‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 18 sur 115 · V. STRONTIUM · texte numérisé non relu

V. STRONTIUM

Détermination du strontium et delà strontiane» — La stontiane n’est pas aussi facile que la baryte à précipiter complètement au moyen de l’acide sulfurique, parce que le sulfate strontianique n’est pas aussi absolument insoluble dans l’eau que le sulfate barylique. Cependant , lorsqu’on ajoute de l’acide sulfurique à la dissolution d’une combinaison de strontiane avec un acide qui est soluble dans l’alcool faible, qu’ensuite on verse de l’alcool fort dans la liqueur, et qu’on lave le sulfate strontianique avec de l’alcool faible, on parvient également à déterminer ce sel avec beaucoup d’exactitude , parce qu’il n’est point soluble dans l’alcool aqueux. Cependant il y a beaucoup de cas où l’on est forcé de verser l’acide sulfurique dans une dissolution aqueuse, pour précipiter la strontiane. C’est ce qui arrive quand la liqueur contient encore des sels qui ne sont pointsolubles dans l’alcool faible. Quoiqu’ilne soit point possible de déterminer ainsi la quantité de la strontiane avec autant d’exactitude que celle de la baryte , ce procédé vaut cependant mieux encore que celui qui consiste à précipiter la strontiane au moyen d’une dissolution de carbonate ammoniacal , parce que le carbonate strontianique n’est point non plus absolument insoluble dans l’eau. Si néanmoins on voulait recourir à cette dernière méthode, on ajouterait à la liqueur un excès de carbonate ammoniacal mêlé avec un peu d’ammoniaque libre , et on chaufferait le tout sur le bain de sablej ensuite on filtrerait le carbonate strontianique ainsi obtenu , on le laverait, et on le ferait rougir. Il ne perd point d’acide carbonique par la calcination*

l4 TRAITÉ d’analyse CHIMIQUE.

Si la stronliane dont on veut déterminer la quantité est dissoute dans une liqueur qui ne contienne point d’autres bases , le mieux pour cela est de suivre la même marche que quand il s’agit des alcalis.

Maniéré de séparer laslrontiane de la baryte. — On sépare souvent la strontiane de la baryte en les convertissant toutes deux en chlorures métalliques, faisant rougir ces sels, et, après avoir déterminé leur poids, les traitant par de l’alcool anhydre, dans lequel le chlorure strontianique est soluble. Cependant, comme le chlorure strontianique n’est pas très-soluble dans ce menstrue , et qu’en outre le chlorure barylique exempt d’eau n’est point entièrement insoluble dans l’alcool anhydre, on ne peut guère recommander cette méthode. Aussi Berzelius a-t-il proposé la suivante : on dissout les deux terres dans de l’acide hydrochlorique en excès ou dans de l’acide acétique, et l’on ajoute ensuite de l’acide hydrofliiosilicique, qui précipite la baryte 5 la strontiane reste dissoute dans l’acide libre, à l’état de fluosiliciure strontianique. Le précipité de fluosiliciure barytique ne se forme pas surle-champ , et il ne se dépose qu’au bout d’un certain laps de temps, sous la forme de petits cristaux microscopicjues. On le lave, on le rassemble sur un filtre pesé, et on le fait sécher ; puis, d’après son poids, on calcule la quantité de la baryte. Cependant la liqueur qui a traversé le filtre tient aussi une très-petite quantité de fluosiliciure barytique en dissolution : on en précipite cette faible trace de baryte par une quantité extrêmement petite d’acide sulfurique, qui n’agit point sur la strontiane. Le peu de sulfate barytique qu’on obtient de cette manière est recueilli sur un filtre et lavé; puis on le fait rougir légèrement , on le pèse, et, d’après son poids, on calcule la quantité de la baryte. Quant à la liqueur qui en a été séparée par la filtration , on y verse de l’acide sulfurique, et on l’évapore à siccité; la masse sèche, qui se compose de

CÀLCIUMé l5

sulfate strontîanique , est rougie et pesëe; son poids sert à calculer la quantité de la strontiane. ,

Manière de séparer la strontiane des alcalis. — On peut séparer la strontiane des alcalis en la précipitant, soit à l’état de sulfate, par l’acide sulfurique, soit à celui de carbonate, par le carbonate ammoniacal. Dans les deux cas, le précipité est lavé, sécbé , faiblement rougi et pesé. La totalité de l’alcali se trouve alors contenue dans la liqueur qui a été séparée par la filtration. Si l’on s’est servi d’acide sulfurique pour précipiter la strontiane, on évapore la liqueur à siccité, et l’on fait rougir la masse sèche avec un peu de carbonate ammoniacal, ce qui fait obtenir l’alcali à l’état de sulfate neutre. Lorscpu’on a employé le carbonate ammoniacal pour précipiter la strontiane, on filtre la liqueur, on l’évapore jusqu’à siccité , et l’on fait rougir la masse sèche j la chaleur volatilise les sels ammoniques, et l’alcali reste, combiné avec l’acide auquel la strontiane était unie avant sa précipitation, si toutefois cet acide est de nature à ce c[ue l’action du feu ne le détruise pas dans ses combinaisons avec des bases j si l’acide est destructible, il n’est plus nécessaire, après la volatilisation des sels ammoniques, que d’ajouter au résidu un peu d’acide sulfurique, ce qui convertit l’alcali en un sulfate, dont on détermine la quantité par les moyens qui ont été décrits quand j’ai parlé des alcalis.

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