XLV. tantale
Détermination de V acide tantedique. — Les combinaisons de l’acide tantalique qu’on rencontre dans la nature,
4oo traité d’analyse chimique.
résistent à l’action de l’acide liydroclilorique , et on ne peut les décomposer qu’en les faisant rougir avec du carbonate alcalin ou de Fliydrate potassique. Il résulte de l’opération du tantalate alcalin : mais la totalité de ce sel ne reste pas sans se dissoudre quand on traite la masse calcinée par l’eau , attendu qu’il est soluble lorsque l’eau a entraîné l’excès d’alcali. Sature-t-on alors la dissolution du tantalate alcalin avec de l’acide liydrochlorique, pour précipiter l’acide tantalique , ou bien traite-t-on de suite la masse calcinée avec l’alcali par de l’eau et de l’acide liydrochlorique, il est très-difficile d’obtenir tout d’un coup la totalité de l’acide tantalique*, souvent il arrive qu’on en a des portions à séparer encore d’autres substances, ce qui présente des difficultés et rend le résultat de l’analyse incertain.
C’est pourquoi Berzelius a proposé de décomposer les combinaisons de l’acide tantalique par le bisulfate potassique , ce qui procure des résultats beaucoup plus certains. On réduit la combinaison en poudre très-fine par la lévigation. Lorsque la poudre est sècbe , on en pèse une certaine quantité , qu’on mêle avec six à huit fois son poids de bisulfate potassique , dans un grand creuset de platine , et on chauffe le tout sur la flamme d’une lampe à esprit-devin à double courant d’air, jusqu’à ce qu’il soit à l’état de fusion rouge. Dès que la masse coule comme une dissolution limpide, et qu’on n’aperçoit plus de poudre au fond du creuset, on laisse refroidir ce dernier. Ensuite on fait bouillir la masse fondue avec une grande quantité d’eau , jusqu’à ce que celle-ci ne dissolve plus rien. Tout l’acide tantalique qui s’était dissous dans le bisulfate potassique fondu reste , tandis que les bases qui se trouvaient contenues dans la combinaison sont dissoutes par l’acide sulfurique libre. On sépare l’acide tantalique de la dissolution par la filtration.
Manière de séparer V acide tajitalîqne des oxides mé-
TANTALE i
4ot
talUcjues et des terres. — Ce moyen , le bisulfate potassique, est celui auquel on a recours pour séparer l’acide tantalique de presque toutes les substances avec lesquelles il peut être combiné. Cependant il arrive souvent, d’après Berzelius , que l’acide tantalique mis ainsi en liberté n’est pas pur, et qu’il relient encore une très - petite quantité de substances, dont la fusion avec le bisulfate potassique n’a pas pu le débarrasser.' Ce sont principalement de l’oxide stannique, de l’oxide ferrique et de l’acide lungstique , dont on doit déterminer la cjuantité. Après avoir lavé parfaitement l’acide tantalique c[ui est resté sans se dissoudre , on le fait digérer avec du sulfhydrate ammonique, qui dissout l’acide lungstique et l’oxide stannique^ l’oxide ferrique se convertit par là en sulfure de fer, lequel reste avec l’acide tantalique, que le réactif n’attaque point. Voici quelle est la meilleure manière d’exécuter cette opération : L’entonnoir dont on s’est servi pour recueillir l’acide tantalique sur un filtre, est mis dans une bouteille, et l’on enduit les joints de suif, afin d’interdire toute communication avec l’air extérieur. On verse alors sur l’acide tantalique du sulfhydrate amnionique, qui ne peut pas couler à travers le papier , et qui reste pendant très-long-temps en contact avec l’acide. Lorsqu’on croit que l’oxide stannique et l’acide lungstique ont été complètement convertis en sulfures métalliques et dissous , on laisse couler la liqueur. L’acide tantalique, mêlé de sulfure de fer , est lavé avec de l’eau à laquelle on a ajouté un peu de sulfhydrate ammonique; ensuite, sans retirer l’acide de l’entonnoir, on verse dessus de l’a- ^ eide hydrochlorique , avec lequel on le laisse en digestion pendant quelque temps, comme on a fait précédemment pour le sulfhydrate ammonique. Lorsque le sulfure de fer est dissous , on permet à la liqueur de s’écouler : on lave l’acide tantalique avec de l’eau bouillante , on le sèclie, on le fait rougir et on le pèse. Pour plus de précision, il
4o2 Traité d’ànAlyse chimiqüîî.
convient , après la pesée , de traiter l’acide tantalique aU chalumeau, pour s’assurer qu’il ne contient plus d’oxidc stanoique ni d’acide lungslique.
Berzelius a coutume de' précipiter la dissolution dans le sulfhydrate ammonique par l’acide nitrique , et de traiter le précipité avec l’eau régale : il sépare ensuite par la filtration l’acide tungstique qui ne s’est point dissous, et le lave avec un peu d’eau rendue acide. L’oxide stannique est précipité de la dissolution dans l’eau régale par le moyen de l’ammoniaque. La dissolution hydroclilorique du fer est mêlée avec la liqueur qui a été séparée de l’acide tantalique impur par la filtration *, le liquide contient ensuite du fer et un peu d’étain , pour la séparation desquels le gaz sulfide hydrique est le meilleur réactif auquel on puisse recourir.
Telle est la marche de l’analyse quand l’acide tantalique n’est combiné qu’avec de petites quantités de bases , comme dans le minéral appelé tanîalite. On en suit une autre lorsque les bases sont en plus grande quantité, comme dans l’yttrotantaliîc. On fond également la combinaison avec du bisulfate potassique, et on traite la combinaison fondue avec une suffisante quantité d’eau bouillante. Cela fait, on décante la liqueur, et on fait digérer le résidu pendant long-temps avec de l’acide hydrochlorique concentré. Ensuite on réunit sur un filtre ce qui a refusé de se dissoudre, et on le lave. La dissolution hydrocholoriqiie est mêlée avec l’autre liqueur. Ce qui ne s’est pas dissous est mis en digestion avec du suif hydrate ammonique , et ensuite avec de l’acide hydrocblorique. La substance qui reste après ces deux opérations est l’acide tantalique. On prend la liqueur acide, on en précipite l’oxide stannique et l’acide tungstique par le gaz sulfide hydrique ; on mêle les sulfures métalliques aiiisi obtenus avec ceux qui ont été précipités , par le moyen d’un acide , de la disssolulion dans le suif bydralc
careowe.
âmmonlque. En ajoutant nn peu d’acide nitrique à la li- (jueur séparée des sulfures métalliques par la filtration, et la cliauffant, ou en y faisant passer un courant de gaz chlore, on convertit l’oxide ferreux en oxide ferrique j puis on y verse de l’ammoniaque pour précipiter l’oxide ferrique, ainsi que Tyttria et Foxide uranique , quand ces deux dernières substances y existent. Le précipité qui se produit est recueilli en toute diligence sur un filtre, et ou précipite la chaux de la liqueur filtrée, par le moyen de l’oxalate ammonique. Le précipité d’oxide ferrique , d’yttria et d’oxide uranique est redissous dans de l’acide nitric|ue. En opérant cette dissolution, on obtient encore de faibles traces d’acide tantalique, dont on détermine la quantité. On précipite l’oxide ferrique de la dissolution à l’aide du carbonate ammoniacal^ l’yttrîa et l’oxide uranique sont plus difficiles à séparer Funde l’autre.
Manière de séparer Vaclde tantaligue de Vacide silicique. — Si l’on avait à séparer de l’acide lantalicjue et de l’acide silicique l’un de l’autre, on pourrait s’y prendre de la manière suivante : On ferait rougir le mélange, et ou le traiterait ensuite par l’acide bydrofluorique , dans uu vaisseau de platine 5 Facide silicique se dissoudrait, tandis que l’acide tantalique quia été rougi n’est point soluble dans ce réactif. Il en retient bien une certaine quantité, suivant Berzeliiis, mais on peut l’en dépouiller par la calcination.