‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 23 sur 115 · MAGNÉSIUM · texte numérisé non relu

MAGNÉSIUM

comme il a été dit p. 16. La magnésie n’est point précipitée parla, attendu que la présence des sels ammoniques s’y oppose, quoique l’oxalate magiiésique soit par luimême à peu près insoluble dans l’eau. Après avoir séparé l’oxalate calcique par la filtration, 011 précipite la magnésie de la liqueur filtrée au moyen soit du carbonate potassique, soit d’une dissolution de pliospbate sodique, a>\’ec une addition d’ammoniaque, d’après les méthodes qui ont été décrites précédemment.

Une autre méthode, indiquée par R. Phillips et Cooper, est celle-ci. Lorsque la liqueur qu’on analyse, outre de la chaux et de la magnésie, contient encore d’autres- principes constitua ns fixes , comme, par exemple, des alcalis , on précipite les deux terres par le carbonate potassique, en évaporant la liqueur jusqu’à siccité ; ensuite on verse de l’eau chaude sur la masse sèche , et on lave les carbonates terreux avec de Peau bouillante , puis on les sursature avec ménagement d’acide sulfurique étendu, on évapore le tout à siccité , et on fait rougir faiblement le résidu sec, dans un creuset de platine taré, afin d’expulser complètement l’acide sulfurique en excès. Si , au contraire , la dissolution ne contient point de principes fixes avec la chaux et la magnésie, et que ces terres y soient combinées avec des acides susceptibles d’être dissipés par l’acide sulfurlcpie, on l’évapore jusqu’^ siccité, on fait rougir le résidu sec , quand il contient des sels ammoniques , afin de volatiliser ceux-ci, on le traite ensuite par l’acide sulfurique , et on le fait rougir de nouveau , pour chasser l’excès d’acide sulfurique. La masse rougie est pesée, et mise en digestion avec une dissolution saturée de sulfate calcique. Cette dissolution ne dissout que le sulfate magnésique , et laisse le sulfate calcique, qu’on lave avec une dissolution saturée de sulfate calcique , jusqu’à ce qu’on croie qu’il ne contient plus de sulfate magnésique. Cela fait, on rougit le sulfate calcique rcs-

3o TPvAITÈ D^AjNALYSE CHIMIQUE.

tant, et 011 le pèse. La différence de poids indique la quantité du sulfate rnagnésique, et d’après le poids des sulfates , 011 calcule la quantité des terres qu’ils contiennent. Cette métliode, qu’on peut employer avec beaucoup d’avantage dans certains cas, est un peu moins sûre que celle qui a été décrite en premier lien. On ne peut pas savoir quand tout le sulfate rnagnésique est enlevé par le lavage, et même alors le filtre sur lequel on lave le sulfate calcique, reste imbibé d’une dissolution de ce sel , ce qui doit nécessairement augmenter un peu le poids de celui qu’on obtient.

Une troisième méthode de séparer Tune de l’autre la mafrnésie et la chaux, consiste à les dissoudre toutes deux dans un acide , et de préférence dans l’acide hydrochlorique , puis à verser dans la dissolution acide d’abord de l’acide sulfurique, ensuite assez d’alcool pour que celui-ci soit amené au degré d’un esprit très-faible. Le sulfate calcique produit, qui est tout-à-fait insoluble dans cette liqueur , est lavé avec de l’alcool aussi faible que de l’eau-de-vie, et qui ne peut ni précipiter le sulfate magnésique, ni non plus dissoudre le sulfate calcique*, la liqueur séparée de ce dernier par la filtration, est chauffée pendant longtemps , afin d’en chasser l’alcool par l’action d'une faible chaleur , après quoi on en précipite la magnésie. Si les deux terres étaient contenues dans une liqueur fort étendue, il faudrait concentrer celle-ci par l’évaporation , jusqu’à ce que l’alcool qu’on y ajoute formât avec elle un esprit-de-vin faible. Cependant il est nécessaire que la liqueur , après l’addition de l’acide sulfurique , ne contienne pas d’autre substance insoluble dans l’alcool affaibli que le sulfate calcicjue. Celte méthode convient surtout dans le cas où les deux terres qu’il s’agit de séparer sont combinées avec de l’acide phosphorique , ou quand la liqueur dans laquelle elles sont dissoutes contient de l’acide phosphori([ue. Triais, dans ec cas, il faut , après avoir séparé le sulfate calcique et fait évaporer l’ai-

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cool , précipiter la magnésie à Télat de pliospliale ammonico-magnésique bibasiquc.

D’autres méthodes propres à séparer la cliaux de la magnésie , peuvent être passées ici sous silence , attendu qu’elles ne donnent point un résultat aussi certain que celles qui viennent d’être décrites.

Maniéré de séparer la magnésie delà strontiane et de laharyte. — On n’éprouve aucune difficulté à séparer la magnésie de la strontiane et de la baryte. Ces terres sont-elles contenues dans une liqueur, on précipite la baryte et la strontiane à l’état de sulfates, après quoi, ou bien l’on détermine comme sulfate magnésique la magnésie tenue en dissolution dans la liqueur filtrée , ou bien , parle moyen du carbonate potassique , on la précipite ainsi qu’il a été dit précédemment. Le sulfate strontianique n’étant pas aussi complètement insoluble dans l’eau que le sulfate barytique, la baryte est beaucoup plus facile à séparer de la magnésie, par cette méthode , que la strontiane.

Maniéré de séparer la magnésie des alcalis. — 11 est fort difficile de séparer la magnésie des alcalis fixes. On convertit cette terra et l’alcali fixe en sulfates, ce qui peut se faire aisément. Si l’alcali et la magnésie sont dissous dans une liqueur qui ne contienne pas d’acide sulfurique, maïs dans laquelle il y ait des sels ammorfiques , on évapore la dissolution jusqu’à siccité , on fait rougir le résidu jusqu’rà ce que les sels aramoniques soient dissipés , et on traite la masse rougie par l’acide sulfurique. Si l’on ajoute de l’acide sulfurique à la liqueur, avant d’avoir dissipé les sels ammoniques, il se produit trop de sulfate a mmonique, dont l’expulsion par la chaleur rouge entraîne presque toujours une perte de la masse restante. Le sulfate alcalin elle sulfate magnésique sont faiblement rougis, pour cha^er l’excès d’acide sulfuricjiie. Afin de convertir complètement le bisulfate alcalin en carbonate alcalin neutre , on traite ensuite la masse par une petite quantité de carbonate

Sa TRAllÉ d’amalyse chimique.

fimmoiiiacal , ainsi qu’il a été dit p. 2. Les sulfates neutres alcalin et inagnésique sont pesés et dissous dans de l’eau *, à la dissolution on en ajoute une d’acétate barytique , jusqu’à ce que la totalité de l’acide sulfurique soit précipitée à l’état de sulfate barytique. On cliaufTe le tout, on sépare le sulfate barytique par la filtration , on évapore la liqueur filtrée jusqu’à siccité , et l’on fait rougir la masse sèche dans une capsule de platine. Par là les acétates se convertissent en carbonates , et le carbonate magnésique perd son acide carbonique en totalité ou en par tie, suivant que lacalcinralion a été plus ou moins forte. Un verse de l’eau chaude sur la masse rougie 5 ce liquide ne dissout que le carbonate alcalin , et les carbonates barytique et magnésique restent. On sépare la dissolution du carbonate alcaline , par la filtration , de ce résidu , qu’on lave avec de l’eau chaude ; le lavage ne doit pas durer trop long-temps , parce que les carbonates barytique et magnésique ne sont point absolument insolubles dans l’eau. La liqueur alcaline est évaporée jusqu’à siccité ; on fait rougir le résidu sec , on le pèse , et on le convertit en chlorure métallique ou en sulfate alcalin , parce qu’il est alors plus facile de le peser. Les carbonates barytique et magnésique qui sont restés sans se dissoudre , sont dissous dans de l’acide hydrochlorique , et l’on précipite la baryte de la dissolution par le moyen de l’acide sulfurique ; après quoi on sépare le sulfate barytique par la filtration , et on évapore la liqueur jusqu’à siccité. Le résidu sec est rougi au feu et pesé ; il consiste uniquement en sulfate magnésique. Si maintenant on ajoute le poids du sulfate alcalin à celui du sulfate magnésique , la somme doit être égale à celle qu’on avait obtenue avant la séparation des deux corps.

On voit que cette méthode est fort compliquée, et qu’elle ne peut pas donner de résultat d’une exactitude absolue , parce que les carbonates bary tique et maguési-

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que ne sont point totalement insolubles tlaiis beau. Au reste , quand on Temploie, c’est encore la potasse qui se sépare le mieux de la magnésie. La séparation de la soude et de la lithine s’effectue d\ine manière moins rigoureuse. La soude , quand elle est à l’état de carbonate , forme bien avec le carbonate magnésique un sel double, qui se décompose par l'action de la chaleur rouge, en sorte que l’eau employée pour laver le résidu dissout du carbonate sodique , et laisse de la magnésie; mais il peut bien se faire qu’alors il y ait plus de magnésie dissoute, qu’il ne s’en dissoudrait dans l’eau seulement. Quant à la lithine , ce qui empêche qu’on puisse la séparer d’une manière parfailement exacte par la méthode dont on vient de lire ladescriplion , c’est que le carbonate lithique est fort peu soluble dans l’eau. Le mieux est donc, quand on n’a que de la liihine seule à séparer de la magnésie , de précipiter cette dernière au moyen d’une dissolution de carbonate sodique, d’évaporer le tout jusqu’à siccité, de verser de l’eau chaude sur la masse sèche , de séparer par la filtration le sel double de carbonate sodique et de carbonate magnésique, qui ne s’est pas dissous , de laver ce sel avec de l’eau chaude, et de le faire rougir, ce qui le décompose. La masse calcinée est ensuite traitée par l’eaU, qui dissout du carbonate sodique et laisse de la magnésie, dontondéterininelepoids. Prenant alors la liqueur qui a été séparée du sel double parla filtration, on en précipite la lithine, à l’état de phosphate sodico-lithique, par le procédé qui a été indiqué

On a moins de peine à séparer les alcalis fixes de la magnésie , lorsque ces bases sont combinées avec de l’acide nitrique. On calcine les nitrates , ce qui peut se faire dans un creuset de platine, en ajoutant un peu de carbonate ammoniacal sec à la masse , après qu’elle a subi la première action de la chaleur , et poussant ensuite le feu avec ménagement. La calcination étant terminée, on traite le ré-

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sidupar Teau, qui dissout les alcalis, à l’état de carbonates, et laisse la magnésie.

viit. aluminium.

Détermination de ï aluminium et de V alumine, — L’alu- • mine est complètement précipitée de ses dissolutions par l’ammoniaque , le carbonate ammoniacal et le carbonate potassique. Le précipité occupe un très-grand volume , et on a de la peine à le laver , opération pour laquelle on doit préférer l’eau chaude. Il se contracte extraordinairement par la dessiccation , et il doit être bien sec avant qu’on puisse le faire rougir et le peser. La calcination demande à être faite avec précaution , parce qu’il arrive quelquefois à Palumine sèche de décrépiter, ce qui peut entraîner de la perte.

Des trois réactifs qui viennent d’être indiqués, lecarbonate ammoniacal est le meilleur pour opérer la précipitation de l’alumine, et on doit toujoursy avoir recours, quand il n’y a pas nécessité d’éviter la présence de l’acide carbonique. Lors même qu’on précipite une dissolution neutre d’alumine par du carbonate ammoniacal ou par d’autres carbonates alcalins, jl se produit une effervescence due à du gaz acide carbonique , parce que cet acide ne se combine point avec Palumine. L’ammoniaque pure précipite aussi fort bien Palumine , et l’on est obligé d’y avoir recours dans un très-grand nombre de cas où l’on ne peut pas se servir du carbonate ammoniacal. Il faut éviter d’en mettre un très-grand excès dans la liqueur, parce qu’il pourrait résulter de là que des traces d’alumine se dissolvissent \ car si Pon sépare ensuite le précipité parla filtration , et qu’on cliaiilfe la liqueur filtrée , jusqu’à ce que l’excès d’ammoniaque se soit volatilisé, il se sépare parfois des flocons insigiiifians, et souvent presque entièrement impondérables , d’alumine. Il est très-inconvenant de prendre du carbonate potassique pour précipiter cette dernière. Ce sel précipite

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bîrn raliimîne en totalité, tnais il est extrêmement difficile, et même presque impossible, d’en séparer les dernières traces de potasse par le lavage , ce qui fait qu’en pesant l’alumine on obtient un poids un prm plus fort que celui qu’on devrait avoir. Quand on a été forcé de précipiter l’alumine parle carbonate potassique, il faut , dans des analyses quantitatives exactes, recueillir le précipité sur un filtre , le redissoudre dans un acide , par exemple dans de l’acide hydroclilorique , et précipiter de nouveau la terre par le carbonate ammoniacal.

La nature nous offre l’alumine tellement condensée ^ dans le corindon , que les acides ne peuvent point l’attaquer : elle ne devient même pas soluble par eux , après avoir été fondue avec du carbonate potassique ousodique. La même densité appartient à certaines combinaisons tiàturelles d’alumine avec quelques bases , dans lesquelles la ferre joue le rôle d’acide par rapport à ces dernières. Telle est la combinaison de l’alumine avec la magnésie , qu’on appelle spinelle. Ces corps ne peuvent être dissous par les acides qu’aprcs avoir été fondus avec de la potasse pure. Leur décomposition par la potasse pure exigé de nombreuses précautions. Le procédé qu’on suit à cet égard, est celui qu’on emploie lorsqu’on traite certaîhes combinaisons silicifères par de la potasse pure. Comme il eri sera question fort au long lorsque je parlerai plus loin de la détermination quantitative de l’acide silicique, jé ne crois pas nécessaire de le décrire ici.

Manière de séparer V alumine de la mappiésie, — Il y a plusieurs méthodes pour séparer l’alumine de la magnésie. On ajoute à la dissolution de ces deux terres autant d’une dissolution d(î chlorure ammonique qu’on, le croit suffisant pour rehdre la magnésie imprécipitable par l’ammoniaque pure. Ensuite on précipite l’alurnine au moyen de l’ammoniaque. Si la dissolution des deux terres est acide, il u’est pas nécessaire d’y verser du chlorure

fttïimôntqüe) attetidti que îa âatiiratîou cîd i’aciJe paf l'attiraoniaqüe donnera naissance à assez d’un sel aniinonique pour maintenir la magnésie dissolue après Tadditiôn de l’alcali volatil. L’alumine est recueillie sur un filtre et lavée j il n’y a pas besoin cependant de la laver d’une manière complète, car elle n’est point parfaitement pure , et contient encore un peu de magnésie. Lors même qu’on a préalablement ajouté une très-grande quantité de chlorure ammonique à la liqueur , on ne saurait éviter la précipitation d’un peu de mngnésie, que l’alumine entraîne , suivant toute vraisemblance , en raison d’une affinité chimique qu’elle a pour elle. Afin de séparer cçt,tepeptequantitécle magnésie, il faut traiter l’alumine par la dissolution de potasse pure, tandis qu’elle est encore humide. Le mieux , sous ce rapport , est de mettre le filtre humide, avec l’alumine, dans un verre à patte , et de dissoudre celte dernière dans de l’acide hydrochlorique , en évitant toutefois d’ajouter un trop grand excès de celuici. On filtre ensuite la liqueur, et on lave parfaitement le filtre.fA la dissolution dans l’acide hydrochlorique , on ajoute de la dissolution de potasse en excès , et l’on chauffe le toul dans une capsule en porcelaine, ou mieux en platine. L’alumine est dissoute par la lessive potassique , tandis que la petite c[uantité de magnésie reste sans se dissoudre. La dissolution s’opère même à froid ; mais il vaut toujours mieux employer le concours de la chaleur , afin que la séparation ait lieu d’une manière complète. La petite quantité de magnésie est recueillie sur un filtre et lavée 5 après quoi on l’introduit, avec le filtre humide , dans de l’acide hydrochlorique, qui la dissout.On lave bien le filtre, et l’on ajoute la dissolution de la petite quantité de magnésie à la liqueur contenant la plus grande partie de celte terre, qu’on a , dajis le piincipe , séparée par la filtration du précipité auquel l’ammoniaque avait donné naissance. En mêlant les deux liqueurs l’une avec l’autre , on

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