‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 2)Chapitre 86 sur 167 · ACIDE SÉLÉNHYDIVIQUE 9 Se -j- H · texte numérisé non relu

ACIDE SÉLÉNHYDIVIQUE 9 Se -j- H

A l'état de pureté, le sélénide hydrique forme un gaz incolore. Il a une odeur très-désagréable, qui ressen^ble parfaitement à celle du gaz sulfide hydrique, mais qui, même quand le gaz est en très-petite quantité, agit de la manière la plus violente sur la trachée-artère et les organes respiratoires. €e gaz est facilement décomposé par les substances organiques humides, que le sélénium mis & nu colore en rouge, non pas seulement & la surface, mais même jusque dans leur intérieur, principalement lorsqu'elles sont très-poreuses. Il parait être plus soluble dans Teau que le gaz sulfide hydrique. La dissolution est incolore ; cependant, à Tair, elle prend une teinte rougeàtre, produite par du sélénium mis & nu. Du reste, die a la plus grande ressemblance avec la dissolution aqueuse du sulfide hydrique. Elle rougit le papier de tournesol, el elle a une saveur hépatique.

Le sélénide hydrique forme aveo les oxydes métalliques dm composés appelés $éiéniurêê métalUquéi. Ce gaz parait précipiter les divers oxydes métalliques de leurs dissolutions de la même manière que le fait le sulfide hydrique ; cependant les oxydes du for semblent être déjà précipités par lui de leur «bssolutîou neutre quand ils sont unis à des acides forts.

Les séléniures métalliques ont beaucoup de resseroblanee Vf%fi les sulfures correspondans» sous le rapport de leurs propriétés |t de la manière dont ils se comportent avec les réactifs. Cette aiMrlogie s'étend jusqu'à ceux qui existent dans la nature. Ils différent des sulfures métalliques et de toutes les autres substaace$» principalement par les phénomènes qu'ils présentent au chalumemi. Lorsqu'on les chauffe à la flanune extérieure , ils répandent upe odeur très-forte et répugnante de raifort pourri. Cette odeur est tellement caractéristique, qu'elle suffit pour trahir la présence des moindres traces de sélénium. Avec le verre diacide silicique et de soude, ils offrent les mêmes réactions que les sulfures métalliques; seulement la couleur rouge ou brune qu'ils communiquent à ce verre disparait plus aisément par une insufflation prolongée. Quand on les traite avec de la soude, sur du charbon, à la flamme

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iotérieure du chalumeau, qu'on jette la masse sur une feuille d'argent, et qu'on Thumecte, ils produisent, comme les sulfures métalliques, une tache noire ou brune.

Lorsqu'on chauffe les séléniures métalliques dans un tube de verre ouvert aux deux extrémités, il est souvent facile, en inclinant convenablement le tube, de sublimer une partie du sélénium à Tétat de pureté et avec une couleur rouge, tandis que les autres substances s'oxydent. Très-souvent alors cependant il se forme aussi de Tacide sélénieux, qui se dépose, sous la forme d^un réseau cristallin, dans la partie la moins chaude du tube. Si le séléniure métallique est accompagné d'un sulfure métallique, il arrive souvent qu'en opérant ainsi, le sélénium se sublime seul, tandis que le soufre se dégage sous la forme d'acide sulfureux. Le sulfure d'ai'^enic se sublime quelquefois avec toutes les apparences du sélénium; mais, quand on le traite avec de la soude, sur du charbon , il répand l'odeur de l'arsenic, et non pas celle du sélénium.

Le sulfide sélénique ne forme pas de sulfosels avec les sulfobasei métalliques ; mais les sélénibases métalliques produisent des sétê^ nUel$ en s'unissant aux combinaisons du sélénium avec les métaux dont les oxydes jouent le rôle d'acides.

Les moindres quantités de séléniures métalliques se reconnaissent aisément à l'odeur que ces composés exhalent au chalumeau.

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