‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 54 sur 115 · XXXI. OR · texte numérisé non relu

XXXI. OR

Détermination de Vor et de V oxide atirique, — Pour déterminer quantitativement l’or dans ses dissolutions , on ' le réduit. Diverses ^j|^ipdes peuvéïit également biencbn-» duire à ce but. On ^^^îe, pour opérer» la réduction y la dissolution d’un c' âfeloLçrreux , ou celle du chloruré ferreux. Ordiriairem'ept;bn fait choix d’une dissolution de sulfate ferreux. Elle précipite, l’or de ses dissolutions , sous la forme d’une poudre fine et brune. Lorsque la dis-> solution ne contient que du chlorure aurique, il faut y ajouter en outra^de l’acide hydrochlbrique , afin que l’oxide ferrique par l’action prolongée 'de* l’ain

atmosphérique su|tÂ@:id;issolution ferreuse , ne se précipite point avec For réduit^ mais reste dissous dans Faci de-libre.» La dissolution ferrèuse réduit complètement l’or 5 ce^^eii-* dant il est bon, après l’avoir versée dans celle dé ce dernier, de laisser le tout en repos pendant quelque temps \ dans un lieu médiocrement échauffé.: On réunit ensuite l’or réduit sur un filtre, on le fait rougir- faiblement, et ouïe pèse*, la calcination peut avoir lieti 'dans un creuset de platine, < ’o ;

l84 TRAITÉ d’analyse CHIMIQUE.

Lorsque la dissolution d’or coutient encore de l’acide nitrique, ce qui a lieu ordinairement, parce qu’on a coutume de dissoudre Tor et beaucoup de ses alliages dans l’eau régale, il faut agir avec plus de circonspection en opérant la réduction du métal, car il pourrait se faire que l’eau régale, contenue dans la dissolution, redissolvît une petite quantité de l’or réduit. Dans ce cas, il est bon, avant d’ajouter le sulfate ferreux, d’évaporer la liqueur presque jusqu’à siccité, ou plutôt jusqu’à ce que tout l’acide nitrique soit dissipé et qu’il commence à se dégager du chlore. On peut aussi verser peu à peu de l’acide hydrochlorique dans la liqueur, pendant qu’on la concentre en la faisant chauffer long-temps; de cette manière, l’acide nitrique se trouve également détruit, parce que du chlore est mis en liberté. Cependant cette méthode de décomposer l’acide nitrique exige un laps de temps beaucoup plus long. On étend ensuite d’eau la dissolution , et l’on y ajoute une suffisante quantité de sulfate ferreux.' Si l’on a évaporé la liqueur jusqu’à siccité , il faut , outre de l’eau, ajouter aussi de l’acide hydrochlorique libre au résidu sec. Si de l’or s’était déjà séparé de la liqueur, pendant qu’on l’évaporait , et avant qu’on y versât la dissolution du sulfate ferreux , il ne résulterait de là aucun inconvénient ; ce cas a toujours lieu quand on pousse l’évaporation jusqu’à ce qu’il commence à se dégager du chlore et qu’il se forme du chlorure aureux.

L’or peut être réduit de ses dissolutions, en ajoutant à celles-ci une dissolution de nitrate mercureux. Cependant cette méthode ne vaut pas la précédente. Il faut alors que la dissolution ne contienne pas trop d’acide nitrique, et l’on doit calciner fortement le précipité qui s’est produit, afin d’ en chasser tout le mercure.

Dans beaucoup de circonstances , il y a de l’avantage à se servir de l’acide oxalic[ue et des oxalates pour réduire l’or. Quand on emploie une dissolution d’acide oxalique,

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l’or se réduit avec lenteur, mais complètement. Il faut laisser la dissolution d’or en digestion à cliaud avec l’acide oxalique, pendant assez long- temps, depuis vingtquatre jusqu’à quarante-huit heures. Tandis que la réduction du métal s’opère , un dégagement d’acide carbonique a lieu , ce qui fait qu’on doit veiller à ce qu’il ne se perde rien de la liqueur par l’effet de la projection. L’or réduit par ce procédé , est sous la forme de petites lamelles jaunes , qui , lorsqu’il y a peu de métal , s’appliquent aux parois du vase; il ne se précipite point sous celle de poudre , comme quand on emploie le sulfate ferreux pour en déterminer la réduction.

Si l’on veut se servir d’un oxalate pour opérer la réduction de l’or, on ne peut employer qu’un de ceux dont les bases forment , avec l’acide liydrochlorique , un chlorure métallique soluble dans l’eau, et sont susceptibles aussi , quand il existe de l’acide nitrique, de produire des sels solubles avec cet acide. Du reste , la dissolution doit contenir assez d’acide hydrochlorique libre pour pouvoir décomposer l’oxalate. Si la liqueur contient trop d’acide nitrique , il peut arriver, comme dans le cas où l’on emploie le sulfate ferreux pour effectuer la réduction, qu’un peu d’or réduit se redissolve dans l’eau régale; on doit donc la traiter ainsi que je l’ai dit plus haut, pour en chasser l’acide nitrique. -,

Beaucoup d’autres substances encore peuvent précipiter l’or à l’état métallique ; cependant celles dont il vient d’ètre question paraissent mériter la préférence.

Lorsqu’une dissolution ne contient que de l’or, sans aucun autre métal , on pourrait l’évaporer jusqu’à siccité et faire rougir le résidu; il ne resterait que de l’or méta’lique, si du reste la liqueur ne contenait aucune substance capable de résister à l’action du feu. Cependant l’or est alors répandu sur toute la surface du vase , des parois duquel on a de la peine à le détacher , de sorte qu’il est

l86 TIlAiTi d’anàlyse chimique.

plus difficile à réunir que quand on l’a précipité par une substance apte à le réduire , telle que l’acide oxalique ou un oxisel ferreux.

Manière de séparer T or et V oxide aurique des autres métaux et oxides métalliques, — On emploie plusieurs méthodes quand on veut séparer l’or d’autres métaux. Si ce métal est contenu dans des dissolutions à l’état d’oxide ou de chlorure aurique, on peut l’y séparer d’un trèsgrand nombre de métaux, en rendant d’abord celles-ci acides par l’addition d’un peu d’acide hydrochlorique, et y versant ensuite une dissolution de sulfate ferreux ou d’acide oxalique. Les oxides de la plupart des métaux dont il a été parlé juscju’ici , ne sont point précipités par ces réactifs. Dans la majorité des cas où il s’agit d’opérer des séparations de ce genre, l’acide oxalique est préférable au sulfate ferreux pour réduire l’or, parce cju’après avoir séparé le métal réduit en filtrant la liqueur, on éprouve plus de difficulté à détcrininer les oxides des autres métaux, quand cette dernière lient une grande quantité de fer en dissolution, dont on est alors obligé de commencer par la débarrasser. Lorsqu’on fait choix de l’acide oxalique pour séparer l’or d’autres métaux avec lesquels il est dissous, on ne doit pas oublier d’ajouter à la dissolution une suffisante quantité d’acide hydrochlorlc|ue. Un très-grand nombre d’oxides métalliques forment, avec l’acide oxalique, des combinaisons insolubles ou fort peu solubles dans l’eau, mais qui se dissolvent dans l’acide hydrochlorique, pourvu qu’il n’y ait pas trop peu de ce dernier. Après avoir séparé la liqueur de l’or réduit, en la filtrant, on détermine les substances qui étaient combinées , soit avec l’or, soit avec l’oxide aurique, en ayant recours aux méthodes qui ont été indiquées précédemment. On peut , de cette manière, séparer For du cuivre , de l’urane, du bismuth , du cadmium , du nickel , du cobalt , du zinc , du fer et du manganèse , ou de leurs oxides , ainsi que

des terres et des alcalis. Cette méthode ne saurait être mise en pratique lorsqu’on a de l’argent ou des quantités considérables de plomb à séparer de l’or , parce que les chlorures de ces métaux sont ou insolubles ^ ou trèspeu solubles dans des liqueurs acides. On ne saurait conseiller non plus d’avoir recours à l’acide oxalique pour séparer l’or du platine qui l’accompagnerait dans des dis- , solutions, quoique ce dernier ne soit pas, comme l’or, susceptible d’être précipité à l’état métallique par l’acide oxalique.

On peut, à l’aide du gaz suîfide hydrique, précipiter complètement l’or d’une dissolution acide étendue, et ce moyen est utile pour le séparer de substances que le gaz sulfide hydrique n’a pas le pouvoir de précipiter de la ii- , queur acide. Il ne faut pas faire traverser au gaz la dissolution, tandis que celle-ci est chaude*, 011 doit aussi se hâter de filtrer le sulfure d’or noir qui s’est produit, parce que, si on tardait beaucoup, le soufre de ce sulfure se convertirait en acide sulfuricjue, qui resterait dans la liqueur, tandis que de l’or mélallicfiie se séparerait. On fait rougir le sulfure d’or dans un creuset de platine, après l’avoir séché ^ le soufre se volatilise, et il reste l’or, dont on détermine le poids. Cette méthode peut servir à séparer l’or du nickel , du cobalt, du zinc, du fer, du manganèse, des terres et des alcalis, qui l’accompagnent dans des dissdluüons.

Comme le sulfure d’or est soluble dans un excès de sulfhydrate ammonique , on peut recourir à ce réactif pour séparer l’or, dans des dissolutions , non seulement des substances qui viennent d’ètre énumérées, mais encore de plusieurs métaux que le gaz sulfide hydrique précipite à l’état de sulfures métalliques de leurs dissolutionsrendues acides, mais dont les sulfures ne sont point solubles dans le sulfhydrate ammonique, comme le cuivre, le bismuth, le cadmium, et aussi le plomb. A cet çffet, après avoir

i88 traité d’atîàlyse chimique.

concentre la dissolution, si elle était trop étendue , on la sursature avec de rammoniaque , et l’on ajoute un assez grand excès de sulfhydrate ammonicjue au précipité qui se produit. On laisse le tout tranquille, dans le vase, qu’on a eu soin de couvrir, jusqu’à ce que le sulfure d’or qui a été formé, se soit complètement dissous. Les sulfures métalliques non dissous sont recueillis sur un filtre, et lavés avec de l’eau à laquelle on a ajouté un peu de sulfhydrate ammonique. On précipite ensuite l’or de la dissolution , en sursaturant cette dernière avec de l’acide hydrochlorique étendu ; on le fait sécher, puis rougir, et l’on détermine le poids de l’or métallique qui reste. Quant aux métaux des sulfures métalliques dissous dans le sulfhydrate ammonic|ue, on les sépare à l’aide des méthodes qui ont été décrites précédemment.

Comme l’or n’est point dissous par les acides simples, 011 pourrait se servir de l’acide nitrique pur étendu, et, dans certains cas, de l’acide hydrochlorique, pour séparer ce métal d’autres avec lesquels il serait allié, puisque la plupart de ces derniers sont solubles dans l’acide nitric]ue, et f|ue quelques uns d’entre eux le sont aussi dans l’acide hydrochlorique. Il ne faut pas se servir, pour opérer la dissolution , d’acide nitrique trop fort et bouillant, parce que l’acide nitreux qui se produit pourrait faire qu’une très-légère trace d’or se dissolvît. Cependant on ne doit pas perdre de vue, à cet égard, qu’il y a plusieurs métaux, tels que l’argent et le plomb , qui se dissolvent aisément dans l’acide nitrique, lorsqu’ils sont seuls ou alliés avec d’autres métaux , mais dont les alliages avec l’or sont difficilement attaqués par lui , surtout quand ils contiennent une grande quantité de ce dernier , et qu’on n’a pas soin de les prendre réduits en feuilles minces. Il vaut donc mieux, toutes les fois qu’on doit faire l’analyse quantitative d’un alliage aurifère, et que cet alliage ne contient pas beaucoup d’argent ou de plomb , le dissoudre dans df

Feaii régale, cliasser l’acîde nitrique de la dissolution , soit par l’acide liydroclilorique , soit par Faction de la chaleur, et ensuite précipiter For, opération pour laquelle^ comme la remarque en a déjà été faite précédemment , Facide oxalique est le réactif qui convient le mieux dans les cas de ce genre.

Manière de séparer ïor du platine. — L’or et le platine ne peuvent être séparés Fun de Fautre qu’en concentrant leur dissolution dans l’eau régale , y ajoutant assez d’alcool pour qu’elle contienne environ soixante pour cent de son volume de ce corps, et y versant ensuite une dissolution concentrée de chlorure ammonique, ou mieux, de chlorure potassique. On précipite ainsi du chlorure platinico-potassique , ou platinico - ammonique , tandis qu’un chlorure aurico-potassique ou ammonique reste en dissolution. Le précipité est lavé avec de Falcool faible, auquel on ajoute une petite quantité d’une dissolution concentrée de chlorure ammonique, ou de chlorure potassique j puis on détermine la quantité de platine qu il contient, en suivant la marche qui a été tracée précédemment (p. 169). Prenant alors la liqueur filtrée, on la chauffe doucement, pour volatiliser la plus grande partie de Falcool, et on en précipite For par une dissolution de sulfate ferreux , ou mieux par Facide oxalique.

L’iridium pourrait être séparé aussi de l’or par le même procédé.

Manière de séparer T or de V argent. — La séparation de ces deux métaux, qui est d’une grande importance sous le rapport technologique , peut être effectuée de plusieurs manières diverses. On l’exécute ordinairement en fondant avec un poids connu d’argent pur l’alliage dont on connaît à peu près la proportion desprincipes constituans, d’après l’essai qu’on en a fait avec la pierre de touche. La quantité d’argent contenue dans l’alliage, réunie à celle qu’on ajoute 5 doit être, dans la masse fondue, trois fois ou trois

igo traité d’anàltse carMiQUÊ.

fois et demie environ supérieure à celle de l’or. La fusion s’exécute sur une coupelle , dans un four à essai , après qu’on a ajouté à la masse trois ou quatre fois son poids de plomb pur , parce que la chaleur du fourneau à essai n’est point assez forte pour fondre complètement l’argent avec l’or. On coupelle ensuite le plomb, en ayant soin d’élever le moins qu’on peut la température , afin que l’oxide plombique qui se produit entraîne le moins possible d’or avec lui dans la masse de la coupelle. L’opération terminée , on réduit l’alliage d’or et d’argent en une lame mince, que l’on roule sur elle-même, qu’on fait rougir, qu’on pèse, et qu’on cbauffe ensuite modérément, dans un matras , avec de l’acide nitrique pur et étendu. L’argent seul se dissout, et l’or reste. Quand l’acide ne dissout plus rien, on le décante , on verse de l’acide nitrique pur et plus fort sur le résidu , on fait bouillir le tout , on décante encore la liqueur, on lave le résidu à plusieurs reprises avec de l’eau distillée , et on réitère le lavage j'usqu'à ce que l’eau ne donne plus de précipité de chlorure argenlique quand on y ajoute un peu d’acide bydrocblorique. L’or qui reste a conservé la forme qu’avait l’alliage avant d’eire soumis à l’action de l’acide nitrique ; on le fait rougir avec ménagement, afin de lui donner plus de solidité, et on le pèse. D’après la perte on connaît la c[uantité de l’argent.

11 est nécessaire dans cette expérience de n’opérer que sur une quantité très-faible d’alliage , et de n’en analyser c|u’un demi-gramme environ , car lorsqu’on agit sur des quantités plus considérables, le résultat est moins exact.

Cette méthode , qu’on appelle inquartation^ n’est emtployée que cjuand l’alliage qu’on examine contient une. quantité d’or considérable proportionnellement à celle de l’argent. Il n’y a que ce cas , en effet, où l’argent ne puisse pas être séparé de l’or par l’acide nitrique seul. Lorsqu’au contraire la proportion de l’or est faible dans l’alliage ,

OR. igi

et qu’elle ne s’élève qu’au tiers ou au quart de celle de l’argent , on peut, sans y ajouter d’argent , traiter cet alliage par l’acide nitrique pur, ainsi que je l’ai dit plus haut, après l’avoir aplati et réduit en lame.

Dans les analyses scientifiques on procède d’une autre manière pour déterminer la quantité de l’or et de l’argent dans un alliage. Si l’alliage contient très-peu d’argent , et que celui-ci ne s’y élève pas à plus de quinze pour cent environ , le mieux est de le réduire en lame, de le peser, de verser dessus de l’eau régale, et de cliaufîèr le tout pendant long-temps. L’or se dissout complètement , et l’argent se transforme en chlorure argenlique , dont une partie est bien dissoute par l’acide fort, mais se précipite en totalité lorsqu’on ajoute assez d’eau à la liqueur. Le chlorure argentique produit conserve la forme de l’alliage sur lequel on a opéré. On le divise soigneusement avec un tube de verre, on étend la liqueur d’une grande quantité d’eau , on la fait chaulfer , et après que tout le chlorure argentique s’est déposé au fond , on le réunit sur un filtre , pour le peser. On évapore la liqueur filtrée jusqu’à ce que l’acide nitricj^ue qu’elle contient soit dissipé ] puis on précipite l’or par l’acide oxalique, et après l’avoir séparé par la filtration, on détermine les oxides dissous dans la liqueur dont les métaux pouvaient être combinés avec l’or et l’argent dans l’alliage. Ces métaux se bornent ordinairement à de petites quantités de enivre et de fer , quand on analyse des alliages naturels.

Celte méthode ne peut cependant pas être employée avec avantage lorsque la quantité d’argent est plus considérable dans l’alliage , c’est-à-dire c[uand elle dépasse environ quinze pourcent, \ient-on à traiter un pareil alliage par l’eau régale , meme après l’avoir réduit en lames minces , le chlorure argentique c[ui se produit enveloppela portion non encore attac[uéc , et l’emprisonne si bien qu’elle la met complètement à l’abri de l’acrioii de l’acide. Dans ce cas ,

IQ2 traité d’analyse chimique.

au lieu d’eau régale , il faut employer de Facide nitrique pur 5 mais l’usage de cet acide ne convient que quand il s’agit d’analyser les alliages où la proportion de l’argent remporte de beaucoup sur celle de For , c’est-à-dire ceux dans lesquels ce dernier métal ne s’élève qu’à environ vingt pour cent. On aplatit alors la combinaison , sans rouler la lame sur elle-même ; on la pèse , on verse dessus de Facide nitrique, et quand l’acide a épuisé son action , qu’on doit aider du concours de la chaleur, on cherche à diviser For restant avec un tube de verre, afin de pouvoir être certain que tout Fargent a été dissous , tandis que dans les essais qui viennent d’ètre décrits, et dont le but n’a de rapport cju’aux arts, on s’attache, au contraire, à conserver For sous la forme de lame roulée , pour que sa pesée demande moins de temps. On réunit For divisé sur un filtre , on le lave bien, on le sèche , on le fait rougir, et on en détermine le poids. La prudence veut qu’on le dissolve dans de l’eau régale, afin de s’assurer c]ue la dissolution est parfaitement exempte d’argent, et qu’elle ne donne pas de chlorure argenlique après avoir été étendue d’eau.

A la dissolution qui a été séparée de For par la filtration on ajoute de Facide hydrochlorique , afin d’en précipiter Fargent sous la forme de chlorure argenlique. Après avoir recueilli celui-ci sur un filtre , on peut encore déterminer les oxides dissous dans la liqueur dont les métaux existaient dans l’alliage. Cependant si, en dissolvant For dans l’eau régale , on a acquis la conviction qu’il contient encore de Fargent , celte dissolution peut être mêlée avec la liqueur séparée de l’or par la filtration, ce qui précipite l’argent à l’état de chlorure argenlique. On réunit celui-ci sur un filtre, on réduit For contenu dans la liqueur filtrée, et, somme totale , on procède de niême que j’ai prescrit de le faire après que l’alliage a été traité par l’eau régale.

Cependant lorsque un alliage contient plus de quinze ,

mais moins de quatre-vingts pour cent d’argent, ni Tune ni l’autre des méthodes qui ont été décrites précédemment ne peut être employée dans des analyses scientifiques. On ne saurait alors exécuter l’analyse comme on a coutume de le faire lorsqu’on examine un pareil alliage d’or et d’argent dans un but qui ne se rapporte qu’aux arts. La méthode décrite p. 188 donne des résultats qui ne sont satisfaisans qu’après avoir été obtenus par une main exercée, mais qui , hors ce cas , devii nnent si souvent incertains , qu’on ne peut même quelquefois en faire usage dans les arts. Lorsqu’on veut analyser rigoureusement un alliage d’or qui contient entre quinze et quatre-vingts pour cent d’argent, il ne conviendrait pas de recourir à la méthode qui consiste à le fondre avec une quantité exactement pesée d’argent pur, et à traiter la masse fondue par l’acide nitrique pur. Userait difficile de la mettre à exécution, en fondant l’alliage avec l’argent, dans un petit creuset et dans un fourneau , car lorsqu’on procède ainsi , les parois du creuset se chargent fort souvent de globules très-petits de la masse fondue, qu’on a de la peine à réunir complètement. On ne saurait non plus recourir à la lime pour débarras* ser l’alliage fondu de toutes les traces de la niasse du creuset, parce qu’il est absolument nécessaire de consacrer la totalité des métaux fondus ensemble à l’analyse, attendu que la fonte n’est point uniforme partout, et que sa conposition varie dans ses diverses parties. La fusion ne réussit également pas bien, sans addition de plomb, sur une petite coupelle, dans le moufle d’un fourneau à essai, parce que la chaleur de celui-ci n’est point suffisante pour cela. Il est donc préférable d’employer un métal plus fusible que l’argent , pour dissoudre l’alliage, afin de pouvoir le traiter ensuite par l’acide nitrique seul. Celui qui convient le mieux est le plomb pur, qu’on peut se procurer en faisant rougir l’acétate plombique du commerce. D’après les expériences de mon frère, en fondant environ trois IL i3

parties de ce plomb avec une partie d’alliage d’or et d’argent , dans un petit creuset de porcelaine , sur une lampe h esprit de vin , on obtient un alliage que l’acide nitrique pur décompose complètement sans qu’il soit nécessaire de le laminer.' On le traite par cet acide , jusqu’à ce qu’il reste de l’or pur, que , pour plus de sûreté , on doit redissoudre encore dans de l’eau régale, afin d’acquérir la conviction que la dissolution ne contient pas d’argent. On prend ensuite la liqueur séparée de l’or par la filtration , et on en précipite l’oxide argentique dissous à l’état de clilorurè argentique. Quand on emploie de l’acide bydroclilorique étendu pour opérer cette précipitation , il peut arriver, si la licjueur n’est pas très-étendue, que du chlorure plombique se précipite avec le chlorure argentique'; on peut à la vérité en débarrasser ce dernier par un lavage prolongé, mais la séparation n’a lieu qu’avec difficulté. 11 est donc plus convenable d’employer, au lieu d’acide hydrochlorique , une dissolution de chlorure plombique, pour précipiter l’oxide argentique de la liqueur.

S’il s’est formé une petite quantité de chlorure argentique pendant la dissolution de l’or, on la recueille sur Un filtre, après avoir convenablement étendu la liqueur avec de l’eau. On peut ensuite réunir sur le même fibre le chlorure argentique qu’on a précipité par le chlorure plombique de la liqueur séparée de l’or par la filtration. Comme la dissolution de l’or dans l’eau régale peut contenir une très-petite quantité de chlorure plombique, il est à pro])os , dans ce cas, après avoir chassé l’acide nitrique, do précipiter l’or, non par l’acide oxalique, mais par une dissolution ferreuse. Cependant, comme il n’est pas possible d’employer la dissolution de sulfate ferreux, attendu que l’or réduit pourrait se trouver alors mêlé avec du sulfate plombique , le mieux est de choisir "une dissolution de chlorure ferreux pour opérer la réduction de l’or.

OR* igS

En faisant usage de celte méthode, il est difficile de déterminer les petites quantités de fer et de cuivre, ou d'autres métaux , qui peuvent être contenues dans un alliage naturel d’or ou d’argent. Lorsqu’on veut trouver exactement la quantité de ces métaux , il convient de soumettre une portion de l’alliage à une autre méthode analytique qui, à la vérité, ne fournit pas d’une manière trèsexacte la quantité de l’argent , mais du moins permet de déterminer avec une précision suffisante celle des autres prineipes constituans. On réduit l’alliage en un lame trèsmince, et on en prend un poids quelconque, que l’on traite par de l’eau régale. Lorsqu’il s’est formé une croûte de chlorure argentique sur la portion non encore attaquée de Falüage, et que l’acide a cessé d’agir, même en chauirant fortement le lout^ on décante la liqueur, on lave ce qui reste de la lame avec de l’eau, et on dissout par de l’ammoniaque la croûte de chlorure argentique qui adhère «à sa surface. On ajoute la dissolution ammoniacale à la dissolution précédemment obtenue 'dans l’eau régale*, ce qui , si celte dernière est acide, en précipite du chlorure argentique. Quant au reste de la lame d’alliage, on le traite de nouveau par l’eau régale, puis par l’aiïtinoniaque , et l’on réitère ces deux opérations jusqu’à ce que tout Falliagc soit dissous. Après avoir réuni toutes les li(|iîeurs, et les avoir étendues d’eau, on rassemble sur un filtre le chlorure argentique qui s’est formé, en ayant soin, toutefois, de se convaincre préalablement que la dissolution est acide. Prenant alors la liqueur fil- Iréc , on en réduit l’or au moyen de l’acide oxalique, et après avoir séparé ce métal par la (îllration , on détermine les petites quantités d’autres oxides métalliques qui peuvent exister encore dans la dissolution.

Cette méthode est très-compliquée 5 aus® ne doit-on y recourir que quand un alliage d’or ou d’argent contient d’autres métaux encore. Les quantités de chlorure et de

lg6 TRAITÉ d’analyse CHIMIQUE.

nitrate ammonlques qui se forment par le mélange des liqueurs, ne suffisent pas pour précipiter bien complètement le chlorure argentique; c’est pourquoi il est prudent de prendre une autre portion de l’alliage, et de l’analyser d'après la méthode qui a été décrite précédemment, en le faisant fondre avec du plomb, et traitant la masse fondue par l’acide nitrique.

Manière de séparer Vor du cuivre. — Dans une analyse qui intéresse plutôt les arts que la science, on détermine la quantité d’or que contient un alliage d’or et de cuivre, en pesant la combinaison , la fondant sur une coupelle, dans un four à essai, avec trois à c|uatre fois son poids de plomb pur, et la coupellant ensuite. On pèse l’or qui reste , et l’on calcule le cuivre d’après la perte.

■ Si l’alliage c|u’on examine, outre de l’or et du cuivre, contient encore de l’argent , sortes de combinaisons qu’on a plus fréquemment intérêt à analyser dans les arts que celles qui consistent uniquement en or et en cuivre , on prend un poids quelconque de l’alliage dont on a déjà déterminé la proportion d’or d’une manière aproximative par le moyen de la pierre de touche ; on y ajoute assez d’une quantité exactement pesée d’argent pur, pour que la somme totale de ce dernier et de l’argent existant dans l’alliage soit à yjeu près triple ou quadruple de la quantité d’or. On fond le tout avec trois ou quatre fois son poids de plomb pur, sur une coupelle, dans un fourneau d’essai , et on coupelle ensuite. Après que le cuivre et le plomb se sont complètement oxidés, et que les oxides ont été absorbés par la coupelle, on pèse l’alliage restant d’or et d’argent : la perte indique à combien s’élèvent les quantités de cuivre. Pour séparer ensuite l’or de l’argent, on emploie la méthode par l’acide nitrique, qui a été décrite précédemment (p. i88), et après avoir déduit l’argent qui a été ajouté, on calcule, d’après la perte, quelle était la quande celui que l’alliage contenait.

étain. 197

Comme ces métliodes 11e donnent pas de résultats fort exacts , et que ceux qu’elles fournissent ne peuvent suffire qu’aux besoins des arts , il est impossible d’y avoir recours dans des analyses scientifiques. Les détails dans lesquels je suis entré précédemment font assez connaître la manière dont on doit s’y prendre pour séparer i’oiq taut du cuivre seul, que de l’argent et du cuivre.

XXXIl, ÉTAIN.

Délermbiation de V étain et de ses oxides, — Lorsque l’étain se trouve combiné à l’état métallique avec d’autres métaux, la méiliode ordinaire qu’on emploie pour le déterminer quantitativement consiste à le faire bouillir avec de l’acide nitrique, afin de le convertir en oxide stannique, qui est insoluble dans cet acide. Quand, au contraire, il se présente à l’état d'oxide stanneux dans une dissolution, on ajoute de l’acide nitrique à celle-ci , et onia concentre par l’ébullition : l’oxide stanneux se convertit de celte manière en oxide stannique , qui est insoluble dans l’acide nitrique et aussi dans l’acide sulfurique. Cependant, si la liqueur contient une grande quantité d’acide liydrocblorique , un peu d’oxide stannique se trouve dissous par ce dernier. En pareil cas, on ajoute à la dissolution une suffisante quantité d’acide nitrique, et onia

concentre par l’évaporation, jusqu’à ce que l’acide bydro cblorique soit en partie détruit, en partie volatilisé. L’oxide stannique insoluble qu’on obtient ainsi , est recueilli sur un filtre , et pesé après avoir été rougi. On procède de même quand la dissolution contient de l’oxide stannique : on la fait également bouillir avec de l’acide nitrique, et l’on sépare par la filtration l’oxide stannique qui a été mis en liberté. Lors même que la liqueur contient cette sorte d’oxide stannique que donne le chlorure sUnnique , et qui est en partie soluble dans l’acide nitri-

TRAITÉ d’aKÀLYSE CHIMIQUE.

que à froid, en la faisant bouillir avec de l’acide nitrique on obtient encore l’autre niodifîcalioii de l’oxide stannique qui est insoluble dans l’acide nitrique.

Quand une dissolution ne contient pas d’autres principes fixes que de l’oxide stanneux ou de l’oxide stannique, on fait bien, après l’avoir traitée par un excès d’acide nitrique, de l’évaporer jusqu’à siccité et de calcifier la niasse desséchée dans un creuset de platine. Après la calcination , il reste de Foxide stannique pur, parce que Faction du feu a dissipé les acides, lorsque ceux-ci sont volatils à l’état de liberté. Il n’y a pas jusqu’à l’acide sulfurique dont la calcination débarrasse complètement Foxide stannîque. Cependant il convient, après avoir biit rougir l’oxide stannique dans le creuset de platine, et l’avoir pesé, de mettre dessus un petit morceau de carbonate amoniacal sec, de faire rougir encore une fois le creuset avec force, et de repeser ensuite Foxide. A l’aide de cette précaution , on dépouille celui-ci des dernières traces d’acide sulfurique et de tout autre acide volatil.

Que l’étain existe à l’état d’oxide stanneux ou d’oxide stannique dans une dissolution, on peut le précipiter complètement par le gaz sulfide hydrique , après avoir étendu la liqueur d’une suffisante quantité d’eau, lorsqu’elle est neutre ou qu’elle contient de l’acide libre. Le gaz sulfide hydrique détermine, dans les dissolutions stanneuses, un précipité brun, qui est du sulfiire stanneux, et dans les dissolutions stanniques, un précipité jaune, qui est du sulfure stannique. Ce dernier se dépose bien plus lentement que l’autre. Quand de Foxide stannique a été précipité d’une dissolution par le gaz sulfide hydrique, et que la liqueur est complètement saturée do gaz, la portion libre de celui-ci relient en dissolution une petite c|uanlité de sulfure d’étain , qui se précipite néanmoins en totalité lorsqu’on fait digérer la liqueur, à une très-douce chaleur, jusqu’à ce qu’elle n’exhalc plus la moindre odeur de sulfide

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