ACIDES DU CARBONE
d*eaii : ce précipité se dissout facilement et complètement lorsqu'on ajoute de Tammoniaque.
Une dissolution d'acide tartrique , yersée dans celle de nitrate argentique , ne la trouble que quand on ajoute assez d'ammoniaque pour saturer l'acide ; alors il se produit un précipité blanc, de tartrate argentique, qui se dissout avec facilité dans un excès d'ammo* niaque. Une dissolution de tartrate potassique neutre produit surle-cbamp un abondant précipité blanc, de nitrate argentique^ qui^ par Tébullition , se réduit complètement en argent métallique , ce qu'on n'observe pas au même degré avec le précipité déterminé par le tartrate ammonique.
La dissolution d'acide tartrique produit sur-le-champ un précipité blanc dans celle du nitrate mercwreux.
L'acide tartrique libre ne réduit pas le chlorure aurique, même à la faveur de rébuUition. Au bout d'un très-long espace dç temps on ne trouve qu'une quantité insignifiante d'or qui se soit séparée avec une couleur jaune. Cependant, lorsqu'on ajoute un excès de dissolution de potasse, l'or se précipite de suite, sous la forme d'une poudre noire très-fine.
Quand on verse de Vadde mlfurique concentré sur des cristaux d'acide tartrique , ou d'un tartrate , ceux-ci ne se colorent point à froid ; mais, au bout d'un laps de temps assez long, l'acide sulfurique finit par dissoudre l'acide tartrique ; toutefois il demeure incolore ; mais, par l'action de la chaleur, il brunit de suite, et il finit par se colorer en noir très-foncé , avec dégagement d'acide sulfureux. L'acide sulfiirique fumant dissout également à froid les cristaut d'acide tartrique sur lesquels on le laisse long-temps séjourner , en remuant souvent ; et même au bout d'un espace de temps assez long^ il ne brunit que très-faiblement à froid ; si on le chauffe , il brunit ^ quoique avec plusde lenteur que l'acide non fumant, dégage l'odeur de l'acide sulfureux, et finit par devenir noir. Lorsque ce sont des cristaux de tartrate qu'on fait chauffer avec l'acide sulfurique fumant, celui-ci ne brunit pas, il demeure incolore.
Lorsqu'on chauffe l'acide tartrique , la première impression de la chaleur le convertit en un liquide incolore, qui brunit à une températiu'e plus élevée, et qui enfin se charbonne, en exhalant des yapeurs très-piquantes. L'odeur de ces vapeurs ressemble à celle
S49 GOMBUf AAOMg SmiM. ACIDES.
d60 Yapeursqui se produisent quand on chauffe du suere. Le charbon qui reste est en très-petite quantité. Plusieurs tartrates ayant des oxydes métalliques pour bases répandent également , quand on les bi^le, une odeur de caramel , mais beaucoup plus faible que celle à laquelle l'acide donne lieu. On ne remarque pas cette odeur eu diaiûrant les tartrates alcalins.
La manière dont Tacide tartrique se comporte avec les dissolutions de potasse, et même celle du tartrate potassique avec ce réactif , le distinguent tellement , qu^on ne saurait le confondre avec aucun des acides dont il a été question jusquMci. L'odeur particu* lière qu'il exhale en se détruisant au feu sert aussi à le caractériser.
*. AcroB PARATÀRTRIQUE jiC-fiH + SO.
Contenant de Teau, Tacide paratartrique forme des cristaux qui, chauffés modérément, se réduisent en une poudre blanche y et perdent la moitié de leur eau. Abandonnés à Tair , à la température ordinaire , œs cristaux ne subissent aucun changement. L'acide est moins soluble que l'acide tartrique dans Teau et dans Talcool.
Ciomme l'acide tartoique , Tacide paratartrique forme , avec les alcalis, des sels qui sont beaucoup plus solubles à Tétat neutre qu'à celui de sursels. Les sels qu'il produit avec les terres alcalines sont insolubles ou peu solubles, mais ils se dissolvent dans un excès d'adde.
Les dissolutions de potasse se comportent avec Tacide paratar-* trique à peu près comme avec l'acide tartrique* Le précipité de bi* paratartrate potassique se produit dans les mêmes circonstances que celui de bi-tartrate , seulement avec plus de rapidité, parce qu'il est beaucoup moins soluble. Le meilleur moyen de découvrir de petites quantités d'acide paratartrique consiste à prendre des disso^ lutions saturées à froid de chlorure , de nitrate ou de sulfate neutre potassique , dont on peut même ajouter un excès à celle de l'acide. Le surparatartrate potassique est , comme le bi-tartrate , soluble dans les alcalis purs et les carbonates alcalins , ainsi que dans les teides nitrique , cblorhydrique et sulfurique. Voilà pourquoi une dissolution de binnillate potassique ne fait pas naître de précipité de surparatartrate potassique dans celle de l'aeide paratartrique,
kcvbfâ w ckfMm. d48
mais en produit un dans celle des paratartrates neutres, lorsqu^oo ne l'ajoute pas en trop grande quantité.
Une dissolution diacide paratartrique produit presque sur-rle-t champ un abondant précipité de paratartrate calcique dans Une dis* solution concentrée de chlorure caleique : û cette dernière est étendue , le précipité n'a lieu qu'au bout de quelque temps. Dans une dissolution de mlftUe caMque^ Tacide paratartrique n'ocoasione pas sur-'le-champ de précipité ; mais au bout d'un quart d'heure défà la liqueur commence à se troubler, et quelque temps après il appa^ rait un précipité de paratartrate calcique. Veau de ohaucc verser en excès dans une dissolution d'acide paratartrique, de manière que la liqueur bleuisse le papier de tournesol rouge , produit surle-champ, à froid, un précipité de paratartrate calcique, qui est presque insoluble dans une dissolution de chlorure ammonique { du moins faut-il une quantité considérable de cette dissolution pour en dissoudre une partie.
Si Ton ajoute une dissolution de chlorure calcique à une disso-* lution d'acide paratartrique , et immédiatement après une dissolup» tion de potasse, il se précipite du paratartrate calcique, qu'un grand excès de dissolution de potassQ redissout en partie , mais non en totalité. Ce caractère distingue Tacide paratarlrique de Tacide tartrique.
Une dissolution d'acide paratartrique fait naître sur-le-champ dans celle de Y acétate plombique un épais précipité blanc, de para^* tartrate plombique, qui est très-soluble dans l'ammoniaque.
Une dissolution d'acide paratartrique ne produit pas sur-le-champ de précipité dans celle de nitrate argentiqm; mais, au bout de quelque temps il se sépare du paratartrate argentique , sous la forme d'un abondant précipité blanc , si l'on sature l'acide libre avec de l'ammoniaque. Ce précipité est soluble dans un excès d'ammoniaque.
L'acide paratartrique détermine de suite , dans une dissolution de tiitraie mercureux , un précipité blanc de paratartrate mercureux.
L'acide paratartrique se comporte avec le chlorure aurique de la même manière que l'acide tartrique ( page 341 ).
Si l'on yerse de Vacide gulfurique concentré sur des cristaux * d'aeide paratartrique ou d'un paratartrate, il dissout un peu d'acide
dh% COHBIlfAISOKS ËXliPtM. ACIDES.
paratartriqae. Cependant , à froid ^ la liqueur ne se colore point ; niAme au bout d'un long espace de temps ; mais si l'on vient àchauffer , l'acide sulfurique se comporte de la même manière qu'avec l'acide tartrique ( page 341 ).
Vadde iu^wrtque Jutnani ne brunit pas l'acide paratartrique à froid y même au bout d'un long laps de temps , ou du moins ne lui communique qu'une teinte brune extrêmement faible : si l'on chauffe, il se dégage une odeur d'acide sulfureux , mais la liqueur doneure parfaitement incolore , caractère qui distingue l'acide paratartrique de l'acide tartrique. Les paratartrates se comportent de la même manière.
Lorsqu'on chauffe l'acide paratartrique , il se comporte d'une manière qui ressemble beaucoup à celle de l'acide tartrique et de ses sels. Cet acide et plusieurs paratartrates métalliques dégagent la même odeur de caramel que l'acide tartrique.
L'acide tartrique est celui de tous avec lequel on pourrait le plus facilement confondre l'acide paratartrique , surtout à l'égard de la manière de se comporter avec les dissolutions de potasse; mais le seocmd se distingue du premier principalement par la manière dont le précipité produit par Teau de chaux se comporte avec le chlorure ammonique , et aussi par ses réactions avec le sulfate calcique. D se rapproche de Tacide oxalique sous le point de vue de sa manière d'agir sur la dissolution de sulfate calcique ; mais il en diffère par les phénomènes auxquels il donne lieu quand . on le soumet à l'action de la chaleur ou k celle de l'acide sulfurique concentré. A ces deux derniers caractères , il est également facile de distinguer les paratartrates des oxalates.
c. Acide citrique, 40 + ^^ + 40.
L*acide citrique peut , à l'état de liberté , contenir des quantités diverses d'eau , et se présenter alors tantôt sous la forme de gros cristaux , tantôt sous celle d'une masse non cristalline. Lorsqu'il est pur, il ne subit aucun changement à l'air , et n'y tombe point en déliquescence. Il est très-soluble dans l'eau et dans l'alcool.
Avec les alcalis , il forme des sels solubles, qu'un excès d'acide ne rend pas moins solubles ; avec les terres alcalines et la plupart des oxydes métalliques , il en produit qui sont peu solubles ou insolu-
ACIDES l>V GAKBOkE. SthS
h\e& ! ceux c(a*il forme avec les oxydes métalliques constituant des bases faibles sont trèsHSolubles.
Jamais les dissolutions de potasêe ne produisent de précipités peu solubles dans celle de Tacide citrique et dans celles des citrates solubles.
Une dissolution diacide citrique ne fait pas nattre de précipité dans une dissolution de chlorure calcique. Quand on sature l'acide par r ammoniaque , il se produit un précipité de citrate calcique si les dissolutions ne sont pas trés-étendues. Dans des dissolutions un peu plus étendues, il ne s'en forme pas sur-le-champ à froid ; mais au bout de quelques heures on en voit paraître un de citrate calcique, qui est d'abord peu considérable, et qui augmente avec le temps. Cependant , lorsque , après ayoir mêlé ensemble les dissolutions à froid , sans obtenir de précipité , on fait immédiatement bouillir le tout , la totalité du citrate calcique se précipite d'une manière subite. Une dissolution de mlfate calcique ne détermine pas de précipité dans celle de Tacide citrique , même au bout d'un long espace de temps et lorsqu'on fait bouillir le mélange. L'eau tfe chaux , versée dans une dissolution d'acide citrique , en assez grande quantité pour que la liqueur bleuisse le papier de tournesol rouge , ne produit , à froid , un précipité trés-faible que quand les dissolutions sont fort concentrées et qu'on emploie un grand excès d'eau de chaux : cependant si l'on fait bouillir l'eau de chaux avec l'acide citrique, le toi^t se trouble beaucoup, et il se dépose un précipité considérable de citrate calcique , dont la plus grande partie se redissout par le refroidissement de la liqueur. 11 est nécessaire , pour que ce phénomène ait lieu , que l'eau de chaux se trouve en excès considérable ; dans le cas contraire , si l'on n'emploie qu'assez d'eau de chaux pour sursaturer un peu l'acide , bien que le papier de tournesol rouge bleuisse trèsHsensiblement , on n'obtient un précipité de citrate calcique, ni à froid ni par l'ébullition. Si l'excès d'eau de chaux est un peu plus considérable , il ne se produit pas de trouble à froid , mais l'ébullition détermine un précipité de citrate calcique, qui disparaît complètement par le refroidissement ; ce précipité reparaît quand on fait bouillir de nouveau la liqueur , puis disparait encore dès qu'elle se refroidit ; et l'on peut reproduire le même phénomène jusqu'à ce qu'une
346 comjHàUom siMPUtt. acides.
grande partie de la ohaux contenue dant l'eau de dbam aoît
convertie en carbonate calcique par VinfluenGe de Tair atmofphè^
rique.
LorM|u*on verse dani une diMolution de oblorure calcique, d'abord une dissolution diacide citrique , puis une dissolution de po* tasae, il survient un précipité de citrate calcique, qui ne change pas par rébullition,
L'acide citrique fiiit naître aur-le*ohamp, dans une dissolution i*acéiate plomkique^ un précipité abondant de citrate plombique, qui est peu soluble dans l'ammoniaqUe. La solubilité du précipité dans cet alcali est plus grande quand on a employé un excès considérable d'acide citrique.
Une dissolution de fiUrate argmtique n'est point troublée pai l'acide citrique : si l'on sature l'acide avec de l'ammoniaque « il se forme un précipité blanc, de citrate argentique, qui est soluble danf un excès d'ammotiiaque.
L'acide citrique détermine sur*leH)bamp , dans une dissolution de nitrate tnetcurmo, un précipité de citrate mercureux.
L'acide citrique se comporte avec la dissolution de chlorure oin tique comme le fait Facide tartrique (page 3&1).
Vadde mlfwrique concentré dissout à froid l'acide citrique et les citrates, sans se colorer, même après un long espace de tempe. Quand on agite le mélange , Tacide devient écumeux, à cause du gaz qui se dégage. Cette écume augmente beaucoup par raction de la cbaleur. Le gaz , lorsqu'on y met le feu , brûle avec une flanune bleue, comme le gaz oxyde carbonique ; maisracide sidfa^ rique ne se colore pas pour cela , et il ne se dégage point d'odeur d'acide sulfureux. Ce n'est que par une ébullition prolongée que l'acide brunit d'abord, puis noircit; et alors il se dégage de Taeide sulfureux.
V acide eulfimquejkinaiu dissout l'acide citrique i froid , sans prcK duire d'écume et sans changer de couleur : par l'effet de la chaleur il se dégage un gat, qui brûle également avec une flamme bleue. Après une ébullition prolongée , l'acide sulfurique noircit , avec dégagement d'acide sulfureux.
Lorsqu'on chauffe l'acide citrique , il se fond en un liquide inco* lofe> puis il brunit et noircit^ en répandant des vapeurs acides très^
kClVm DU OARBONB. 8^7
piquantes , dont Todeur ne ressemble point à celle du caramel. Le charbon qui reste n'est pas aussi volumineux que celui que laisse l'acide tartrique.
L'acide citrique, à Tétat de liberté, se reconnaît très^faoilement à la manière dont il se comporte avec Teau de chaux : on reconnaît également sars peine ses sels à leur réaction avec le chlorure calcique. On peut , à Taide des dissolutions de potasse , le distinguer des acides tartrique et paratartrique.
d. Acide m alique , 4C + '^H + '40«
L'acide malique peut difficilement être amené à I*ètat cristallin ; on l'obtient ordinairement sous la forme d'une masse grenue cristalline. Il tombe en déliquescence à Fair , dont il attire l'humidité , et se convertit en un liquide sirupeux. Il est très-soluble dans l'eau et aussi dans Talcool.
Avec les alcalis il forme des sels très-solubles , dont un excès d*actde ne diminue pas la solubilité. Ses combinaisons avec la plupart des autres bases sont également solubles.
Les dissolutions de potasse ne produisent jamais de précipité peu soluble dans celle de l'acide malique , non plus que dans celles des malates solubles.
Une dissolution de chlorure calcique n'est point troublée par celle de l'acide malique , alors même qu'on sature l'acide par l'ammoniaque. Cependant , si Ton ajoute de Talcool à la liqueur, le malate calcique se sépare sous la forme d'un précipité blanc. Ni la dissolution de sulfate c^leique^ ni même Yeau de chaux, celle-ci en excès, ne produisent de précipité dans une dissolution d'acide malique*
La dissolution d'acide malique détermine sur-le--champ , dans celle de YaeéuUe pUmUque» un abondant précipité de malate plom-* bique qui , par l'ébullition de la liqueur , s'agglomère et devient visqueux comme une résine qu'on a traitée par l'eau bouillante. Le précipité se redîssout dans une plus grande quantité d'acide malique, mais reparaît de nouveau dès qu'on sature l'acide libre avec de l'ammoniaqne, dont cependant un excès le redissout complèiement«
Une dissolution de tniraie argentiqfie n'est point troublée par celle de l'aoîde malique. Quand on sature l'acide libre ftYeo de Tarn-
à48 COHBIKÀISONS filKPLhS. ÀÛDES.
moniaque, il se produit un précipité blanc, de malate argentique/ qui , au bout de quelque temps , même à froid , devient noirâtre ou gris. Ce précipité est soluble dans un excès d'ammoniaque.
La dissolution diacide malique fait naître sur-le-champ un précipité blanc de malate mercureux dans celle du nitrate mercureux,
La dissolution de chlorure aurique se comporte avec Tacide malique de même qu'avec l'acide tartrique (p. 341),
L'acide nUfurique concentré n*est point bruni à froid par l'acide malique et les malates. Par l'effet d'une ébullition prolongée , il devient brun y puis noir, avec dégagement d'une odeur d'acide sulfureux. V acide mljwriqaefuvftant dissout l'acide malique et les malates, à froid, sans se colorer. Il ne se colore pas non plus quand on le fait chauffer; on a beau même prolonger l'èbullition, il ne dégage pas d'odeur d'acide sulfureux et reste incolore. Ce caractère distingue l'acide malique de Tacide citrique fp. 341).
Lorsqu'on chauffe l'acide malique , il entre en fusion, se colore, et dégage des vapeurs addes piquantes , qui n'ont point l'odeur du caramel.
L'acide malique diffère surtout des acides organiques précédens par sa manière de se comporter avec Teau de chaux et le chlorure calcique.
e. AcroE LACTIQUE. 6. C. -f- *0H. 4- ^' O.
L'acide lactique ne peut pas être obtenu cristallisé. Parvenu au plus haut degré de concentration , il forme une liqueur sirupeuse , qui se dissout en petites proportions dans l'eau et l'alcool.
Avec les bases , il produit des sels, dont la plupart sont solubles dans Teau et aussi dans l'alcool. Les lactates alcalins cristallisent difficilement.
Les dissolutions de l'acide lactique et des lactates ne produisent jamais de précipités peu solubles dans les dissolutions de potasse.
Ces dissolutions ne sont pas non plus troublées par celles du chiO' rure calcique et des autres sels calciques , même lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque. L'eau de chaux ne produit pas non plus de précipité quand on la fait bouillir avec xme dissolution d'acide lactique.
Une dissolution A^acétate pUmbique ne trouble également point
AGIDËIà DU CARBONE» 849
celle de l'acide lactique. Elle ne détermine pas non plus de précipité dans celles des lactates.
Une dissolution de nitrate argentique n'est point précipitée par . celle de l'acide lactique ; cependant , surtout par l'action de la cha-*leur, elle acquiert une légère teinte noirâtre , due à de l'argent réduit. Il ne se produit pas non plus de précipité lorsqu'on sature l'acide libre avec de l'ammoniaque.
Une dissolution de nUrate mercureux détermine sur-le-champ un précipité blanc, de nitrate mercureux, dans celle de l'acide lactique^ du moins quand cette dernière n'est pas trop étendue.
La dissolution de chlorure aurique n'est point réduite par l'acide lactique , même lorsqu^on les fait bouillir ensemble. Après l'addition d'un excès de dissolution de potasse , de l'or réduit se précipite , au bout d'un long espace de temps , sous la forme d'une poudre noire.
Une dissolution d'un selferrique neutre ne produit pas de précipité visible dans celle de l'acide lactique, même lorsqu'on sature l'acide libre au moyen de l'ammoniaque , ou quand on verse la dissolution ferrique neutre dans celle d'un lactate neutre : la liqueur n'acquiert pas non plus une couleur rouge de sang, comme il arrive en pareille circonstance aux dissolutions des acétates et à celles des formiates. Si , après avoir versé de l'acide lactique dans une dissolution d'oxyde ferrique , on ajoute un excès d'ammoniaque , l'oxyde ferrique n'est point d'abord précipité par ce dernier réactif. Sous ce rapport, l'acide lactique ressemble aux autres acides non volatils. Cependant , pour rendre une quantité donnée d'oxyde ferrique imprécipitable par Tammoniaque, il faut beaucoup plus diacide lactique que d'acide tartrique , paratartrique , citrique ou malique, et, alors même qu'on a ajouté un grand excès de cet acide, la liqueur, qui, pendant les premiers jours, était demeurée parfaitement claire , dépose de l'oxyde ferrique au bout d'un long espace de temps (quelques semaines) . Lorsqu'on a versé dans une dissolution ferrique moins d'acide lactique qu'il n'en faut pour rendre, par sa présence , Toxyde ferrique imprécipitable par l'ammoniaque, et qu'ensuite on ajoute de l'ammoniaque , la liqueur reste claire , et l'excès d'alcali volatil ne détermine qu'au bout de plusiem bejures
S60 GOMBIMAIBOM ftWUBI. ACIDES.
la 9Apariitioiid« l'oxyde (eniqae. Sous le point de vue de cette réao» tioD, Facide lactique se rapproche des acides volatils.
L'odcfe nUfurique oonœntré s'échauffe beaucoup avec Tacide lactique oonceutré ; il brunit et noircit, eu dégageant un gaz iirflamnia-r ble. Vaeidê ^{furiqueJummts^èchsiXJiSe encore davantage , et bru*nity en dégageant également un gaz combustible.
L'acide lactique qu'on chauffe entre en fusion ; si l'on pousse da<^ vantage le feu , il ne peut se volatiser sans qu'une grande partie soit décomposée; il laisse pour résidu une quantité considérable de charbon. L'acide volatil qui se produit par l'action d'une température élevée lui ressemble sous le point de vue de la composition , en ce qu'il contient un atome d'eau de moins que l'acide lactique dans les lactates anhydres. La dissolution de cet acide volatil n'cmpèche pas (comme tous les autres acides volatils) la précipitation de Toxyde ferrique par l'ammoniaque; l'oxyde ferrique est rapidement précis pifé par l'alcali volatil d*une dissolution qui contient cet acide vo^ lalH, et il ne tarde pas à sa déposer. Les lactates noircissent beaucoup lorsqu'on les chauffe.
L'acide malique est celui de tous avec lequel l'acide lactique a le plus d'analogie; toutefois il en diffère essentiellement par sa manière de se comporter avec l'acétate plombique.
B. AgU>E8 ORGiLNlQUES V0LAT1LR«.
A Fétat de liberté, combiné seulement avec de Feau, ceux de ces acides qui sont liquides à la température ordinaire se volatilisent complètement, sans laisser beaucoup de charbon. Ceux qu'on peut obtenir à Fétat solide laissent souvent, lorsqu'on les chauffe à l'abri du contact de Fair, une très-petite quantité de charbon , surtout s'ils ne sont pas parfaitement purs. Cependant , la quantité de ce charbon est , dans tous les cas , fort inférieure à celle qui se produit par Faction de la chaleur sur les acides organiques non Tolatils.
Lfh sels que ces acides produisent avec les alcalis fixes, la baryte, la strontiane et la chaux, se convertissent, quand on les chauffe, en carbonates mêlés avec du charbon ; si l'on ménage l'action de la chaleur, la quantité du charbon est très-faible et se réduit presque à rien.
ACIDS8 OBQANIQUES TOLATIU» 351
Lorsqu'on ajoute une dissoluiioii fmrique à oelles de ces acides ou de leurs sels solubles, l'oxyde ferrique peut être précipité tout entier par Taddition d'un excès d'ammoniaque , ou d'une autre basé soluble* La même chose arrire quand j au lieu d'une dissolu* tion fcrrique , on emploie une dissolution d'alumine ou d'autres oxydes métalliques.
ûé kdDK SUCGUf 1Q1IE ^ 4 G» -^ 4 H. 4* S 0.
L'acide succinique peut, quand il est pur, être obtenu sous la forme de gros cristaux. Il est peu aoluble dans Teau froide , et Test beaucoup phis dans Teau chaude : la dissolution chaude concentrée abandonne, en se refroidissant.» une grande partie de son acide, qui eristallise« Cet acide est soluble aussi dans l'alcool, mais presque in* iohibledans l'huile de térébenthine. Quand on le chauffe, il brûle aTee une flamme bleue non fuligineuse «
Il forme des seU solubles arec la plupart des bases : ceux qu'il produit arec les oxydes métalliques doUés de faibles propriétés basiques sont peu solubles ou insolubles : il se comporte donc , sous oe rapport , à Tinterse des acides organiques non volatils.
Une dissolution d'acide succinique ne produit pas de précipité dans une dissolution de chloture oalùique, même quand on sature l'acide libre par l'ammoniaque. Les autres sels calciques et l'eau de chaux ne troublent pas davantage cette dissolution.
Une dissolution d'acétate plombique ^voduit dans celle de l'acide succinique un précipité, de succinate plombique, qui est insoluble dans un excès tant d'acétate plombique que d'acide succinique.
Une dissolution d'acide Succinique ne détermine pas de précipité dans o^le de nUi-ate ûrgemique. Au bout d'un certain laps de temps il se sépare un peu de succinate argentique» Quand on sature l'acide libre avec de l'ammoniaque , il apparaît un précipité de succinate argentique, qui se redissout aisément dans un excès d'aïeali volatii.
Une dissolution de nitrate mtrcwreux produit sur-le-champ un précipité blanc, de succinate mercureux, dans celle de l'acide suceinique.
Une dissolution de eUorwe auriqm n'est pas réduite f^x celle
369 GOmNAISONS filXFLBS. ACIDES.
de l'acide guecinique , même avec le secours de la chalear. Si Ton ajoute un excès de dissolutiou d^hydrate potassique, il ne s^opère pas non plus de précipitation , même en chauffant la liqueur ; ce n'est qu'au bout d'un certain laps de temps qu'il se forme un dé^t noir, d'or réduit.
Unedissolution d'un êelferrique neutre, qu'on ajoute à une dissolution d'acide succinique, produit, du moins au bout de quelque temps , un volumineux prédpité cannelle, de succinate ferrique ; mais Toxyde ferrique n'est pas complètement précipité par l'acide succinique libre. Cependant, si l'on sature exactement Tacide avec de l'ammoniaque, le précipité devient plus considérable, et la totalité de l'oxyde ferrique se précipite à l'état de succinate ferrique , quand il y a assez d'acide succinique. Ce précipité est insoluble dans l'eau. Lorsqu'on mêle ensemble une dissolution neutre d'un sel ferrique et une dissolution d'un succinate , ce précipité se produit sur-le-champ. Le précipité est dissous par de l'acide libre ; un excès d'ammoniaque le rend plus foncé , moins volumineux , et le convertit en hydrate ferrique pur.
Vacide mlfurique concentré dissout à froid l'acide succinique pur , et ne change pas pour cela de couleur. À chaud , il ne brunit et noircit qu'après une ébuUition prolongée, en dégageant de l'acide sulfureux.
Vacide mlfurique fumant dissout également à froid l'acide succinique pur, sans se colorer : après une ébullition prolongée, il devient brun et noir, avec dégagement d'acide sulfureux.
L'acide succinique, même le plus pur, laisse, quand on le chauffe, un charbon dont la quantité est moindre que celle qu'on obtient des acides organiques non volatils traités de la même manière , mais un peu plus considérable que celle qui résulte de la volatilisation de tous les autres acides organiques volatils.
L'acide succinique peut être aisément distingué des acides organiques dont il a été parlé précédemment , par sa volatilité et par la manière dont il se comporte avec une dissolution ferrique. S'il était mêlé avec des substances étrangères , ces deux caractères pourraient souvent être moins prononcés ; car , alors , l'acide laisse une assez grande quantité de charbon lorsqu'on le chauffe , et les matières, étrangères {)euvent 3'o^ser à ce que l'oxyde ferrique
ACIDES OAGANIQUES VOLATILS. 8^3
Boit. précipité par un excès d'ammoniaque. Dans ce cas, on le distingue des acides tartrique , paratartrique et citrique par ses réactions avec le chlorure calcîque et l'eau de chaux ; de l'acide malique par celle avec l'acétate plombique et par les propriétés du malate plombique ; enfin de l'acide lactique par sa réaction avec Tacétate plombique et le nitrate argentique.
*. Acide benzoîque^ 14 C + 10 H + 3 0,
L'acide benzoïque forme des paillettes cristallines , ou , après avoir été sublimé , des aiguilles douées d'un grand éclat. A l'état le plus pur, il est inodore ; quand on le chauffe, il fond et exhale des vapeurs qui excitent fortement la toux ; si on l'enflamme , il , brûle avec une flamme trés-éclatante et fuligineuse. Il est fort peu soluble dans Teau froide, et se dissout en beaucoup plus grande proportion dans Teau chaude : la dissolution chaude perd , en se refroidissant , la plus grande partie de son acide, qui cristallise. Il est beaucoup plus soluble dans l'alcool que dans Teau ; aussi sa dissolution alcoolique saturée devient-elle trouble et lactescente quand on y ajoute de l'eau. Il se dissout en grande quantité dans Thuide de térébenthine , surtout avec le secours de la chaleur : cette dissolution en abandonne également beaucoup lorsqu'elle se refroidit.
L'acide benzoïque for^pe , avec la plupart des bases fortes, des sels solubles , dont presque tous sont plus solubles dans l'eau que ne l'est l'acide lui-même. Aussi , lorsqu'on ajoute à la dissolution d'un benzoate un acide fort , susceptible de produire une combinaison soluble avec la base du sel , la plus grande partie de l'acide benzoïque se précipite-t-elle, sous la forme d'une poudre blanche, qui rend d'abord la liqueur laiteuse. Ce phénomène est caractéristique pour les benzoates. Avec les bases faibles, Tacîde forme des sels qui sont peu solubles ou insolubles dans l'eau.
Une dissolution d'acide benzoïque saturée à froid ne produit pas de précipité dans une dissolution à^acétate plombiqw; mais elle en fait naître un, peu considérable à la vérité, de benzoate plombique, lorsqu'on sature l'acide avec de l'ammoniaque. Ce précipité n'est point soluble dans un excès d'ammoniaque.
Une dissolution de nUraie argentique ne produit pas de précipité I. 23
S5i COMBINAISONS SIMPLES. ACIDES.
dans une dissolution d'acide benzoïque. Cependant^ si Ton sature râcide libre avec (le Fammoniaque , ij s^eu forme un cristallin, de bçnzoatè afgenti^uë, aùi es( très-soluble (}ans un excès d'ammoniaque. '
Une dissolution de chloruré auriquè se comporte avec celle d'acide benzoïque comme avec celle d acide succinique.
Une dissolution d^un selferrime i^enttfi produit dans une dis^ lution d'acide benzoïque uii Yoiuminèux précipité jaune-isabelle, de benzoate ferrique. Si 1 on sature exactement l'acide libre avec de l'ammoniaque j là tôlatité de j^oxyde ferriqùe se sépare , à l'état âè bénzoatè , qûaiid il y a assez d'acide bçnzoïque : le précipité est • plus volumineux encore que celui dé succinate ferriqùe. Lorsqu'on m^ie ensemble les dissolutions neutres aun benzoate alcalin et d'un sel ferriqùe, le précipité apparaît sur-le-champ. Les acides libres le clétruisent de suite - ils en opèrent la solution ; mais en même temps râcidebenzoïque se déposé à l'état de poudre blanche , ce qui n arrive pas quand la quantité du précipité est trop peu considérable ,' et celle du liquide âù sein duquel il se produit trop grande , auquel cas laciae benzoïque , mis on liperté , demeure dissous, l/n excès d ammoniaque convertît le benzoate ferriqùe en hydrate ferriqùe pur, lui fait prendre une couleur moins foncée, et le rend moins volumineux.
Vacîde suifuriqué concentré ne brunit pas l'acide benzoïque à froid, quand celiu-ci est pur ; même à cbaud, il ne se colore point, et il ne se dégage pas diacide sulfureux. Vacide su^urique fumant se comporte de même envers Tacide benzoïque pur ; si celui-ci n'est pas pur , l^acide suifuriqué concentré le brunit , même à froid.
L'acide benzoïque pur peut être volatilisé en entier ; il ne laisse qu'imé tres-faîbie tirâce die/charbon; s'il n'est pas pur, lé résidu de cïïarliôh est plus considérable.
L'acide benzoïque est facile à reconnaître à sa volatilité, à sa grande solubilité ^ans les alcalis, à la manière dont il se comporte avec les dissolutions férri(jues, et surtout à la propriété qu'il a d'être précipité par lés acides de isies dissolutions alcalines qui ne sont pas trop étendues.
ACIDES ORGANIQUES VOUTtLS'. SSà
c. Acide acétique, 4C + 6H -f-'S^
L'aciéle acétique fo^tme un Kquicie ifeteôlore , qui , à l'état de concentration , possède uue^ odeut . très^iqùante. Côtnbtné aVec la quantité d'eau qui est tiécessài^e à son existence, il cristaHise^à une liasse température. L'alcool Ife difes<î>i«: il est comfilètenlèntyolati- 4isable. Ses vapeurs, quand il eà concentré, et qu^on y met le feuj i)rùlent avec une flamme Meue,
Avec la plupart des bsises , cet aci^e Ibtnïe des sels solubles dans l'eau et aussi <iahs l'alcool ; ràcétate plotriKqtié lui-même estsoluble dans Talcool. 11 n'y a qu'un très-^ï^t nombre d'acétatéô litres qui soieoi peu sahibtfiis.
Une dîssoliijticu id0 citrate mffentique n^est fcÂtk troublée par l'acide acétique libre ; maés eUe se trouËle quaiid on sature Tacidè libre avecide l'ammobiaque, çu «pi'on cm{rfoie la dissolution d'un acéiaie neutte; H se pradmt albis xm précipité cristaHih, d*acétatè argentique , qui seidissôuil dans'be^cotijp" d'eau et à i'kid^ de la cji^iipur , mais <{ui;s^^{S^|)^e:de A^K^tod^ laJiqu^sur fùïhs: refroidiss^ent. iCe ig^éc^ié.ç^^p^^oifQJijIi^é^Ji^ IxMT^u'on méleen^c^bip d^^^i^sçjiitiQp^iii'Itoitâtès sls^tres^l; une di^^l^tion de ui^^^^iirig^Mqu^ 9 Un a))PA4aut pjrécipitè d'àtcatate j^gentique a )ieu ^r-^e-fiiamp , ^i les liqueurs ne sont pas trop ^t^odues.
XJnp «^isg^tjliîljiop dfi iffff/j^e ^erqirs^v détjegrininje sur-le-champ, .^ans X^çïi^ acétique, un pré,cipjité ÇiTistalijn, d acétate mercureux , qi^^e^f'ssout qu^d on chauffe la liqji^ur, par lie ref0)idissement de laquelle il cristallise ensuite de npuvieau * Tactioji de la chaleur réduit une partie du mercure , qui ,^9/iif.e fine couleux un peu grisjitre au préjcipité. L'acide acétique^ fljépjje ^gi^ez étendu, jrpdiul; ce pnécipité cristallin ,avec le nitrate çiercuxeux. Quand on mêle ensemble la dissolution d'up açjètate centre ej; celle du nitrate m.ercureux, la formation du précipité d'acétate mercureux s'accomplit d'une manière plus complète encore.
L'acide acétique et les disspjutions dps acétates ffciftx es ne réduis ,sent par Vor d'une dissolution de chlorure mrique , méffje I.op^qu'p^ fait chauffer le tout. Mais si l'on ajoute un excès (Je di^olijtian d'hydrate potassique, il se produit, au bout de quelque temps, un précipité noir d'or réduit.
8M GOVBIÎTAISONS SHIPLES. AGfiDES.
Une dksolation d*un ielfemqae neutre ne produit pas dechangement a|qpréciable à la vue dans l'acide acétique. Cependant , si Ton sature l^acide avec de Tanimoniaque , la liqueur acquiert une couleur rouge de sang assez intense/La mème'chose arrive quand on mêle ensemble une dissolution d'un acétate neutre et une dissolution d^un sel ferrique également neutre. Les acides libres, à l'exception toutefois de l'acide acétique, détruisent cette couleur rouge de sang j et font reparaître la teinte jaunâtre de la dissolution ferrique. Un excès d'ammoniaque précipite de la dissolution tout Toxyde ferrique qu'eUe contient.
Vacide mtfurique concentré , surtout avec l'assistance de la cha* leur, dégage des acétates Tacide acétique, qu'on peut reconnaître à son odeur : l'acide ne se colore point alors quand on chauffe. Vaddettdfuriquefuniaint dégàgey mèmeàfrcHd, l'adde acétique des acétates ^ avec une violente effervescence ; il ne se colore pas non plus lorsqu'on fait Texpérience à diaud.
Les acétates soumis à l'action de la chaleur se décomposent. Ceux qui ont pour base un alcali ou une terre alcaline se convertissent , par un rapide échauffement, en carbonates mêlés avec du charbon. Les acétates métalliques laissent fort souvent du métal réduit, mêlé avec du charbon, ou si Toxyde n'est pas facile à réduire , c'est lui qui reste en mélange avec du charbon. Lorsqu'on distille des acétates, on trouve presque toujours , parmi les produits, de Tacide acétique et de l'acétone en proportions diverses ; les acétates à forte base donnent très-peu du premier, et beaucoup du second; l'inverse a lieu pour les acétates à base faible.
L'acide acétique libre est reconnaissable à son odeur et à sa volatilité. On le reconnaît, dans les dissolutions de ses sels, à la manière dont celles-ci se comportent avec les dissolutions ferriques^ et, dans les acétates solides, par leur manière d'agir à l'égard de l'acide sulfurique concentré. Cette dernière propriété distingue particulièrement ceux-ci des lactates , qu'on a long-temps regar« dés comme identiques avec eux , quoique en réalité il y ait fort peu , et même, pour ainsi dire, presque aucune analogie entre ces deux classes de sels.
ACIDES OKCàNIQUëS voutils. 367
d. Acide fokmique, 2G -f ^H + 30.
L'acide formique est un liquide incolore, d'odeur piquante, mais différente de celle de l'acide acétique. Il est volatil en totalité. Quand il est combiné avec le moins d*eau possible , sa vapeur brûle avec une flamme bleue.
Avec la plupart des bases , il forme des sels solubles dans Teau. Cependant les formiates sont , en général , moins solubles que les acétates correspondans. Quelques-uns d'entre eux se dissolvent dans l'alcool; mais presque tous y sont insolubles, comme, par exemple, le formiate barytique, tandis que l'acétate barytique est soluble dans Talcool.
Une dissolution ffacétate plombique ne produit pas de précipité dans celle d'un formiate , quand cette dernière n'est point trop concentrée ; si l'on ajoute de l'ammoniaque, on obtient un faible précipité.
Une dissolution de nitrate argendque produit sur-le-champ, [dans la dissolution d'un formiate , un précipité blanc et cristallin , de formiate argentique, qui tarde peu à prendre une teinte foncée, due à de l'argent qui se réduit. Même à froid, la réduction s'opère complètement, avec le temps, et alors une partie de l'argent recouvre les parois du vase d'une couche métallique ; mais elle a lieu d'une manière plus rapide avec le concours de la chaleur.
Une dissolution de nitrate mercureux produit sur-le-champ , dans les dissolutions des formiates, un précipité de formiate mercureux, qui, au bout de quelques minutes, à froid, devient gris, par un mélange de mercure réduit ; au bout d'un certain laps de temps , même à froid , tout le mercure se trouve réduit à l'état métallique ; la chaleur accélère beaucoup cette réduction.
Lorsqu'on mêle une dissolution de chlorure aurique avec celle d'un formiate , l'or, même à froid , se sépare au bout de quelque temps, à l'état métallique, et couvre les parois du vase d'une couche jaune brillante. Cependant, si Ton ajoute un excès de dissolution d'hydrate potassique avant que la réduction de l'or ait commencé , ce métal se sépare , au bout de quelque temps , sous la forme d'un précipité noir.
Une dissolution d'un ^Iferrique neutre, dans laquelle on en verse une d'un formiate > prend une couleur rouge de sang sem-^
358 cpiimiiM^ûJNS siMPLï». ▲»££;$.
blable à celle que détermine une dissolution d*açétate. Les aojfles
libres dé.trujsjçnt cette couleur. Quand on ajoute de Tamnio-
niaque , 1^ totalité de Toxyde ferriqjue e^t précipité^ de la dis*-
solution.
Vacide sulfurique concentré , qu'on fait cbauffei: a^ec les (orrçiiafj^ , mais seulement à cette, cenditioçi , dégage , avec effervesçqnce, du gaz oxjde carbonique qjji , dès qu'on i met le feu> brute avppune flamme bleue; l'acide demeure incoloie. V acide suif uriqjue fumant dégage , avec violence ,. ce même gaz des formiates , même à froid ; il nq hmnijt pas , même qpaud on le fait chauffer.
Les formiates qui ont pour base un alcali fixe , la baryte , la strontiane o\i la chaux ^ laissent dégager , quand on les chauffe , un ;aî qui bfùle comme lé gaz oxyde carbonique, et ils se conviertissent q carbonates mêlés avec du charbon. Ceux dont la base est un oxyde métallique facile à réduire, par exemple l'oxyde cuivrique, Tp^^ydc plombjqqe, etc., se convertissent en métal pur, avec dégagement de gaz acide carbonique et d'une moindre quantité d'un gaz' combustible.
L'acide jbrmique et Içs formiates ont beaucoup d'analogie avec l'acide acétique q{ les acétates ^ cependant qp peut les en distinguer sans peine à plus di'un égard, et , en général , Taçide forpiique est un de ceux qu'on parvient le plus aisément à reconnaître. Il a de commun avec l'acMe acétique sa vqlatilité ot sa réaction avec les sels ferriques ; mais il en diffèr.e par la manière dont ses sels se comportent avQC l'acide sulfuri(}ue concentré , et par la facilité extrême avec laquelle se réduisent Jes fonuiates mcrcureux et argentique.
G. A.CIDES 0BCANIQÏJB& miROGÉNÉS.
Le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et le nitrogène forment également, en se combinant ensemble, une ^érie d'acides dont on ne connaît cependant pas un grand nonAre, ^ qui se rencontrent principalement dans les substances animales. Je citerai pour exemple l'acide urique et l'acide uro-benzoïque.^ L'hydrogèpe manque dans quelques-uns de ces acides. Dans plusieurs, la proportion du nitrogène au carbone est la même que dans le cyanogène ; tels sont î'acide fulminique y Tacide cyanique et l'acide cyaauri^e.
ACIDE eSBLORHTDiaQIIS. 359
Gomme ces acides et leurs combinaisons ne s'offrent que fort rarement dans les recherches analytiques , e( que plusieurs d'entré eux ù'ont encore été examinés avec soin que par un petit nombre de chimistes, je ne ferai connaître ici nî leurs propriétés ni lèùi^ manière de se comporter avec les réàctiis.
CÉÂPITRi^lI. B«;iS^Ii¥«RA€aD£i;.
i. ACIDE CHtyi^DïltQM, ^I 4- H. '
L'ûcide cMorhydrîqué pdf éAi Hb ^îf ftrcolbrè; qpi^ô*ne ^ âtnéner à fé<at îîqtiïde (jitaér fyaf le ietàfëh ffufee fbMéf pfesîorf et d'un froid considérable. Le gazcHbfiflié hyd/ît^W a uhé'sîaveùV acide sutfôcànte, se répàndP éû fftméé cfaîkS Taïr, et tfekt peint conïbusiîMe : il' âe dî^cràt daite Vëàu ett tr»-g^Mé qffà^ïK^^^ avec vîolênce. La dîssolrffîoh sàtutée, qilî fonlnfe l'aèldê' dWcrtrhydfique lîquicïe concentre^ e!st rhcôlore; qUelqaéfôtis'cé^ientfafnt'èlfe a àiïé teÎTité jaunâtre otr jûutié, fjA eM due à^dè#^t)sfato&s oi^ûîniqttcà etî plus^rnremfertïâ'du c6ï6rb!^îéfft^. EBe^Wib'à Psjflr-; mafis elle perd celte prôpHété Ibï^qtf oW VétériA d'ésftî; i'acitle cblorhydrique a ûhé saveur âcîdte Irèà-forte et cèrrôsIVè : Fébulli^ tîôn lui fait perdre la p\ui gi*àtfde partie'' éé sou ga« chloridë hydrique , et lui en enlève d'autant plus (^'ilest pliis coAcehlrt. Lîacidte cBlorBydWque très-étendtii' ne peiiV:^ point dfe ga» chloridë hydrique par Tébullition, qui , loin de l'en dépouiller, peut ati contraîïe' le concentrer jtilsqu'à' un certain dègï^ : m^îs., môme lorsque cet acMe eSt fort ftbndu', il dôhhfe^naiéèaViceà'diès Vapeurs blanches dèS qii'on tient' aù^dessui de ^ sitHkèe'uile liàgaëttë de verre qui a été trempée dsiris dé Taitohëiifaq&ei ^
Vacîde nitrique décompose Tacidé chlorhydrîc(uë,éh lui enlevant son hydrogène : ik décomposition s*opère'cepéndanl niieux à chaud qu'à froid. Le mélange d'acide chlorhydrlque et d'acide riitrîqlie , qu'on appelle ordinairement eau régale, dofalienV donc, après avoir été chauffé, du chloré libre, aiiqùel^ il est redevable dô sa couleur jaunâtre. Ç*ëst aussi la présence du chlore qui doiitie à l'eau régale la facult^de dissoudre l'or et' le platine, tandis qiië lès
360 COKBINAldONé ftlÉPL&g. ÀCiDES.
acides chlorhydriquc et nitriqûe^^im n'attaquent point ces métaux. On reconnaît donc aussi Tacidis ctilorhydrique à la propriété dont il jouit de dissoudre Tor^ après une addition d'acide nitrique , de même que Tacide nitrique se reconnaît aussi à cette propriété, que lui fait acquérir son mélange avec de Tacide chlorhydrique.
Vacide suif urifm vus décompose pas l'acide chlorhydriquc, même concentré.
Si Ton traite l'acide chlorhydriquc par du suroxyde de manga^ nèse, du suroxyde phmbeux ou du suroxyde plombique, il se d^age, surtout quand on chauffe le mélange , du chlore gazeux , qu'on reconnaît bientôt à sa couleur, à son odeur et à sa propriété de décolorer le papier de tournesol.
L'acide chlorhydriquc forme, avec les oxydes métalliques , des chlorures métalliques, que quelques chimistes regardent comme des chlorhydrates quand ils sont dissous dans l'eau. En effet, les métaux dont les oxydes jouent le rôle de base offrent presque toujours, dans leurs combinaisons avec le chlore, les mêmes propriétés que celles qui caractérisent les combinaisons de leurs oxydes avec des oxacides, tant à l'état sec qu'à celui dedissolution aqueuse. C'est pourquoi, dans la première section de ce volume, consacrée à faire connaître la manière dont les bases et leurs sels se comportent avec les réactifs , il a toujours été parlé aussi de chlorures métalliques, quoiqu'il ne fût question , à proprement parler, que d'oxysels.
Il n'y a que les chlorures des métaux dont les oxydes jouent le rôle d'acidies, et non celui de bases, qui possèdent d'autres propriétés. Ceux-là forment ordinairement, à l'état de pureté , des liquides volatils ; quelquefois cependant ils sont solides ou gazeux. Ils se dissolvent dans l'eau, en se décomposant d'une manière bien manifeste et dégageant beaucoup de chaleur ; toujours alors il se forme de l'acide chlorhydriquc , et dans la plupart des cas il se produit un oxyde, jouant le rôle d'acide, du corps qui était combiné avec le chlore : il n'y a que quelques circonstances où une partie de ce dernier corps reste sans se dissoudre . Mais la décomposition par Teau des chlorures volatils ne s^effectue jamais d'une manière telle, qu'indépendamment de l'acide chlorydrique formée
kCVbH GLHORÏIYDRIQtlE. 361.
il y ait aussi du chlore mis en liberté. Le chlprure de tellure , le cblorure de sélénium et le chlorure de soufre sont les seuls qui éprouvent , de la part de l'eau , une décomposition telle qu'une partie du tellure, du sélénium et du soufre soit mise à nu. Parmi ces combinaisons se rangent le chlorure stannique , le chlorure aluminique , le chlorure glucinique , le chloride titanique , le chlorure aniimonicux et le chloride antimonique, le chlorure tungstique, le chloride mo1ybdique> le chloride arsenieux, le chlorure tellurique et le chloride telluriqne, le chloride sélémique et le chlorure sélénique, le chloride phosphoreux et le chloride phosphorique , le chloride silicique , le chloride borique et le chlorure sulfureux. Dans le nombre de ces composés, le chlorure aluminique, le chlorure glucinique, le chlorure antimonique, le chlorure lungstique, le chloride molybdique, le chlorure tellurique, le chloride tellurique, le chloride arsenieux, le chloride sélénique et le chloride phosphorique sont solides à la température ordinaire de l'air ; le chloride borique seul est gazeux ; les autres sont liquides à la température ordinaire, et plusieurs d'entre eux sont extrêmement volatils.
Quelques chlorures volatils ne peuvent point ôlre isolés; mais ils forment parfois avec les oxydes correspondans du même métal des combinaisons qui ressemblent beaucoup aux chlorures purs, surtout eu égard à leur manière de se comporter avec l'eau. En effet , leur dissolution aqueuse contient , de même que celle des chlorures purs, de l'acide chlorhydrique et l'oxyde du métal, qui se dissout comme acide. Ce n'est que quand on chauffe les vapeurs de ces combinaisons à une température excédant celle sous l'influence de laquelle elles se forment, que les oxydes se séparent , quelquefois après avoir perdu une partie de leur oxygène et être redescendus à un degré inférieur d'oxydation. Tel est le cas du chromate de chloride chromique, du tungstate de chloride tungs- . tique et du molybdale de chloride molybdique ; le premier est liquide, les deux autres sont solides.
Les dissolutions des chlorures métalliques dans l'eau se comportent , avec les réactifs, à peu près de la même manière que l'acide chlorhydrique libre.
Une dissolution de nitrate argentique, ou d'un autre sel argenti-
36& GO]fBINA]ffiOI«S SIMPLES. ACIDES.
que soliible» produit^ daps ces dissolutioiis, un précipité b]anc, df chlorure argenlique , qu j , en grandes masses , a un aspect caséeu» , et qui, par l'actiop de l'air ^ deviej^f violet foncé à la surface. Ce précipité est insoluble dans Tacide ni|ri<]iue étendu ; mais Tammoniaque le dissout aisément» et les^ acides qu'on verse dans cette dissolution l'en précipitent de pouveau. Une assez grande qiKxntité d'acide cblorhjfdiriqjuie très-concentré le dissout à l'aide de la chaleur ; mais il se sépate complètement dç l'acide par l'addition de l'eau. Les chlorures métalliques sotubies^ de même que l'acide chlorbydrique Ubre> peuvent être aisément reconnus à ce précipité } et le m'trate argentique est le pj^s important des réactifs pour déceler leur présence; ç^r presque tous les précipités que les dissolutions argentiques déterminent dans les dissolutions d'autres sels sont solublesdans Vacide nitrique éteTK|u^ à l'exception du bromaXQ, du bromure , de l'iodate et de l'iodure argentiques ^ qui ^ de même que le chlorure arg^ntiqucy ne se dissolvent pas dans ce réactif. Le chlorure argentique peut k\vQ distingué du bromate et de riodate argentiq^e$ par les moyens qpi ont été indiqués précédemment (page 215). Ceux qui servent à le distinguer du Éromure et de riodqre argentiques seront exposés plus loin. Les moindres quantilésd'un chforure mclatlique dîssousoud'acîdechlorhyrfrîque libre peuvent être découvertes au moyen du nitrate argenfique : cependant, lorsqu'clfes sont irès-faibles , ce n'est pas un précipité, maïs seulement une teinte opaline, que celui-cf fait naître.
Les seuls précipités qui, à part ceux auxquels le nitrate argenlique donne naissance, se forment dans les dissokitîons des chlorures métalliques et de Tacide chlortiydrique, sont ceux qui doivent naissance à Télément acide ei non à Tèlément basique, comme ceux que déterminent les dissolutions mercureuses , et , quand Tes solutions de chlorures rie sôrtt pas trop étendues, les dissofutîons plombiques ; car , à l^éxceptîôn des chlorures ai^énliqùe , mercureux, plombique et cuivreux , toits les autres chlorures métalliques sont assez solubles dans Teàu : cependant plusieurs chlorures métalliques forment avec des Oxydes des combinaisons insolubles dans l'eau. Ces combittaisons soiiC ordinairement dissoutes par les acides, et Ton reconnaît ensuite la présence du chlorure métallique dans la dissolution en y versant une dissolution de nitrate argen*
ACIDE ÇLHORHYDRIQUE. 363
^^U^ On peut $e servir d'acide nitrique étendu pour dissoudre la combinaison : cependant il faut.alors,. quand la chose est praticable, opérer à froid.
Si Ton môle avec du carbonate ppfassique ou sodique des chlorures métalliques insolubles pu peu aDlubles, mais non volatils^ par coBséqiient du dilorure aiîg^ntiquç et du chlorure pfombique, (Bt qu'on fasse rougir forlenient le, mélange dans un petit creuset dé porcelaine, il se forme un chlorure potassique ou sodïque, outre qu'on obtient, si l'on opère sur du chlorure argentique, de l'argent métallique, avec dégagçnjent de gaz oxygène et de gaz acide carbonique, et^si Ton ngit sur du chlorure plombîque, du carbonate plombique. Vient-on à tifaiter la masse ^ugie par l'eau, çeî!e-cî dissout le chlorure potassique ou Siodique, avec Texcès de carbonate alcalin j de sorte que ci l'on. sursature ]^ dissolution avec de Tacide nitrique , elle donne un précuite de chlorure àrgentiqjue par ta dissolution dç nitrate argentiquç. C'est là un moyen de découvrir sûrement la présence du qhîore dans le§ chlorures insolubles ou peu solubjea, et de l'en séparer.
Lorsqu'on verse de V acide sutfurique concentré sur les chlorures métalliques à l'état solide, et qu'on chaufte le mélange, la plupart d'entre eux dégagent du gaz acide chlorhydrique, avec effervescence. Les inoindres quantités de ce gaz dégagé domient naissance à des vapeurs blancjies lorsqu'on tient au-dessus du vase une baguette de verre trempée dans l'ammoniaque. Si l'expérience a lieu dans- ux^ .^ibe de verre blanc soudé à l'une de ses extrémités , on reconnaît que le gaz qui se dégage est incolore. Il n'y a que trèspeu, de chlorujpe^ métalliques qui ne se décomposent point de cette manière qu^nd on les chauffe avec de l'acide sulfurique. Dans ce nombre s^ rangent prihcipalem^t le chlorure mercureux, le chlorure lûercuriqiie et le chlorure stanneux. Le chlorure mercurique se dissout dans l'acide sulfurique chaud sans se décomposer, et cristallise au sein de la liqueur lorsqu^eÛe se refroidit. Le chlorure mercureux est converti par l'acide sulfurique chaud en chlorure et en suKiue mercuriques, avec çlégagement diacide sulfureux. Le chlorure stanneux désoxyde l'acide sulfurique.
Les dissolutions concentrées d'autres acides peu volatils ou fixes agissent de la même manière que l'acide sulfurique.
36i coHBmAisoNS smptEs. àgioi»*
Si Ton broie des chlorures métalliques avec du chromateon da bi'chromate potassique, qu'on introduise le mélange dans une cornue tubulée^et qu'on verse dessus de Tacide suirurique concentré, mais préférablement de Tacide suirurique Tumant, puis qu'on chauffe le tout d'une manière modérée, il passe à la disiillation une liqueur rouge de sang. Ce liquide est du chromate de chloride chromique : traité par un excès d'ammoniaque liquide, il donne une dissolution, qui est colorée en jaune par le chromate amroonique.
Lorsqu'on môle des chlorures métalliques avec du suroxyde de manganèse, du suroxyde plombeux on du suroocy de plombiqtte, qu'on verse de Y acide sulfurique concentré sur le mélange , et qu'on le fait chauffer, il se dégage du gaz chlore, reconnaissable à son odeur caractéristique et à sa couleur. Quand ce gaz se d^ge en abondance , il décolore aussi le papier de tournesol humecté.
Plusieurs chlorures métalliques , mais cependant pas tous , se décomposent quand on les fait bouillir long-temps avec un excès d'acide nitrique. Du chlore se dégage pendant l'opération, et si l'on évapore ensuite l'acide libre, il reste un nitrate.
La plupart des combinaisons du chlore avec les métaux dont les oxydes jouent le rôle de bases , ne se décomposent point quand on les fait rougir au feu en les garantissant du contact de l'air. Mais un très-grand nombre d'entre elles subissent , lorsqu'on les fait rougir à l'air, une décomposition partielle, qui est ordinairement déterminée par l'humidité atmosphérique ; dans ce cas, il se forme de l'oxyde et se dégage de l'acide chlorhydrique : le résidu est alors plus ou moins insoluble dans l'eau. Les chlorures des métaux alcalisables, de même que les chlorures barytique et strontianique, n'éprouvent pas ce changement. Le chlorure calcique n'est décomposé que dans une très-faible proportion. Les chlorures des métaux alcalisables subissent bien plus facilement une volatilisation partielle quand on les chauffe au contact de l'air que quand on les chauffe dans des vaisseaux clos.
Les chlorures métalliques, tant solubles qu'insolubles, se reconnaissent au chalumeau de la manière suivante , d'après Berzelius. On en prend une petite quantité , qu'on joint à un bouton fondu d'oxydé cnivrique et de sel de phosphore, après quoi on
ÀGtDS BHOltHYDRlQUË/ à6&
dirige la flanune sur le tout : le boutoa s'entoure alors (Tune belle flamme bleue. Il faut choisir, pour cette expérience, un sel.de phosphore qui soit exempt de chlorure sodique ou de tout autre chlorure.
L'acide cblorhydrique libre et les chlorures métalliques solubles produisent avec la dissolution de nitrate argentique une réaction tellement particulière , qu'on ne saurait les confondre avec les autres substances dont il a été question précédemment. Les chlorures métalliques insolubles se reconnaissent très-facilement pour tels au chalumeau , ou bien on sépare le chlore qu'ils contiennent en les faisant fondre avec un carbonate alcalin.