‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 32 sur 167 · OXYDES DE l'uRANE · texte numérisé non relu

OXYDES DE l'uRANE

4» Oxyde i]kaiœux> Ù.

A l'état de pureté, l'oxyde uraneux a une couleur de gris noir foncé, quand on se l'est procuré en faisant rougir l'oxyde uranique précipité par l'ammoniaque, et le mettant ensuite en digestion dans de l'acide chlorhydrique; mais, lorsqu'il est extrêmement divisé, il a une teinte verte. L'acide chlorhydrique ne le dissout presque point. L'acide sulfurique étendu d'une très-petite quantité d'eau le dissout avec le secours de la chaleur, et produit ainsi une liqueur verte. Il est très-soluble dans l'acide nitrique : la dissolution contient cependant de l'oxyde uranique.

La dissolution de l'oxyde uraneux dans l'acide sulfurique se comporte de la manière suivante avec les réactifs.

Une dissolution de potasie y produit un volumineux précipité brun, d'hydrate uraneux, qui est insoluble dans un excès du réactif.

Vammaniaque donne un précipité brun-noir d'hydrate ura-^ neux , qu'un excès du réactif ne dissout point. Au bout d'un laps de temps très-long, les couches supérieures de ce précipité deviennent jaunes , parce qu'elles se convertissent en oxyde uranique.

Une dissolution dç carbonate potassique détermine un précipité

veidfttre sale de carbonate uraneux , qui est soluble dans un grand excès du réactif.

Une dissolution de bicarbonate potassique produit le même effet t seulement le précipité est encore plus soluble dans un excès du réactif.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte comme la précédente.

Une dissolution de phosphate sodique fait naître un précipité blanc-verdâtre sale de phosphate uraneux , lorsque la dissolution urancuse ne contient pas trop d'acide libre.

Une dissolution d'acide oxalique ne tarde pas è déterminer, même dans les dissolutions uraneuses très-acides , un précipité vert- jaunâtre clair sale d'oxalale uraneux.

Une dissolution de cyanure ferroso-pqtassique produit un précipité rouge-brun.

Une dissolution de cyanure ferrico-potassique ne produit pas de précipité sur-le-champ; mais, au bout d'un laps de temps assez long, on en voit apparaître un rouge-brun.

Le suif hydrate ammonique détermine , dans les dissolutions uraneuses qu'on a neutralisées aussi exactement que possible, un précipité noir de sulfure d'urane, qui se réunit bien, et qui est insoluble dans un excès du réactif : le liquide qui surnage ce précipité n'est coloré en jaunâtre que par le réactif qu'on a mis en excès.

Le sulfide hydrique , tant liquide que gazeux, ne produit pas de précipité.

Au chalumeau , Toxyde uraneux se comporte de môme que l'Oxyde uranique (p. 92).

Le meilleur moyen de distinguer les dissolutions uraneuses de celles d'autres substances, consiste à réduire par l'acide nitrique I^oxyde uraneux qu'elles contiennent en oxyde uranique , dont la manière de se comporter avec les réactife sera exposée plus loin. L'oxyde uraneux sous forme solide est très-fedle à reconnaître au chalumeau.

Les substances organiques non volatiles empêchent les alcalia éé Ffféeîpiler Texyde uraneux da Wk dindutions. J

L'oxyde uranique qui vient d'être précipité a une couleu» jaui^e. Quand on le fait rougir > il se réduit en oxyde uraneux, et alors il est d'un yert-noir foncé : on peut exU-aire de la masae ropg^e la portion d'oxyde uranique qui ne s'est point réduite, en traitant cette masse par l'acide cblorbydrique. Lorsque l'osycie uranique a été précipité de sa dissolution par de la potasse ou de la soude , ou qu'on s'est servi d'ammoniaque pour le précipiter d'une di^soIutiûQ qui contenait soit ces alcalis , soit des terres alcalines , le précipité devient rouge orangé par la calcinaiion ; il se compose alors des bases fixes et d'oxyde uranique qui est combiné chimiquement avec elles, et que, sous celte forme, l'action de la chaleur rouge ne peut point convertir en oxyde uraneux. L'oxyde uranique se dissout aisément dans les acides ; sa dissolution se comporte coi^me il suit avec les réactifs :

Une dissolution de potasse y produit un précipité jaune, d'ura- Date potassique, qui est insoluble dans un excès d'alcali.

Vammoniaque se comporte de même ; seulement , le précipité est de Turanate ammonique.

Une dissolution de carbonate potassique y détermine un précipité jaune de carbonate uranique, qui est soluble dans un excès du réactif : un précipité paiement jaune se forme au bout de quelque temps dans celte dernière dissolution.

Une dissolution de bicarbonate potassique donne lieu à un précipité jaune de carbonate uranique , qui est très-soluble dans un excès du réactif , dissolution de laquelle il ne se précipite point d'oxyde uranique avec le temps.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte de la même manière.

Une dissolution de phosphate sodique produit, dans les dissolu-] tions un^J^iques , quand elles ne contiennent pas trop d'aeide libre, ui| précipité blanc de phosphate uranique, qui a une teinte de jaunâtre.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique en détermine m rouge-brun.

Une dissolution de cyanure ferriço-potas^^ n'en pïod^î* pa|.

Vinfurion de noix de galle en fait naître un brun foncé dans les dissolutions uraniques neutres.

Le 9uif hydrate ammonique détermine, dans les dissolutions uraniques qui ne contiennent point un excès d'acide , un précipité brun de sulfure d'urane, qui n'est point sensiblement dissous par un excès du réactif : la liqueur qui surnage ce précipité est cependant colorée en noir dans les premiers momens; mais, avec le temps , le précipité se dépose entièrement.

Le mlfide hydrique, tant aqueux que gazeux, ne produit pas de précipité dans les dissolutions uraniques»

La calcination à l'air décompose les sels uraniques solubles dans Teau.

Les dissolutions des sels uraniques neutres rougissent le papier de tournesol.

Les sels uraniques insolubles dans Teau se dissolvent presque tous dans l'acide chlorhydrique. Quelques-uns d'entre eux , par exemple le phosphate uranique, se comportent souvent d'une manière qui ressemble tellement àcelle de l'oxyde uranique^qu'ily a eu des analyses dans lesquelles on n'a point reconnu la présence de l'acide combiné avec celui-ci. Le mieux est de dissoudre la combinaison uranique dans de l'acide chlorhydrique , de sursaturer la dissolution avec de l'ammoniaque , et d'ajouter du sulfhydrate ammonique; on fait alors digérer le précipité avec de l'acide chlorhydrique ; la liqueur filtrée tient ensuite de l'oxyde uraneux en dissolution. On trouve, dans le liquide séparé du sulfure d'urane par la filtration, l'acide avec lequel l'oxyde uranique était combiné.

Au chalumeau , l'oxyde uranique et ses sels se reconnaissent à ce que , dissous dans le sel de phosphore, sur un fil de platine, ils lui communiquent, dans la flamme extérieure, une couleur jaunâtre ayant une forte teinte de verdâtre , qui augmente encore à tel point par le refroidissement , qu'elle finit par ne plus paraître que verte. Dans la flamme intérieure la couleur est verte. Lorsque l'oxyde uranique a été dissous dans du borax , sur un fil de platine, sa couleur devient manifestement jaune à la flamme extérieure , et verte à la flamme intérieure. L'oxyde uraneux se comporte au chalumeau comme l'oxyde uranique.

OXYDES DE L^URÀNE. 08

La couleur jaune des précipités que les alcalis purs et les carbonates alcalins produisent dans les dissolutions uraniques , et la manière dont celles-ci se comportent avec le sulfhydrate ammonique, distinguent tellement Toxyde uranique dans ses dissolutions, qu'on ne peut le confondre avec aucune des bases dont il a été question précédemment.

Lorsqu'une dissolution uranique contient beaucoup de substances organiques non volatiles, principalement de l'acide tartriqiie, Toxyde uranique n'est point précipité par les alcalis (1).

(1) Les travanx qui ont été exécutés sur Turane dans ces derniers tempâ obligent à compléter ou à rectifier les notions précédentes sur les oxydes del ce corps.

On sait aujourd'hui que le corps qu*on avait jusqu'ici considéré comme uof élément, comme un métal, Turane, est un oxyde métaUique; Turanium, lef Téritable métal , qu'on prépare en décomposant par le potassium le chloruref d'uranium , est facile à distinguer des autres métaux par sa combustibilité toute particulière; tandis qu'il se conserve bien à l'air, à la température ordinaire, malgré son état pulvérulent, il brûle avec un très-vif éclat et une lumière très-blanche, quand il est chauffé jusqu'au rouge naissant. Ainsi , en faisant tomber au-dessus d'une bougie allumée quelques parcelles de ce métal, on les voit apparaître comme de brillantes étincelles dans l'atmo^ sphère échauffée qui environne la flamme.

Uuranîum forme cinq ou six combinaisons avec l'oxygène. Le protoxyde et le peroxyde d'uranium s'unissent seuls aux acides pour former des sels.

!• Sous-cxffde d'uranium, U4 (l'équivalent de l'uranium étant 750). Cet oxyde prend naissance quand on traite par l'ammoniaque le sous-chlorure d'uranium dissous dans l'eau ; il est brun au moment de sa précipitation , mais sa nuance se modifie à vue d'œil ; il devient jaune verdâtre en s'oxydan4 aux dépens de l'eau, dont l'hydrogène se dégage. Plus tard, ce nouvel oxydi^, qui n'a pas été isolé, devient brun et enfin jaune sous l'inllnence de l'air et de Tammoniaque en excès : il est alors transformé en uranate d'ammomaq(sc«

2o Protoxyde d'uranium y Ù. Cet oxyde a été considéré jusque dans ces derniers temps comme étant le métal, l'urane.

Sa couleur et son aspect varient avec la méthode employée pour l'obtenir.

Quand il provient de la réduction d'un oxyde ou d'un sel par l'hydrogène, il est brun cannelle ou marron. S'il est très-divisé, il est phosphoriqne ; il brûle avec une faible incandescence, en se transformant en une poudre noire.

Lorsque cet oxyde a été obtenu en réduisant par l'hydrogène le chlorure double d'uranium et de potassium ^ ou simplement çn calcinant cç sel avec

91 GOMBllIiLISONS at»t.»^ ftlSES.

Page 1