Oxydes du fer
1® Oxyde ferreux, Fe.
L'oxyde ferreux est presque inconnu à l'état de pureté. On n'a point encore pu non plus obtenir son hydrate parfaitement pur à l'état sec, à cause de la facilité avec laquelle il absorbe l'oxygène de l'air atmosphérique, surtout à la surface. Préparé récemment « il est blanc. Non-seulement l'oxyde ferreux est contenu dans les dissolutions des sels ferreux, mais encore il se produit lorsqu'on dissout du fer dans de l'acide sulfurique étendu , ou dans d'autres acides, dissolution qui est accompagnée d'un dégagement d'hydrogène. Les sels ferreux ont une couleur verdâtre ou faiblement bleuâtre lorsqu'ils contiennent de l'eau de cristallisation. Déjà, à l'état solide^ ils éprouvent souvent de la tendance à s'oxyder davantage, et à se couvrir d'une poussière jaunâtre de sel ferrique. Ils sont moins dans ce cas lorsqu'ils se sont précipités par cristallisation d'une dissolution acide. A l'état de dissolution, ils s'oxydent beaucoup plus facilement sous l'influence de l'air, et, quand ils sont neutres, la liqueur laisse déposer une poudre jaune de sel ferrique basique, ce qui n'empêche pas qu'outre l'oxyde ferreux elle contienne aussi une plus ou moins grande quantité d'oxyde ferrique.
Une dissolution de potasse produit, dans les dissolutions ferreuses, un précipité floconneux d'hydrate ferreux, qui est d'aliord presque blanc, mais qui ne tarde pas à devenir gris en absorbant de l'oxygène, et qui ensuite verdit, il prend une couleur plus foncée, et devient enfin rouge-brun, dans les points où il est eu
contact avec l'air atmosphérique. Lorsqu'on filtre le précipité vert, il ne tarde pas à devenir rouge-brun sur le filtre > où ses points de contact avec l'air sont très-multipliés.
Vammonmque produit les mêmes phénomènes que la potasse dans les dissolutions ferreuses. Quand on a versé une dissolution de chlorure ammonique dans la dissolution ferreuse, l'ammoniaque, ajoutée ensuite, ne détermine point de précipité; mais si la liqueur reste exposée à l'air, il ne tarde pas à s'y former un l^er précipité vert d'hydrate ferreux, qui devient rouge-brun à la surface.
Une dissolution de carbonate potassique produit un précipité blanc dans les dissolutions ferreuses, sans qu'il y ait d'efifervescence due à un dégagement d'acide carbonique. Avec le temps, ce précipité de carbonate ferreux devient vert, et prend à la surface la même teinte de rouge-brun que celui auquel donne lieu une dissolution de potasse pure qu'on verse dans des dissolutions ferreuses. Une dissolution de chlorure ammonique le redissout bien; mais, lorsqu'on laisse la liqueur à l'air, il s'y forme un précipité vert, qui devient rouge-brun sur la surface du liquide. Cependant la formation de ce précipité a lieu plus tard que quand, au lieu de carbonate potassique, c'est de l'ammoniaque qu'on verse dans la liqueur.
Une dissolution de bicarbonate potassiqw fait naître, daiis les dissolutions ferreuses, un précipité blanc, de carbonate ferreux, dont la formation est accompagnée d'un dégagement de gaz acide carbonique.
Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte avec les dissolutions ferreuses de môme que celle de carbonate potassique.
Une dissolution de phosphate sodique produit, dans les dissolutions ferreuses neutres, un précipité blanc de phosphate ferreux, qui ne verdit à l'air qu'au bout d'uti certain laps de temps.
Les dissolutions à'adde oxalique et de suroxalate potassique co* lorent sur-le-champ les dissolutions ferreuses en jaune, et y déterminent au bout de quelque temps un précipité jaune d'oxalate ferreux , qui se dissout dans l'acide chlorhydrique ajouté en excès. Les oxalates alcalins neutres produisent ce précipité sur-le-champ, et d'une manière plus sensible encore.