‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 47 sur 167 · OXYDE AMTlHONIQUEy Sb · texte numérisé non relu

OXYDE AMTlHONIQUEy Sb

A Tétat de pureté , l'oxyde antimonique est blanc. Exposé à l'action d'une chaleur qui ne soit pas très-forte , il fond en une masse jaune, qui^ après le refroidissement, est blanche et cristalline. Lorsqu'on le chauffe à Tabri du contact de l'air^ il peut être sublimé complètement et obtenu en aiguilles brillantes. Chauffé à l'air, il répand une fumée blanche, et se convertit partiellement en acide antimonieux. Du charbon avec lequel on le &it chauffer le réduit aisément en antimoine métallique. Lorsqu'on le fond avec du sulfure antimonique, il se combine facilement avec ce corps , et produit ainsi un .verre rouge. Il n'est pas soluble dans l'acide nitrique, sans toutefois y être aussi complètement insoluble que l'oxyde stanniquè , car la liqueur acide qui est demeurée pendant quelque temps en contact avec lui en contient toujours une petite quantité. L'acide chlorhydrique le dissout ; mais la dissolution devient laiteuse quand on y verse de l'eau; il se sépare ainsi une combinaison volumineuse d'oxydeantimonique et de chlorure antimonieux, qui finit avec le temps par gagner le fond du vase. Si Ton ajoute i la liqueur laiteuse assez d'adde chlorhydrique pour l'éclaircir, l'acide nitrique n'y fait point naître de.précipité. Lorsqu'on ajoute de l'acide nitrique à une dissolution d'oxyde antimonique qui a été rendue laiteuse par l'eau, elle devient limpide. Cependant les deux liqueurs se troublent un peu par l'effet d'un repos prolongé. Les réactifs donnent lieu aux phénomènes suivans dans une dissolution de chlorure antimonieux à laquelle on a ajouté assez d'acide chlorhydrique pour la rendre claire.

Une dissolution de potasse produit un volumineux précipité blanc d'oxyde antimonique, qui se redissout complètement dans un grand excès du réactir. Si Ton n'ajoute pas assez de potasse pour dissoudre le volumineux précipité, et qu'on laisse le tout en repos pendant long-temps , ce précipité gagne le fond au bout de

4d6 conm AMom si»Li8. bases.

Siy au contraire» on fait bouillir la dissolution aqueuse Yioleltc , ou même si on la chauffe plus iiiiblement» la liqueur devient d'un vert d*émeraude, et le sel no peut plus cristalliser par Tévaporation spontanée. La dissolution du chlorure chromique correspon' dant à l'oxyde chromique est d'un vert d'émeraude : même après avoirétéévaporéàunechaleurquine dépasse pas le point d'ébuUition de l'eau» le chlorure conserve cette teinte ; mais si on le chauffe un peu davtntage^il devient fleur de pêcher; cependant il suffit alors de verser de Teau dessus pour qu'il reprenne sa couleur primitive»

Les dissolutions d'oxyde chromique dans les acides, et celles des tels chromiques dans l'eau, se comportent de la manière suivante avec les réactifs ;

Une dissolution de poiuie^ qu'on y verseen petite quantité, produit un précipité vert clair d'hydrate chromique, qui, à froid, se dissout aisément et complètement dans un excès du réactif. La couleur de la dissolution est alors verte , ordinairement comme l'était celle delà dissolution chromique avant l'addition de la potasse. Lorsqu'on fiiit bouillir cette dissolution , l'oxyde chromique tout entier se précipite avec une couleur verte, et la liqueur qui le surnage est limpide comme de l'eau. Ce précipité parait également vert à la lumière artificielle.

Vammçniaque détermine» dans les dissolutions chromiques , un précipité gris-bleu d'hydrate chromique , qui a une teinte de violet. Ce précipité parait entièrement violet & la lumière artificielle. La liqueur qui le surnage est rouge&tre, et contient encore quelques traoes d'oxyde chromique» qui peuvent en être précipitées par une digestion prolongée , ou aussi quand on la chauffe jusqu'à la &ire bouillir.

Une dissolution de cmrbotmtepctamque donne , dans la dissolution chromique, un précipité vert clair d'hydrate chromique, contenant cependant un peu d'acide carbonique. Ce précipité devient presque bleu par l'effet d'un repos prolongé, et il semble violet à la lumière artificielle. Mais il s'en redissout une trèsgrande partie dans un excès du réactif, de sorte qu'alors la liqueur qui le surnage est verte^ et plus tard paraît bleuàtae. L'oxyde précipité se «dissout complètement dans un très-|^n4

i ^a i^ctif , ^t r^ulUtioB ^ç précipite rien de cette di^ solution.

(Jqq ili^lutioa ^e ificarbonaçe potassique produit un p^récipité V«n clair, qui a la m^fue composition que oelui auquel donije lîâu lecs^rbonate pq^assique , et que surnage une liqueur verdâtrç. Par l'effet du repos, ce précipité et cette liqueur deviennent bleuâtres. Le précipité paraît yiplet à la lumière artificielle.

Qpe 4Î89Plutîqn d^ çarfipn^tp amni^onical se comporte de même.

Hfli (}ji(9oli|(iAn ^ atl9Villt^t^ ^diqu^ produit un précipité ypfi Mf A^, I^pspb»l« pbl^mîquQ» d^Of h dissolution ç)lromiq^e

If» 4iWQ(uMAP9 à'mi^ oapç^^qm» 4e chanvre ferroso-potassique et de cyffmfP^i frnmzUf^twmfi, m pitoduisent pas de précipité tiam tes di^u^PDs ptiroipiques.

Cnp dissalttlion de çt^mote potamque colore une dissolution diromiqud s^side m l)rpn-jauA^ fopcé ; si Ton ajoute de Tammomaqu/d» il m fprme ensuite un précipité brun-jaune de chcofnate Aromipm, laodi» qMie h Vqnmf qui aDrnage reste teinte en bninjwni». Om émin^m de cfaoffi;iite potassique qu'on yerse daps iiM disfioluliwpIm^qM^ nmls^, y détermine sur-le-champ un prtôpil^ JMDd de clMWiate dt^omqf^e, ef la liqueur qui sur- Mge t^ Mloite m tociwiwne.

Une disM^ulim é'iafluire pfita$riqm d<uine, dans une dissolutîpn dmffniifu^ AttUfl^, nn précipité ¥ert-blaacbttre d'iodui^ de

le m^dfo^nmmai^pif fcoduit , dans une dissolution chixH «ttqœjMUlBe, un finbél^ «y^r/dâU» d'oxyde chromique, qui diQîl contenir ^ {iw ii^jiilfiiris de c^

La dissolution 0p. nm MlirmU 4e ga» su^ide hydrique ne déteriniae|iasde{inéidpilé 4ana4iâS.dîâsoliaion8 cbromiques acides et neutres.

Les sels cbromiques neutres qui sont solubles dans l'eau iMl- ^puBwntde papier de4ottmesol.

Les sels cbromiques solubles dans^l'eau se décomposent quand on les fait rougir.

Les sels cbromiques insolubles dans l'eau se dissoWent pour la plupart dans les acides, quand ils n'ont point été rougis. Leurs

488 COMBINA ISÛNft SlHPLfiâ. BASES.

dissolutions acides se comportent souvent comme les dissolutions acides de l'oxyde chroraique pur, de manière que, dans bien des cas» on court le risque de ne pas faire attention à Tacide avec lequel Toxyde chromique formait des combinaisons insolubles dans Teau. Cependant on ne tarde pas, en ayant re-' cours au chalumeau, à se convaincre de la présence de l'oxyde chromique dans ces combinaisons.

Au chalumeau, l'oxyde chromique et ses combinaisons se reconnaissent très-aisément à la belle couleur verte d'émeraude qu'ils communiquent aux flux. La couleur des flux est également yerte dans la flamme intérieure et dans la flamme extérieure, du moins pour le sel de phosphore : ce caractère sert à distinguer, au chalumeau , l'oxyde chromique de l'oxyde cuivrique.

La plupart des combinaisons de l'oxyde chromique, à l'état sec, se distinguent aisément, au chalumeau, même lorsqu'elles sont réduites aux moindres traces , du plus grand nombre des combinaisons dont il a été parlé précédemment. Quand elles sont dissoutes, on les reconnaît à la couleur de leurs dissolutions. On les distingue encore des dissolutions vertes d'autres substances parce que la dissolution de gaz sulfîde hydrique n'y fait point naître de précipité, et en général n'y détermine aucun changement. L'oxyde chromique a beaucoup de ressemblance avec l'oxyde uraneux , tant dans ses dissolutions que dans sa manière de se comporter au chalumeau ; mais la dissolution uraneuse jaunit par l'acide nitrique, qui lui abandonne de Tôxygène, et après la réaction duquel elle contient de l'oxyde uranique. D'ailleurs, elle diffère encore d'une dissolution chromique par la manière dont elle se comporte avec les dissolutions d'acide oxalique^ de cyanure ferroso-potassique et de sulfhydrate ammonique.

La présence de substances organiques non volatiles s'oppose à ce que l'oxyde chromique soit précipité de ses dissolutions pteir les alcalis.

En traitant des acides, je parlerai du plus haut degré d^oxydation du chrome , Vacide chromique.

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