‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 36 sur 115 · XVII. coeAlt · texte numérisé non relu

XVII. coeAlt

Détermination du cobalt et de V oxide cohaltique. — • Une dissolution de potasse pure est le meilleur réactif pour précipiter l’oxide cobalticjue de ses dissolutions. Le précipité est volumineux , et il a une couleur bleue, qui passe au vert , au bout de quelque temps. 11 est bon de précipiter l’oxide à chaud, ou de chauffer un peu après la précipitation \ la couleur du précipité change ainsi , et devient d’un rose'sale par l’effet d’une ébullition prolongée, ce qui n’arrive cependant pas toujours , même lorscjue les dissolutions coballiques ont préalablement été étendues d’une quantité d’eau égale à la leur. L’oxide précipité est difficile à laver : aussi le mieux est-il d’em-

COBALT

ployer pour cela de l’eau cliaude. Après le lavage, on le sèche et on le fait rougir, ce cpii le rend noir, puis on le pèse. Cependant, lorsqu’on suit cette marche, il est absolument impossible de déterminer la quantité de Foxide cobaltique d’une manière exacte , ni meme approximative. Après avoir fait rougir l’oxide à plusieurs reprises , ou obtient à chaque fois des poids didérens , et toujours on trouve une quantité d’oxide supérieure à celle qu’on devrait avoir. La raison en est que la calcination le fait passer à un état supérieur d’oxidation , inconvénient qu’on ne saurait éviter, meme en le laissant refroidir promptemenf dans un creuset couvert. Par conséquent , lorsqu’on veut déterminer avec précision la quantité de cobalt que contient l’oxide rougi , ce qu’il y a de mieux à faire, c’est d’en peser une certaine quantité, de la convertir en cobalt par le gaz hydrogène , et de calculer, d’après le poids du métal, la quantité totale de l’oxide. La réduction s’exécute de la manière suivante : La bouteille a (pl. II, fi g. 3 ) contenant du zinc et de l’eau , on y verse de l’acide sulfurique par rentoiinoir h , et l’on dégage ainsi un courant lent de gaz hydrogène. Celui-ci s’échappe par un tube de verre courbé à angle droit, et muni de deux boules cc , dans lesquelles se condense la plus grande partie de l’humidité du gaz 5 pour dessécher complètement ce dernier, on le fait passer à travers un autre tube de verre d rempli de chlorure calcique , après quoi il arrive, dans la boule de verre sur l’oxide cobaltique rougi. Aux deux côtés de cette boule qui doit être en verre fort et difficile à fondre, sont soudes deux tubes de verre. On l’a pesée vide *, puis , après y avoir introduit l’oxide et avoir nettoyé les tubes avec une barbe de plume des particules qui auraient pu y rester adhérentes , 011 l’a pesée de nouveau , afin de savoir quelle est la quantité d’oxide sur laquelle on opère. Les diverses parties de l’appareil sont réunies par des tubes de caoutchouc. Lorsque tout l’ap-

o6 TTlAlTÉ d’analyse CHIMIQUE.

pareil est plein de gaz liydrogène , on commence à chauffer doucement la boule ^ avec l’oxide cobaltique; on augmente la chaleur par degrés , jusqu’à ce que la boule soit bien rouge. Celle forte chaleur rouge est absolument nécessaire^ parce que sans cela le cobalt réduit s’enflammerait pvrophoriquement au contact de l’air atmosphérique. Il se produit de l’eau, dont une partie s’échappe avec le gaz hydrogène excédant, mais dont une autre partie se dépose en gouttelettes dans le tube postérieur de la boule d’où on la chasse avec la flamme d’une petite lampe à esprit de vin. Lorsc[u’il ne se forme plus d’eau, tout l’oxide cobaltique est converti en métal : on cesse de chauffer la boule, mais en continuant encore pendant le refroidissement à faire passer du gaz hydrogène sur le régule. Après le refroidissement complet , on pèse la boule ^ avec le cobalt réduit. Cette pesée fait connaître la quantité de métal existant dans celle d’oxide sur laquelle on a opéré , la différence entre les deux dernières pesées indiquant la cj[uantité d’oxigène qui se trouvait dans l’oxide cobaltique. D’après la proportion du métal et de l’oxigène dans la quantité d’oxide qui a été mise en expérience , on calcule la quantité de l’un et de l’autre dans la masse entière de l’oxide , parce qu’on n’a pu soumettre la totalité de cette dernière à la réduction. Si le cobalt était à l’état d’oxide dans la substance analysée, on calcule la quantité de celui-ci d’après celle de métal qu’on a obtenue. Lorsque l’oxide cobaltique dont on s’est servi pour opérer la réduction n’a pas été bien lavé , et qu’il contient des substances étrangères, notamment de l’alumine, le métal réduit s’enflamnie^p3'rophoriqiiement à l’air, avec quelque force meme qu’on l’ait calciné.

Une dissolution de carbonate potassique, meme lorsqu’on fait bouillir les dissolutions d’oxide cobaltique avec elle, et que celles-ci ne contiennent pas de sels ammoniques, ne précipite point l’oxide cobaltique complètement,

cobalt.

comme f-fiit la potasse pure ^ mais, quaiirî ou agit avec la circonspection convenable, ce dernier réactif peut précipiter si complètement l’oxide cobaltique, que le sulfli'vdrate ammonique n’en fasse plus ensuite découvrir aucune trace dans la liqueur filtrée.

Si la liqueur de laquelle on veut précipiter l’oxide cobaltique contient de l’ammoniaque libre et des sels ammoniques, l’oxide ne saurait être précipité par la potasse. Il est vrai qu’on peut mêler la dissolution avec une suffisante quantité de carbonate potassique, et détruire ensuite peu à peu les sels ammoniques par l’évaporation 5 mais cette méthode, surtout lorsque les sels ammoniques sont abondans, est assez compliquée, et d’ailleurs elle ne donne point un résultat exact, même lorsqu’on a poussé l’évaporation jusqu’à siccité; car l’oxide cobaltique n’est point précipité complètement par les carbonates alcalins , et par l’évaporation à siccité, il se convertit en suro^itle de cobalt. Il est donc préférable et plus expéditif, dans ces cas , de précipiter l’oxide cobaltique, à l’état de sulfure cobaltique , par le sulfliydrate ammonique. La dissolution de l’oxide doit être neutre ^ on peut aussi la rendre ammoniacale , car le sulfure cobaltique est absolument insoluble dans les alcalis libres. Le sulfure cobaltique forme un précipité noir , qui est moins volumineux que celui du sulfure de fer, et qui ne s’oxide pas aussi aisément à l’air. On se sert, pour le laver, d’une eau à laquelle on a ajouté du suif hydrate ammonique, ce qui vaut mieux que d’employer l’eau pure. Pour déterminer la quantité du colbat, dans le sulfure cobaltique , on le retire encore humide de l’entonnoir , et on le met avec le filtre dans un verre à patte : puis on le fait digérer à chaud avec de l’acide nitrique ou de l’eau régale , jusqu’à ce que tout le cobalt soit dissous , et qu’il ne resté plus que du soufre jaune. La digestion doit se faire dans le plus court espace de temps possible , parce queraction

98 traité d’anàla^se chimique.

prolongée de l’acide nitrique ou de l’eau régale sur le filtre, dissoudrait assez de matière organique pour que la précipitation de l’oxide cobaltique par la potasse ne put plus avoir lieu ensuite d’une manière complète. L’acide livdroclilorique seul n’a pas le pouvoir de décomposer le sulfure cobaltique. On étend ensuite la dissolution avec de l’eau , on 1 a filtre , et on lave le résidu-, puis on précipite l’oxide cobaltique par la dissolution de potasse. L’oxide ainsi obtenu est rougi au feu et pesé. On en réduit alors line partie, par le mo^en du gaz hydrogène, et d’après la quantité de métal qu’on y trouve , on détermine ceilb de ce meme métal dans la totalité du précipité d’oxidé cobaltique.

Détermination du suroxide de cohalt. ■— Le suroxide de cobalt se réduit, comme l’oxide cobaltique , en cobalt métallique, quand on le traite par le gaz hydrogène à uné température élevée. S’il est mêlé avec d’autres oxides dont ôn ne puisse le séparer que dans des dissolutions, il faut dissoudre la substance dans de l’acide hydrochtorique. En la chauffant avec ce dernier , le suroxide de cobalt se convertit en chlorure cobaltique, avec dégagement de cblore. On précipite ensuite de l’oxide cobaltique de la dissolution, en y versant de la potasse.

On rencontre souvent de nombreuses difficultés à séparer l’oxide cobaltique d’autres substances , parmi lesc|uelles il s’en trouve plusieurs dont on ne parvient à le dégager que par des moyens dont l’emploi exige une grande sagacité.

Maniéré de séparer oxide cohallique de Voxide zinci que. — h' oxide cobaltique ne peut point être séparé de l’oxide zincique par la dissolution de potasse pure, même en faisant bouillir la dissolution des deux oxides avec un grand excès de cette dernière. L’oxide zincicjue se dissout bien par là, mais l’oxide cobaltique, c{ui reste sans se dissoudre, en retient toujours une grande quantité, dont

COBALT. gg

luil excès de polasse ne parvient à le dégager. La seule méiKode de séparer comp’élernent ces deux oxides Tun. de l’autre, consiste à les convertir en chlorures métalliques, et à isoler le chlorure zinci que volatil du chlorure cohaltique, pendant qu’on fait arriver un courant de gaz chloride hydrique sur les deux corps. On commence par précipiter les deux oxides , à l’état de carbonate , au moyen du carbonate potassique. Si la liqueur contient des sels ammoniques, on doit opérer la précipitation par un excès de ce réactif, comme s’il s’agissait de précipiter de l’oxide zincique seulement ( p. 85. ). La liqueur filtrée peut retenir encore un peu d’oxide cohaltique, qu’on précipite par le sulfhydrate airimonique , et qu’on . détermine à part. Les carbonates obtenus sont rougis au feu , ce quï les dépouille de leur acide carbonique. On les pèse ensuite, et, pour séparer les oxides l’un de l’autre, on les traite, dans un appareil semblable à celui qui est représenté pl. II, fig. de la meme manière absolument que s’il s’agissait d’un mélange d’oxides de zinc et de manganèse.

Manière de séparer Voxide cohaltique de V oxide fer ^ rique. — On emploie, pour séparer l’oxide cohaltique de l’oxide ferrique, les mêmes moyens que pour dégager celui-ci de l’oxide manganeux. A la dissolution des deux oxides on ajoute, surtout c[uand il y a' peu d’oxide ferrique , du chlorure ammoniquè qui , mis en suffisante quantité dans une dissolution d’oxide cohaltique, empêche ce dernier d’être précipité par l’ammoniaque. Si la dissolution est fort acide , on peut se dispenser d’y ajouter du chlorure ammoniquè. On sature ensuite la liqueur avec de l’aiiimoniaque, en observant les mêmes précautions que cellesqui onété décrites p. 65. Puis onprécipite l’oxide ferrique par un succinate alcalin neutre, et l’on traite le succinate ferrique ainsi qu’il a été dit précédemment. On détermine alors la quantité d’oxide cobalticjue contenue dans la liqueur qui a été séparée du succinate ferrique par

JOO TRAITÉ d'aKALYSE CHIMIQUE.

la filtration. Pour cela, on y verse du sulfhydrate ammonique, afin de précipiter l’oxide à l’état de sulfure cobaltique, qu’on traite comme il a été prescrit plus haut.

Souvent on sépare les deux oxides par l’ammoniaque seulement. Mais il faut alors ajouter une très-grande quantité de chlorure ammonique à la liqueur, ce dont on peut néanmoins se dispenser si elle est fort acide. Cette méthode de précipiter l’oxide ferrique, non par le succinate ammonique, mais par l’ammoniaque, et de le séparer ainsi de l’oxide cobaltique , convient surtout lorsque sa quantité est très-faihle relativement à celle de ce dernier. Cependant elle n’est point aussi exacte que la première.

Quoi qu’il en soit , ni l’une ni l’autre de ces deux méthodes ne procure de l’oxide ferrique parfaitement exempt de toutes traces d’oxide cobaltique, dont la présence peut y être constatée à l’aide du chalumeau.

Maniéré de séparer V oxide cobaltique de V oxide fer^ reux. — Lorsqu’on a de l’oxide ferreux et de l’oxide cohaltiqiie à séparer l’un de l’autre , il faut commencer par convertir le premier en oxide ferrique , soit par l’acide nitrique, soit par un courant de chlore gazeux, si les dissolutions sont acides et étendues.

Maniéré de séparer ïoxide cobaltique de Voxide manganeux, — Il est très-difficile de séparer l’oxide cobaltique de l’oxide manganeux. On n’y parvient qu’autant qu’on convertit les deux oxides en chlorures métalliques, et qu’on traite ceux-ci par le gaz hydrogène, ce qui réduit le chlorure cobaltique en cobalt métallique, tandis que le chlorure manganeux reste sans éprouver aucun changement. On commence par précipiter les deux oxides ensemble: opération pour laquelle on peut employer une dissolution de potasse pure, si la liqueur ne contient point de sels ammoniques ou d’ammoniaque. Quand elle en contient, on doit se servir du carbonate

COBALT

toi

potassique, avec un excès duquel on évapore la liqueur jusqu’à siccité. On peut aussi , ce qui vaut mieux, précipiter les deux oxides ensemble d’une dissolution neutre ou ammoniacale, par le sulfhydrate ammonique, décomposer les sulfures par l’acide nitrique, et préeipiter les deux oxides de leur dissolution nitrique en versant dans celleci une dissolution de potasse. On lave les oxides, on les fait rougir et on les pèse. On en introduit autant qu’on le juge nécessaire dans une boule de verre aux deux côtés de laquelle sont soudés des tubes de verre, et, tandis^qu’on fait chauffer la boule , on dirige sur eux un courant de gaz cbloride hydrique , afin de les convertir en chlorures métalliques. Pour dégager le gaz chloride hydrique on se sert d’une bouteille semblable à celle de l’appareil représenté pl. II, fig. 2. Il faut un laps de temps très-long pour que les oxides soient complètement convertis en chlorures métalliques. C’est pourquoi il serait beaucoup plus avantageux d’opérer cette conversion en dissolvant les oxides dans de l’acide hydrochlorique : cependant il n’est pas possible d’en introduire avec exactitude une quantité déterminée dans une boule de verre. Lorsque la conversion en chlorures métalliques est accomplie, on fait passer du gaz hydrogène sec sur ces chlorures, tandis que Ton chauffe fortement la boule dans laquelle ils se trouvent. On employé à cet effet un appareil semblable à celui qui sert pour la réduction de l’oxide cobaltique , et qui est représenté pl . II, fig. 3 .Le dégagement du gaz hydrogène ne doit être arrêté que quand il ne se dégage plus que des quantités insignifiantes de gaz chloride hydrique 5 on ne peut jamais arriver à ce que le dégagement de ce dernier gazeesse tout-à-fait, car, même après la réduction complète ,du chlorure cobaltique, des traces extrêmement légères de gaz chloride hydrique s’exhalent du chlorure manganeux, que le gaz hydrogène ne réduit point, à la vérité , mais qui attaque le verre sous l’influence d’une forte chaleur.

jpîç thàité d’anAlyse chimiqüeJ

Par conséquent dès qu’il ne se forme plus qu’un nuage presqueimperceptiLlequand on liemàl extrémilé de l’appareil une baguette de verre qui a été trempée dans l’ammoniaque, onlaisse refroidir la boule, sans néanmoins arrêlerencore le dégagement du gaz hydrogène. Après le refroidissement parfait, on plonge la boule dans de l’eau, qui dissout le chlorure manganeux, et laisse du cobalt métallique extrêmement divisé. Cependant le chlorure manganeux u’est pas dissous d’une manière complète; il en reste encore des flocons bruns , qui augmentent lorsque la dissolution reste exposée pendant long-temps à l’air atmosphérique. Mais il suffit de quelques gouttes d’acide hydrochlorique pour dissoudre ces flocons. Comme ils restent plus long-temps en suspension dans l’eau que le cobalt métallique, on peut h s décanter avec la dissolution de chlorure manganeux. On verse alors sur le cobalt de l’eau qu’on a rendue faiblement acide en y ajoutant quelques gouttes d’acide hydroclilorique très -étendu ; cette eau dissout complètement les traces de manganèse qui pourraient rester encore , mais n’altaque point le cobalt; pn la décante promptement, et on lave de nouveau le métal avec de r eau pure. On peut le réunir sur un filtre pesé, le sécher rapidement à une chaleur très-modérée, et le peser ensuite. Si l’on veut acquérir plus de certitude encore, on en pèse une portion, qu’on chauffe dans du gaz hydi ogène, ainsi qu’il a été dit p. gS. Prenant alors la dissolution du chlorure manganeux, on en précipite du carbonate manganeux, par le carbonate potassique, comme il a été prescrit précédemment, p. 5o.

Manière de séparer V oxide cohaltiquede V alumine L’oxide cobaltique peut être séparée de l’alumine par la dissolution de potasse pure, qui le précipite, en laissant, la terre dissoute.

Manière de séparer V oxide cohaldque delà magnésie, — Voici quelle est la meilleure manière de séparer l’oxide

COBALT

ip3

çobaltîqiie de la magnésie. A la dissolution des deux oxides, on ajoute assez de clilorure amnionique poiq’ que l’ammoniaque qu’on y verse ensuite ne précipite ni l’un ni l’autre. Cette addition n’esc point nécessaire quand la liqueur est acide. On verse alors du sulfhydrate ammonique dans la liqueur. Le sulfure cobaltique q^i se précipite est recueilli sur un filtre, et lavé avec de l’eau à laquelle on a ajouté un peu de sulfhydrate ammonique. Pour déterminer la quantité de cobalt qu’il contient, on le traite coiiimeje l’ai dit précédemment. Quanta la liqueur séparée du sulfure cobaltique par la filtration , on détruit par un acide l’excès de sulfhydrate ammonique qui s’y trouve, et on détermine ensuite la quantité de magnésie qu’elle tient en dissolution.

Maniéré de séparer V oxide cohallûjiie de la chaux. — On sépare l’oxide cobaltique de la cliaux par l’oxalate ammonique. A la dissolution des deux oxides, on ajoute assez de chlorure ammonique pour que l’ammoniaque qu’on y verse ensuite ne précipite pas d’oxide cobaltique; on peut se dispenser de cette addition quand la liqueur est acide. On précipite alors la chaux par l’oxalate ammonique, et après avoir filtré la liqueur , on en précipite à son tour l’oxide cobaltique par les moyens qui ont été indiqués plus haut. IMais il est nécessaire de filtrer très-ppidement l’oxcilate calcique, et d’éviter autant que possible le contact de l’air, afin que l’oxide cobaltique n’absorbe point d’oxigène dans la liqueur ammoniacale. Comme l’oxalate cobaltique exige une grande quantité d’ammoniaque pour se dissoudre, on ne saurait guère recommander celte méthode, quoique ce soit celle qu’on emploie ordinairement. On obtient un meilleur résultat en procédant comme il suit : A la dissolution ammoniacale des deux substances, on ajoute du sulfhydrate ammonique, qui précipite l’oxide cobaltique à l’état de sulfure cobaltique. Gn filtre rapidement , et, pendant la filtration, on évite

io4 traité d’awAlyse chimique.

autant que possible le contact de l’air atmosphérique, afin que l’oxide cobaltique ne se mêle point avec du carbonate calcique 5 ensuite on le lave avec de l’eau à laquelle on a ajouté une petite quantité de snlfbydrate ammonique. Prenant alors la liqueur séparée du sulfure cobaltique par la filtration , on détruit l’excès de suif hydrate ammonique en y versant de l’acide hydrochlorique , puis on en précipite la chaux. Il est bon d’employer une bouteille susceptible d’être bien bouchée, pour laisser au sulfure cobaltique le temps de bien se déposer, et de ne filtrer qu’après, afin que la chaux contenue dans la dissolution puisse traverser le filtre avant que l’air atmosphérique ait donné naissance à ducarbonate calcique.

Maniéré de séparer V oxide cobaltique de la strontiane. — Pour séparer l’oxide cobaltique de la strontiane, on employé le même procédé que pour l’isoler de la chaux. On pourrait aussi opérer cette séparation au moyen de l’acide sulfurique.

Manière de réparer V oxide cobaltique de la bar^^te.-^ C’est avec de l’acide sulfurique qu’on sépare l’oxide cobaltique de la baryte. Après avoir débarrassé la liqueur du sulfate barytique, par la filtration , on en précipite l’oxide cobaltique par de la potasse pure.

Manière de séparer V oxide cobaltique des alcalis. — Pour séparer l’oxide cobaltique des alcalis fixes, on ajoute à la dissolution neutre ou ammoniacale du sulfhydrate ammonique, e[ui précipite du sulfure cobaltique. Prenant alors la liqueur filtrée, on y détruit d’abord l’excès de sulfliydrale ammonique par un acide, après quoi on détermine la ([nanti té de l’alcali , par les moyens connus.

Vltl. NICKEL.

Détermination du nicbel et de Voxide niccolique. — La dissolution de potasse pure est, de même qu’à l’égard

JVICREL.

• io5

de l’oxide cobaltique, le meilleur réactif qu’on puisse employer pour précipiter l’oxide niccolique de ses dissolutions. Elle yproduitun volumineux précipité vert-pomme^ qui le contient si bien tout entier, qu’on n’en peut plus découvrir la moindre trace dans la liqueur filtrée, lorsque la précipitation a été faite avec les précautions convenables, et principalement qu’on a chauffé le tout jusqu’à l’ébullition. Le précipité est difficile à laver: aussi ne doiton se servir que d’eau chaude pour en opérer le lavage , après lequel on le sèche , on le calcine et on le pèse. La calcination le rend noir : il n’est alors composé que d’oxide niccolique pur, qui n’éprouve aucune altération dans son poids lorsqu’on le fait rougir et refroidir plusieurs fois de suite. Il n’y a donc point nécessité de réduire cet oxide par le gaz hydrogène , ce qui est indispensable à l’égard de l’oxide cobaltique. On doit toujours se servir de potasse pure pour opérer la précipitation de l’oxide niccolique, attendu que le carbonate potassique ne le précipite pas d’une manière aussi complète, à beaucoup près.

La potasse pure précipite complètement, et même à froid, l’oxide niccolique , non-seulement de dissolutions qui contiennent du chlorure ammonique ou d’autres sels ammoniques , mais encore de dissolutions dans lesquelles il y a de l’ammoniaque libre. Celte manière de se comporter avec la potasse , distingue éminemment l’oxide niccolique de l’oxide cobaltique.

Le sulfhydrate ammonique ne précipite pas l’oxide niccolique aussi bien que l’oxide cobaltique de dissolutions neutres ou rendues ammoniacales , parce que le sulfure niccolique est un peu soluble dans un excès de ce réactif, avec lequel il forme une dissolution brune , qui , dans l’état déconcentration, est tout- à-fait opaque. Lorsqu’on évapore cette dissolution , il s’en précipite bien , d’après Berzelius , une partie du sulfure, niccolique , mais une autre portion de celui-ci se convertit en oxide et reste

106 • TRAITÉ d'AîîÀLYSE chimique.

dissoute. La meilleure manière de précipiter l'oxide niccolique, à Félat de sulfure niccolique, de ses dissolutions neutres ou ammoniacales, est celle-ci; On met la liqueur étendue de beaucoup d’eau dans un verre à patte, et l’on y verse du sulfhydraie ammonique , dont on évite d’ajouter un très-grand excès. Alors on couvre le verre avec du papier gris , et on le laisse en repos pendant quelque tenips, dans un endroit très-médiocrement écliauffé. L’excès de sulfliydrate ammonique est détruit bnlement par Foxigène et par l’acide carbonique de Fai r atmospbé^ rique, tandis que le sulfure niccolique précipité ne s’oxide point. Lorsque la liqueur qui surnage le précipité n’est plus colorée en brunâtre , on réunit le sulfure niccolique sur un filtre, et on le lave rapidement avec de Feau à laquelle on a ajouté très-peu de sulfliydrate ammonique. En agissant avec la circonspection convenable , on réussit parfaitement à obtenir, exempte de nickel, la liqueur séparée du sulfure niccolique par la filtration. On fait ensuite digérer doucement le sulfure et le filtre avec de l’acide nitrique ou de Feau régale , dans un verre à patte, jusqu’à ce que le soufre mis à nu soit de couleur jaune. La digestion ne doit pas durer trop long-temps , sans quoi Faction de l’acide sur le papier du filtre produirait une matière organique soluble, qui pourrait s’opposer à ce que la pré( ipitation del’oxide niccolique fût complète. On filtre alors la dissolution , on lave le résidu de soufre, et on verse de la dissolution de potasse dans la liqueur, pour précipiter l’oxide niccolique , dont on détermine le poids. Il ne faut pas se servir d’acidebydrocblorique, en place d’acide nitrique ou d’eau régale, parce qu’il ne décompose pas complètement le sulfure niccolique. On ne réussit jamais , ou du moins on ne parvient que très-rarement à décomposer complètement par un acide faible l’excès de sulfliydrate ammonique qui a été ajouté à la dissolution niccolique, sans dé-

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