‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 72 sur 167 · ACIDE CHKOHIQUE» Gr · texte numérisé non relu

ACIDE CHKOHIQUE» Gr

L'tckié chromique, à l'état de pureté, forme une poudre d'un brutt-rouge ou des cristaux lanugineux , rouges , qui occupent beaucoup de place. Lorsqu'on le fait rougir sur une feuille de phtinC) il se décompose en d^ageant du gaz oxygène, et laissant de l'oxyde chromique, qui, parvenu au rouge , produit un phénomène instantané de lumière très-vive (p. 165). Quand l'acide a été obtenu par Tévaporation de sa dissolution dans l'eau , ce dégagement de lumière n*a point lieu par l'action de la chaleur sur Voxyde chromique produit. L'acide chromique se dissout en petite quantité dans l'eau : la dissolution a une couleur brune foncée : elle détruit le papier et autres substances organiques. Gomme l'acMe sulfuriqne concentré , l'acide chromique est solubie BuÀsi dans l'alcool; mais il se décompose facilement dans cette dissolution. L'acide sulfurique concentré chaud le convertit , avec dégagenoetit de gaz oxygène, en oxyde chromique, qui se dissout dans l'acide. L'acide sulTurique étendu ne produit pascet efl'et.

Avec ks atealis, l'acide chromique forme des sels qui sont solubies <jbins l'eau. Les chromâtes alcalins neutres sont jaunes , et les sàr-chromates rouges. Les dissolutions aqueuses de ces sels ont la n^éme couleur que Teau. Lorsqu'on verse un acide quelconque dans les dissolutions jaunes des chromâtes neutres, la liqueur se colore en rouge, parce qu'il se forme du sur-chromale alcalin. Cet effet a lieu aussi, dans le premier moment, par l'addition de l'acide dilorhydrique; mais, au bout de quelque temps, celui-ci décompose l'acide chromique. Avec la plupart des terres et avec un grand nombre d'oxydes métalliques, Tacide chromique forme des combinaisons qui sont insolubles dans l'eau et souvent aussi dans les acides étendus. Ces combinaisons ont ordinairement une couleur jaune ou rouge. Plusieurs chromâtes insolubles jaunes acquièront , en passant à l'état de sous-chromates, une couleur rouge semblable à celle des sur-chromates j c'est ce qui âr-

ÀClDË CHAOMiQUfi. 275

rive au précipité de chroraate plombique , dont la couleur jaune passe au rouge par une addition d'ammuntaque. L'acide chromique ne forme pas de sur-sels avec les terres et les oxydes métalliques. Gomme on se sert souvent des chromâtes alcalins à titre de réactifs pour plusieurs bases, la manière dont ces bases se comportent avec une dissolution de cbromate potassique a été indiquée précédemment.

Lorsqu'on fait rbugir les chromâtes à bases feiUes , l'acide duo* mique se réduit à l'état d'oxyde chromique, avec dégagement de gaz oxygène. L'excèsd^acidedessur-selsalcalinfirsulrii aussi ce chan» gementy mais seulement par l'action d'une chaleur très-violente. Les chromâtes alcalins neutres n'éprouvent aucune altération.

Vacide tulfurique concentré dégage du gaz oxygène des chro^ mates ^ avec le secours de la chaleur. L'acide chromique se conver^ tit en oxyde chromique , ou en chromale chromique.

Les dissolutions des chromâtes sont , comme celle de l'acide chromique lui-même, décomposées par Vacide chtorhydrique. A froid, et dans une dissolution étendue , cette décomposition s'effectue très-lentement; mais elle a lieu d'une maniée plus rapide avec le secours de la chaleur et dans une dissolution concentrée; cependant il faut beaucoup de temps pour qu'elle soit complète. D'abord , si le sel alcalin est neutre , la liqueur rougit , comme elle fait par tout autre acide; puis du chlore se dégage, et il se forme de l'oxyde chromique qui, restant dissous dans l'acide chlorhydri-que excédant, donne une couleur verte à la liqueur. Ladéoompotion n*est complète que quand la liqueur n'exhale plus l'odeur du chlore, époque à laquelle elle se comporte avec les réactifs comme une dissolution d'oxyde chromique (p. 166). Si le cbromate contient de l'acide sulfurique, la présence de ce dernier ne peut être constatée , à l'aide de la dissolution d'un sel barylique , qu'après la décomposition de l'acide chromique par l'acide chlorhydrique. Quand on verse de l'alcool, ou d'autres substances organiques, dans la dissolution du cbromate à laquelle on a ajouté de l'acide chlorhydrique, la réduction de l'acide chromique à l'état d'oxyde chromique s'effectue avec plus de rapidité; et alors, au lieu de chlore, c'est d l'éther chloré qui se dégage.

Lorsqu'on verse de l'acide chlorhydrique concentré sur des chro-

â^6 COMBlISAlSOJNft SIMPLES. ÂCtDfiS.

mates solubles ou insolubles , dans un tube de verre blanc soudé à l'un de ses bouts , et qu'on fait chauffer ensuite le tout, le chlore gazeux qui se dégage peut être reconnu à sa couleur particulière.

Si , dans la dissolution d'un chromate à laquelle on a ajouté un acide» par exemple, soit de l'acide nitrique, soit de l'acide sulfurique étendu (mais non de l'acide chlorhydrique) , ou dans la dissolution de l'acide chromique lui-môme, on verse un excès d'une dissolution aqueuse de mlfide hydrique, ou bien si l'on y fait passer un courant de gaz su Ifide hydrique, la liqueur change de couleur, et elle finit par devenir verte, Tacide chromique se convertissant en oxyde chromique^ qui reste dissous dans l'acide employé. Au bout de quelque temps il commence à s'en séparer du soufre , qui: lui donne un aspect laiteux. Lorsqu'on chauffe le tout quelque temps» la réduction de l'acide chromique en oxyde chromique, avec séparation de soufre , s'opère avec plus de rapidité. On conçoit qu'il faut pour cela que la liqueur ne contienne point d'oxyde métalliqiie susceptible d'être, par le gaz sulfide hydrique, précipité d'une dissolution acide à l'état de sulfure métallique. Le liquide qu'on sépare du soufre par la filtration se comporte ensuite comme une dissolution d'oxyde chromique. Quand l'acide chromique contenu dans une dissolution est réduit à l'état d'oxyde chromique pour le gaz sulfide hydrique , le soufre qui se sépare ne produit qu'un précipité peu considérable ; cependant il se forme beaucoup d'acide sulfurique.

Lorsqu'on verse un acide, par exemple de l'acide sulfurique étendu , dans la dissolution d'un chromate» et qu'ensuite on ajoute un sulfite , si le chromate est en quantité suffisante , il ne se dégage point d'acida sulfureux, mais l'acide chromique se convertit en oxyde chromique, qui colore la liqueur en vert. La réduction de l'acide chromique en oxyde chromique s'opère plus facilement par l'acide sulfureux que par l'acide chlorhydrique et par le gaz sulfide hydrique.

Une baguette de zinc métallique plongée dans la dissolution d'un chromate neutre , et môme dans celle d'un sur-chroma(e , n'y produit pas de changement ; mais si l'on ajoute un peu d'acide suU furique étendu à la dissolution ; la liqueur prend une teinte verte , duc à la transformation de raciile chromique en oxyde chromique.

ACIDE CHROMIQUE. 27t

Quand on triture les chromâtes solubles ou insolubles avec du chlorure sodique, qu'après avoir introduit le mélange dans un tube de verre blanc soudé à l'une de ses extrémités, on verse dessus de l'acide sulfurique concentré, et qu'on chaufle le tout, il SQ dégage, avec écume, un gaz rouge ,qui remjilît le vide du tube et se condense en un liquide rouge-brun , combinaison d'acide et de chloride chromiques. Si au chlorure on substitue du bromure, on obtient un gaz , qui si presque la même couleur, et qui se condense paiement en un liquide rouge-brun; mais celui-ci est du brome pur.

Au chalumeau , l'acide chiomique, engagé dans les chromâtes, se comporte comme l'oxyde chromique (p . d 68) .

L'acide chromique a tant de propriétés qui lui sont particulières , qu'on ne peut le confondre avec nulle autre substance. La facilité surtout avec laquelle il se réduit en oxyde chromique le fait promplement reconnaître, ce dernier corps étant facile à découvrir dans les dissolutions (p. 168).

La plupart des substances organiques réduisent Tacide chromique en oxyde chromique, avec dégagement d'acide carbonique. Cette réduction est surtout opérée d'une manière rapide, dans les dissolutions des chromâtes, par les substances organiques non volatiles, telles que l'acide tartnqueei l'acide citrique, principalement lorsqu'on les fait chauffer avec ces suLstances; du gaz acide carbonique se dégage alors avec effervescence. L'acide oxalique agit aussi de la môme manière. Quelques acides organiques très- volatils, comme l'acide acétique, ne réduisent pas l'acide chromi« que dans les dissolutions des chromâtes. D'autres substances organiques non acides, telles que le sucre, l'alcool, etc. , ne déterminent qu'avec une lenteur extrême une réduction partielle de l'acide chromique dans les dissolutions des chromâtes. Cette réduction a lieu un peu plus rapidement , squs leur influence , dans les dissolutions des sur-cbromates : on conçoit qu'alors nul d^agementdegaz acide carbonique ne se fait remarquer. Mais si l'on ajoute quelques gouttes d'acide sulfurique étendu, la réduction s'exécute d'une manière extrêmement rapide, surtout avec le concours de la chaleur, et du gaz acide carbonique se dégage alors avec effervescence. hes alcajîs ne peuvent point faire reconnaître la présence de

978 COMfilNAlfiûNft SIMPLES. AGIDEd^

Foxyde chromique dans les dissolutions des chromâtes où Tacide cbromique a été converti en oxyde chromique par des substances organiques non volatiles (p. 168),

Page 1