‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 51 sur 167 · ACIDES DU NITROGÈNE · texte numérisé non relu

ACIDES DU NITROGÈNE

!• ^jClDB lîfXRIQpP f p.

J.'§ddp nitrique u'^ point epporj^ été o})tepu 4 J'état anhydre. U fQnue ayf^ reauun liquide lifupide^ pt lorsqu'il estj^]ijssi con- CfBntré OTie po^ible, il se yol^tilisjB j^ une tpiifpérature moins élievée que cçue de Tieau ))qi^ill^n|;^; fji^j^^s qi^arid il ppntient davantage d'ei^} ce qui est l'état dans lequel on le rencontre le plus souvent, Ift ch^lçf^ qu'ij e?:igiB pour bouJllir y^ jusqu'à 120 degrés Ç. , et n^èijfie jusqu'à 125 degrés dans des vaisseau?: de verj^e. Cependant lon^'U cojjjtiept di^aptage d'içav , soi^ pçjijit d'ébu)|ition baisse d'autant plus que la propor%n d.e l^e^ iîjpi^tée est plus considéra- We. L'ajddç pitrique J,e plus conçeijjré se dépou^pose très-aisément; lorsqu'on le .distille, il dégage dçs y^p.e^rs rouges d'acide nitreux, et prepyd une teipte jaune. jL'eîtppsition à la lumière solaire et plj^sieurs autres cw^es lui fopt ,égale^nt preudre u.ne couleur jaune, dont la mawfçstaiipjaieat çiçcœuP^gAée d'uu dégagement d'oxyg^.

1^*^44^ nitrique ét^du d'e;au, d^ h force qu'a celui qu'on rencouti;e wdinairement dsups Jie commerce, ojyde la plupart des substancies. Pi:esquetous les ui^ta^ux sont oxydés par lui; il subit ^Qfs jjiue décomposition partielle , et se convertit ordinairement en o^^e fti,trique, plus rare^eut en oxyde nitreux ou en acide ^it^QUx. f^'oxyde nitrique s'échappe à l'état de gaz, et, en absorbai^ r,oxjgcvae de ratmosphère, devient de l'açside nitreux. Voilà pç^ij^'quoi des vapeurs rutilantes se dégagent quand qn traite un Epétal |)||r J'acidç nitrique. Les métaux même qui se dissolvent avec dc^gement d'hydrogène dans d'autres acides étendus donnent tieu aux phénomènes qui viennent d'être indiqués, quand on les oxyde par l'acide nitrique. Les oxydes métalliques ainsi produits se ^dissolvent presque tous dans la portion d'acide qui ne s'est pç^4ècQinposée ; il n'y a d'exception que pour les oxydes stan-

idS COMBlNAlâOKS SIMPLES. ÀtifbES.

nique et antimoDique, ainsi que pourl'acide tellureux. 11 est peu de métaux, tels que le platine, le rhodium, Firidium et l'or, qui ne soient point attaqués par Tacide nitrique. L'acide aussi concentré que possible et incolore n'oxyde point la plupart des métaux, spécialement le cuivre et le fer ; mais il oxyde le zinc. Les substances organiques sont également oxydées par l'acide nitrique ; la plupart d'entre elles se convertissent, quand la réaction est favorisée par la chaleur, et qu'on se sert d'un acide nitrique aqueux, eu acide carbonique, et enfin en acide oxalique; dans ces opérations, Tacide nitrique ne se colore point, s'il a été mis en excès. Un excès de l'acide le plus concentré convertit les substances organiques en acide carbonique et en eau. Beaucoup de substances organiques prennent une couleur jaune caractéristique, quand on les traite par une quantité d'acide nitrique inférieure à celle qui serait nécessaire pour les oxyder complètement; c'est ce qui arrive, par exemple, à la peau de l'homme et aux bouchons en liège des flacons dans lesquels on conserve l'acide.

L'acide nitrique forme des sels très-solubles avec presque toutes les bases. D'après cela, on ne peut point le précipiter de ses dissolutions en y versant des dissolutions d'autres sels. Il n'y a qu'un petit nombre d'oxydes, déjà énumérés précédemment (l'oxyde stannique, l'oxyde antimonique et l'acide tellureux), qui ne se dissolvent point dans cet acide. L'acide nitrique est donc souvent plus difficile à découvrir que les autres , soit quand il est étendu de beaucoup d'eau, soit dans les dissolutions des nitrates, lorsqu'on n'a qu'une petite quantité de ces sels à sa disposition.

La meilleure manière de reconnaître des quantités très-faibles de nitrates dissous consiste à évaporer la dissolution jusqu'à siccité, avec le secours d'une chaleur douce, et à examiner le résidu sec en suivant la marche qui sera tracée plus loin. Lorsqu'une dissolution contient de l'acide nitrique libre , on la sature avec une base , et de préférence avec de la potasse , on évapore à siccité la dissolution , et on soumet le résidu sec au même traitement.

Voici quelles sont les méthodes pour trouver l'acide nitrique et les nitrates dans les dissolutions.

On ajoute à la dissolution du nitrate de l'acide chlorhydrique et un peu i'or battu ; celui-ci se dissout, avec le secours de lâcha-*

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leur y et communique une couleur jaunâtre à la liqueur. Si les feuilles d'or ne se dissolvent point, c'est une preuve qu'il n'y avait pas d'acide nitrique. Pour s'assurer qu'il y a eu de l'or dissous, on essaye la liqueur, après l'avoir filtrée, au moyen du chlorure stanneux. (P. 144.)

On ajoute à la liqueur dans laquelle on soupçonne de l'acide nitrique ou un nitrate, de l'acide sulfurique concentré , dont le volume ne doit pas être beaucoup moindre qu'un quart de celui du liquide à examiner. Après le refroidissement, on ajoute encore peu à peu une solution concentrée d'un tel ferreux ^ en choisissant de préférence le sulfate ferreux. L'acide nitrique se trouve converti par les premières portions de sel ferreux en oxyde nitrique, qui, même quand il n'y aurait qu'une très-petite quantité d'acide nitrique , colore en brun-noir foncé la portion de dissolution ferreuse qu'on ajoute ensuite. La couleur foncée de la liqueur disparait au bout de quelque temps. Cette méthode est, d'après Richemont, la plus sensible de toutes pour reconnaître les moindres traces d'acide nitrique ; cependant il faut ajouter une grande quantité d'acide sulfurique, sans quoi l'expérience ne réussit point.

L'acide nitrique concentré jaunit les tuyaux de plume, ce que l'acide étendu ne fait pas, suivant Bunge, même lorsqu'on emploie une chaleur de 100 degrés C. Si, par exemple, après avoir chauffé une plaque de porcelaine à la vapeur de l'eau , on y met une goutte d'acide nitrique fort étendu, et qu'on projette dans cette goutte quelques petites rognures de plume, celles-ci jaunissent très-sensiblement dès que l'évaporation s'est effectuée. Quand il n'existe que très-peu d'acide, le jaunissement n'a lieu qu'aux extrémités des rognures ; s'il y a davantage d'acide , il s'étend à leur surface entière. Les dissolutions des nitrates neutres, même de ceux qui rougissent le papier de tournesol, n'ont pas cette propriété, à l'aide de laquelle on peut, par conséquent, distinguer l'acide nitrique libre de celui qui est engagé dans des combinaisons. L'acide chlorhydrique ne la possède pas non plus^ de manière qu'elle peut servir à faire découvrir de petites quantités d'acide nitrique qu'il contiendrait.

On découvre encore de petites quantités d'acide nitrique ou de

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nitrates^ en mêlant à la liqueur qui les contient asiez d'one dii^ solution d^f nc/t^o dans l'acide sulfurique pdur lui faire prendre une faible teinte bleuâtre , j ajoutant ensuite Un peu d'acide âulftirrique, et faisant bouillir. Traitée ainsi, la liqueur se décolore, ou, si Tacide nitrique y est peu abondant, elle [ierd ^i (couleur bleue et devient jaune. En ajoutant un peu de chloruré sodique à la liqueur ayant de la faire chauffer, on peut ainsi reconnaître aisément un cinq-centième même d'acide nitrique. Ce moyen a été indiqué par Liebig, mais il est inférieur au précédent.

Lorsqu'on a un nitrate sous forme solide, on y reconnaît la présence de Tacide nitrique aux propriétés suivantes.

Si on ihéle le nitrate avec du charbon m poudre^ et qu'on chauffe le mélange dans un petit creuset de porcelaine, il fusé, en lançant des étincelles. Cette méthode est eellè tpi'on suit le plus ordinairement pour reconnaître la présehce de Tacide nitrique dahs les nitrates. La meilleure taiani^e de faire rbxpérience consisté, quand le nitrate esttrés-fusible, comihe le nitrate potassique, à le faire fondre dans un petit creuset de porcelaine, et à projeter sur la masse fondue de petites quantités d'un cérps organique contenant du carbone, par exemple, du bois ùa du papier, qui s'oxyde violemment et en produisaiit Un grand feu. Si l'on ^ulTe davantage le nitrate, et qu'oii projette du ioufre en poudre daUs la masse fondue, celui-d brûle avec Utië flamme blanc-*jaunAtre (et non bleue), si éclatante que Tœil peut à peine la supporter.

Quand on mêle les nitrates ftvôc de la timâilU de cuivre ^ et qu'après avoir introduit le mélange dans un tube de verre btanc soudé à Tune de ses extréknités^ on Verse dessus de VaeidB mUftirrtfutf concentré, préalablemisnt étendu d'une petite quantité d'eàiji, des vapeurs rutilantes d'acide nitt eux se dégagent^ à la tenipérature ordinaire. Si on verse ràcide sulfuriqiie concentré sut les nitrates seuls, sans les mêler avec de la limaille de cuivre, il Se dégage des vapeurs incolores d'acide nitrique , qui produisent un nuage blanc lorsqu'on tient au-dessus du ^se une baguette de verre qu'on a trempée dans de l'ammoniaque.

Si l'on dissout un peu de sdiic dans du mercure >^ de manière à ne faire que diminuer un peu la liquidité de ce dernier , qu'on mette une faible quantité de Tamalpme dans une petite caplule

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4iè i^Mtelaiûe , qu'on yerse dessus de la dissolution de chlorure ferrm» neutre, en suffisante quantité pour le couvrir, etqu'ensuite on fasse tomber un peu de nitrate sûr le mercure à travers la liqueur , on voit paraître au bout de quelque temps une tache noire dans Fendroit où le sel a posé. Cette méthode, qui a été indiquée par Runge, peut faire reconnaître de trés^^petites quantités d*un nitrate solide. Les liqueurs contenant dé l'acide nitrique ou un nitrate tachent aussi l'amalgame en noir sur plusieurs points, mais d'une manière mois sensible que les sels solides.

Les nitrates se décomposent tous quand on les fait rougir. Quelques-uns d'entre eux, soumis & la calcination, dégagent d'abord du gaz oxygène, et se convertissent en nitrites, qu'une chaleur {riiis forte décompose A leur toUr. D'autres nitrates, ceux principalement qui ont polir base un oxyde ihétallique proprement dit , dégagent du gaz oxygène et de l'acide nitreux quand on les fait rougir; si, par conséquent, on introduit ceux^li datis un tub« de Terre blanc soudé à l'une de ses extrémités^ et qu'on les y chaulKe sur la lampe à Tesprit de vin, le tube se remplit de vapeurs ruti'lanteSj qui font aisément reconnaître la présence de l'acide nitriques^ Il n'y a qu'un petit nombre de nitrates, qui, lorsqu'on les fait rougir , perdent leur acide nitrique, avec leur eau de cristallisation, sans que l'acide se décompose. Le nitrate ammonique' est converti par l'action de la chaleur en oxyde nitreux et en eau.

Parmi les expériences qui viennent d'être rapportées, celles par lesquelles on reconnaît l'acide nitrique dans les nitrates, è l'aide de la limaille de cuivre et de l'acide sulfiirique, comme aussi avec le secours de l'acide sulAirique et d'un sel ferreux, sont celles qui donnent les résultats les moins équivoques. Les phénomènes qui ont lieu dans les autres peuvent être produits par d'autres substances encore que par l'acide âitrii{ue. '

[Des recherches récentes de M. Millon apporteirt aux caractèn^s qui viennent d'être assignés à l'acide nitrique quelques modifications importantes.

Le procédé qu'on suit habituellement pour la préparation et la |iurification de ce c(H|>s n'en exclut pas une certaine quantité

SOO COMBINAISONS SIMPLES. AGiDES.

d*acide nitreux, qui exerce, selon M. Millon, une trèskgrande influence sur ses propriétés; car des traces d'acide iiitreux dans l'acide nitrique le plus affaibli suffisent pour que celui*ci précipite rickie des iodures, le soufre des mono-sulfures et de la dissolution aqueuse d'acide sulfhydrique, pour quil colore les sels de protoxyde de fer en brun, pour qu'il détruise la couleur du sulfate d'indigo : taudis que Tacide exempt d*acide nitreux n'offre aucun de ces caractères.

On peut, lorsque l'acide nitrique ne contient pas de matières organiques, le priver de Facide nitreux qu'il renferme, en mettant à parties premiers produits de la distillation, qui entraînent toutTacide nitreux ; mais le meilleur procédé à employer, alors même que Tacide à purifier renferme des matières organiques , consiste à le distiller en présence d'une certaine quantité de bi-chromate de potasse; la proportion de 1 partie de ce sel pour 100 parties d'àdde conyient, dans la plupart des cas, pour l'acide nitrique dont la densité ne dépasse pas 1 ,48; l'acide nitreux s'oxyde et devient acide nitrique au moyen de Poxygène de Tacide chromique.

Pour préparer l'acide nitrique plus concentré , M. Afillon prescrit de distiller Tacide du commerce de manière à séparer le premier tiers, qui contient la partie la plus aqueuse ; puis d'achever la distillation après avoir ajouté au résidu son volume d'acide sulfurique concentré. L'acide qu'on obtient ainsi, étant dépouillé par une seconde distillation de l'acide sulfurique qu'il a entraîné pendant la première, présente la densité la plus forte à laquelle l'acide nitrique puisse être amené ; mais il contient beaucoup d'acide nitreux en dissolution.

On l'en débarrasse en y faisant passer un courant d'acide carbonique sec, sa température étant élevée et maintenue presque jusqu'au point d'ébullition. Ainsi purifié, il est incolore et trèsfumant; étendu de deux à trois fois sou volume d'eau, il ne trouble pas la dissolution aqueuse d'acide sulfhydrique : sa densité est égale à 1,552 à 20^; sa composition est exactement représentée par la formule N H.

D'après M. M illon, l'acide nitrique dilué, d'une densité égale à 1,070, par exemple, quand il est parfaitement pur, n'attaque pas le cuivre à la température de -j- 20^; mais si Ton fait arriver dans

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