Acide silicique, Si
L'acide silicique pur, lorsqu'il a été préparé par l'art, forme une poudre blanche qui croque sousla dent. La nature nous l'offre cristallisé dans le cristal de roche, et compacte dans le quarz : il est alors blanc, ou coloré soit par des traces très-faibles d'oxyde manganique ou d'oxyde ferrique, soit par des traces de matières orçaniques, comme dans la cornaline. Le cristal de roche et le quarz rayent légèrement le verre; ils sont moins durs que le diamant et quelques pierres gemmes.
Tel qu'on le trouve daus la nature, l'acide silicique est insoluble dans l'eau et dans presque tous les acides. Celui même qu'on à obtenu par les procédés de l'art ne se dissout ni dans leau, ni dansia plupart des acides, après avoir subi l'action de la chaleur rouge. Son insolubilité dans l'eau l'empêche par conséquent de dégager Tacide carbonique avec effervescence des carbonates. Cependant, lorsqu*on fond de l'acide silicique avec des carbonates alcalins, il se combine avec les bases, tandis que l'acide carbonique s'échappe en faisant eflei-vescence. Aussi, lorsqu'on projette de l'acide silicique dans du carbonate potassique ou sodiquc fondu , |a liqueur produit-elle la même effervescence que quand on vernela dissolution d'un acide dans celle d'un carbonate.
tk$ GOMBIMAISONS SIMPLES. ÀGIOËS.
Parnii les dcides, Vacide nlicijluorhydrique est le seul qui dissolve facilement la poudre, soil de l'acide silicique qu'on a fait rougir au feu, soit de celui qui se rencontre dans la nature. Plus la dissolution aqueuse de racidesilicifluorhydrique est concentrée, et plus aussi Tacide silicique s'y dissout avec facilité. Lorsque Tacide silicifluorhydrique est assez fort pour fumer à l'air, il se dégage tant de chaleur pendant la dissolution de l'acide silicique^ que le tout entre en ébulliiion. Maison ne peut faire l'opération que dans de$ vases métalliques, parce que l'acide fluorhydrique attaque égalo» ment l'acide silicique contenu dans le verre.
L'acide silicique préparé par l'art et séparé de ses combinaisons est une autre modiûcation quc^ celui que la nature noDS offre dans te cristal de roche et le quarz ; car il p'e^t pas cox^plètement insQ^ lubie dans l'eau et les a^cides; loin de 1^ même, il s'y dissout fréquemment avec facilité. Lorsqu'on le sépare du chloride silicique , et principalement du f|uoride silicique, par le moyen de l'eau, il s'en dissout une petite quantité dans cette dernière; mais l'eau n'acquiert par là ni aucune saveur, ni la propriété de rougir lepa-
Sier de tournesol. L'acide silicique ne peut être reconnu dans cette is^lution qu'autant qu'on évapore la liqueur presque à siccité » et qu'on verse sur le résidu de l'eau ; il se sépare alors de l'acide silicique appartenant à la modification insoluble.
Une dissolution depQtmse dissout aisément, avec le secours de 1^ chaleur, l'acide silicique qjui a été desséché, maissanç qu'on le fasçe rougir ; la dissolution ne se prend point en gelée par le refroidissengient. Les dissolutions de carbonate potassiqueet de carbonate sodique dissolvent également avec facilité, à chaud, l'acide silicique dessé^ çhé; mais la liqueur se prend, quand elle est refroidie, en une gelée opaline, qui est d'autant plus ferme et qui se forme d'autant plus rapidement, que la dissolution est plus concentrée. L'acide siricique qu'on a fait rougir et celui que la nature nous offre à l'état de quarz et de cristal de roche se dissolvent aussi, le second aprè9 avoir été réduit en poudre fine, dans les dissolutions des alcalis j^TS et des carbonates alcalins fixes, mais leur dissolution est beaucoup plus difficile à obtenir que celle de l'acide préparé par l'art et non rougi.
Les combinaisons de l'acide silicique »VQC les alculis fiff€S Wttt
ÀCIDG SIUOQCE. i48
touiours aolubles dans Teau , môme lorsqu'elles contiennent un excès considérable d'acide silicique. A la vérité, elles sont presque insolubles dans l'eau froide, mais Teau bouillaule les dissout^ après qu'on les a pulvérisées.
Les combinabons de l'acide silicique avec les autres bases sont insolubles, comme aussi les seb doubfes^ comfiosés de silicates al^ çalins et de silicates terreux ou métalUqiies, qui constituent le verre proprement dit.
Parmi les silicates alcalins, ceux qui renfiarment un grand excès de base sont solubles dans l'eau. Plus la ^milé d'acide silieique est considérable dans ces combinaisons, moins celles-KÎ ont de facilité à se dissoudre dans l'eau froide» ^ quand elles contiennent une très-gmnde proportion d'acide sfticique, eUes rétisteat à Faction de l'eau et des acides; il faut cependant excepter l'acide fluor* liydrique. Le verre est au nombre descond)inaisonsde ce dernier genre. La présence de l'alcali dans le venre est difficile à constater limqu'il s'agit d'analyses qualilâftivies* 11 &ul, pour cela, réduire le sursilicate alcalin en poudre fine» mettre celk-ci Awns un oreuseC en platine, verser dessus de l'acide fluorhydf iqoe concentré , puis ajouter de l'acide sulfurique, et évapomr jusqu'à ^ité; l'alcali reste à Tétat de suirate, et peutêtre aisémeiit reconira comme tel.
Lorsque l'on dissout dans beaucoup d'eau des srlîcates d'alcalis fixes contenant un grand excès de base, et qu'on sursature cette di^soUilionavecde l'acide ohlorbjrtbique, de l'acide silicique ap-^ partcnant à la modificatioa CacHlement soluble est mis en liberté; il reste complètement dissous si la liqueur est suffisamment étendue d'eau, et l'on ne \rolt pas paraître de précipité. Mais si le même silicate alcalin basique n'a été dissous que dans une petite quantité d'eau, et qu'on sursature la dissolution avec un acide, la plus pande partie de l'acide ^licicpie se sépare sous la forme d'une gelée ou de flocons gélatineux, qui ne so dissolvent plus quand on ajjoute davantage d'eau : cependant une autre portion de l'acide si- Ikique reste dissoute dans la liqueur acîdfe. Par conséquent, plus la dissolution aqueuse d'uu sous-carbonate alcalin est étendue^ moins il se sépure d'acide silicique par l'effet de la siirsaturation avec les acides> et môme, si cette dissolution est fort étendue, il nHi s*ea sépareso«vent pas d'aeide sUîdque> comme je l'ai déj^ dit }
Sl4t COMBlMÀiSÔNft SIMPLES. ACIDES.
au Contraire, plus la dissolution est concentrée, et plus il se séparé d'acide silicique, par le fait de la sursaturation; à un certain degré même de concentration , celui qui se sépare est tellement abondant, que la liqueur tout entière se prend en une masse épaisse.
Si Ton évapore le liquide sursaturé duquel il s'est séparé peu ou point d*acide silicique, et qu'on le laisse refroidir après qu'il est parvenue à un certain degré de concentration, l'acide silicique s'en sépare sous la forme d'une gelée transparente, ayant beaucoup de ressemblance avec celle que produit, en se refroidissant, une dissolution de* colle animale dans l'eau bouillante. Quand on verse de l'eau sur cette gelée, la plus grande partie de l'acide silicique se sépare bien sous la forme de flocons déliés, insolubles, mais il y en a cependant une portion qui se dissout dans l'eau. Si Ton pousse l'évaporation de la gelée plus loin, jusqu'à complète siccité, et qu'ensuite on traite la masse par Teau, la totalité de l'acide silicique reste indissoute.
Les combinaisons basiques de l'acide silicique avec la baryte, la stronliane et la chaux se comportent, du moins envers les acides, d'une manière analogue à celle des silicates alcalins basiques. Si on les traite par l'acide chlorhydrique , la plus grande partie de l'acide silicique se sépare, mais une portion de cet acide reste dissoute, et forme une gelée quand on vient à concentrer la liqueur acide par l'évaporation. L'acide silicique ne se sépare non plus entièrement dans ce cas que quand on évapore la gelée jusqu'à sicci te, et qu'on traite la masse sèche par l'eau.
Les combinaisons de l'acide silicique avec des bases non alcalines sont insolubles dans l'eau . Sous le rapport de la manière dont elles se comportent avec les acides, on peut les partager en deux classes. En effet, les unes sont décomposées par les acides forts, tels que l'acide chlorhydrique concentré ; les autres résistent à l'action des acides les plus puissants.
Les silicates décomposables par l'acide chlorhydrique ne subissent fi s tous le même genre de décomposition. Quand, après avoir réduit le sel en poudre fme, on verse dessus de l'acide chiorhydrique à froid, il lui arrive souvent de se décomposer d'une nianijcro subite : beaucoup de chaleur se dégage dans l'opération, e( le (Qut se pren^ en un magma gé'atineux, Si alors on verse du
ACIDE SILIGIQUC. 245
Teau sur ce magma, les bases qui auparavant étaient combinées avec de l'acide silicique se dissolvent à Tétat de chlorures mélalliquesj tandis que l'acide silicique reste sous la forme de flocons déliés. Ici se rangent surtout plusieurs silicates que l'on rencontre dans la nature» qui portent le nom de zéolithes, et parmi lesquels il faut principalement citer ceux qui contiennent de l'eau de cristallisation; dans la plupart des cas cependant, ils ne sont presque point attaqués par l'acide chlorhydrique, lorsqu'on les a préalablement fait rougir au feu. Souvent, au contraire, les silicates ré« duits en poudre très-fine ne sont décomposés par l'acide chlorhydrique qu'à la faveur d'une digestion prolongée, et sans qu'il se produise de magma gélatineux ou de gelée; l'acide silicique se séiiare alors de l'acide chlorhydrique sous la forme d'une poudre fine.
Les silicates qui résistent à l'action des acides se décomposent» avec d<^gement de gaz acide carbonique» quand on fuit rougir leur poudre avec trois fois son poids de carbonate potassique ou sodique. On mêle la poudre du silicate avec le carbonate alcalin pulvérisé dans un creuset en platine, où l'on fait rougir le mélange. Si la combinaison contient beaucoup d'acide silicique, on obtient une masse fondue après la calcination; si l'acide silicique y est moins abondant, la masse n'est qu'agglutinée après avoir subi l'action du feu . Quand on la traite par l'acide chlorhydrique étendu, les bases qui étaient combinées avec l'acide silicique se dissolvent dans ce réactif, tandis que la plus grande partie de l'acide silicique se sépare; mais il en reste cependant en dissolution une certaine quanlilé, qui forme une gelée lorsque la liqueur acide a été amenée par l'évaporation à un certain degré de concentration. Toutefois, s'il n'y a que très-peu d'acide silicique dans la combinaison, il peut arriver souvent que la masse calcinée se dissolve tout entière dans l'acide chlorhydrique étendu.
Beaucoup de silicates semblent ne point être attaqués d'abord par les acides; mais lorsqu'on les laisse long-temps en digestion avec ces réactifs, ils finissent cependant par se décomposer, surtout lorsqu'on emploie de l'acide sulfurique qui ne soit étendu que d'une petite quantité d'eau. L'acide sulfurique décompose presque tous les silicates par l'effet d*une digestion prolongée. Quelque^ silicates, en peùi nombfç, «^ sont dccwiposC^ çqtÇi^,
246 coMBUfAiflom smpLEB. acides.
plètanent, ni par les addes, ni par la ealcination atec du ear<^ bonate alcalin. Leur décomposition n'a lieu qu'autant qu'après les avoir réduits en poudre trôs-ûne et mêlés avec trois fois leur poids de potasse pure, on les fait rougir dans^un oreusel en sfigent.
Parmi les silicates qu'on rencontre dans la nature, les suiiiants ; apophyllile, natrolite, scolézite, niésolite, mésole, analcime, lau-* monile, barmotome potassique, leucite, éléolite, brewsterite, so« dalite, cronstedtite, ilvaite, gehlenile, wernerite, spalh en tabloi népbéline, cancrinile, mellinite, cbabasie, peclolite, okenite, da* yyne, gadolinite^ allophaae, helvine, dalolile, botryolite, hauyn9^ nosiane, lazulite, eudialite, orlbite, calamine, sidéroscbisolite, bi^ singerite, dioptase, écume de mer, cuivre siliceux, stilbite, épislil*^ bite, heulandite, anortbite, titanile (spbènc), pyrosmalite, cérite et cérine, sont décomposés complètement par Tacide chlorhydri* que. Les premières de ces comlnnaisons forment une gelée quand on verse Tacide cblorhydriquQ sur leur poudre, ce qui n'arrivf) point aux neuf dernières, dont quelques-unes ne subissent une d4» composition complète que quai^d, après les avoir réduites en pouH dre extrêmement une, on les fait digérer pendant long-t^mps et à une forte cbaleur dans cet acide. La plupart d'enlre elles, msiif non toutes cependant, résistent à Faction des acides quand ellea ont été rougies au feu. Quelques-unes, principalement parmi lea neuf dernières, sont décomposées par les acides^ vdâme ç^pràl avoir subi la ealcination.
Les silicates suivans , qui existent dans la nature , résbtent absolument à l'action des acides , ou sont dîfQcilement décomposés par eux, quand ils ont été réduits en poudre, de sorte qu^on ne peut point se servir de ces réactife pour les analyser ; il but , pour les décomposer, les fondre avec du carbonate alcalin : feldspath, albite, rhyacolite, pétalite, spodumène, oligoclase, labradorife, harmotomebary tique, olîvine, prehnite, manganèse carbonate, mica, lépidolite, talc, chlorite, pinite, achmite, amphibole, anthophyllite , pyroxène, diallage, spath chatoyant, épidote, idocrase, grenat , dichroîte, émeraudc, euclàse, phenakite, tourmaline, axinite, topaze, chondrodite, picrosmine, carpholite, pierre de lard ^serpentine, pierre ponce ^ obsidienne, résinite*
ÂGiDe sitictûtis. iki
A cette catégorie appartiennent aussi les différentes espèces de verre artificiel et les pierresi getïltnes factices.
Parmi les silicates qui résistent à Faction des acides et à la fusion avec du carbonate alcalin , et qui ne se décomposent compléleiliêht Cple lorsqu'on les fait rougir avec de la potasse pure , il n'y en a qfaé led suivantes qu'oii trouve dans la nature, §avoir : 2Îrcone, cyanité^ cymophane > staurolite et andalousite.
Au chalumeau, Tacide silicique se reconnaît à ce qa*il lié se dîàsout presquepas, outiesedissoutqu'enquantitëettrêmétiietît faible, dans un globule de sel depfaospboro,niême àprèâutie trë^-Iongueiùsufflation. Tandis qu*oh souffle, Tacidé slHciquè nage dans leglofbule liquide, et forme une masse gonflée, translucide, qù'ôti aperçoit mieux pendant la fusion qu'après le refroidissement. Lorsqu'on traite un silicate àVec du sel de phosphore au chalumeau , les bases se dissolvent dans ce sël , et l'acide silicique mis à nu nàgè dans legldbule. Au contraire, l'acide silicique se dissout Coinpléteinent dans le borax, mais seulement avec beaucoup dé lenteur. Traité par la soude , au chaluineau , sur du charbon , il fond en Un globule parfaitement limpide, et du gaz acide carbonique se dégage avec effervescence. 11 n'y à que peu de substances qui , avë6 la soude, produisent au chalumeau un globule eu fondaiit, et parmi celles-là, il n'y a que l'acide silicique cfai forhié ainsi Uù verre incolore , limpide et transparent, ce qui le fait aisément reconnaître. Lors tûèine que l'acide silicique contient une petite quantité d'une terre , il produit encore un vcfre limpide par ék fusion avec de la soude. G'eSt te qui arrivé, paît exenipté, ad feldspath. Mais plus un silicate contient de terres , ou , en géhéral, quand il ne contient point d'alcalis, plus aussi la coUibinaisoU quil forme avec la soude est infusible, dUrtOut lorsqu'on ajoute beaucoup de cette dernière.
L'atide silicique diffère des autres substances en ce qu'au ifnofns lorsqu'on Ta fait rougir au feu, il est insoluble dans tous lès âcïdes, àTexceplion de l'acide fluorhydrique. Le plus sûr caractère pour reconnaître ses combinaisons et pour les distinguer de toutes les autres substances, est la manière dont elles se comportent au' chalumeau avec le sel dé* phosphore et la soude.