gaz iodide hydrique, gaz fluoride iUicique, gaz fiwnide borique, gaz cyanide hyibique, gaz ammoniaque, gaz acide carbonique^ gaz adde sulfureux, gaz chlore, gaz cyanogène, gaz mlfide hydrique, gaz eélénide hydrique et gaz teUuride hydrique.
11 est assez facile de reconnaître la nature d'un gaz , quand il ne se trouve pas mêlé avec d'autres. On commence l'examen du mé» lange gazeux par l'agiter avec une dissolution concentrée de potasse , qui absorbe aisément certains gaz , tandis que d'autres ne sont point absorbés par elle d'une manière appréciable.
A cette dernière catégorie appartiennent le gaz oxygène, le gaz hydrogène y le gaz carbure dàhydrique, le gaz carbure tétrahydrique , le gaz hydrogène phosphore, le gaz arnéniure trihydrique, le gaz hy» drogène anHmonié, le gaz oxyde carbonique, le gaz oxyde nitrique, le gaz oxyde nitreux et le gaz nitrogène. Ces gaz se reconnaissent ensuite à quelques-unes des plus importantes propriétés par lesquelles chacun d^eux est distingué des autres.
Le gaz consiste en gaz oxygène lorsqu^il ne prend pas feu i rapproche d'un corps enflammé , mais entretient avec beaucoup de vivacité la combustion des corps qui brûlent, qu^une allumette simplement en ignîtion s'allume à Tinstant même où on l'y plonge, et que des vapeurs rutilantes se forment aussitôt qu'on le mêle avec du gaz oxyde nitrique incolore.
Si le gaz est de YhydrogènCy il brûle avec une faible flamme bleuâtre, après qu'on y a mis le feu; il n'a point d'odeur, oudumoins n'en exhale qu'une très-légère, mais qui provient toujours de mélanges étrangers; quand on Ta mêlé, sur Teau, avec un égal volume de I. 41
Monte gotmi^ Tean de chaux Tabsorbe peu à peu à la lumière da jour, sans se troubler ni devenir laiteuse; si on Tagite avec une dîMliïtiM de âltfate âf gotique , il n'est poiM absorbé , et ne produit pas de ptéoipifé noir dans cette liqueur.
Le ptï ésM\ dtt éàfbufe Mhydrique^ il brûle avec une flamme frès-briltattté loTsqtl'cm y Met le fmi, et, après avoir été mêlé sur rèau avec dd dhlore gazeibt, il est absorbé^ tandis qu'on voit appafatlfë de petites gouttes d'huile, et que l'eau acquiert une odeur <diérée, mais que Teau de chaut ajoutée efi excès ne se trouUe fMhit fl n'est pas non plus absoriyé par ufte dissolutiofl de ntrate if^titique.
Si le gaz éà éd carburé têtmhydtique , il brUe avee tme faôble flammé bleué , après qtl'ôn y a mis le teu : lorsqu'on le mêle sur f éau àvéé dû <^loré ga^^eux > il siè décompose , non paa , il est vrai , dans l'obscurité, mais bien à la lumière , et Teau de chaux qu'on ajoute ensuite ert eiôès fabsorbe en se troublant, parce qu'il se produit dû cdtboiiate calcique ; uhe dissolution de nitrate argentique ne l'absorbe paâ , et il n'est point absorbé non plus quand on le éfeaûfle avec du poitaésSurir sur du mercure.
Le gaz hydrog^e phosphore , quand on Ta préparé en faisant boûiffir du phosphore avec de Teau et une forte base a\Ga\me. s'enflamme ie tui-mème au contact de Tair. Geitti qu'on obtient en cfcaufl*ant Tacide phosphoreux aqûèux ne s^enflamîme pasà Tair; mais, quand oit y met le feu, iï brûle, coiûme le précèdent, avec une fumée blanche qiii rougit le papier de toornesd humide, cluractère propre à le distinguer d'un grand nonAre d'autres gaz -^ il a en outre une odeur extrémemejit désagréable et toute particulière.
Lorsqu'on le fait passer à travers un tnbé de verre qui n'a pas un trop grand cfiamètre , et qui est chauffé jusqu'au rouge , sur un point de. son étendue, il se décompose, et dépose dû phosphore non loin du point éctauffé. Si on l'agite avec une dissolution de nitrate argentique, ef qu'^S soît pur, il est absorbé en totalité et rapidement, avec formation d'un précipité noir, qui est de l'argent. Une dissolution de chlorure mercurîque l'absorbe aussi complètement, avec formation d'un précipité jaime, qui consiste en chlorure mercurîque, phosphure de mercure et eau.
Gomme le gaz hydrogène phosphore qui s^enflamme Spontané-*
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lâent k Tair eontîeht toi^ws dû ga^ hy<lrog'ènéIi1)re, ènquantîlé tantitôt phis et lAntÀt moins considérable, son ai>sor^tion par la diss^loliottde fittrafle àr gentiqiie n'est ^int oomplète.
Le ffaz arsinitfrê trikjdriqne brdie qaaïid on y met le feu, et produit, lorsqu'on Feirfbtome di»ns vto^ éj^owette renversée, im dép6t bruii-irtiîf/ iî6nt tes lifioittAres^ i$)àr6eliei^ suffisent pour qa'on reconnaisse, en les chauffiintr, qtfelleR sont deTarsenie. Il diâère encore dos au!lreS'gàz ]f1arla ]fropl*rété qtfil a, quand on l^âgile avec une dissolution denitralie ar^ètiiSque, d'être absorbé, en donnant lieu à un précipité noir, qui est. de Pargent ; et par celle de Pèfere également au moyen d'une dissolution de cWorure merciiriqae, en produisant uta précipité janne-brun, qui se compose dêcbloruve niépcurique, d^aïisénîure demei*eure et tfeau. Cependant, comme il contient tottjonrs de Phydrogène, ces deux liquides ne l^absorbent pas com^jlètement. Lorsqu'on fedt passer un gaz contenant très-peu de gaz hydrogène arsénié à travers un tiAe de verre doht le diamètre ne soî^ pfas trop' considérable , et donit unpDoint ait élé chauffé jusqu'au rougè , il se décompose, et dépose, non'lbiH' du point rôugé', Un miroir d'arsenic métallique , dont les moindres parcelles peuvent être reconnues à leur odeur, quand on les chaufie.
Hegàz ktfdrogène antimontê^ auquielon met le feu, brûle avec une flamme blanche, analogue à celle du précédent, et, comme hiî aussî,^ dépose , quand on lé faif passer à travers un tube de verre rougi gûr un point de son étendue, un miroir d'antimoine métallique. Avec la dissolution de nitrate argentique il donne un précipité noir, et avec celle de chlorure mercurique un précipité blanc, qui reste long-temps en suspension. La meilleure manière de distinguer l'un de l'autre le gaz hydrogène aiitimonié et le gaz hydrogène arsénié consiste à examiner le miroir métallique produit par la décomposition des deux gaz dans un tube de verre rpugraufeu: quand on dissout celui du gaz hydrogène arsénié dans de l'acide nitrique, celui-ci contient de l'acide arsenieux; si au contraire on dissout celui du gaz hydrogène antimonié dans de l'eau régale , celle-ci contient de Toxyde antimonique.
Le gaz oxyde carbonique y auquel on met le feu, brûle avec une flamme bleue; il n'a pas d'odeur appréciable; mêlé soit
Bit ANALYSE DBS Qkt.
avec une dissolution de nitrate argentique , soit avec dtl éhlore gazeux , sur l'eau, il se comporte de la même manière que le gaz carbure tétrahydrique , dont il ne diffère que parce que du potassium, avec lequel on le chauffe, sur du mercure, Tabsorbe.
Le gaz oxyde nitrique est incolore ; cependant, mis en contact avec Tair atmosphérique ou avec du gaz oxygène, il donne naissance à des vapeurs rutilantes , ce qui le distingue d'autres gaz. Une dissolution de sulfate ferreux ou d'un autre sel ferreux: l'absorbe , et par-là se colore en noir. Nul autre gaz ne partage avec lui cette dernière propriété.
Le gaz oœyde nitreux n'est point combustible; cependant il enflamme, comme le gaz oxygène , une allumette qui n'est qu'en ignition. On le distingue du gaz oxygène , parce qu'il ne produit pas de vapeurs rutilantes quand on le mêle avec du gaz oxyde nitrique. Il n'est point absorbé par une dissolution de nitrate argentique.
Le gaz nkrogène n'est point combustible, et ne peut pas non plus entretenir la combustion des corps qui brûlent : il n'a point d'odeur, et il n'éprouve aucune action de la part ni du chlore gazeux, ni de la dissolution du nitrate argentique, ni d'aucun autre réacCif; ces caractères négatifs le distinguent des autres gaz.
Les gaz qu'une dissolution de potasse absorbe aisément sont les suivans : gaz chUmde hydrique^ gaz bromide hydrique, gaz iodidè hydrique , gaz fluoride sUidque , gaz fluoride borique» gaz cyatiide hydrique, ammoniaque , gaz acide carbonique, gaz adde tulfureux, gaz chlore, gaz cyanogène» gaz iulfide hydrique, gaz Bélénide hydri-^ que, gaz telluride hydrique. Ces gaz sont plus faciles i distinguer les uns des autres que ceux dont il vient d'être question. Les sept premiers se dissolvent en très-grande quantité dans une faible proportion d'eau, et ils sont aussi solubles dans cette dernière que dans une dissolution de potasse. Gomme les sept derniers, sans être absolument insolubles dans Teau, n'y sont cependant pas, à beaucoup près, aussi solubles que les autres, on peut déjà les distinguer par-là de ceux-ci. Lorsque les sept premiers se trouvent mêlés avec d'autres gaz, on les reconnaît aisément, après les avoir fait absorber par une petite quantité d'eau, aux propriétés dont jouit la dissolution ; mais comme il a été déjà traité fort au long de ces dis-