‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 11 sur 122 · STRONTIANE · texte numérisé non relu

STRONTIANE

La strontiane pure ressemble beaucoup à la baryte. L’hydrate strontinniquc se trouve dans le môme cas : seulement il est moins soluble dans l’eau que l’hydrate barytique, ce qui fait aussi que sa dissolution aqueuse a une saveur moins caustique. Du reste, les dissolutions de ces deux hydrates ont beaucoup de rapport l’une avec l’autre, quant à leur manière de se comporter.

La dissolution de strontiane, quand elle a été rendue acide par un acide, tel que l’acide hydrochlorique , se comporte de même que les dissolutions de sels strontianiques solubles dans l’eau.

li acicle sulfurique étendu et les dissolutions des sulfates font naître dans ces dernières un précipité blanc , qui est insoluble dans les acides libres étendus.- De petites quantités même d’un sel strontianique donnent avec l’acide sulfurique un précipité blanc, qui n’apparaît toutefois qu’après un certain laps de temps. Cependant le sulfate strontianique n’est point aussi insoluble dans l’eau que le sulfate bary tique. Quand on verse de l’acide sulfurique dans la dissolution d’un sel strontianique , sans la précipiter complètement, de manière qu’il reste encore une certaine quantité de sel non décomposé, et qu’on laisse le tout tranquille pendant long-temps avant de filtrer, une dissolution d’un sel barytique qu’on verse ensuite dans la liqueur filtrée claire , produit un précipité blanc peu considérable. A ce caractère on peut distinguer la baryte de la strontiane.

L 'acide hydro fl uosili ciq u e ne détermine pas de précipité, même au bout d’un long espace de temps, dans les dissolutions des sels strontianiques.

Les dissolutions de potasse et d’ ammoniaque , de carbonate et Je bicarbonate potassiques , de carbonate atn -

DES BASES

moniacal et de phosphate sodiq ne , se comportent avec celles des sels strontianiques de la meme manière qu’avec celles des sels barytiques.

Une di ssolmion à' acide oxalique et de hioxalale potassique ne trouble pas de suite la dissolution neutre d’un sel strontianique, quand elle est très-étendue, mais y fa't naitre un trouble au bout de quelque temps. Le précipité devient beaucoup plus considérable quand on ajoute de rammoniaque. Si la dissolution strontianique est assez étendue pour que l’acide oxalique n’y produise pas dans le premier instant de précipité, celui-ci se forme sur-lechamp dès qu’on ajoute de l’ammoniaque.

Une dissolution de succinate ammonique neutre ne détermine pas de précipité dans celles des sels strontianiques neutres. Cependant si ces dernières sont concentrées , il se manifeste un précipité, non pas de suite , il est vrai , mais seulement au bout d’un certain laps de temps. Ce précipité est soluble dans les acides. On peut par-là distinguer les dissolutions strontianiques des dissolutions barytiques.

Le sulfhydrate ammonique et les dissolutions de cyanure ferroso-potassique et de cyanure ferrico-potassique ne produisentpas de précipités dans les dissolutions strontianiques.

Les sels strontianiques solubles se comportent de même crue les sels barytiques lorsqu’on les fait rougir.

Leur manière de se comporter à l’égard du papier de tournesol est également la même.

Si l’on dissout les sels strontianiques dans l’alcool , ou, quand ils ne sont pas solubles dans ce réactif, si l’on verse de l’alcool sur leur poudre , et qu’on mette ensuite le feu à la liqueur, elle brûle avec une flamme d’un rouge-carmin. La coloration de la flamme devient surtout très-prononcée lorsque l’on remue le tout, ou quand l’aîcool est sur le point' d’être entièrement consumé. Ce caractère

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établit une différence bien tranchée entre les sels strontianiques et les sels baryliques.

La strontiane forme des sels insolubles ou peu solubles dans l’eau avec la plupart des acides qui en donnent de semblables en s’unissant à la baryte. Ces sels sont également solubles dans l'acide hydroeblorique ou nitrique libre, excepté le sulfate strontianique , qui ne s’y dissout point. C’est pourquoi on découvre la présence de la strontiane dans les dissolutions acides avec le secours de l’acide sulfurique étendu. Pour distinguer le sulfate strontianique du sulfate barytique , avec lequel il a beaucoup de ressemblance, on le décompose en le faisant bouillir avec une dissolution de carbonate potassique ou sodique , et l’on traite par l'acide hydroeblorique ce qui reste sans se dissoudre} on étend alors d’eau la liqueur acide, on la filtre, et l’on y ajoute de l’acide hydrofiuosiiicique , qui ne produit pas de précipité quand la combinaison dont on a fait l'examen était composée de sulfate strontianique. On peut aussi évaporer à siccité la dissolution filtrée dans Tacide hydrochlorique , et verser de l’alcool sur le résidu, pour se convaincre mieux encore de la présence de la strontiane par la coloration de la flamme en rouge carmin.

La présence delà strontiane ne peut être manifestement reconnue , au moyen du chalumeau , que dans quelques sels strontianiques. Des fragmens de cristaux du sulfate strontianique exposés , dans des pincettes dont les serres sont en platine, à la pointe de la flamme intérieure, bouillonnentpendant long-temps, et colorent ensuite sensiblement la flamme extérieure en rouge carmin, mais peu foncé} cette coloration s'aperçoit peu à la clarté du jour. Si r on chauffe de même du chlorure strontianique sur un fil de platine recourbé à l’une de ses extrémités , la flamme entière devient dans les premiers instans d’un rouge carmin foncé} mais, dès que le sel est fondu, on

DES BÀSES.

n’aperçoit plus aucune trace de coloration de la flamme, ce qui distingue l’un de l’autre le chlorure strontianique et le chlorure lithique, traités tous deux au chalumeau. Lorsque le chlorure strontianique contient du chlorure harytique , celui-ci l’empêche de colorer la flamme en rouge carmin.

La strontiane, dans les dissolutions de ses sels, se distingue des dissolutions des sels alcalins par les mêmes caractères qui distinguent la baryte de ces derniers. Elle diffère surtout de la baryte par la manière dont elle se comporte avec l’acide hydrofluosilicique , et parce que les sels barvtiques sur lesquels on verse de l’alcool ne communiquent point de couleur rouge à la flamme de ce liquide.

Lorsque la strontiane est mêlée avec des substances organiques , on peut découvrir sa présence par les mêmes moyens que ceux qui indiquent l’existence de la baryte mélangée avec des substances organiques.

y. CHAUX.

La cbaux pure est blanche et facile à écraser entre les doigts. Si l’on verse sur elle un peu d’eau, elle s’échauffe fortement , et se réduit en une poudre blanche , dont le volume surpasse beaucoup celui de la chaux dont on s’est servi. Si l’on verse encore de l’eau sur l’hydrate calcique qui s’est produit ainsi, il se forme un mélange laiteux. Une quantité d’eau très-considérable est nécessaire pour en dissoudre une très-petite d’hydrate calcique. Cette dissolution a une saveur faiblement caustique, et colore en bleu le papier de tournesol rouge. Elle attire l’acide carbonique de l’air, et se couvre ainsi à la surface d’une pellicule de carbonate calcique insoluble, qui gagne le fond du vase au bout de quelque temps , mais ne cesse de se renouveler que quand toute la chaux contenue dans la

^6 trAité d’analyse chimique.

dissolution s’est précipitée à l’état de carbonate. La chaux pure et l’hydrate calcique sont tous deux infusibles.

La dissolution de la chaux dans les acides se comporte de meme que les dissolutions des sels calciques solubles dans l’eau.

L 'acide sulfurique étendu et les dissolutions des sulfates ne produisent point de précipité dans les dissolutions étendues des sels calciques. Si la dissolution d’un sel calcique est moins étendue, l’acide sulfurique y fait naître un précipité, sinon de suite, du moins au bout de quelque temps. L’acide sulfurique détermine sur-le-champ , dans les dissolutions concentrées des sels calciques, un précipité, qui est beaucoup plus volumineux que celui de sulfate strontianique ou de sulfate barytique, et qui n’est pas dissous d’une manière sensible par l’acide hydrochlorique ou nitrique étendu. Si l’on a versé assez peu d’acide sulfurique étendu dans la dissolution d’un sel calcique, pour qu’il reste encore une certaine quantité de ce sel qui ne soit pas décomposée, et qu’on laisse le tout en repos pendant long-temps avant de filtrer, les dissolutions des sels strontianiques et barytiques produisent un précipité dans la liqueur filtrée et claire.

L'acide hydrofl uosilicique ne détermine pas de précipité dans les dissolutions de sels calciques.

Les dissolutions de potasse et (^ammoniaque, de carbonate et de bicarbonate potassiques , de carbonate ammoniacal et de phosphate sodique , se comportent avec celles des sels calciques de même qu’avec celles des sels barytiques et strontianiques.

Une dissolution d 'acide oxalique et de bioxalale potassique produit, même dans les dissolutions neutres trèsétendues des sels calciques, un précipité blanc , qui augmente encore par l’effel d’un repos prolongé, et surtout par l’addition d’ammoniaque destinée à saturer l’acide libre. Ce précipité est très-soluble dans les acides liydro-

DES BASES

chlorique et nitrique libres 5 mais il l’est peu dans l’acide acétique, même concentré. Si l’on verse dans une disso lution d’un sel barytique ou strontianique assez peu d’une dissolution d’acide oxalique ou de bioxalate potassique, pour qu’il reste encore un excès de sel barytique ou strontianique , et qu’on laisse le tout en repos jusqu’à ce que le précipité cesse de s’accroître, on obtient ensuite un nouveau précipité en versant la dissolution d’un sel calcique dans la liqueur filtrée. Au moyen de ce caractère on peut distinguer un sel barytique ou strontianique soluble d’un sel calcique.

Une dissolution de succinate ammonique neutre ne détermine pas de précipité dans les dissolutions neutres des sels calciques. Lorsque ces dissolutions sont trèsconcentrées , il s’y forme au bout d’un long laps de temps des cristaux de succinate calcique.

Le sulfliydrate ammonique et les dissolutions de cranure ferroso-potassique et de cyanure ferrico-polassique ne font pas naître de précipités dans les dissolutions des sels calciques.

Les sels calciques solubles se comportent, quand 011 les fait rougir au feu , de la même manière que les sels bary tiques solubles.

Leurs dissolutions se comportent également de même à l’égard du papier de tournesol.

Si l’on verse de l’alcool sur les sels calciques solubles , et qu’on y mette le feu, la flamme offre une couleur rouge ayant beaucoup de ressemblance avec celle que les sels strontianiques communiquent à la flamme de l’alcool. A ce caractère 011 peut distinguer les sels calciques, non pas des sels strontianiques, mais bien des sels barytiques.

La ch aux donne des sels insolubles ou peu solubles dans l’eau avec les acides qui en produisent de semblables en s’unissant à la baryte et à la strontiane. Ces sels sont également solubles dans les acides bydrocnlorique et ni-

trique libres ; cependant le sulfate calcique fait exception , car il se dissout peu dans ces acides. On peut, à l’aide de l’acide sulfurique , reconnaître la présence delà cliaux dans les dissolutions acides des sels calciques qui ne sont pas trop étendues , car cet acide produit , sinon de suite , du moins au bout de quelque temps, un précipité dont l’apparition a surtout lieu promptement lorsqu’on étend la liqueur avec de l’alcool. On procède de la manière suivante pour distinguer des sulfates barytique et strontianique le sulfate calcique qui s’est précipité : on lave bien le précipité , et on le. fait ensuite bouillir avec beaucoup d’eau, puis on filtre la liqueur, et on partage la dissolution filtrée en deux portions *, on verse dans l’une de ces portions une dissolution de chlorure barytique, et dans l’autre une dissolution d’unoxalate. Si, dans les deux cas, il se forme un précipité blanc, et que le premier soit insoluble dans l’acide bydrocklori que, la base du sulfate était de la chaux.

Il n’est que très-peu de sels calciques dans lesquels on puisse découvrir manifestement la présence de la chaux au moyen du chalumeau , et pour cela on procède de meme que pour constater l’existence de la strontiane dans les sels strontianiqu.es . En effet le chlorure calcique se comporte comme le chlorure strontianique quand on le chauffe sur un fil de platine recourbé à hune de ses extrémités : cependant la flamme devient d’un rouge carmin moins prononcé que par le chlorure strontianique. Une fois le sel fondu , on n’aperçoit également plus aucune trace de coloration dans la flamme. Pour peu que le chlorure calcique contienne de chlorure barytique , ce sel l’empêche de colorer la flamme en rouge-carmin. La chaux pure et le Carbonate calcique répandent une lueur trèsvive, quand la flamme du chalumeau est dirigée sur eux.

Les dissolutions des sels calciques se distinguent de celles des sels alcalins par les mêmes caractères qui établis-

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sent la différence entre ces dernières et les dissolutions des sels barytiques. Elle diffèrent de la baryte par leur manière de se comporter avec l’acide hydrofluosilicique et l’acide sulfurique, et de la strontiane par celle dont elles se comportent avec l’acide sulfurique.

Quand la dissolution d’un sel calcique est associée avec beaucoup de substances organiques qui lui donnent une couleur très-foncée, on la mêle, pour y découvrir la présence de la chaux, avec une dissolution du suroxalate potassique existant dans le commerce , et l’on ajoute ensuite un peu d’ammoniaque. Mais lorsque la dissolution est acide, ou fortement alcaline, il faut préalablement la rendre neutre , dans le premier cas au moyen de l’ammoniaque, et dans le second à l’aide de l’acide hydrochlorique. Il se précipite alors de l’oxalate calcique, qui peut souvent être três-coîoré. On fait sécher ce sel, puis on le fait rougir , ce qui le convertit en carbonate calcique. Ensuite on dissout le résidu dans de l’acide liydrochlorique , et l’on peut reconnaître avec certitude la présence de la cliaux dans cette dissolution. Si la chaux ou un sel calcique est mêlé avec des substances organiques solides ou en bouillie, le mieux est de traiter la masse par de l’eau qu’on a acidulée avec de l’acide nitrique. La présence de la cliaux dans la liqueur filtrée se constate ensuite de la manière qui a été précédemment indiquée. Lorsqu’au contraire du sulfate calcique se trouve mêlé avec des substances organiques solides ou en bouillie qui ne sont point susceptibles de se dissoudre dans l’eau pure, on traite la masse de la même manière que celle qui a été indiquée (pag. 21. ) pour îc sulfate barytique en pareille circonstance.

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