‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 3)Chapitre 58 sur 115 · TITANE · texte numérisé non relu

TITANE

Quand on a fait rongir l’acide litanique, après la calcination , il est aussi complètement insoluble dans l’acide hydrocliloriqae que celui qu’on rencontre dans la nature sous le nom de rutile. Si alors il n’est pas parfaitement pur, etqu’on veuille déterminer d’une manière exacte la quantité de substances étrangères qui se trouvent mêlées avec lui, il faut, après l’avoir divisé par la lévigation, le mêler, dans un grand creuset de platine , avec trois ou quatre fois son poids de carbonate potassique ou sodiqiie, et faire rougir le tout. La calcination doit être exécutée avec ménage-' ment et lenteur; car si l’on cliauffait trop rapidement et avec trop deforce, l’acide litanique chasserait trop brusquement l’acide carbonique du carbonate alcalin , et il pourrait résulter de là une perte , par l’cfïet de la projection. En fondant l’acide litanique avec les carbonates alcalins , il faut observer les mêmes précautions que pendant la fusion de l’acide siliciqueou des silicates avec ces substances. Comme elles seront décrites au long dans la suite, je puis me dispenser de le faire connaître ici. Le tilanate alcalin c|ue l’on obtient est complètement soluble dans l’acide bydroclilorique. On détermine alors dans cette dissolution l’acide titanique et les autres substances qui se trouvaient combinées avec lui. On peut aussi, pour rendre l’acide titanique calciné soluble dans les acides, le chauffer avec de l’acide sulfurique concentré, qu’on a étendu d’une égale quantité d’eau , et quand la dissolution est achevée , étendre la liqueur d’eau. L’acide litanique devenu insoluble dans les acides par la calcination, peut également être rendu soluble par sa fusion avec du bisulfate potassique; la masse fondue se dissout dans l’eau. Le même procédé est applicable pour dissoudre le rutile et en général toutes les combinaisons de l’acide titanique qui sont insolubles dans les acides.

Maniéré de séparerV acide titanique des oxides d'élain , d'or , de platine , d'osmium , d'iridium , de palladium ,

âo8 TRAITÉ d’analyse CHIMIQUE.

de mercure , d'argent , de cuwre , de bismuth , de plomb et de cadmium . — Comme l’acide titanique n’est point précipité de dissolutions acides par le gaz sulfide hydrique , on peut par là le séparer de tous ces oxides , que le gaz précipite d’une dissolution acide , à l’état de sulfures métalliques.

Manière de séparerV acide titanique des oxides de cobalt, de zinc^ de fer et de manganèse, — On peut employer la méthode suivante pour séparer l’acide titanique des oxides qui , comme ceux de cobalt , de zinc , de fer et de manganèse, sont précipités d’une dissolution neutre ou alcaline, par le suif hydrate ammonique, à l’état de sulfures métalliques. A la dissolution, qui ne peut être ordinairement qu’acide, on ajoute tine dissolution d’acide tartrique, qui rend imprécipitable par l’ammoniaque, non-seuîemcnt l’acide titanique, mais encore presque tous les oxides que la liqueur peut contenir avec lui. Ensuite on sursature la dissolution avec de l’ammoniaque , qui ne produit pas de précipité quand on a mis assez d’acide tartrique. On ajoute alors à celle liqueur ammoniacale du suifhydrate ammonique, qui ne précipite pas l’acide titaniquc, mais précipite les autres oxides à l’état de sulfures métalliques. On réunit ceux-ci sur un filtre, et on les lave avec de l’eau à laquelle on a ajouté un peu de suif hydrate ammonique. Pour déterminer , d’après ces sulfures métalliques , à combien s’élevait la quantité d’oxides dans la dissolution, on la traite de la manière qui a été exposée précédemment. Il est plus difficile maintenant de déterminer la quantité de l’acide titanique contenu dans la liqueur filtrée. Si cette liqueur ne contient pas d’autre substance fixe que l’acide titanique, on n’a pas besoin de détruire par un acide le sulfhydrate ammonique qui a été mis en excès 5 on évapore de suite jusqu’à siccité, et l’on fait rougir le résidu, au contact de l’air , dans vm creuset ou dans une petite capsule de pla-

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line, dont le poids est connu , jusqu’à ce que tout ce qui est volatil soit dissipé, et que le charbon de l’acide tastrique soit complètement brûlé. Il ne reste ensuite que de l’acide titanique, dont 011 détermine le poids. Cependant il est difficile de brûler totalement le charbon, dans un creuset de platine , sur une lampe à esprit-de-vin à double courant d’air; mais la combustion s'opère d’une manière facile et complète en mettant le creuset de platine taré dans le moufle d’un petit fourneau d’essai échauffé. Si l’acide lar- Irique dont on s’est servi contenait de la chaux, ce qui arrive presque toujours à celui qu’on lire des fabriques de produitschimiques, la totalité de cette chaux se trouve avee l’acide titanique, dont elle augmente naturellement beaucoup le poids. En pareil cas, il faut mêler l’acide titanique qu’on a obtenu avec trois ou quatre fois son poids de carbonate potassiqueousodiquesec, et fondrele tout dans un creuset de platine. On verse de l’acide hydrochlorique étendu sur la masse fondue, qui s’y dissout complètement , lorsqu’on évite l’emploi de la chaleur. On étend d’eau la dissolution, et on en précipite l’acide titanique par l’ammoniaque. ^ Cette méthode convient principalement pour séparer l’acide titanique des oxides du fer, avec lesquels il contracte des combinaisons qui se rencontrent dans la nature. Mais comme l’acide titanique est ordinairement uni à la fois avec de l’oxide ferrique et avec de l’oxide ferreux , l’analyse doit être exécutée sur deux portions distinctes de la combinaison. Après avoir divisé par la lévigation et desséché ces deux portions , dont on connaît le poids, on les met dans un flacon hermétiquement bouché à l’émeri ,* et on les dissout avec de l’acide hydrochlorique fort; elles ne laissent qu’un très-faible résidu, c[ui consiste en acide titanique impur. A l’une des dissolutions on ajoute une solution de chlorure aurico-sodique , afin de déterminer, d’après la quantité d’or qui se précipite , celle d’oxide ferreux contenu dans la substance, en suivant la méthode

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