OXYDES DU CUIYRE
10 Oxyde cmYREux, €u.
L*oxyde cuiYreux, tel qu'on le rencontre dans la nature > est d*un rouge de cuivre; pulvérisé , il a une couleur rouge de coche^ nille. 11 ne change point à Tair. Lorsqu'on le fait rougir au contact de Tair, il se convertit en oxyde cuivrique; mais, chauffi§ dans des vaisseaux clos 9 il ne subit aucun changement^ si Ton n'élève
du chlorure ammonique, il est en paillettes cristallines, noires, miroitantes, qui ofifrent cependant au microscope une certaine translucidité.
Le protoxyde d'uranium, préparé par voie sèche, est inattaquable , même à chaud, par les acides chlorhydrique et sulfurique étendus d'eau; ce dernier acide, étant pris à Tétat concentré, le dissout; Taeide nitrique le dissout également, mais en produisant du nitrate de peroxyde d'uranium (nitrate lu'anique).
Les caractères attribués précédemment à la dissolution d'oxyde uraneux dans Tacide sulfurique appartiennent au sulfate et aux autres sels de protoxyde d'uranium. Cet oxyde forme, en effet, les sels verts d'uranium; à Tétat d'hydrate , il est brun rougeâtre ; il se dissout dans les acides dilués , en donnant des liqueurs vertes, qui finissent par devenir jaunes, au contact de l'air, parce qu'elles se transforment en sels uraniques.
La dissolution verte d'un sel de protoxyde d'uranium donne au bout de quelques temps, avec le nitrate d'argent, un précipité d'argent métallique; il se produit un sel jaune de peroxyde d'uranium.
Le protoxyde d'uranium , obtenu par la calcination de l'oxalate jaune en vase clos , ou par la réduction de l'oxyde vert par le soufre, fournit avec le nitrate d'argent du nitrate jaune uranique et de l'argent métallique.
Deutoxyde d'uranium ou oxyde noir, Û4. Cet oxyde s'obtient par la calotnation du nitrate ou du sulfate uranique à une haute température.
Mis en contact avec les acides, il ne s'y unit pas intégralement ; il donne un mélange de sels de protoxyde et de peroxyde.
On peut, en effet , le considérer comme formé de 2 équivalents de protoxyde et de 1 de peroxyde d'uranium (2 Û -|~ tj *).
Tritoxyde d'uranium ou oxyde olive, U3. C'est encore un composé de protoxyde et de peroxyde : Û 4-1)*. On l'obtient en soumettant au rouge naissant l'oxyde précédent à l'action de l'oxygène ou de l'air.
Sa couleur est olive foncé. Traité par l'acide sulfurique concentré , sous Finfluence d'une légère chaleur, il fournit un mélange jaune verdâtre des 8iri&tes des deux oxydes. En chauffant davantage ce mélange, il y a dégage«>
OXYDES BE S.'i;RÀNfi. 9g
pM trop la température. L'acide sulfurique étendu et d'autres acides le convertissent en cuivre métallique, qui se sépare, et en oxyde cuivrique, qui se dissout dans Tacide dont on s'esl servi. Il n'y a que l'acide chlorhydrique qui, lorsqu'on en met un excès sur de l'oxyde cuivreux, le dissolve à l'état de chlorure cuivreux. La dissolution a une couleur brune , qui ne provient cependant que d'une petite quantité de chlorure cuivrique; car, quand la dissololion ne contient pas un atome de ce dernier, elle est incolore; exposée à l'air, elle se convertit peu à peu en une dissolution de dorure cuivrique, et finit par acquérir une couleur verte. Lors- ^'on emploie moins d'acide chlorhydrique, l'oxyde cuivreux se eonvenit en une poudre blanche, qui est du chlorure cuivreux. La dissolution de l'oxyde cuivreux dans un excès d'acide chlorhydrique {HTécipite, par l'addition d'une quantité convenable d'eau ^ du chlorure cuivreux, sous la forme de poudre blanche. La dissolution se comporte de la manière suivante avec les réactifs :
Une dissolution de potasse, versée en petite quantité dans cette dissolution, salure l'acide libre qu'elle contient, ce qui détermine la précipitation du chlorure cuivreux, sous la forme d'une poudre blanche, car il n'est soluble que dans l'acide chlorhydrique libre. Une plus grande quantité de potasse détermine un précipité jaunebrun, qui est de Thydrate cuivreux, et qui ne se dissout point
ment d'acide sulfureux et formation de sulfate uranique, qui est d'un jauneclair.
Peroxyde d'uranium. Oxyde uranique ^ U». Jusque dans ces derniers temps, cet oxyde n'avait pas été obtenu à l'état de pureté ; on sait qu'en traitant les dissolutions uraniques par les alcalis , le précipité retient toujours une certaine quantité du précipitant, que les lavages ne peuvent pas enlever.
M. Elbelmen a montré qu'on obtient Toxyde uranique hydraté en exposant à la lumière solaire une dissolution d'oxalate uranique ; il se dépose après quelque temps une matière floconneuse d'un brun violacé , qui , jetée sur un filtre et exposée à l'air, se convertit rapidement en un produit d'un jaune seïiû^ qui est l'hydrate d'oxyde uraniqne.
Cet hydrate, chauffé doucement, se transforme en oxyde anhydre, qui est d'un brun rouge briqueté ; soumis à une température plus élevée, il passe à J'état d'oxyde vert.
J] se dissout facilement dans les acides. Les sels uranitpies offrent les cancCdres indiqués préoédeminent, (E. P)
M coMBiHAi^KS âiKptes. uses,
dans tin excès du réactif. Quand ce précipité reste très-long-temps exposé à l'air, il devient peu à peu d'un brun-noir, Toxyde cuivreux se convertissant en oxyde cuivrique.
Vanunoniaque^ mise en excès dans la dissolution du chlorure Cuivreux, formerait avec elle une liqueur incolore si l'opération se faisait à l'abri de tout contact avec l'air; mais ordinairement la liqueur devient d'un bleuâtre clair, parce que la présence de l'air détermine sur-le-champ la formation d'un peu de chlorure cuivrique. Lorsqu'on laisse cette dissolution tranquille à l'air, elle devient en peu de temps d'un bleu foncé. Cette coloration part manifestement de la surface, qui est ordinairement déjà d'un bleu foncé, tandis que le reste n'est encore que d'an bleu clair. Une dissolution dépotasse fait naître, dans une dissolution de chlorure cuivreux à laquelle on a ajouté de l'ammoniaque, un précipité jaune-brun d'hydrate cuivreux, lorsque la quantité de l'ammoniaque ajoutée n'est pas trop considérable, proportionnellement à celle de la potasse.
Une dissolution de carbonale potassique produit un précipité jaune de carbonate cuivreux dans les dissolutions cuivreuses.
Une dissolution de bicarbonate potassique agit de même.
Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte comme l'ammoniaque pure; cependant il se manifeste de plus une eflervescence due à de l'acide carbonique qui se dégage.
Une dissolution de phosphate sodique produit, dans les dissolu* tions cuivreuses qui ne sont pas trop acides, un précipité blanc de phosphate cuivreux, qui, en absorbant de l'oxygène, avec le temps, devient bleu verdâtre.
Une dissolution diacide oxalique détermine, dans les dissolutions cuivreuses, un précipité blanc d'oxalate cuivreux, qui devient vert bleuâtre par l'effet d'un repos prolongé.
Une dissolution de cyanure ferroso^tassique donne un précipité blanc, qui devient en très-peu de temps rouge-brun, lorsqu'on le laisse en contact avec l'air.
Une dissolution de cyanure ferrico-potassique en détermine surle-champ un rouge-brun.
Le sulfhydrate ammonique fait naître, dans les di^^tions cui-.
OXYDES DU CÙIVRÊ. yj
Wusesqûî ont été saturées avec de Tammoniaque, un précipUé noir de sulfure de cuivre, insoluble dans un excès du réactif.
la dissolution ou un courant de gaz mlfide hydrique produit un précipité brunde sulfure de cuivre dans les dissolutions cuivreuses.
Une dissolution d'iarfure potassique en donne un blanc d'iodure cuivreux , et la liqueur qui surnage ne contient point d'iode libre.
Les sels cuivreux solubles dans l'eau se décomposent quand on les fait rougir à l'air.
Les sels cuivreux insolubles dans l'eau se dissolvent pour la plupart dans l'acide chlorhydrique libre. L'oxyde cuivreux contenu dans cette dissolution peut aisément être converti en oxyde cuîvrique par le traitement au moyen de l'acide nitrique. On verra plus loin (p. 101) quels sont les moyens à laide desquels on peut se convaincre de sa présence dans la dissolution.
Au chalumeau, l'oxyde cuivreux se comporte comme l'oxyde cuivi'ique, avec cette seule différence que, quand on le dissout dans du borax ou du sel de phosphore, il lui communique sur-lechamp, dans la flamme extérieure, la couleur de brun sale qui^ lorsqu'on opère sur de l'oxyde cuivrique, ne se manifeste que dans la flamme intérieure.
2* OXVDE CmVRIQUE. Gu.
L'oxyde cuivrique est pulvérulent et de couleur noire; il fond à une très-forte chaleur. Chauffé avec du charbon ou avec des corps oiganiques, il se réduit aisément, soit en oxyde cuivreux, soit en cuivre. Il est très-soluble dans les acides, môme après avoir été rougi au feu. La dissolution a ordinairement une couleur bleue. Celle dans l'acide chlorhydrique est d'un vert d'émeraude. L'hydrate cuivrique est bleu ; cependant il suffit de le dessécher avec force, à la température de l'eau bouillante, pour qu'il perde son eau et devienne noir. Les sels cuivriques sont bleus ou verts quand ils contiennent de l'eau de cristallisation ; ceux qui sont anhydres ont souvent une couleur blanche, et quelques-uns sont bruns.
Une dissolution de potasse détermine, dans les dissolutions cuiyriqucs , un voUiwnniix précipité bleu d'hydrate cuivrique, Ge- I. * 7
lui-ci noircit quand bn le fait bouillir avec un excès de potasse, parce qu'il se convertit en oxyde cuivrique ; alors aussi il se rassemble aisément au fond du vase. Lorsqu'on fait bouillir une dissolution cuivreuse avec une quantité de potasse moindre que celle qui serait nécessaire pour produire une décomposition complète , on obtient, non un précipité noir, mais un précipité verdâtre-clair, de sous-sel cuivrique.
Vammoniaque , versée en petite quantité dans les dissolutions coivriques , détermine un précipité verdâtre de sousHsel cuivrique , qui se redissout très-facilement dans un excès d'ammoniaque, en produisant une liqueur bleue. La couleur bleue de ce liquide est beaucoup plus foncée que celle qu'on obtient lorsqu'au lieu d'oxyde cuivrique c'est de l'oxyde niccolique qu'on dissout dans un excès d'ammoniaque : seulement elle est beaucoup plus foncée, même quand il n'y a qu'upe petite quantité d'oxyde cuivrique. Dans les cas môme où la dissolution cuivrique est assez étendue pour paraître incolore, l'ammoniaque la colore encore en bleuâtre. Une dissolution de potasse pure, versée à froid dans une dissolution ammoniacale d'oxyde cuivrique, ne détermine pas sur-le-champ de précipité; mais, au bout de quoique temps, il s'en forme un bleu d'hydrate cuivrique, si la dissolution n'était pas trop étendue. Cependant, lorsqu'on fait bouillir la dissolution ammoniacale d'oxyde cuivrique avec une dissolution de potasse , il se produit un lourd précipité noir d'oxyde cuivrique , après le rassemblement total duquel , au fond du vase, la liqueur, qui auparavant paraissait d'un bleu foncé, est tout-à-ftit incolore.
Une dissolution de carbonate potassique produit, à froid, dans les dissolutions cuivriques, un précipité bleu de carbonate cuivrique, qui, par l'ébullition, devient noir et se dépose facilement.
Une dissolution de bicarbonate potassique en détermine un verdâtre clair, qu'un excès du réactif redissout, en produisant une liqueur d'un bleuâtre clair.
Une dissolution de carbonate ammoniacal en petite quantité produit un précipité verdâlre clair de sous-sel cuivrique, qu'une plus grande quantité du réâcUr redissout. La liqueur parait alors aussi bleue qu'une dissolution cuivrique à laquelle on a ajouté de
rammoniaque pure. Une dissolution de potasse pure, arec laqueUe on ia fait bouillir, y dét^mine également un précipité noir et pesant d'oxyde cuiTriqne.
Une dissolution de phosphate sadique fait naître, dans les dissolutions cuivriques, un précipité blanc yerdâtre de phosphate cuî* TOque, soluble dans l'ammoniaque, qui produit avec lui une liqueur bleue, dans laquelle une dissolution de potasse détermine, à la faveur de l'ébuUition, un précipité noir et pesant d'oxyde cuîvrique.
Une dissolution d'adde oxaUque forme sur-le-champ un précipité blanc v^rdâtre d'oxalate cuîvrique, dans une dissolution cuîvrique neutre.
Une dissolution de cyanure ferroso-potassique donne , dans les dissolutions cuivriques, un précipilé rouge-brun de cyanure fer* roso-cuivrique, qui est insoluble dans l'acide chlorhydrique.
Une dissolution de cyanure ferrico-poiassique en détermine un jaune vert de cyanure ferrico^cuivrique , qui est également insoluble dans l'acide chlorhydrique.
VinfimoH de noix de gaUe ne produit pas de précipité dans les diss(dutions cuivriques, quand elles sont exemptes de fer.
Le eulfhydmùe ammonique fait naître, dans les dissolutions cuivriques neutres, un prédpité noir de sulfure cuîvrique, qui paraît brun-foncé quand il est peu abondant, et qui ne se dissout point dans un excès du réactif, non plus que dans l'ammoniaque.
La dissolution ou un courant de gaz sulflde hydrique produit, dans les dissolutions cuivriques, tant neutres qu'acides, un précipité n«rde sulfure <%iivrique, dont les petites quiantités paraissent égalemeat d'un brun foncé.
Une baguette de sdnc métallique précipite le cuivre de ses dissolutions sous la forme d'un enduit noir.
Le/«r tnéialUque le précipite avec la couleur qui lui est propre. Des traces mêmes très-faibles de cuivre sont précipitées de leurs dissolutions par du fer poli , qui se recouvre d'une pellicule de cuivre rouge.
Lesdissokitîons cuivriques peuvent encore être reconnues àraide des réactife suivans :
IkiadÎMolution d'iodure potassique y produit un précipité blanr^
d'iodurede cuivre, dont on ne peut bien ap(Hrécier là couteûf qu'après Tavoir séparé de la liqueur colorée par Tiode mis en li-^ berté. Ce précipité se dissout dans un excès du réactif.
Une dissolution de chrotnale potassique forme, dans les dissolulions cuivriques, un précipité rouge-brun de cbromate cuivrique, qui , lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque , se dissout aisément en une liqueur d'un vert d'émeraude. Ce précipité est également trèssoluble dans l'adde nitrique étendu.
Les sels cuivriques solubles dans l'eau se décomposent quand on les fait rougir à l'air. Cependant le sulfate cuivrique supporte celte épreuve sans se décomposer, lorsque la chaleur n'est point trop forte.
Les dissolutions des sels cuivriques neutres rougissent le papier de tournesol.
Les sels cuivriques insolubles dans l'eau se dissolvent dans les acides libres. On reconnaît dans ces dissolutions les quantités inômes les plus faibles d'oxyde cuivrique, en précipitant ce dernier à l'état de sulfure cuivrique par la dissolution desulfide hydrique, et essayant le précipité au chalumeau. La dissolution acide de ces combinaisons devient bleue , quand on y ajoute un excès d'ammoniaque, comme il arrive à celles d'autres sels cui- Triques; une quantité d'ammoniaque inférieure à celle qui est nécessaire pour saturer l'acide, précipite le sel cuivrique insoluble de la dissolution.
Les sels cuivriques sont très-faciles à reconnaître au chalumeau. Dissous dans du borax et du sel de phosphore , ils forment , à la flamme extérieure , un globule d'un beau vert , et à la flamme intérieure , un globule d'un brun-rouge sale. Lorsque la quantité du sel cuivrique est très*faible , la couleur rouge-brun se manifeste aisément par une addition d'étnin. Quand on opère avec du verre de borax sans addition d'étain , et qu'il y a peu d'oxyde cuivrique , ce verre prend souvent» par la flamme intérieure, de la transparence et une couleur rouge de rubis. Lorsque l'oxyde cuivrique est trop abondant, il y en a une partie que la flamme intérieure réduit à l'état métallique, tant dans le borax que dans le sel de soude. Mêlés avec de la soude et exposés à la flamme intérieure , sur du charbon , ces s^ls sç réduisent ; les moindres traces même û\\n sel