Acide arsenieux et acide arsenique
L'oxyde stanneux fait partie , à proprement parler , de la première section ; cependant, comme le sulfhydrate ammonique contient toujours du soufre en excès , un grand excès de ce réactif le convertit en sulfure stannique, qui, par conséquent, se dissout dans le sullhydrate ammonique (p. ikl). L'acide tungstique ne devrait pas non plus, rigoureusement parlant, élire rangé ici, parce que sa dissolution dans le sulfhydrate ammonique est presque la seule dans laquelle les acides étendus puissent faire naître un précipité de sulfure tungstique , auquel ne donne point lieu le gaz sulfide hydrique dirigé à travers ses dissolutions acides (p. 267). A proprement parler aussi, Tacide vanadique et l'oxyde vanadique ne peuvent être précipités de leurs dissolutions dans le sulfhydrate ammonique, à l'état de sulfure dé vanadium, que par l'acide chlorhydrique (p. 270).
On ne peut pas comprendre au nombre des oxydes de celte classe ceux dans les dissolutions desquels le gaz sulfide hydrique détermine une désoxydation , et par suite un dépôt de soufre, comme il arrive dans les dissolutions de Toxyde ferrique, de l'acide chromique, de l'acide chlorique, de l'acide bromique, de Tacide iodique et de l'acide sulfureux.
A peme est-il nécessaire de faire remarquer que les dissolu*
ACIDE SULFHYDtltQtJE. 111
tionâ des chlorures, bromures , iodures et fluorures métallique^ ^ comportent avec le suIFide hydrique de mémo que celles des oxydes correspondans.
Les sulfures métalliques se comportent tous d'une manlèire caractéristique au chalumeau. Lorsqu'on les chau^ à la flamtfiè du chalumeau, sur du charboti, ou dans un tube dé terre ouvert aux deux bouts , tous dégagent de Tacide éulftirëux, dont léS plus petites quantités se recontiaissetit fort aisément à Todeur. Quând ou les chauffe dans un tube ouvert, et qu*oti introduit un papier de Férnamboilc imbibé d^eau dans la partie supérieure du tube , ce papier blanchît, quelque faible rtéttie que soit la quantité diacide sulfureux qui se dégage (p. Ilf6). Il faut surtout ne point négliger cette épreuve lorsqu'on examine des substances qui contiennent du sulfure d'antimoine, parce qu'alotis la faible odeur do Toxyde antimonique pourrait quelquefois rendre celle de Tacldé sulfureux moins sensible. Souvent alors il se sublime en même temps du soufre, mais fréquemment aussi il ne s'en sublime polttt, ce qui dépend, la plupart du temps, du plus ou moins dinclinai • son donnée au tube pendant qu'on le chauffe. Les substances qui contiennent des sulfures métalliques se comportent de même qtie lés sulfates avec une perle d'acide silicique et de soude (p. iTi); cependant si le métal uni au soufre devait colorer cette perlé, on peut encore, à l'aide du chalumeau, acquérir d'une autre manière une certitude àbàotue de la présence du soufre ; on fait alors fondf è là substance, sur du charbon, avec dé la soude, et on la met ensuite sur une feuille d^argent, où on Thumecte ; si elle contenait un sulfure métallique, Targènt se trouve taché en hoit ou en jaune foncé (p. 1Y2).
Lorsqu^en essayant les Sulfures métalliques au chalumeau Ofl À principalement en vue dé découvrît le métal, Il faut, datin la plupart des cas , chasser le plus complètement possible le soufre au moyen du grillage. On prend, en conséquence , pour pièceê d'essai , des lames minces des sulfure métalliques naturels , parce que Tair a plus de prise sur ces lames, et l'on évite les masses rondes et épaisses. On commence aussi par leur donner un feu doux, qui ne soit pas capable de les fondre ; si la fusion a lieu, ce que Ton a de mieut à faire est de choisir une autre pièce d'essfti,
4lâ COMBINAISONS SIMPLES. ACIDES.
OU de réduire en poudre la masse fondue. Lorsque le grillage a été poussé jusqu'à un certain point , quelques sulfures n'ont plus la faculté de fondre ; on peut alors donner un feu plus vif, afin de décomposer le sulfate qui se forme ordinairement pendant Topération. Ce grillage s'exécute très-bien sur du charbon.
Ce n'est que quand le grillage est terminé, qu'on peut se servir avec avantage des réactions produites par les flux. C'est surtout lorsqu'on doit recourir à la soude pour opérer la réduction de Toxyde métallique produit , qu'il importe d'expulser autant que possible tout le soufre ; car sans cela il se reproduit des sulfures métalliques, qui ne sont point aussi faciles à reconnaître que les métaux eux-mêmes, ou qui se dissolvent dans le sulfure sodique produit, et sont entraînés par Teau pendant le lavage.
Les sulfures métalliques sont fixes , à l'abri du contact de Tair, quand les métaux qu'ils contiennent ne sont point volatils. Les métaux volatils, au contraire, forment des sulfures métalliques volatils. Cependant ceux-ci paraissent souvent n'avoir pas autant de volatilité que les métaux qu'ils renferment. C'est ce qui a lieu pour les sulfures de mercure, d*arsenic et de sélénium.
Quand on les fait rougir à l'abri du contact de l'air, plusieurs degrés supérieurs de sulfuration des métaux perdent une partie de leur soufre et se convertissent en degrés inférieurs de sulfura* tion. Cependant il est difficile d'expulser l'excès de soufre assez complètement pour que les degrés inférieurs de sulfuration restent bien purs. Les degrés supérieurs de sulfuration du fer, du cuivre, de l'étain (ox musif) et de l'antimoine sont dans ce cas. Calcinés à l'air, la plupart des sulfures métalliques se convertissent en sousHSulfates. J'ai déjà indiqué précédemment la manière dont les sulfosels se comportent à une haute température.
Les sulfures métalliques ont beaucoup de ressemblance les uns avec les autres à l'extérienr. Quelques-uns de ceux qu'on rencontre dans la nature jouissent de l'éclat métallique , comme les métaux eux-mêmes ; d'autres n'ont point ce brillant. Ceux que l'art a produits par la voie humide ont souvent, malgré l'identité parfaite de leur composition, une tout autre couleur que ceux qui se trouvent dans la nature et que ceux qui ont été obtenus par la voie sèdbe. Ainsi, par exemple, le sulfure d'antimoine^ soit natu-
ACIDE SULPHYDRtQUiî.. ilS
tel, soît produit par la voie sècbe , a une couleur noire et le brillant métallique, tandis que celui qu'on obtient par la voie humide est rouge et sans éclat. Le sulfure de mercure naturel et celui qu'on prépare par sublimation sont rouges, tandis que celui qu'on obtient par la voie humide est noir.
Beaucoup de sulfures métalliques préparés par la voie humide, surtout parmi ceux qu*on fait naître en versant du sulfhydrate ammonique dans des dissolutions neutres ou alcalines , absorbent l'oxygène de Tair avec une facilité extrême, ce qui n'arrive point à ceux qu'on rencontre dans la nature. Voilà pourquoi le sulfure de fer, qui est noir au moment de sa précipitation, devient déjà d'un brun rouge sur le filtre , le sulfure de manganèse se colore en brun, etc.
Le sulGde hydrique est si facile à reconnaître par son odeur, qu'à peine a-t-on besoin d'un autre moyen pour s'assurer de sa présence , même lorsqu'il n'existe qu'en petite quantité. On pourrait d'ailleurs acquérir cette conviction par le précipité qui aurait lieu en versant dans sa dissolution celle d'un oxyde métallique, et, de préférehce à toute autre, une dissolution d'oxyde plombique. On peut aussi le reconnaître à la couleur brune qu'il fait prendre au papier imbibé d'une dissolution d'oxyde plombique. Lorsqu'on soupçonne des traces de gaz sulfide hydrique dans un mélange gazeux, on y suspend un papier imbibé de cette liqueur. Les sulfures métalliques sont déjà faciles à reconnaître au moyen du chalumeau.
La présence de substances organiques change moins l'action du gaz sulfide hydrique et du sulfhydrate ammonique sur les oxydes métalliques, qu'elle ne fait à l'égard d'autres réactifs. Aussi l'importance de ces deux réactifs est-elle accrue par le pouvoir qu'ils ont de donner encore des résultats précis lorsque les autres ne fournissent plus que des indications trompeuses. Cependant quelques substances organiques dissoutes dans l'eau peuvent donner, par le gaz sulfide hydrique, des précipités ayant de l'analogie avec certains sulfures métalliques préparés par la voie humide.