XXXIII. TITANE
Détermination de Y acide titanique, — L’ammoniaque est le meilleur réactif pour précipiter le titane de ses dis-
titane.
solutions, clans lesquelles il existe à l’état d’acide litanique. Le précipité est volumineux, et ressemble à de l’alumine précipitée. Il faut éviter de mettre un grand excès d’ammoniaque, parce qu’il pourrait résulter de là que des traces extrêmement faibles d’acide litanique restassent en dissolution. C’est pourquoi il est bon, après avoir opéré la précipitation par l’ammoniaque, de laisser le tout tranquille dans un endroit écliauffé, jusqu’à ce que la plus grande partie de l’alcali cju’on a mis en excès se soit volatilisée. Le volumineux précipité d’acide titanique se resserre beaucoup surlui-mème par 'l’effet de la dessiccation. Lorsqu’il est sec, on le fait rougir et on le pèse : la calcination lui fait acquérir un grand éclat. La pesée doit être faite dans un creuset de platine bien couvert, aussitôt après le refroidissement, parce qu’autrement l’acide titanique augmenterait un peu de poids en absorbant de l’humidité.
Souvent on a précipité l’acide titanique de ses dissolutions acides, en faisant bouillir long- temps la liqueur, ce qui rendait ce corps insoluble dans l’acide qui le tenait dissous, et permettait de l’obtenir sous la forme d’un précipité pesant. Cependant, quelque long temps qu’on ait fait durer l’ébullition, la liqueur retient toujours une certaine quantité d’acide titanique , qu’on ne peut ensuite obtenir qu’en évaporant le tout jusqu’à siccité. Quand on / filtre l’acide titanique précipité par l’ébullition, la liqueur passe claire à travers le papier, tant f|u’elle est acide; mais si l’on essaie de laver l’acide titanique avec de l’eau pure, celle-ci passe laiteuse, et lorsc^u’on prolonge le lavage, elle finit par entraîner tout l’acide titanique, dont il ne reste par conséquent plus rien sur le filtre, lors même que celui-ci est en papier fort. On ne peut obvier à cet inconvénient qu’en se servant, pour opérer le lavage, d’une eau acidulée par l’addition d’un acide, mais qui dissout toujours un peu d’acide titanique. Le seul cas,
ao6 TRÀITÉ d’anALYSê chimique.
suivant Berzelius , dans lequel on puisse précipiter l’acide titanique en totalité par rébullition, lorsque la liqueur a été étendue d’une grande quantité d’eau, est celui où il se trouve dissous dans de l’acide sulfurique.
Les causes dont il vient d’être fait mention s’opposent à ce qu’on puisse dégager l’acide titanique d’autres substances en faisant bouillir la dissolution acide, et le séparer par la filtration de ces autres substances, qui sont restées dissoutes. Quand bien même l’acide titanique aurait été précipité en totalité , cec[ui n’est pas, le lavage du précipité présenterait tant de difficultés, que, par cela seul, on ne pourrait point avoir recours à cette méthode d’analyse. On a proposé de laver l’acide titanique précipité par l’ébullition avec des dissolutions de sels ammoniques, assurant c|ue c’était là un moyen d’éviter que la liqueur passât laiteuse à travers le filtre 5 mais l’on ne pare point ainsi à l’inconvénient, ou bien l’acide titanique obstrue si complètement les pores du papier, que l’eau de lavage ne peut plus filtrer. On peut bien, en ajoutant un peu d’ammoniaque à cette eau , obtenir qu’elle passe claire à travers le filtre; mais quand la substance qu’on veut séparer de l’acide titanique est précipitable par l’ammoniaque,' cette addition réduit au néant le but qu’on se propose en exécutant le lavage. On a conseillé aussi , après avoir opéré la précipitation de l’acide titanique par l’ébullition, d’évaporer la dissolution acide jusqu’à siccité, ou presque, et de traiter le résidu par de l’eau pure ou rendue acide; mais toutes ces méthodes sont trop imparfaites pour donner des résultats qui se rapprochent, même de loin, de la vérité. C’est pourquoi , lorsqu’il s’agit de séparer quantitativement l’acide titanique de substances étrangères, on est obligé de suivre une autre marche; mais celte séparation entraîne souvent de si grandes difficultés, qu’on est loin encore d’en être arrivé à pouvoir l’effectuer d’une manière exacte et rigoureuse.