Acide hypophosphoreux » P
L'acide hypophosphoreux aqueux, et aussi concentré que possible^ ressemble tellement à Tacidc phosphoreux concentré, par la manière dont il se comporte, qu'on peut à peine Tcn distinguer. On ne l'a point encore obtenu cristallisé. Les dissolutions d*or et de chlorure mercurique sont réduites plus rapidement par lui que par l'acide phosphoreux, et avec les mêmes phénomènes. Il se comporte absolument de môme que l'acide phosphoreux, quand on le chauffe.
L'acide hypophosphoreux forme avec toutes les bases des sels qui sont solubles dans l'eau. Aussi les dissolutions des sols terreux et métalliques ne produisent - elles point de précipité dans cdles des bypophosphites, à moins que la réduction de l'oxyde métallique n'ait lieu. Mais cette réduction s'opère très-faciloment, et avec beaucoup plus de facilité que par l'acide phosphoreux et ses sels. L'or est promptemeni précipité à l'étit métallique de ses dissolutions. Los dissolutions argentiques neutres produisent , dans la dissolution d'un hypophosphite, un précipité d'abord blanc, qui brunit avec une grande rapidité, et qui, au bout de quelque temps, même à froid, est de l'argent métallique noir; la chaleur accélère ce phénomène. Une dissolution de chlorure mercurique, à laquelle on a ajouté de l'acide chlorhydrique, donne un précipité de mercure métallique , quand on y ajoute une gi*ande quantité de dissolution d'acide hypophosphoreux ou d'hypophosphile; dans le cas contraire, si la dissolution de chlorure mercurique prédomine, il ne se produit que du chlorure mercureux, mais en bien plus grande abondance que d'une égale quantité d'acide phosphoreux ou de phos[)hite. C'est donc là un bon moyen pour reconnaître la présence des bypophosphites. C'est aussi un bon moyen de reconnaître la présence de l'acide hypophosphoreux. Une réduction n'a lieu dans les dissolutions cuivri-
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qiics qu'autant que les liqueurs sont très-concentrées et qu'on chaufie long*temps.
A Télat solide y tous les hypophosphites se décomposent lors* qu'on les fait rougir. Quand on les calcine dans une petite cornue » en suivant le procédé indiqué précédemment (p. 234) pour les phosphiteSy et qu'on plonge le bec de la petite cornue sous Teau, la plupart de ces sels dégagent un gaz phosphore d*hydr(^ènc qui, pour la plusgrande partie y s'enflamme spontanément au contact de l'air, brûle en répandant une fumée blanche, et laisse à la surface de l'eau un dépôtbrun-jaune de phosphore. Si l'on fait passer cegiz à travers une dissolution de nitrate argentique» la moindre bulledé- Icrroine unecoloration en brun-noir, et une plus grande quantitéde gaz dunne naissance à un précipité noir, qui devient blanc par le repos ou par l'action de la chaleur» et qui consiste en aident pur; de l'acide phosphorique se trouve alors dans la liqueur. Si l'on opère sur une dissolution de chlorure aurique, c'est de l'or métallique qui 96 précipite. Lorsqu'on fait passer le gaz à travers une dissolution de chlorure mercurique , il résulte de là un précipité jaune. Dans la décomposition des hypophosphites produite par la chaleur rouge, il se sublime une faible (race de phosphore, et reste un phosphate neutre, qui paraît un peu rougeâtre ou brunâtre après le refroidissement, mais qui n'a pas de couleur tant qu'il est échauffé. Le phosphate neutre ainsi produit se dissout très-facilement aussi dans l'acide chlorhydrique, en laissant une fort petite quantité d'une substance insoluble rouge, qui contient du phosphore. Les combinaisons de l'acide hypophosphoreux avec les alcalis fixes, les terres et la plupart des oxydes métalliques subissent ce genre de décomposition quand on les fait rougir au feu. Il n'y a que les combinaisons de l'acide avec les oxydes cobaltique et niccolique, qui, lorsqu'on les fait rougir, dégagent, en se décomposant, un môlangc de gaz hydrogène et de gaz phosphure d'hydrogène non susceptible de s'enflammer spontanément au contact de l'air, tandis qu'il reste un surphosphate métallique, qui ne se dissout point dans l'acide chlorhydrique parcequ'il a été calciné , et qui ne devient solubledansl'eau qu'après avoir été bouilli avec de l'acide sulfurique. Lorsquon fait bouillir de l'acide hypophosphoreux ou un hypophosphite avec un excès d'une dissolution concentrée de po-
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m$9e ou de «amfe» il se produit un fort courant de gaz hydrogène pur, et Tacide hypophosphoreux se convertit entièrement en acide {Aosphorique. De môme, l<H'squ'on ajoute de la baryte» de la strontiane ou de la chaux à une dissolution d'un hypophosphite » oelui'Ci se convertit, avec dégagement de gaz oxygène, en un phosphate, mais d'une manière moins rapide que par la potasse ou la soude. CeUe réaction distingue les hypophosphiles des phosphites (p. 335).
L'addehypophosphoreux libre ne peut ètreconfondu avecaucun autre acide, si ce n'est avec l'acide phosphoreux, puisqu'il se comporte de môme que ce dernierquand on lefait chauffer. Fourdistinguerces deux acides l'un de l'autre, on les sature avec précaution au moyen d'un alcali fixe, ou mieux d'une terre alcaline, par exemple de la baryte , et l'on évapore la dissolution jusqu'à siccité, puis on fait rougir le sel sec dans une petite cornue, sur la lampe à esprit de vin. Si alors il se dégage du gaz phosphure trihydrique , Tacide était de l'acide hypophosphoreux ; mais s'il se dégage un gaz qui ne s'enflamme pas spontanément au contact de l'air, et qui, lorsqu'on y met le feu, brûle avec une flamme bleue, sans répandre de fumée blanche, l'acide était de l'acide phosph<Nreux. Quand on a une assez grande quantité d'acide hypophophoreux à sa disposition, on peut déjà le distinguer de l'acide phos(^oreuxàcequesa dissolution, même concentrée, lorsqu'elle a été saturée avec précaution au moyen d'un alcali , ne donne pas de précipité par les dissolutions de sels ayant pour base une terre ou un oxyde métallique, cas dans lequel ne se trouve point l'acide phosphoreux.
La propriété dont jouissent les hypophosphites, à l'exception des hypophosphites cobaiiique et niccolique, de dégager du gaz phosphure trihydrique lorsqu'on les foii rougir dans une petite cornue, les distingue tellement de tous les autres sels, qu'on ne saurait les confondre aveg aucun.