‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 70 sur 167 · ACIDE VANADIQUE, V · texte numérisé non relu

ACIDE VANADIQUE, V

L'acide vanadique obtenu en chauffant le vanadate ammonique à l'air libre forme, d'après Berzelius, une poudre qui, suivant son degré de division, est d'un rouge briqueté ou d'un jaune de rouille, et qui prend toujours une couleur de rouille d'autant plus claire, qu'on la broyé davantage. Dès qu'il commence à rougir, il entre en fusion sans se décomposer, si l'on évite de le mettre en contact avec des corps capables de le réduire. En se refroidissant, il forme une masse qui se compose d'une aggrégation de cristaux. Pendant cette crisiallisation, tant de calorique est mis en liberté, que la

Ittasàe, (juî avaîi déjà cessé d'êde rouge, recommence à devenir lumineuse. Elle est très-brillante, offre une couleur rouge tirant sur l'orangé, et jouit d'une translucidilé jaune sur les bords minces. Lorsqu'on fond l'acide vanadique avant qu'il soit complètement oxydé, et lorsque par conséquent il contient encore de l'oxyde Yanadique, il ne cristallise point, comme je viens de le dire; mais, au moment de sa solidiGcation, il produit des excrois^nces en forme de cboufleurs, et, après le refroidissement , la masse est noire. L'acide présente aussi le môme phénomène quand il contient des oxydes métalliques. Une très-faible quantité d'oxyde vanadique n'empêche pas la cristallisation de s'opérer, mais alors la masse figée a une couleur plus foncée et qui tire sur le violet.

L'acide vanadique n'est point volatil. 11 est très-peu soluble dans l'eau, ce qui fait aussi que la dissolution n'a point de saveur. Cependant l'acide rougit le papier de tournesol humide sur lequel on le pose. Mêlé en poudre avec de l'eau, il s'y délaie, et y reste en suspension, de manière à produire un lait jaune, qui ne s'éclaircit qu'avec beaucoup de lenteur, comme de l'eau chaînée d'ai^ile. Réduit à cet état de division, il a, après sa dessiccation, une belle couleur jaune, absolument de même que l'hydrate ferrique qui s'est formé sous l'eau à la surface du fer métallique. La liqueur produite a une couleur jaune pure, est sans saveur, rougit le papier de tournesol, et, après avoir été évaporée à siccité, ne laisse pas tout-à-fait un millième de son poids d'acide vanadique.

L'acide vanadique est insoluble dans l'alcool pur : il se dissout à un faible degré dans l'alcool aqueux. Par la voie humide, il se réduit aisément en oxyde vanadique, surtout lorsqu'il est uni avec un autre acide. L'acide nitreux même s'oxyde à ses dépens; car lorsqu'on mêle de l'acide nitrique fumant rouge avec une dissolution d'acide vanadique, la liqueur ne larde pas à devenir bleue. En outre, beaucoup de métaux le réduisent à l'état d'oxyde vanadique, effet que produisent également les acides sulfureux, phosphoreux, oxalique, citrique et tarlrique, les oxysels de plusieurs métaux , le sucre, l'alcool, etc.

L'acide vanadique a beaucoup d'analogie avec les acides molybdique et tungstique, sous ce rapport qu'il joue le rôle de base

âTO €oitBnfAiâo!râ stirt>T.ËS. acides.

avec les acides puissants» et qu'au contraire il se comporte envers

les bases comme un acide fort.

Les dissolutions de Tacide vanadique dans les acides sont rouges ou d'un jaune citrin, mais quelquefois aussi incolores. Lorsque les acides sont exactement saturés d'acide vanadique, ces dissolutions lie troublent par l*ébullition ou Tévaporation» el déposent des précipités d'un brun-rouge, qui sont des sous- sels. Exposées à l'air pendant long-temps» ces dissolutions deviennent souvent vertes peu à peu , ce qui peut fort bien dépendre de l'Influence de la poussière voltigeant dans l'air, qui les réduit.

Avec Vacicle chlorhydrique l'acide vanadique dégage du chlore; aussi ses dissolutions dans cet acide concentré, qui deviennent vertes au bout de quelque temps, dissolveatHiUeB l'or ei le platine. Le chloride vanadique liquide et volatil, qui a une couleur jaune claire, m dissout bien dans l'eau, à laquelle il donne une faible teinte jaunâtre; mais, au bout de quelques jours, la liqueur devient, avec d^gement de cblore, d'abord verte, ensuite bleue.

Une dissolution de cganure ferroso-pamnique produit, dans les dissolutions de l'acide vanadique par les acides, un précipité vert, floconneux, que les acides ne dissolvent point.

Le Ski/hydrate ammonique colore les dissolutions de l'adde vanadique eà rouge de bière. Si la dissolution était rendue acide par mi autre acide, ou si l'on ajoute à la liqueur rouge de bière, soit de l'acide chlorhydrique, soit de l'acide sulfurique étendu, on obtient un précipité bmn, de sulfate vanadique, d'une teinte plus claire que celui qui est produit, en pareilles circonstances, dans les oxysels vanadiques. La liqueur acide devient ordinairement bleue pendant cette précipitation. Le précipité brun est soluble dans un excès de sulfhydrate ammonique, de môme que dans les dissolutions des alcalis purs et des carbonates alcalins.

Le gazmlfide hydrique produit, dans les dissolutions de l'acide vanadique, un précipité gris-brun, qui est un simple mélange d'hydrate d'oxyde vanadique et de soufre.

Vinfusion de noix de galle donne, au bout dequelque temps, un précipité bleu-noir, dans les dissolutions neutres de l'acide vanadique par les acides.

l^ sels que l'acide vanadique forme avec les bases sont pesque

àCîDÊ VàNàdIqÙê. ffl

IBtis solublcs dans Tenu. Cependant quelques-unà d^entte eu^ sont très-peu solubles^ sans être tout-à-fait insolubles; tels sont les va-^ iiad^leâ baryfîque et plombique. Les vanadatos alcalins sontpetî soiubles, surtout quand Teau dst alcaline, oti qu'elle tient déssélà en dissolution. Le vanadate ammonique, piir ekètnpie, est insblablë dans une diàkiliitibn de chlorure ammotlfque. Les Tànadates iie^nl ptiÈ isôlubles datls l'iilcood, pbuHâ t>lûpàfl.

LèàVânddatëscl*uhé taôtiië basé penVëttt fefre obtenus colora divèrisemèht et à plusieurs degréè de satumtiôh. Lo^ survanadates sohi toujours d'iiri rouge otangê: quelques-un§ d'entre eux sont seulement jaunes, ce qui néanmoins dépend ordinairement des dimensîbhs des criètau* , parce qa*^eft géhéral les pltis gros de ceux-ci sont rouges. CependaAÏ, pârriiî lès Vanadates neutres. Il s'en trouve quelques-uns qui sôfit ou incolores où d*un jaune trèsprononcé. lÈettè dernière couleuir paraît appartenir primitivement aux sels ; ausàî presque touteè les bàsëé donheût-elleè des sels neutres â'uh jaune plus bu ihbin'à ptlt a'vèfc l'acide Vànadïque. Mais quelques-unes àéè pluà fortes ba'seë, savoiir tous les alcalis, toutes les terres alcalines, ïés oxydés <5fu zînc, dû éàdmiutoi, du plomb , et celui aussi de l'argent, donnent eh outre des Selâ ihcolotes , sans qu'il y ait de différence dans la neutralité des selè. Ordinairement le sel jaune se décolore quand on le chaulfe î à une certaine température, qui n'àtlelnt [k)int éiicbtè à celle de i*eau bouillante, il jperd rapidement ^ d^ïuleur et devient incoloi^è, (fié 6e soit sa dissolution qu'on fasse chauffer oU tin liquide au toiliéu duquel il est plongé. Des sels qui peuvent devenir incolores perdent aussi leur couleur, sans qu'on les chauffe, lorsqu'on les laisse assez longtemps abandonnés à eux-mêmes, surtoutquand ils contiennent un excès de base, ce qui est nécessaire pour que les sels jaunes des alcalis se décolorent, quoique cet excès ne soit pas combiné avec le sel, et puisse tout aussi bien consister en carbonate aïcalin qu'en alcali pur.

Les vanadates n'ont pas de saveur particulière qui provienne de l'acide. Lorsqu'on les mêle avec un acide , ils deviennent rouges; mais cette couleur disparaît souvent au bout de quelque temps.

De même que les acidesmolybdique ettungstîque,ï'aci le vana- 3i(jue forme, avec l'oxyde vanadique, dès combinaîsoi.s qui ôoiit

37§ COMWNAlSONf; SIMPLES. AOlb|î!ft.

solubles dans l'eau, cl donl les unes ont une couleur pourpre , les autres sont vertes ou d'un jaune orangé. Ces combinaisons tantôt se produisent par Toxydation de Foxyde vanadique à l'air , tantôt résultent de la combinaison immédiate de Tacide avec Toxyde par la voie sèche ou humide.

Au chalumeau, Tacide vanadique se comporte de la manière suivante. Seul, sur ducharbon, il entre en fusion^etse réduit au point de contact avec le charbon, dans lequel la portion réduite pénètre et se fixe; mais la plus grande partie reste sur le charbon , ayant alors la couleur et Téclat du graphite : c'est du sous-oxyde de vanadium. L'acide vanadique se dissout dans le borax et le sel de phosphore, à la flamme extérieure, avec une couleur jaune, qui, dans la flamme intérieure, devient d'un beau vert, comme celle d'un globule qui a été coloré en vert par du chrome. Cependant, lorsque le globule est très-coloré, il paraît brunâtre, tant qu'il est encore chaud, et la belle couleur verte ne se manifeste qu'après le refroidissement. Le meilleur caractère pour distinguer le vanadium du chrome, au chalumeau, consiste en ce que le globule vert du vanadium passe au jaune dans la flamme extérieure, et que, quand la combinaison vanadique est peu abondante, on peut l'obtenir tout-à-fait sans couleur. L'acide vanadique fond avec la soude , et pénètre dans le charbon.

Le vanadium a , dans ses combinaisons , beaucoup d'analogie avec les combinaisons correspondantes du l'urane, de molybdène, du tungstène et surtout du chrome.

Ces! avec le chrome qu'il est le plus facile de le confondre. Les combinaisons de ces deux métaux, traitées au chalumeau par le borax et le sel de phosphore, leur communiquent la même couleur verte ; cependant on peut les distinguer l'un de l'autre, sous ce rapport, par les caractères que j'ai indiqués plus haut. Tous deux, le chrome et le vanadium, donnent des acides qui sont rougts, et des sels qui sont jaunes, mais dont les dissolutions deviennent d'un rouge intense par l'addition d'un acide. Cependant les dissolutions des chromâtes alcalins conservent leur couleur quand on les faitchauiïer, tandis que celles des vanadates alcalins, traitées de la même manière , se décolorent. L'acide chromique est très-soluble dans l'eau, et il a une saveur fortement acide; l'acide

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