‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 22 sur 115 · MAGNÉSIUM · texte numérisé non relu

MAGNÉSIUM

versé un excès de carbonate potassique dans la liqueur magnésique, qu’on a fait bouillir le tout ensemble , et que lapins grande partie de la magnésie s’est déjà séparée, d’évaporer le liquide jusqu’à siccité , à une forte chaleur , dans une capsule de porcelaine , ou mieux encore de platine, en ayant soin, afin d’éviter toute perte qui pourrait résulter de la projection, de remuer la masse, principalement sur la fin. On verse sur le résidu sec de l’eau bouillante, qui laisse du carbonate magnésique non dissous. On réunit ce sel sur un filtre, et on le lave avec de l’eau bouillante. Le lavage doit se faire, autant que possible, sans interruption, et ne pas durer non plus trop long-temps, parce que le carbonate magnésique n’est pas absolument insoluble dans l’eau : cependant, il se dissout plus difficilement dans l’eau chaude que dans la froide, ce qui fait que l’eau dont on se sert pour le laver doit toujours être employée aussi chaude que possible. Après avoir lavé jusqu’à ce que quelques gouttes de l’eau de lavage , évaporées sur la feuille de platine, n’y laissent plus qu’une faible tache, on sèche le carbonate magnésique, on le fait rougir et oti le pèse. Il perd son acide carbonique par la calcination , qu’on ne doit point par conséquent interrompre trop tôt.

La liqueur séparée du carbonate magnésique par la filtration, tient ordinairement encore une petite quantité de ce sel en dissolution. Pour déterminer cette quantité, 011 ajoute à la liqueur une dissolution de phosphate sodique , puis de l’ammoniaque pure ou du carbonate ammoniacal , et on laisse le tout en repos pendant longtemps, dans un endroit chaud. Il se forme alors un dépôt plus ou moins considérable de phosphate ammonico-magnésique bibasique, qui n’est rassemblé qu’au bout d’un assez, long espace de temps sous la forme d’un précipité cristallin. D’après Berzelius , ce sel est totalement insoluble dans la liqueur qui contient du phosphate ammonique, mais il

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se dissout en petite quantité dans l’eau pure, de sorte qu’on ne doit pas le laver trop long-temps. Après avoir lavé le précipité , on le fait sécher, puis rougir , ce qui en chasse l’eau et l’ammoniaque *, il ne reste plus que du phosphate magnésique neutre. On admet ordinairement que le précipité calciné contient exactement pour cent de magnésie , tandis que le phosphate magnésique neutre et anhydre ne contient que 36 , 6y pour cent de cette terre. Cependant , comme le sel est un peu soluble dans l’eau, et comme il résulte une perte du lavage, cette perte se trouve compensée d’une manière aproximative en admettant 4o pour cent de magnésie dans le sel calciné. La détermination quantitative de la magnésie serait incertaine , si l’on en précipitait la totalité h l’état de phosphate ammonico-magnésique bibasique. Mais quand on précipite cette terre par le carbonate potassique, comme il a été dit plus haut, qu’ensuite on précipite^ à l’état de phosphate ammonico-magnésique bibasique, les traces qui peuvent en rester encore dans la dissolution , et qu’on admet 4o pour cent de magnésie dans le résidu calciné, la quantité de la terre se trouve déterminée avec toute la précision à laquelle il est possible d’arriver aujourd’hui. Si néanmoins l’évaporation de la liqueur magnésique ne pouvait point être exécutée aussitôt après l’addition du carbonate potassique en excès, il pourrait bien se faire qu’une perte résultat de l’efflorescence des sels. Dans ce cas , il est préférable de précipiter la magnésie de la liqueur au moyen d’une dissolution de phosphate sodique , avec une addition d’ammoniaque, et de calculer la quantité de cette terre d’après le phosphate magnési-^ que obtenu après la calcination, en admettant 36, 6y pour cent de magnésie dans ce sel.

Quand on précipite la magnésie par le carbonate potassique, il faut observer plusieurs précautions, de la négligence desquelles résultent ordinairement des erreurs

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très-graves. Si la liqueur magnésique contient des quantités considérables de chlorure ammoniqiie ou d’autres sels ammoniques , la totalité de la magnésie n’est précipitée par le carbonate potassique qu’après que ce dernier a déconiposé les sels ammoniques. Mais celte décomposition n’a lieu d’une manière complète qu’aulant qu’on ajoute un excès de carbonate potassique et qu’on fait subir une ébullition prolongée au tout. Si l’on a évaporé la liqueur jusqu’à siccité parfaite , toute l’ammoniaque a été volatilisée sousla forme de carbonate ammoniacal , qui a la meme odeur que l’alcali pur. Mais ceux qui manquent d’habitude se trompent souvent dans la quantité de carbonate potassique cfu’ils ajoutent. Pour reconnaître si l’on en a mis assez dans la liqueur magnésique, on chauffe celle-ci jusqu’à ce qu’elle ne dégage plus d’odeur d’ammoniaque pendant l’action de la chaleur, après quoi on y ajoute de nouveau un peu de carbonate potassique. Si alors^ en remettant la liqueur sur le feu, elle répand encore l’odeur de l’ammoniaque, c’est une preuve qu’elle ne contenait point une suffisante quantité de carbonate potassique. Il faut que l’eau qu’on verse sur la masse évaporée jusqu’à siccité, bleuisse fortement le papier de tournesol. Si ce papier ne change pas de couleur, on doit ajouter une nouvelle quantité de carbonate potassique , et répéter l’évaporation jusqu’à siccité.

Au carbonate potassique , on peut, dans tous les cas , substituer la potasse pure , qui précipite même mieux la magnésie. Mais alors on obtient de la magnésie pure, qui est plus soluble dans l’eau que le carbonate magnésique , quoique, de même que ce dernier, elle se dissolve moins aisément dans l’eau chaude que dans la froide.

Le carbonate sodique ne peut pas être employé avec le même résultat que le carbonate potassique. Le carbonate magnésique forme avec lui , d’après Mosander , un sel double, qui ne se décompose point quand on fait bouillir

aS traité d’analyse chimique.

la liqueur, on qu’on l’évapore jusqu’à siceité , comme il arrive, en pareille circonstance, au sel double de carbonate potassique et de carbonate magnésique. L’eau de lavage dissout aussi une plus grande quantité du premier de ces deux sels doubles; mais, malgré cette circonstance, on obtiendrait un grand excès , dans les analyses , si l’on se servait du carbonate sodique pour précipiter la magnésie.

Comme il est déjà fort difficile de déterminer exactement la quantité de la magnésie lorsqu’elle existe seule dans une liqueur, les difficultés augmentent encore beaucoup quand il s’agit de la séparer quantitativement d’autres substances.

Manière de séparer la magnésie de la chaux. — Lorsqu’une liqueur contient de la cliaux et de la magnésie , il y a, pour séparer ces deux terres, plusieurs méthodes parmi lesquelles les suivantes sont celles qu’on emploie le plus fréquemment.

Si la liqueur contenant de la chaux et de la magnésie, renferme en outre du chlorure ammonique ou d’autres sels ammoniques , ce qui arrive fort souvent, on l’étend convenablement avec de l’eau, et l’on y ajoute ensuite de l’ammoniaque pure , en aussi faible excès ique possible cependant. Lorsqu’elle ne contient pas de sels ammoniques , on y ajoute une dissolution de chlorure ammonique. Cependant , si elle est acide , cette addition n’est pas nécessaire non plus, parce qu’il se forme assez de sel ammoniqne par la saturation avec de l’ammoniaque. L’am- , inoniaque ne produit pas de précipité quand i! y a assez de sels ammoniques. S’il s’en produit un, par défaut d’une suffisante quantité d’un sel ammonique, on le dissout à l’aide d’un acide, par exemple de l’acide hydrochlorique, et l’on sursature de nouveau la liqueur avec de l’ammoniaque, dont l’addition ne détermine .plus alors de précipité. Cela fait, on précipite la chaux de la liqueur par l’acide oxalique ou par l’oxalate ammonique ,

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