‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 55 sur 115 · ÉTAIN · texte numérisé non relu

ÉTAIN

hydrique. Si la dissolution ne contenait que de l’oxide stanneux, après quelle est saturée de gaz sulfide hydrique, le sulfure d’étain se précipite avec plus de rapidité , et on doit le recueillir sur un filtre tandis que la liqueur a encore l’odeur du sulfide hydrique. ,

On pourrait, à la vérité, recueillir sur un filtre pesé le sulfure d’étain obtenu de cette manière , et , après l’avoir séché, déterminer, d’après son poids, la quantité de l’oxide sfannique ou de l’oxide stanneux ,. suivant çdui des deux oxides qui existait dans la liqueur. Cependant,; lorsqu’on ignore à quel degré d’pxidation l’étaiii était dans la dissolution, ou quand celle-ci contenait un mélange des deux oxides, il est impossible de procéder ainsi. La rneilleure méthode pour déterminer combien* le sulfure d’étain contient d’étaii^ , est la suivante : On lave le sulfure;, on le fait sécher, et on le met , soit sec , soit même encore humide, avec le filtre, dans un grand verre, |à patte ^ ou mieux dans un flacon à large. embouchure, susceptible de recevoir un bouchon de verre. Peu à peu oju verse dessus avec circonspection de l’acide nitrique fççmant , en veillant à ce que l’action violente de cet acide ne produise pas de perte par projection. L’étain; « se trouve par là converti en oxide stanpique insoluble , çt le soufre en acide sulfurique. On pourrait maintenapt réunir l’oxide stannique sur un filtre,; le faire rougir/^t le peser; mais il est beaucoup mieux de mettre le tout dans un creuset de platine, et de volatiliser d’abord l’acide nitrique en excès, puis, à une chaleur plus fprte, l’acide sulfurique qui a été produit. L’oxide stannique restant est ensuite calciné dans un creuset de platine; il re^][e ainsi à l’état de pureté , et d’après sa'quap|;ité op caîeqle celle de l’étain. Il est nécessaire, après avoir calciné et pesé une première fois l’oxide stannique, de le traiter par du carbonate ammoniacal, ainsi qu’il a été dit précédemment. Quoic|ue celte méthode soit compliquée, elle n’en

ÎXOO TRAITÉ d’aNÀLYSE CHIMIQUE.

mérite pas moins la préférence sur celle qui consiste à calciner fortement le sulfure d’étain au contact de l’air, pour le convertir en oxide stannique. La conversion complète ne s’effectue qu’avec peine et lenteur, pour peu que la quantité de sulfure d’étain sur laquelle on opère soit considérable. Cependant si l’on n’en a que peu à transformer en oxide stannique , cette méthode peut être employée avec beaucoup d’avantage.

La nature nous offre l’oxide stannique , mêlé avec trèspeu de substances étrangères , mais dans un tel état de densité', qu’il est insoluble dans les acides. C’est ce qui arrive aussi à de l’oxide stannique artificiel que l’on a fait rougir. Lorsqu’on veut déterminer quantitativement la petite quantité de substances étrangères qui se trouvent mêlées avec l’oxide stannique naturel , il faut diviser ce dernier parla lévigation, le mêler avec trois ou quatre fois son poids de carbonate potassique ou sodique , et faire rougir le tout ensemble. De l’acide carbonique se dégage du carbonate alcalin, ce qui oblige à chauffer peu à peu lè mélange. Il faut alors observer les mêmes précautions que celles qui sont nécessaires dans la fusion de l’acide silicique ou des silicates avec les carbonates alcalins , et que je décrirai plus loin fort au long , ce qui me dispense de les énumérer ici. Après avoir été fondu avec l’alcali, l’oxide stannique est soluble dans les acides. On détermine lion - seulement l’oxide stannique contenu dans la dissolution , mais encore les substances étrangères qui l’accompagnaient.

Maniéré de séparer Vélain d'autres métaux. — On "n’éprouve pas beaucoup de difficultés à séparer l’étain 'd’autres métaux. S’il s’agit d’un alliage , on le fait bouillir avec de l’acide nitrique. Tous les métaux dont il a été question jusqu’à présent, excepté ceux qu’on appelle nobles, comme le platine, l’or, etc. , sont oxidés par l’acide nitrique, et leurs oxides se dissolvent dans cet acide,

étAin.

à l’exception de l’acide stannique. Le mieux ensuite est d’évaporer la dissolation nitrique, avec l’oxide stannique non dissous, jusqu’à ce que l’acide nitrique en excès soit volatilisé pour la plus grande partie; on y ajoute alors de l’eau, et l’on réunit sur un filtre l’oxide stannique, dont on détermine la quantité, ainsi qu’il a été dit précédemment. Les oxides dissous dans la liqueur sont déterminés d’après les méthodes que j’ai fait connaître plus haut. Si l’alliage contenait du bismuth , il est bon d’ajouter un peu d’acide nitrique à l’eau de lavage, afin qu’il ne se mêle pas de soussel bismuthique à l’oxide stannique. On sépare de cette manière l’étain de ses combinaisons métalliques avec l’argent, le cuivre, le bismuth, le plomb, le cadmium, le nickel, le cobalt, le zinc , le fer et le manganèse.

Si l’alliage contient du platine et de l’or, peut-être conviendrait-il, pour les séparer de l’étain, d’avoir recours à la méthode décrite p. 89, c’est-à-dire de traiter l’alliage par du chlore gazeux. Il se produirait ainsi du chlorure stannique, qui se volatiliserait, et dont les vapeurs seraient dissoutes par l’eau contenue dans le flacon. De l’or et du platine resteraient combinés avec plus ou moins de chlore , suivant qu’on aurait employé une chaleur plus ou moins forte pour exécuter l’opération. Cependant l’expérience n’a point encore fait connaître si cette méthode donnerait des résultats exacts.

Maniéré de séparer les oxides d^étain des oxides d^urane^ de nickel^ de cobalt^ de zinc, de fer et de manganèse, des terres et des alcalis. — Toutes ces substances, que le gaz sulfide hydrique ne précipite point de dissolutions acides, peuvent être séparées des oxides d’étain, non - seulement par l’acide nitrique, mais encore par le gaz sulfide hydrique. Cependant il convient alors, dans la plupart des cas, de rendre les dissolutions acides, en y ajoutant de l’acide hydrochlorique. Si les combinai-

20a tkAité danAlyse chimique.

sons des oxides en question avee ceux d’étain sont sous forme solide, il faut essayer de les dissoudre dans de l’acide hydrochlorique. Si elles sont insolubles, ou trèspeu solubles, on parvient, dans beaucoup de cas, après les avoir pulvérisées, à les dissoudre dans de l’acide sulfurique concentré, qui a été étendu d’une petite quantité d’eau. La dissolution peut ensuite être étendue d’eau àvec circonspection, et on en précipite les oxides d’étain par le moyen du gaz sulfide hydrique. Mais si la combinaison est insoluble aussi dans l’acide sulfurique, il faut la faire rougir avec trois ou quatre fois son poids de carbonate potassique ou sodique^ après quoi, on peut dissoudre la masse rougie dans de l’acide hydrochlorique.

Manière de séparer les oxides d^étain des oxides de mercure^ d'argent^ de cuiure , de bismuth^ de plomb et de cadmium. — Ces oxides étant précipitables de dissolutions acides par le gaz sulfide hydrique, on peut les séparer des oxides d’étain, en sursaturant d’abord la dissolution concentrée avec de l’ammoniaque, et y versant ensuite un excès de sulfhydrate ammonique : de cette manière, il n’y a que les sulfures d’étain qui se dissolvent, tandis que les autres sulfures métalliques restent sans se dissoudre. Le sulfure stannique est beaucoup plus soluble dans un excès de sulfhydrate ammonique que le sulfijfe stanneux. Ce dernier y serait peut-être insoluble , si l’on pouvait obtenir le sulfhydrate ammonique exempt de tout excès de soufre. Ce qu’il y a de mieux à faire, c’est d’in- -troduire le tout dans un matras qui ne soit pas entièrement clos avec un bouchon , et de le faire digérer à une très- -douce chaleur; de cette manière, les sulfures métalliques insolubles dans fe sulfhydrate ammonique se séparent mieux, et la dissolution du sulfure d’étain s’opère avec plus de facilité. Si l’étain était à l’état d'oxide stanneux dans la dissolution , on ajoute un peu de soufre en poudre au sulfhydrate ammonic[uc dont on se sert , ce qui donne

Page 1