III. LITHIUM
Détermination du lithium et de la lithine, — Quand on n’a point à séparer lalilbine d’une autre base quelconque, on en détermine la quantité au moyen de la méthode qui sert pour la potasse et la soude.
LITHIUM. g
Si la lilliine se trouve combinée avec de l’acide sulfurique , il n’est point nécessaire de traiter le sulfate lithîque par le carbonate ammoniacal en le faisant rougir, attendu que la chaleur suffit pour dissiper aisément un excès d’acide sulfurique, puisqu’il n’existe pas de bisulfate liihique.
Comme le chlorure lithîque tombe promptement en déliquescence à l’air, et que, par cette raison, on ne peut pas le peser d’une manière exacte , il est bon de le convertir en sulfate lilhique.
Cependant, si la quantité de la lithine dans une liqueur est très-faible, et qu’en outre cette liqueur contienne encore de la potasse et de la soude, Berzelius indique alors une méthode particulière pour déterminer la quantité de la lithine. On ajoute à la liqueur un peu d’acide phosphorique pur et de carbonate sodique pur , de manière qiie ce dernier soit en excès; puis on évapore jusqu’à siccité. Pendant l’évaporation , et lorsqu’elle est arrivée à un certain degré de concentration , la liqueur commence à se troubler, et après la dessiccation complète du sel, il reste, quand on dissout ce dernier dans l’eau froide, une poudre blanche , qui est insoluble dans l’eau-mère riche en phosphate sodique, et qui se rassemble lentement au fond de la liqueur. On lave cette poudre avec de l’eau froide, sans toutefois prolonger trop le lavage , parce que la poudre se dissout en très-petite quantité pendant cette opération ; il ne faut pas non plus se servir d’eau chaude, qui en dissoudrait davantage que la froide. Cette poudre est du phosphate sodico-lithique neutre. Quand elle est sèche , on la fait rougir, et , d’après son poids , on calcule la quantité de la lithine.
Il est absolument nécessaire que la liqueur d’où l’on veut précipiter la lithine de cette manière , ne contienne pas d’autes bases que des alcalis. Au reste, pour plus de sûreté, on doit examiner si le sel rougi et pesé est réelle-
ïo traité d’analyse chimique.
meut du pliosphale sodico-lilliique , attendu qu’on peut aisément le confondre avec des combinaisons insolubles d’acide pbospliorique et de chaux ou de magnésie. On y parvient à l’aide des moyens que j’ai indiqués ailleurs. ( T. I, p. i3. )
Manière de séparer la litliîne de lapotasse. — Pour séparer la lilbine de la potasse de manière à pouvoir en déterminer la quantité, on précipite le dernier de ces alcalis à l’aide du procédé qui sert pour séparer la potasse de la soude, et qui a été décrit pag. 5. A la liqueur séparée du chlorure platinico-potassique par la filtration, on ajoute un peu d’acide hydrochlorique, et on l’étend d’eau ^ puis ou chasse la plus grande partie de l’alcool en la chauffant doucement, et l’on y fait passer un courant de gaz sulfide hydrique, afin de précipiter le platine qu’elle lient en dissolution. Le sulfure de platine ainsi produit, est recueilli sur un filtre et lavé rapidement avec de l’eau froide *, on chaufie alors la liqueur filtrée jusqu’à ce qu’elle n’exhale plus l’odeur du sulfide hydrique, et l’on en précipite la iithine, à Félat de phosphate sodico-lithique , par le nibyen que j’ai indiqué tout à l’heure.
On peut aussi évaporer jusqu’à siccité la liqueur séparée du chlorure platinico-potassique par la filtration, et faire rougir fortement la masse sèche , ce qui réduit le chlorure platinique. On traite alors la masse rougie avec de l’eau , on sépare par la filtration le platine qui a été réduit, et l’on précipite la Iithine delà liqueur filtrée.
La Iithine pourrait aussi être séparée de la potasse par le procédé que Sérullas a indiqué pour séparer cette dernière de la soude; car l’oxichlorate lithique est, comme l’oxichlorate sodique , soluble dans l’eau et dans l’alcool.
Maniéré de séparer la Iithine de la soude. — I^orsqu’il s’agit de séparer la Iithine et la soude Tune de l’autre , on emploie une méthode plus simple. On commence par dé-
BAUIUM. 1 1
terminer le poids des deux alcalis, à l’état soit de sulfates ou de carbonates, soit de chlorures-, p is on dissout le mélange, et l’on précipité lalithine sous la forme de phosphate sodico-litliique. D’après la quantité du sel double, qu’on a soin de faire rougir, on calcule la quantité du sel lilhique, et ce qui manque au poids primitif est la quantité du sel sodique. '
Maniéré de séparer la lithine de la potasse et de la soude, — Si les trois alcalis , la potassé, la soude et la lithine, sont contenus eiiseiiible dans une dissolution, et qu’on ait à les séparer l’un de l’autre , pour en assigner la quantité, on commence par déterminer le poids de leurs sels. Ensuite on précipite la potasse à l’état dé chlorure plalinico-potassicj[ue, d’après lequel on calcule la quantité de cet alcali; il est facile ensuite de trouver à combien s’élève le poids du sel potassique qui était contenu dans le mélange salin pesé. Après avoir filtré la liqueur, on la débarrasse du platine qu’elle tient én dissolution, soit en y faisant passer un courant de gaz sulfide hydrique, soit en révaporant jusc[u’à siccité et faisant rougir le résidu sec. Alors on précipite la lithine à l’état de phosphate sodico-iithique , d’après lequel on calcule la quantité de la ‘lithine et du sel lithique. La perte fait connaître la quantité du sel sodiqüe.
•; ■ IV. BARIUM.
Détermination du harium et de la haryte. — Il est peu de stibstances dont on puisse, avec autant d’exactitude que pour la baryte , déterminer la quantité et opérer la séparation d’avec* un grand nombre d’autres corps.
On détermine la baryte en versant dans la dissolution qui' en contient, de l’acide sulfurique étendu, jusqu’à ce qufil ne se produise plus de précipité. Ce précipité est du sulfate baeytique , sel complètement insoluble dans l’eau
12 traité d’analtse chimique.
et dans tous les acides étendus. On le lave, on le fait rougir faiblement , on le pèse, et, d’après son poids, on calcule la quantité de la baryte. On peut brûler le filtre en faisant rougir le précipité , sans craindre que le charbon réduise un peu de sulfate barytique. Mais il est nécessaire que la liqueur d’où l’on précipite la baryte , soit chauffée avant ou après l’addition de l’acide sulfurique. Il faut avoir soin aussi de ne la filtrer que quand le précipité s’est complètement rassemblé, et qu’elle-même est devenue parfaitement claire. Quand on néglige cette précaution , le sulfate barytique passe ordinairement laiteux à travers le filtre.
On peut aussi déterminer la quantité de la baryte en la réduisant à l’état de carbonate barytique. Mais cette méthode n’est pas fort exacte , parce que le carbonate barytique n’est pas complètement insoluble dans l’eau. Cependant, lorsqu’on est forcé d’y recourir, on précipite la baryte de la liqueur , en versant dans celle-ci une dissolution de carbonate ammoniacal. Mais comme le carbonate ammoniacal ordinaire est un mélange de carbonate et de bicarbonate, et que ce dernier produirait un carbonate barytique encore plus soluble dans l’eau , on commence par ajouter un peu d’ammoniaque pure à la dissolution du carbonate ammoniacal, et l’on chauffe le tout sur le bain de sable. Le carbonate barytique qu’on a obtenu est lavé avec une petite quantité d’eau, puis séché, rougi et pesé. L’action de la chaleur ne lui fait point perdre d’acide carbonique.
Maniéré de séparer la haryte des alcalis, — Lorsqu’il s’agit de séparer la baryte d’alcalis contenus avec elle dans des combinaisons, on dissout le tout dans de l’eau, ou , si les combinaisons sont insolubles dans ce menstrue , dans un acide étendu, et de préférence dans de l’acide hydrochlorique, puis on précipite la baryte de la dissolution en versant dans celle-ci un excès d’acide sulfurique ; on
STRONTIUM,
filtre ensuite la liqueur, on l’évapore jusqu’à siccité, et l’on détermine alors les^sulfates alcalins , de la manière qui a été indiquée précédemment.