CHROME
Le chlorure plombique est insoluble dans 1 alcool , tandis que le chlorure chromique s’y dissout. L’ammoniaque, versée ensuite dans cette dissolution, en précipite del’oxide chromique : cependant il faut avoir soin auparavant de chauffer doucement la liqueur, afin de volatiliser l’alcool. Si de l’acide chromique est combiné avec del’oxîde plombique , on fait bouillir la combinaison avec de l’acide hydrochlorique et de l’alcool , ce qui convertit l’acide chromique en oxide chromique , au milieu d’un dégagement d’éther chloré : l’oxide reste dissous dans l’acide hydrochlorique, tandis que le chlorure plombique ne se dissout point dans la liqueur spiritueuse. On réunit le chlorure plombique sur un filtre pesé, et on le lave avec de l’alcool faible, puis on le fait sécher , on le pèse quand il est sec, et d’après son poids , on calcule la quantité de l’oxide plombique. On peut aussi convertir ce chlorure plombique en sulfate plombique, et déterminer la quantité de l’oxide plombique de cette manière.
11 est très-facile d’analyser par cette méthode , tant le chromate plombique qui se rencontre dans le commerce, que celui qu’on trouve dans la nature et qui porte le nom de plomb rouge. Lorsqu’on traite ainsi le chromate plombique du commerce , les substances qui peuvent être mêlées avec lui, telles que du sulfate calcique et du sulfate .barytique, restent avec le chlorure plombique, sans se dissoudre. Quand on analyse du plomb ronge, il est nécessaire de commencer par le réduire en poudre très-fine, au moyen de la lévigation, parce que, si l’on néglige cette précaution, l’acide hydrochlorique ne le décompose point complètement.
Quand de l’oxide argentique se trouve dans des dissolutions acides, l’acide hydrochlorique est , après le traitement des liqueurs par le gaz sulfide hydrique , le meilleur moyen qu’on puisse employer pour séparer cet oxide des oxides du. chrome.
244 traité d’anâlVse chimique.
Manière de séparer V oxide et F acide chromigiies des oxides de jiickel, de cobalt ^ de zinc^ de fer et de manganèse, — Oii éprouve des difficultés à séparer ces oxides de l’oxide et de l’acide chromiques. Quant à ceux qui sont solubles dans un excès d’ammoniaque, comme, par exemple, l’oxide zincique, on pourrait avoir recours à cet alcali pour les dégager de l’oxide cliromique; mais l’expérience n’a point encore décidé si le départ serait complet par ce procédé.
La plupart de ces oxides, particulièrement l’oxide ferrique et l’oxide ferreux, peuvent être séparés de l’oxide chromique par des moyens semblables à ceux qu’on employé quand il s’agit de séparer le zircone (p. 68) et l’acide titanique (p. 308 ) des oxides du fer. On ajoute à la dislution une suffisante quantité d’acide lartrique, qui s’oppose à ce que , quand on la sursature avec de l’ammoniaque , elle laisse précipiter, soit l’oxide cliromique, soit les oxides du fer. Puis on verse dans la liqueur claire du sulfhydrale ammonique, qui précipite du sulfure de fer, tandis que le réactif n’exerce aucune action sur l’oxide cliromique, qui reste en dissolution. On laisse la liqueur tranquille dans un endroit un peu écbauffé, afin c[ue le sulfure de fer se dépose complètement 5 puis on réunit ce dernier sur un filtre, et on le lave avec de l’eau à laquelle 011 a ajouté une petite quantité de sulfhydrale anynonique. Après le lavage, on le convertit en oxide ferrique par laméthodequi a été décrite p. 64. On détermine alors l’oxide chromique dans la liqueur séparée du sulfure de fer par la filtration. On n’y peut parvenir qu’en évaporant cette liqueur jusqu’à siccité , et faisant rougir le résidu sec à l’air, dans une capsule de platine tarée, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que de l’oxide chromique. Le mieux , comme il a été' déjà dit p. 69, est d’exécuter cette opération en introduisant la capsule de platine dans le mouffle d’un fourneau à essai , parce qu’à toute autre chaleur il est difficile de
CHROMK.
bruîer complètement le charbon de l’acidc tarlrîque. Si l’acide tarlrique était pur, l’oxide chromiqiie qu’on obtient l’est aussi; mais si l’acide contenait de la chaux, ce qui arrive presque toujours à celui qu’on trouve dans le commerce, la totalité de cette terre reste avec l’oxide chromiqiie. Comme l’oxide chromique est devenu par la calcination insoluble dans les acides, il est nécessaire alors de le fondre avec du carbonate potassique, dans un creuset de platine, de dissoudre la masse fondue dans un excès d’acide hydrochlorique , de faire ensuite bouillir le tout, et' de précipiter l’oxide par l’ammoniaque, ^
On peut encore employer une autre méthode pour séparer de l’oxide chromique l’oxide ferreux , l’oxide ferrique et d’autres oxides métalliques susceptibles d’être précipités complètement par une dissolution de carbonate potassique ou sodique. On fond la combinaison de ces oxides, dans un creuset de platine, avec un excès de carbonate potassique. L’oxide chromique, par l’action de l’air, passe à un degré d’oxidalion plus élevé, comme il arrive aux oxides du manganèse, et du chromate potassique se produit. Lorsque le creuset est refroidi , on traite la masse rougie avec de l’eau , dans laquelle se dissolvent le chromate potassique et le carbonate potassique qu’on a mis en excès, tandis cpae de l’oxide ferrique reste; on réunit ce dernier sur un filtre. On aciditie la liqueur filtrée en y ajoutant avec ménagement de l’acide hydrochlorique , et, après y avoir versé de l’alcool, on la fait bouillir jusqu’à ce que l’acide chromique soit converti en oxide chromique ; on précipite alors celui-ci par l’ammoniaque. L’oxide ferricjue est dissous dans de l’acide hydrochlorique, et précipité également de la dissolution par le moyen de l’ammoniaque.
Cependant il y a une foule de cas dans lesquels la combinaison d’oxide chromique n’est pas complètement décomposée par la calcination av^c du carbonate alcalin.
24^ TRAITÉ d’ANALYSE CHIMIQUE.
et où une petite quantité seulement de l’oxide se convertit en acide clironiique.
C’est surtout pour l’analyse de la combinaison d’oxide cbromique et d’oxide ferreux qui se rencontre dans la nature, et à laquelle les minéralogistes donnent le nom de fer chromé , qu’on ne peut point employer cette méthode : car, même après avoir été réduite en poudre trèsfine , au moyen de la lévigation , elle ne se décompose presque pas par la fusion avec du carbonate potassique. Lorsqu’il s’agit de la décomposer pour l’usage des arts , on la fond avec du nitrate potassique. Cependant cetteméthode ne saurait guère être appliquée à des analyses quantitatives, parce que la fusion ne peut avoir lieu que dans un creuset d’or, ( t qu’elle ne saurait être exécutée, ni dans un creuset de platine, ni dans un creuset d’argent. Quand on veut analyser quantitativement le fer chromé, on le réduit en poudre extrêmement fine par la lévigation, et on le fond avec de l’hydrate potassique pur. 11 faut alors observer les mêmes précautions que quand il est question de traiter certaines substances siîicifères par l’hydrate potassique. Comme ces précautions seront décrites en détail dans le chapitre consacré au silicium, il n’est pas nécessaire de les énumérer ici. Après la fusion avec l’hydrate potassique, on traite également la masse par l’eau; celle-ci dissout le chromate potassique qui s’est formé et la potasse qu’on a mise en excès. L’oxide ferrique restant est dissous dans de l’acide hydrochlorique ; ordinairement il contient encore une petite quantité de fer chromé non décomposé, qui reste quand on le traite par l’acide hydrochlorique. On recueille ce faible résidu sur un filtre, puis on en détermine le poids , qu’on déduit de celui de la quantité de fer chromé mise en expérience. On précipite l’oxide ferrique par l’ammoniaque , et on en détermine la quantité. Quant à la dissolution de chromate potassique, on réduit l’acide chromique en oxide
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chromique, et on précipite également celui-ci par Tammoniaque.
Lorsque le fer chromé contient de l’alumine, ce qui ararrive fort souvent , on trouve cette terre dans la dissolution du chromate potassique, pourvu quon ait employé une suffisante quantité dliydrate potassique. On acidifie la liqueur en y ajoutant de l’acide liydroclilorique , et on réduit l’acide chromique en oxide chromique, dont on sépare l’alumine d’après la méthode c|ui sera indiquée plus loin.
Le fer oxidé qui existe dans le fer chromé ne peut point être réduit par le gaz hydrogène , même avec le secours d’une très-forte chaleur. On ne saurait donc déterminer avec précision le degré d’oxidation auquel !e fer se trouve dans ce minéral, en se servant de la méthode qui a été décrite p. 76.
. Manière de séparer T oxide chromique et V acide chromique de V alumine. — On sépare l’oxide chromique de rahimine par le moyen de la dissolution de potasse pure,
qui dissout la terre et laisse l’oxide. Mais il est absolu- ^ . . . . ■ ment nécessaire de faire houillir long- temps les deux
substances avec la dissolution de potasse , parce qu’à froid un excès de cette dernière dissout l’oxide chromique, qui ne se précipite qu’à la suite d’une ébullition prolongée. Après avoir séparé l’oxide chromique par^la filtration , on obtient l’alumine de la liqueur filtrée en sursaturant cette dernière avec de l’acide liydrochlorique, et la précipitant par le carbonate ammoniacal ou par l’arnmoniaque pure. S’il s’agissait de séparer l’un et l’autre de l’acide chromique et de l’alumine, il faudrait commencer par convertir le premier en oxide chromique. L’alumine se rencontre souvent avec l’oxide chromique dans de fer chromé.
Maniéré de séparer V oxide chromùjue et V acide chromique de la magnésie. — On ne connaît pas encore .de
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méthode sure pour séparer l’oxidc* ( hrouiique de la magnésie. Ou pouirail ajuutei’ beaucoup de chloiure arumonique à la dissolution des deux substances, et ensuite précipiter l’oxide cln ofuique par rammoniaijue *, la magnésie resterait dissoute. Quaiui de* l’acide cbroniique est combiné avei' de ia magné' ie, il est bon de réduire le premier eu oxide cbroniique, que l’on s(‘pare ensuite de la magnésie.
Méthode de séparer V oxide chroniique et V acide chroiiii'jiie de In chaux ^ de la sti ontiane et de la baryte, — Si l'oxide chi'omiqne est contenu avec ces terres dans des dissolutions arides, on !’< n sé[)arp par les mêmes moyens que ceux qui servent à dégager l’oxide ferthjue de la chaux , de ia strontiane et de la baiyte. Cependant, lorsqu’on a unecombinaison d’acide cliromique avec une de ces terres à analyser, après l’avoir réduite en poudre fine, on la traite a chaud par de l’acide bydroclilorique auquel on ajoute de l’alcool, afin de convertir l’acide chromique en oxide chromicjue, qui se dissout avec la terre dans l’acide bydroclilorique. Après l’évaporation de l’alcool, on sépare l’oxide chromique de la terre. Si la combinaison était mêlée avec du sulfate calcique, strontianique ou barytîque, ces sels resteraient au fond de la liqueur spiritueuse, après le traitement de la substance par l’acide hydrochlorique.
Manière de séparer Voxide chromique et V acide chromique des alcalis. — On sépare l’oxide chromique des alcalis, comme l’oxide ferrique de ces substances, par le moyen de l’ammoniaque. La meilleure manière d’analyser les combinaisons de l’acide chromique avec les alcalis , consiste à les traiter par l’eau , de manière à obtenir des dissolutions concentrées ; on convertit l’acide chromique en oxide chromique par l’acide bydroclilorique et l’alcool^ on chauffe ensuite la liqueur pour dissiper l’alcool, on précipite l’oxide chromique par l’ammoniaque, et onde-
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tormine l’alcali contenu clans la liqueur filtrée , après l’avoir transformé en clilornre rnélailiqnc.
Déterminât' 011 des quantités de Voxide chroniique et de r acide chromique ^ quand ils existent tous deux ensemble. — Quand il faut séparer run de raiitre de l’acide et de l’oxide cl)roniiques , et que tous deux sont à l’éfat de dîssoluliou, on procède de la manière suivante, d’après Mans : On ajoute à la liqu ur une dissolution d’acétate ])lombique*, il se produit un précipité de (diromale plombique, tandis que l’oxide cliromique reste dissous, avec racéiale plombique qu’on a mis ( ii excès. Cependant il ne faut pas que la li(]ueur contienne assez d’acide libre pour qu’il y reste un peu de chroma le p/lombique en dissolution, à la faveur de ce dernier. L’acide ac( tique peut y exister en excès sans inconvénient , parce que le cliromate cliromique est insoluble dans cet acide.
S’il s’agit de l’analyse d’une combinaison solide d’acide et d’oxide chromiques, et qu’elle vienne d’ètre récemment précipitée, on peut la mettre en digestion avec une dissolution d’acétate plombique à laquelle on a ajouté un peu d’acide acétique libre. De celte manière on obtient l’oxide cliromique dissous, pendant que le cliromate plombique reste sans se dissoudre. On fait passer du gaz sulfide hydrique à travers la dissolution de l’oxide cliromique, pour la débarrasser de l’oxide plombique qui a été mis en excès, et ensuite on précipite l’oxide cliromique. Il est bon de décomposer aussi le cliromate plombique, afin de déterminer combien il contient d’acide cliromique. Le meilleur moyen pour cela est de recourir à l’acide hydroclilorique et à l’alcool ; on sépare le chlorure plombique qui se produit, et on détermine la quantité d’oxide cliromique existante dans la liqueur filtrée : elle sert à calculer celle de l’acide chroniique.
TRAITÉ d’analyse CHIMIQUE.
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