‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 62 sur 167 · ACIDES DU PHOSPHORE · texte numérisé non relu

ACIDES DU PHOSPHORE

ne sont pas considérables à froid; mais il se précipite une bien plus grande quantité et souvent même la totalité de l'acide pbos* phoreux, lorsqu'on chauffe le^ mélange. Trés-fréquemment les dissolutions des sels terreux et métalliques ne font pas naître de précipité dans les dissolutions des phosphites alcalins, quand ces dernières sont trop étendues ; cependant, même alors , il peut s'en manifester, et souvent de très-considérables, par un repos prolongé ou par Tébullition. Cette particularité établit une grande dififèrence entre les phosphites et les phosphates correspondants. Parmi les phosphites terreux, le phospbite magnésique est le plus soluble. Aussi n'oblient-on pas de précipité, môme à la fa« vcur derébullition, lorsque Ton ajoute une dissolution de sulfate magnésiqueà celle d'un phospbite alcalin, pourvu que celle-ci ne soit pas trop concentrée. Le plus insoluble de tous les phosphites paraît être le phospbite plombique : c'est pourquoi on le voit se produire, sous la forme d'un précipité blanc, lorsqu'on verse une dissolution d'acétate plombique dans des dissolutions, môme très-étendues, de phosphites.

Les dissolutions des phosphites dans les acides réduisent , comme celle de Tacide phosphoreux lui-même , plusieurs oxydes métalliques très réductibles , ce qui est un bon moyen de reconnaître cetacide. Elles précipirenl l'or, à Tétat métalliqtie, de ses dissolutions. Quand on les verse dans une dissolution de ni^ trateargentique , l'argent se précipite sous la forme d'une poudre, non pas blanche, mais d'un brun-noir. Lorsque la dissolution d'un phospbite ou celle de l'acide phosphoreux contient de l'acide chlorhydrique, comme il arrive, par exemple, à la dissolution aqueuse du chlorure de phosphore liquide , le mieux est d'ajouter d'abord un excès d'ammoniaque, puis une dissolution de nitrate argentique. La liqueur brunit dans le premier moment, et ce n'est qu'avec lenteur qu'elle dépose un précipité brunnoir d'ai^ent métallique. Cet effet a lieu plus rapidement par l'ébullition, qui, en même temps, procure un précipite noir. Une dissolution d'acide phosphoreux, versée dans celle du chlorure mercurlqm , pourvu qu'on n'en mette pas une trop grande quantité, donne naissance à un précipité blanc de chlorure mercureux, qui est insoluble dans l'acide chlorhydrique, et dont la quantité

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augmente par l'effet d'un repos prolongé; une plus grande pro^ portion d'acide phosphoreux, surtout avec le secours derébuUilion, convertit ce précipité en mercure métallique. La dissolution de chlorure mercurique employée en excès est un des meilleurs moyens pour découvrir la présence de Tacide phosphoreux, car d'autres substances facilement réductibles, comme, par exemple , Tacide sulfureux, ne font point naître un précipité de chlorure mercureux dans cette dissolution. D'ailleurs» le chlorure mercureux est un corps qu'on reconnaît aisément àsoninsolubilitédansl'acidechlorhydrique. Une dissolution d'un sel cuivrique est paiement réduite par l'acide phosphoreux, mais seulement à la faveur de l'ébullition.

A Tétat solide, tous les phosphites subissent une décomposition quand on les fait rougir , et se convertissent en phosphates. Pendant cette opération, la plupart d'entre eux dégagent du gaz hydrogène, parce que leur eau de cristallisation se décompose » et que son oxygène sert à transformer Vmde phosphoreux en acide phosphorique. Les phosphites neutres se convertissent en phosphates neutres parla calcination, Açetteçat^orie appartiennent les combinaisons de l'acide phosphoreux avec les alcalis fixes, les terres et beaucoup d'oxydep métalliques. Le gaz hydrogène qui se dégage contient des traces très-faibles de phosphore» et le phosphate produit doit aussi à uoe petite quantité de ce corps une couleur légèrement rougâtre ou brunâtre, tandis qu'^ l'état de pureté il est blanc. Hais cette coloration du phosphate produit par la calcination n'apparaît qu'après le refroidissement. Si l'on fait chauffer le sel, il devient incolore ; et, si on le dissout dans de l'acide chlorhydrique, on obtient pour résidu quelque (aiblés traces d'une substance rougcâtre, qui contient du phosphore. D'autres phosphites, dans lesquels il entre moins d'eau de cristallisation, sont convertis en sous- phosphates par la calcination, durant laquelle il se d^age du gaz phosphure d'hydrogène peu chargé de phosphore, qui nes'enflamme point spontanément à l'air, mais qui brûle vivement lorsqu'on y met le feu, et répand alors une fumée blanche. De ce nombre est le phosphite plombique. On peut faire ces expériences môme avec une quantité fort petite de phosphites, en les chauffant, sur la lampe à esprit de vin, dans

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un tube de verre soudé à Tun de ses bouts, qui a été étiré en une longue pointe» et courbé sur le sel. Le phosphite ammonique perd son ammoniaque quand on le chaufle, et se convertit en acide phosphoreux aqueux.

Lorsqu'on môle un phosphite , ou une dissolution concentrée d'acide phosphoreux pur, avec un excès d'une dissolution concentrée de potasse pure, et qu'on fait bouillir le mélange , il ne se d^age pas d'hydrogène , et l'acide phosphoreux ne se convertit point en acide phosphorique.

Au chalumeau, les phosphites pourraient être distingués d'autres combinaisons par la même méthode que Berzelius a indiquée pour les phosphates (p. 230). A la première action de la flamme, ils brûlent avec une flamme de phosphore.

L'acide phosphoreux concentré se comporte d'une manière tellement caractéristique, quand on le fait cbaufTer, et , à l'yard de la dissolution de quelques métaux facilement réductibles, notamment celle du chlorure mercurique , qu'on ne saurait le confondre avec aucun des acides dont il a été question jusqu'ici. La manière dont les phosphites se comportent lorsqu'on les fait rougir dans une cornue» est paiement si remarquable» qu'elle les distingue sans peine des autres sels.

Une combinaison d'acide phosphoreux et d'acide phosphorique, que beaucoup de chimistes regardent comme un acide particulier, et qu'on ap^We acide hypophosphorique , prend naissance quand du phosphore se résout en liquide dans un air humide. AFétat de concentration» elle se comporte, lorsqu'on la chauffe» comme l'acide phosphoreux» parce que effectivement elle en contient. Si on la traite par des bases , elle donne des phosphates et des phosphites.

L'acide phosphoreux est facile à reconnaître dans cette combinaison, non-seulement par lachaleur» quand le liquide estforteoncentré, mais encore, dans le cas contraire, à Taide d'une dis8o<lution de chlorure mercurique. Quant à la présence de l'acide phosphorique , le meilleur moyen de la constater est d'ajouter à la dissolution de la combinaison une dissolution de sulfate magnésique» de chlorure ammonique et d'ammoniaque en excès» et de mettre le chlorure ammonique en quantité telle» qu'il s'op-

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pose à la précii>ilaiion de la magnésie par Tammoniaque. De celte manière» racidc phosphoreux n'esl point précipité > du moins quand sa dissolution est un peu étendue, tandis que Tacide phosphorique se précipite à l'état de phosphate ammoni« co-magnésique.

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