‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 36 sur 167 · OXYDES DU MERCURE · texte numérisé non relu

OXYDES DU MERCURE

i* Oxyde mergureux, B.

L'oxyde mercureox pur est noir. A une chaleur très-douce, il se convertit en mercure métallique et oxyde mercurique : une plus forte chaleur réduit aussi ce dernier en oxygène et en mercure métallique. Il se convertit aussi très-souvent en mercure et en oxyde mercurique quand on le traite par divers acides, surtout en présence d'un alcali libre. La meilleure manière d'obtenir une dissolution d'oxyde mercurcux, consiste à traiter un excès du métal par l'acide nitrique. Les sels mercureux neutres sont blancs. A. l'état l)asiquc ^ ijs ont souvent une couleur Jaunâtre. Quelques-uni

M GOMBINAISOIIS SIMPLES. BAStSS.

lai-d noircit quand on le fait bouillir avec un excès de potasse, parce qu'il se convertit en oxyde cuivrique ; alors aussi il se rassemble aisément au fond du vase. Lorsqu'on fait bouillir une dissolution cuivreuse avec une quantité de potasse moindre que celle qui serait nécessaire pour produire une décomposition complète , on obtient , non un précipité noir, mais un précipité verdàtre-clair, de sous-sel cuivrique.

Vammoniaque , versée en petite quantité dans les dissolutions cuivriqueSy détermine un précipité verdâtre de sous-sel cuivrique y qui se redissout très-facilement dans un excès d'ammoniaque, en produisant une liqueur bleue. La couleur bleue de ce liquide est beaucoup plus foncée que celle qu'on obtient lorsqu'au lieu d'oxyde cuivrique c'est de l'oxyde niccolique qu'on dissout dans un excès d'ammoniaque : seulement elle est beaucoup plus foncée, même quand il n'y a qu'upe petite quantité d'oxyde cuivrique. Dans les cas même où la dissolution cuivrique est assez étendue pour paraître incolore, l'ammoniaque la colore encore en bleuâtre. Une dissolution de potasse pure, versée à froid dans une dissolution ammoniacale d'oxyde cuivrique , ne détermine pas sur-le-champ de précipité; mais, au bout de quelque temps, il s'en forme un bleu d'hydrate cuivrique, si la dissolution n'était pas trop étendue. Cependant, lorsqu'on fait bouillir la dissolution ammoniacale d'oxyde cuivrique avec une dissolution de potasse , il se produit un lourd précipité noir d'oxyde cuivrique , après le rassemblement total duquel, au fond du vase, la liqueur, qui auparavant paraissait d'un bleu foncé, est tout-à-fiiit incolore.

Une dissolution de carbonate potassique produit, à froid, dans les dissolutions cuivriques, un précipité bleu de carbonate cuivrique, qui, par l'ébullilion, devient noir et se dépose facilement.

Une dissolution de bicarbonate potassique en détermine un verdâtre clair, qu'un excès du réactif redissout, en produisant une liqueur d'un bleuâtre clair.

Une dissolution de carbonate ammoniacal en petite quantité produit un précipité verdâtre clair de sous-sel cuivrique, qu'une plus grande quaniiié du réaclif redissout. La liqueur parait alors aussi bleue qu'une dissolution cuivrique à laquelle on a igoulé do

OXTDM DO cmvM, 99

l^ammoniaqu^ pure. Une dissolution de potasse pure, arec laquelle on ia fait bouillir» y détermine également un précipité noir et pesant d'oxyde cuivrique.

Une dissolution de phosphate sodique fait naître» dans les dissolutions cuiyriques» un précipité blanc yerdâtre de pbosphate cui* irrique, soluble dans l'ammoniaque» qui produit avec lui une liqu^r bleue» dans laquelle une dissolution de potasse détermine , à la Êiyeur de l'ébuliition » un précipité noir et pesant d'oxyde cuivrique.

Une dissolution d'adde oxaUque forme sur-le-champ un précipité blanc y^âtre d'oxaiâte cuiyrique» dans une dissolution cuiyrique neutre.

Une dissolution de eyamre ferro9o^pùtamqne donne , dans les dissolutions cuiyriques, un précipité rouge-brun de cyanure ferro6o-cuiyrique» qui est insoluble dans l'acide chlorhydrique.

Une dissolution de cyanure ferrico-poiasrique en détermine un jaune yert de cyanure ferrico-cuiyrique » qui est également in^ soiuble dans l'acide chlorhydrique.

VinfmioH de noix de galle ne produit pas de précipité dans les dissolutions cuiyriques» quand elles sont exemptes de fer.

Le mUfhffdtaùe ammonique fait naftre, dans les dissolutions cui^ yriques neutres» un précipité noir de sulfure cuiyrique, qui paraît bron-fonoé quand il est peu abondant» et qui ne se dissout point dans un excès du réactif» non plus que dans l'ammoniaque.

La dissolution ou un courant de gaz gu^de hydrique produit, dans les dissolutions cuiyriques» tant neutres qu'acides» un précipité noir de suMure cuiyrique» dont les petites quantités paraissent également d'un brun foncé.

Une baguette de »inc métallique précipite le cuiyre de ses dissolutions sous la forme d'un enduit noir.

Le fer métallique le précipite ayec la couleur qui lui est propre» Des traces mêmes tixss-faibles de cuiyre sont précipitées de leurs dissolutions par du fer poli , qui se recouyre d'une pellicule de cuiyre rouge.

Lesdissolutions cuiyriques peuvent encore être reconnues àVaide

des réactilis suiyans :

UœdÎMOluiiQa d^iodure poumique y produit un précipité blanc

d'autres substances basiques^ dans un tube de verc« soudé à l'util de ses extrémités, et qu'on les fait rougir au chalumeau, le mercure se sublime sous la forme d'un enduit gris, dans lequel des globules mercuriels bien visibles se forment pour peu qu'on y touche avec une baguette de verre. On peut par là découvrir les plus petites quantités de sel mercureux. Cependant lorsqu'on traite ainsi du chlorure ou du bromure mercureux avec de la soude bien sèche , la chaleur peut en volatiliser une quantité considérable sans qu'elle ait été décomposée. Pour parer à cet inconvénient , on humecte très-légèrement le mélange avant de le chauffer.

Les sels mercureux sont très-aisés à reconnaître, dans leurs dis* solutions, par la manière dont ils se comportent avec Tacide chlorhydrique, le précipité que ce réactif y détermine étant insoluble dans les acides étendus, et noirci par l'ammoniaque^ ce qui le distingue de celui auquel Tacide chorhydrique donne naissance dans les dissolutions argentiques. Par la voie sèche, il est très-facile de constater la présence du mercure par l'apparition de globules mercuriels.

â* Oxyde vercurique, Hg.

L'oxyde mercuriquepur est ordinairement cristallin, et alors il aune couleur rouge de brique*, il devient jaunâtre quand on le féduit en poudre très-fine* Il n'est pas entièrement insoluble dans Teau. A une fiiible dialeur, il noircit, mais il reprend sa couleur rouge briquetée par le refroidissement. Une chaleur plus forte le* décompose en gaz oxygène et en mercure métallique. L'action prolongée de la lumière le noircit un peu à la surface. Lorsqu'il est mêlé avec du suroxyde plombeux, et qu'on chauffe le tout dans un petit tube de verre soudé à l'une de ses extrémités, jusqu'à ce que l'oxyde mercuriquesoit complètement décomposé, il reste de l'oxyde plombique fondu. Si, au contraire, l'oxyde mercurique se trouve mêlé avec de la brique pilée, cette dernière reste sans éprouver de changement, lorsqu'on fait chauffer le mélange.

L'oxyde mercurique est très-soluble dans les acides. Lorsqu'il est fielaté par du mim'um, la dissolution dans l'acide nitrique donne lieu à la formation d'oxyde plombique brun (p. 85), ce qui fait ai$émept Recouvrir la fraud^. I-es s^ls mçrcuriques

OXYDEè PO MÉRdURË. 113

neutre» sbtti iig^loïes; les basiques ont souvent une coukur jaunâtre.

Une dissolution de poUme détermine, dans les dissolutions mercuriques» un précipité jaune d'hydrate tnercurique» qui estinso* lubie dans un excès du réactif. Lorsqu'on verse trop peu de potasse dans la liqueur^ le précipité a une teinte qui se rapproche davantage du rouge-brun, et il consiste en un sel basique. Si la dissolution mercurique contient du chlorure ammonique, la potasse y fait naître un précipité blanc, qui a la môme composition que cdui auquel l'ammoniaque donne naissance dans les dissolutions de chlorure mercurique. Si elle contient une très-grande quantité d'acide libre et peu seulement d'oxyde mercurique, un excès de potasse ne produit pas de précipité, ou n'en fait naître un faible qu'au bout d'un certain laps de temps.

Vammmiaqae donne lieu à un précipité blanc , qui est insoluble ^ dans un excès d'alcali volatil.

Une dissolution de carbonate potamque en détermine un rûugebrun, qui est insoluble dans un excès du réactif, et dont la couleur n'est point altérée par cet excès du réactif. Il se compose d'un sel mercurique basique. Quand une dissolution de chlorure mercurique a été précipitée par une dissolution de carbonate potassique, le précipité est formé d'une combinaison d'oxyde mercurique et de chlorure mercurique. Si la dissolution mercurique contient du chlorure ammonique, celle de carbonate potassique y produit un prteipité blanc, qui a la môme composition que celui auquel l'ammoniaque donne naissance lorsqu'on la verse immédiatement dans des dissolutions de chlorure mercurique.

Une dissolution de bicarbonate potamque donne, avec d^agement de gaz acide carbonique, un précipité brun -rouge, dans celles du sulfate et du nitrate mercuriques. Ce précipité est un sel basique. Une dissolution de chlorure mercurique n'est point troublée de prime abord par celle du bicarbonate potassique; mais, au bout de quelque temps, il s'y dépose un précipité rouge-brun foncé.

Une dissolution de carbonate ammoniacal produit, dans les dissolutions mercuriques y un précipité blanc, dont la constitution est L «

114 GOKBUfAtSONâ SIMPLES. BASES.

b même que celle du précipité déterminé par Tammoniaque dans ces mêmes dissolutions.

Une dissolution de phosphate ioéque en donne un blanc de pbo^pliate mercurique, dans celles du sulfate e\ du nitrate mercu^ iû|ue8, mais ne trouble que très-lég^^eot celle du chlorure SMmurique.

Une dissolution A'adde QxçUique produit un précipité blano ^'coalate mercurique dans celles du nitrate et du sulfate mercuijques» mais n'en détermine point dans celle du chlorure mercu-

fiqiifi-

Ua9 dissolution de cyanure ferroso-potouique donne» dans ]efi flisfiâlutions mercuriques, un précipité blanc > qui , par l'efiet d'un Iwg repos 9 prend une teinte bleue» due à ce qu'il se forme du bleu de Prusse» tandis que du cyanure mercurique reste en dissolution 4ans|a liqueur.

One dissolution de cyanure ferrico-potassique produit un précipité jaune dans celles du nitrate et du sulfate mercuriques» mais n'en donne point dans celle du chlorure mercurique.

Vinfusion de noix de galle ne fait pas naître de précipité dans les dissolutions mercuriques.

Le mlfhydrate ammonique, versé en petite quantité dans les dissolutions mercuriques» y produit un précipité uoir^ de sulfure de mercure» qui devient parfaitement blanc lorsqu'on l'agite avec le sel mercurique dissous que le réactif n'a pu décomposer» et qui reste fort long-temps en suspension dans la liqueur. Ce précipité blanc est une combinaison du sulfure de mercure avec le sel mercurique contenu dans la dissolution. Si l'on ajoute peu à peu une nouvelle quantité de sulfhydrate ammonique» la couleur du précipité devient un mélange de blanc et de noir. Les divers mélanges de la combinaison précitée avec du sulfure de mercure donnent lieii à des précipités» qui peuvent même paraître d'un rouge-brun au -commencement. Quand on a mis un excès de réactif» le précipité est complètement noir» et» après que la combinaison précitée a été décomposée en totalité par le sulfhydrate ammonique» il ne con» siste plus qu'en sulfure de mercure» qui est absolument insoluble à firaid dans un excès de sulfhydrate ammonique. Il n'est pas solu- Ide non plus dans l'ammoniaque ; mais une dissolution de potaMf^

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