PARTICULIERE
Parmi les substances qui ne contiennent que certains principes constituans, et dont on peut rendre l’analyse qualitative beaucoup plus facile, se rangent surtout les silicates existant dans la ïiature , et les eaux minérales.
i. De ï analyse des silicates existant dans la nature .
La meilleure manière de reconnaître ces combinaisons, qui forment la majeure partie des minéraux, et de les distinguer d’autres minéraux qui ne contiennent point d’acide silicique, consiste à prendre en considération la manière dont elles se comportent au chalumeau. En effet , si on les fond sur du charbon, avec du sel de phosphore , l’acide silicique reste sans se dissoudre , et pendant l’in— sulllalion, il nage dans le globule liquide comme une masse translucide, boursouflée (p. 227 ). Parmi les combinaisons de l’acide silicique , la plupart ne contiennent qu’un petit nombre de principes constituans, qui en général sont les mêmes dans toutes et ne diffèrent qu’eu égard à leurs proportions relatives. C’est pourquoi on
COMBINAISONS SILÏCKjtJES. 495
peut fort bien les comparer avec les substances organiques, qui ne contiennent non plus que peu de ces principes, quoiqu’elles varient tant relativement à !a proportion relative des matériaux qui les constituent. Les principes constiiuans ordinaires, ceux à la recherche desquels on doit toujours aller dans les combinai ons silicifères inconnues, sont, indépendamment de Y acide siliciq xe lui-même, Valumine , la chaux , la magnésie, F oxide ferreux , des traces plus ou moins abondantes d 'oxide manganeux, un alcali J etaussi de Veau. Outre ces principes , les combinaisons siliciques contiennent parfois encore quelques oxides rares , de la présence desquels on peut souvent se convaincre aisément au chalumeau. Mais lorsque ces derniers oxides n’existent point , la marche à suivre dans l’analyse qualitative des combinaisons silic ques e t fort simple. Il n’est même presque pas nécessaire , dans le cas où Ton doit déterminer les quantités respectives des principes constituans, de commencer par se livrer aux recherches exigées par l’analyse quantitative , et l’on peut procéder de suite à l’analyse qualitative , eu se conformant aux préceptes qui seront tracés dans le second volume de cet ouvrage , à l’article du silicium.
Lorsqu’on veut examiner une combinaison siliciquepar la voie humide , il faut, après l’avoir réduite en poudre fine, et si l’acide hydrochlorique est susceptible de la décomposer , la traiter par cet acide de la manière qui a été prescritep. 223. Mais préalablement on en consacreune portions rechercher, par lesmoyensindiquésp. 4*ïo, si ellecontient de l'eau. Cette portion de la combinaison ne peut plus ensuite servir aux opérations ultérieures de l’analyse qualitative , parce qu’il arrive très-souvent aux combinaisons siliciques de résister à l’action de l’acide hydrochlorique après qu elles ont été chauffées , quoique, avant d’avoir été soumis, s au feu, elles soient susceptibles de se laisser décomposer par lui (p. 227 )• I/acide silicique qui se sépare
4gB traité d’analyse chimique.
pendant la décomposition, est recueilli sur un filtre et lavé, puis onexamines’il est pur. Pour cela on en essaie unepeite quantité au chalumeau, avec de la soude (p. 226). Cependant lors même que la soude le fait fondre en un globule limpide , ce 11’est point encore là une preuve de sa pureté parfaite. On le dissout ensuite à chaud dansune dissolution de carbonate potassique ou sodique. Cette dissolution s’opère plus facilement quand il n’a pointélé rougi, que lorsqu’il l’a été ( p. 2 23 ). On décante la liqueur, pour la séparer de la portion non dissoute, avantqu’elle se prenne en gelée , et on cherche à effectuer la solution du résidu par une nouvelle quantité d’une dissolution de carbonate potassique ou sodique. Si le résidu disparaît cette fois , on peut être à peu près certain de la pureté de l’acide silicique. S’il ne disparaît point , l’acide silicique mis à nu n’est pas pur. Alors, dans la plupart des cas, la décomposition de la combinaison par l’acide hydrochlorique n’a point été complète , et ce que le carbonate alcalin laisse sans le dissoudre , consiste ordinairement en une portion non décomposée de la combinaison silicique , qui a résisté à l’action de l’acide hydrochlorique, parce qu’elle n’était point assez divisée : c’est pourquoi il faut la broyer de nouveau , et chercher à la décomposer d’une manière complète par l’acide hydrochlorique.
Dans certains cas rares cependant , il reste quelques traces de combinaisons que l’acide hydrochlorique ne dissout point. C’est ce qui arrive, par exemple, aux substances contenant de la glucine. La glucine forme quelquefois, avec certains oxides métalliques, par exemple, avec les oxides stannique , cérique et manganique, des combinaisons qui sont incomplètement décomposées par les acides. Ce point sera amplement examiné plus loin.
Lorsqu’on s’est convaincu, parle moyen du chalumeau , que la combinaison soumise à l’examen contient beaucoup de fer, on verse un peu d’acide nitrique dans la liqueur
COMBINAISONS SILICÏQUES* 4gÇ)
hydrocblorique séparée de l’acide siiicique par la filtratration, et à laquelle on ne doit pas joindre encore l’eau qui a servi à laver le précipité } puis on fait chaufferie mélange, afin de convertir l’oxide ferreux en oxide ferrique: après quoi on y ajoute l’eau de lavage. Cependant on ne doit point mettre d’acide nitrique dans la liqueur, quand la combinaison ne contient pas de fer. On ajoute ensuite à cette liqueur de l’ammoniaque, jusqu’à ce qu’elle prédomine un peu , et on filtre aussi rapidement que possible le précipité qui résulte de là. Ce précipité peut consister en alumine et en oxide jerrique , si ces deux bases existent ; a-t-il une couleur blanche pure, il ne contient que de l’alumine-, a-t-il une teinte plus ou moins brune, il est formé, ou d’oxide ferrique seul , ou d’un mélange d’oxide ferrique et d’alumine. On l’enlève encore humide de dessus le filtre, on le faitbouillir avec une dissolution de potasse pure, et on sépare par la filtration l’oxide ferrique qui ne s’est point dissous. Alors on verse dans la liqueur filtrée une dissolution de chlorure ammonique. S’il se produit un précipité blanc, on en conclut qu’il y avait de l’alumine.
Si la substance contenait de la magnésie et de Y oxide manganeux , l’ammoniaque en sépare aussi des portions d’autant plus considérables que la liqueur dans laquelle on l’a versée était moins acide. Si cette liqueur était suffisamment acide, les quantités mises à nu de ces deux bases sont tellement faibles, qu’on n’a pas besoin d’y avoir égard dans une analyse qualitative. Cependant il suffit d’une petite quantité d’oxide manganeux pour colorer en brun, au bout de quelque temps, le précipité auquel l’ammoniaque a donné lieu, parce que cet oxide absorbe de F oxigèneet se transforme en oxide manganique.
S’il n’y a ni alumine ni oxide ferreux, la liqueur séparée de l’acide siiicique par la filtration ne donne pas de précipité quand on y verse de l’ammoniaque, ou si Fabondance de la magnésie et de Foxide manganeux dans la
5oo traité d’anàlyse Chimique.
combinaison était cause qu’il s’en produisit un, celui-ci se redissoudrait complètement dans une dissolution de chlorure ammonique, ce qui n’arrive point quand il contient de l’alumine et de l’oxide ferrique.
A la liqueur séparée par la filtration du précipité auquel l’ammoniaque a donné naissance, on ajoute une dissolution d’acide oxalique etdel’ammoniaque, enayantsoin de laisser prédominer un peu cette dernière 5 ou bien 011 y verse une dissolution d’oxalate ammonique. La chaux se trouve ainsi précipitée : on peut être convaincu de son absence, lorsque l’oxalate ammonique ne produit pas de précipité. L’oxalate calcique précipité peut souvent contenir un peu d'oxalate manganeux, et alors il a une couleur brunâtre lorsque l’ammoniaque se trouve en excès. On laisse l’oxalate calcique en repos pendant quelque temps , et on le chauffeun peu,pourqu’il puissebiense déposer; aprèsquoi, on filtre. Alors on verse dans la liqueur filtrée un peu d’oxalate ammonique ^ pour s’assurer que toute la chaux a été
précipitée; c’est une précaution qu’il ne faut jamais négliger. Ensuite on ajoute à une partie de cette liqueur une petite quantité d’une dissolution de phosphate sodique, avec un peu d’ammoniaque, lorsque celle-ci ne s’y trouvait pas déjà suffisamment en excès. S’il apparaît un précipité, c’est une preuve de la présence de la magnésie.
Les débutanssont fort sujets, lorsque la liqueur contient delà chaux, surtout quand elle est étendue, à ne point précipiter complètement cette base par le moyen de l’oxalate ammonique, et à croire ensuite, après avoir, par la filtration, séparé le liquide ammoniacal de l’oxalate calcique, y trouver de la magnésie, si une dissolution de phosphate sodique détermine un précipité, qui n’est dû parfois qu’à du phosphate calcique. Aussi n’est-il jamais hors de propos de rechercher si le phosphate ammonicomagnésique précipité ne contiendrait pas de la chaux. La meilleure manière d’acquérir pleine certitude à cet égard,
COMBINAISONS SILICIQUES. 5oi
consisleà dissoudre le précipité dans de l’acide liydrochlorique, et à verser ensuite dans la dissolution un peu d’acide sulfurique, avec une assez grande quantité d’alcool, ce qui , même lorsqu’il n’existe qu’une faible proportion de chaux , donne lieu à un précipité de sulfate calcique. Si la magnésie précipitée ne contenait point de chaux , il ne se produit point ainsi de précipité.
Lorsqu’il n’y a pas de magnésie dans la combinaison, une autre portion de ladissolution , à laquelle on n’a point ajouté de phosphate sodique, est évaporée à siccité, et on fait rougir le résidu, pour en chasser les sels ammoniques. Si, pendant le cours de l’analyse, on n’a point mis d’acide nitrique dans la dissolution afin d’oxider l’oxide ferreux, on peut très-bien se servir d’un creuset en platine pour faire rougir la masse desséchée. Après la calcination, Y alcali reste à l’état de chlorure métallique. On le dissout dans une petite quantité d’eau, et on en détermine la nature d’après les règles cpii ont été tracées p. 455 etp. q85. Lorsqu’on dissout le chlorure alcalin, il reste ordinairement encore un peu d’acide siîicique, dont la dissolution ne s’opère point.
Cependant, lorsque la combinaison siîicique contient de la magnésie, la recherche de l’alcali présente plus de difficulté. Il faut alors prendre la portion de la dissolution à laquelle on n’a point ajouté de phosphate sodique, et procéder à son égard ainsi qu’il a été dit p. 456» On doit néanmoins remarquer qu’il est rare que les combinaisons siliciques faciles à décomposer par des acides, contiennent de la magnésie et un alcali en même temps.
La présence de Yoxide manganeux , dont il 11’existe ordinairement que de très-petites quantités dans les combinaisons siliciques , est plus facile à constater au moyen du chalumeau, quand il y a fort peu de cette substance, qu’à l’aide de Panalyse par la voix humide (p. 53 ).
Si la combinaison siîicique n’est point décomposée par
5o2 traité d’analyse chimique.
l’acide hydrochlorique , on la réduit en poudre très-fine , et on la fond dans un creuset de platine avec le triple de son poids de carbonate potassique ou sodique. Le mieux est de la soumettre auparavant à la lévigation. Quand on mêle la combinaison silicique avec environ cinq parties de carbonate potassique et quatre parties de carbonate sodique , et qu’on chauffe le tout dans un petit creuset de platine , il suffit de la chaleur d’une bonne lampe à esprit de vin pour le faire entrer en fusion et le décomposer complètement ; cependant il est bon de prendre alors plus du triple de carbonate alcalin. Pendant la fusion, il s’opère un dégagement d’acide carbonique , qui fait jaillir la masse , de sorte qu’on ne peut point avoir recours à cette méthode dans des analyses quantitatives. La masse, qui peut être en partie fondue et en partie seulement agglutinée ( p. 224), est traitée d’abord par l’eau ; après quoi on verse dans la liqueur un excès d’acide hydrochlorique. La liqueur aqueuse est verte , comme la masse rougi e elle-même , quelque peu d 'oxide manganeux qu’elle contienne. La liqueur verte devient rouge par une petite quantité d’acide hydrochlorique , dont un excès , surtout lorsqu’on la chauffe un peu , finit par la décolorer, avec dégagement de chlore ( p. n5q ) ; c’est pourquoi cette sursaturation avec de l’acide hydrochlorique ne doit point être faite dans un vaisseau en platine. La liqueur acide est évaporée jusqu’à siccité dans une capsule de porcelaine, et le résidu traité par l’eau, qui laisse Y acide silicique sans le dissoudre ( p. 222 ). Cependant , comme la magnésie, l’alumine et l’oxide ferrique , après qu’on a évaporés siccité leurs dissolutions dans l’acide hydrochlorique et chaufïé un peu trop fortement le résidu, peuvent ne point se dissoudre en totalité quand 011 les traite ensuite par l’eau, la masse qui résulte de l’évaporation àsiceité estimbibée uniformément d’acide hydrochlorique concentré, avec lequel on la laisse en contact peu-
COMBINAISONS SILICIQUES. 5o3
dant à peu près un quart d’heure. Ensuite on verse de l’eau dessus , on sépare par la filtration l’acide silicique qui ne s’est point dissous , et on traite la liqueur bydroclilorique filtrée de la même manière que la dissolution hydrochlorique , séparée aussi de l’acide silicique, qu’on obtient en décomposant par l’acide hydrochlorique des substances contenant de la silice.
Cependant s’il existe un alcali dans la combinaison silicique, sa présence ne peut point être constatée quand on traite cette dernière par le carbonate potassique ousodique. Pour se convaincre de la présence ou de l’absence de l’alcali dans la combinaison, il faut encore exécuter une opération à part. S’il n’est question que d’une analyse qualitative, on arrive à un degré suffisant de certitude en divisant la combinaison silicique par la lévigation , la mêlant avec environ quatre ou cinq fois son poids de nitrate barytique réduit en poudre fine, et faisant rougir le mélange avec précaution , dans un creuset d’argent, jusqu’à ce que le nitrate barytique soit décomposé. Il est bon , avant de mêler le nitrate barytique bien pulvérisé avec la combinaison silicique, de le faire sécher pendant longtemps, afin qu’il ne décrépite pas avec trop de force par l'action de la chaleur. On peut se servir d’abord de la flamme d’une lampe à esprit de vin pour chauffer la masse. Celle-ci se boursoufle beaucoup aussitôt que le nitrate barytique commence à se décomposer. Quand elle paraît ne plus monter , on chauffe le creuset d’argent, sur un feu de charbon , avec autant de force qu’on peut le faire sans qu’il fonde. Après la calcination, on ramollit la masse avec de l’eau , puis on la sursature , dans un verre, avec de l’acide hydrochlorique. La liqueur acide est évaporée jusqu’à siccité dans une capsule de porcelaine, et la masse sèche imbibée d’acide hydrochlorique 5 après quoi on la laisse en repos pendant un quart d’heure environ , puis on verse de l’eau dessus 5 l’acide silicique reste sans se
5o4 TRAITÉ u’aNÀLVSE CHIMIQUE,
dissoudre, et en le sépare par la filtration. On ajoute d’abordà la liqueur filtrée un peu d’acide sulfurique, de manière à précipiter la plus grande partie, niais non la totalité de la baryte , à l’état de sulfate barytique; puis on la sursature , sans préalablement la filtrer, avec une solution de carbonate ammoniacal , ce qui précipite la baryte encore contenue dans la dissolution, ainsi que l’alumine et l’oxide ferrique de la combinaison silicique. Le précipité est alors séparé par la filtration , et ia liqueur rapprochée par 'l’évaporation , qui volatilise en meme temps la plus grande partie de l’excès de carbonate ammoniacal. Ensuite on y verse encore un peu d’acide sulfurique , pour précipiter une petite quantité de baryte qui pourrait s’y trouver encore , attendu que ia carbonate barytique n’est point absolument insoluble dans l’eau. Cependant, d’ordinaire alors, la dissolution ne contient encore de la baryte que quand on a lavé pendant fort long-temps le précipité déterminé par le carbonate ammoniacal. Il faut bien se garder de mettre trop d’acide sulfurique. Après la séparation du précipité, par ia filtration, s’il s’en produit un , on évapore la liqueur jusqu’à siccité , et on fait rougir le résidu sec, pour détruire les sels ammoniques. Il reste ensuite, à l’état de sulfate , Y alcali qui se trouvait contenu dans ia combinaison, et dont on peut déterminer la nature par des recherches ultérieures. Si la combinaison contient plusieurs alcalis, on s’en assure par les moyens qui ont été indiqués p. /p5 et p. 485.
Quand il existe de la magnésie dans la combinaison, elle se trouve aussi à l’état de sulfate , avec le sulfate alcalin , dont on la sépare en suivant la marche qui a été tracée p. 456.
La décomposition des combinaisons siliciques ne doit point être opérée par le nitrate barytique dans les analyses quantitatives ; mais , dans les analyses qualitatives , il est plus avantageux de l’effectuer avec
COMBINAISONS SILICIOUES. 00 0
son secours , qu’avec celui du carbonate barytique.
Une autre méthode de décomposer, dans des analyses qualitatives , les combinaisons siliciques qui contiennent un alcali et qui ne sont point décomposables par les acides , consiste à opérer comme il suit. On réduit la combinaison en poudre très-fine par la lévigation, et l’on en mêle la poudre , dans une capsule en platine, ou dans un creuset de platine un peu grand, avec environ cinq parties de spath fluor finement pulvérisé et exempt de tout corps métallique. Â ce mélange on ajoute assez d’acide sulfurique concentré pour que le tout forme une bouillie , après avoir été remué : on ne doit se servir à cet effet que d’une baguette en platine, et non d’un tube de verre. Ensuite on chauffe le vase de platine jusqu’à ce qu’il rougisse faiblement , de manière qu’i indépendamment du gaz fluoride silicique et du gaz fluoride hydrique , l’acide sulfurique en excès se volatilise aussi. Après le refroidissement, on fait tomber la masse r ongle dans un verre, on verse de l’eau dessus , et on la laisse digérer à chaud pendant long-temps. Ce qui refuse ainsi de se dissoudre consiste en grande partie en sulfate calcique. Le résidu est séparé par la filtration , et lavé à plusieurs reprises. Ensuite on ajoute à la liqueur filtrée une dissolution de carbonate ammoniacal , ou une dissolution d’oxalate ammonique , ou de l’ammoniaque pure , afin de précipiter complètement l’oxide ferrique , l’alumine et la portion de chaux que l’acide sulfurique aurait pu ne point enlever. On donne au précipité le temps de bien se rassembler dans le fond du vase, puis on filtre. Alors la liqueur filtrée est évaporée à sicciîé, et le résidu rougi dans un creuset de platine. Ce résidu rougi consiste en sulfate alcalin, qui peut cependant être mêlé avec du sulfate magnésique , si la combinaison qu’on a examinée contenait de la magnésie. En observant quelques précautions particulières , cette méthode peut également être employée dans des analyses
5o 6 TRAITÉ D’ANALYSE CHIMIQUE.
quantitatives ; cependant il convient mieux de n’y avoir recours que quand on veut découvrir seulement un alcali dans des combinaisonssiliciques.
Le mieux néanmoins , dans les analyses tant qualitatives que quantitatives, est de décomposer la combinaison silicique par l’acide liydrofluorique , quand l’acide hydrochîorique ne l’attaque point, et qu'il s’agit de déterminer l’alcali qu’elle contient. Cette méthode ne peut pourtant être mise en pratique que lorsqu’on a une cornue en platine à sa disposition, parce que l’acide hydrofluorique n’est point facile à conserver, et qu’on ne saurait le préparer rapidement, à l’état de pureté, avec du spath fluor pulvérisé et de l’acide sulfurique concentré, qu’au moyen de la distillation dans une cornue de platine. L’acide hydrofluorique ne peut servir à cette décomposition qu’autant qu’il est concentré. La combinaison silicique qu’on veut examiner est réduite en poudre fine par la lévigation*, on . fait ensuite sécher la poudre , on la met dans un creuset de platine , on verse l’acide dessus, ce qui produit une réaction violente, et on remue le tout avec une baguette en platine , puis on ajoute avec précaution de l’acide sulfurique, et l’on évapore jusqu’à siccilé, en ayant soin, sur la fin, de chauffer le creuset jusqu’à ce qu’il rougisse faiblement, afin de volatiliser complètement tout le gaz fluoride silicique qui s’est produit, ainsi que le gaz fluoride hydrique et l’excès d’acide sulfurique. On peut verser un peu d’acide hydrochlorique concentré sur le résidu, pour rendre solubles dans l’eau l’alumine, l’oxide ferrique et la magnésie, dont les combinaisons deviennent insolubles quand on les chauffe avec force. Cette méthode de décomposer les combinaisons siliciques par l’acide hyclrofluorique, permet d’y découvrir aisément la présence de tous les principes constituais , à l’exception de l’acide silicique, qui se volatilise sous la forme de gaz fluoride silicique. Un quart d’heure après avoir imbibé la masse
COMBINAISONS SILICIQUES, 5oj
d’acide hydrocblorique , on verse dessus de l'eau, ^qui laisse un peu d’acide silicique sans le dissoudre : cependant il ne faut pas filtrer de suite, parce qu’alors l’acide silicique passe aisément à travers le filtre, et rend la liqueur trouble. Si la combinaison contient de la cliaux, on doit bien laver le résidu laissé par l’eau, afin que celle-ci dissolve le sulfate calcique qui s’est produit. On verse alors dans la dissolution de l’ammoniaque, qui précipite Y oxide ferrique et Y alumine. Après la filtration, la chaux est précipitée à son tour par l’acide oxalique et l’ammoniaque, etla liqueur séparée du précipité parla filtration est évaporée jusqu’à siccité. On fait rougir encore le résidu, pour volatiliser les sels ammoniques, après quoi Y alcali reste à l’état de sulfate. Il peut être mêlé avec du sulfate magnésique, si la combinaison contenait de la magnésie .
Il existe encore quelques combinaisons siliciques, peu nombreuses, qu’on ne peut décomposer complètement ni par les acides , ni en les faisant rougir avec du carbonate alcalin, et qui résistent aussi à l’action de l’acide hydrofluorique. Elle ont été citées, p. 2s5. Dans une analyse qualitative, on s’y prend de la manière suivante pour les décomposer. On réduit la combinaison en poudre fine par la lévigation, on met la poudre dans un creuset d’argent , on verse dessus une dissolution très-concentrée de potasse pure, puis on évapore rapidement jusqu’à siccité, en remuant avec une spatule d’argent ; ensuite on fait rougir le résidu dans le creuset, en chauffant ce dernier autant que l’argent peut le supporter sans fondre. La masse rougie est alors ramollie avec de l’eau, et lavée dans un verre, puis traitée de la môme manière que les combinaisons siliciques qui ont été rougies avec du carbo nate alcalin.
Cependant la nature nous o(Fre plusieurs combinaisons siliciques dans lesquelles, indépendamment des principes constituans énumérés jusqu’ici, et qui sont les plus fré-
5o8 traité d’analyse chimique.
quens, on en trouve d’autres encore, qui sont plus rares. Ces combinaisons plus rares dans les composés siliciques y existent souvent en très-petites quantités, de sorte qu’il n’est pas rare qu’on ne s’aperçoive pas de leur présence dans des analyses qualitatives. Il ne suffit donc pas, en les rapportant , de dire cjuelles sont les combinaisons siliciques dans lesquelles on les a rencontrées jusqu’à présent, et il faut encore faire connaître la méthode à l’aide de laquelle on constate le mieux leur présence.
i°. Baryte. Elle n’a été trouvée jusqu’à présent que dans l'harmotome barytique. La meilleure méthode pour la dégager de la liqueur hydroehlorique séparée de l’acide silicique par la filtration, consiste^à verser dans cette liqueur de l’acide sulfurique, qui la précipite à l’état de sulfate barytique insoluble. Si le minéral contenait aussi beaucoup de chaux, il se précipiterait en même temps du sulfate calcique 5 mais l’eau suffirait déjà pour séparer ce dernier sel du sulfate barytique. Dans le cas seulement où la combinaison contiendrait de la strontiane ou de l’oxide plombique, l’acide sulfurique précipiterait aussi ces bases de la dissolution hydroehlorique. Il a été dit p. 474com" ment on doit s’y prendre pour distinguer la baryte de ces deux oxides, à l’état de sulfate.
20. Glucine. Ellese trouve dansY émeraude,] ’eucïase , la cynwpliane etl helvine. Dans les trois premières de ces combinaisons, elle est accompagnée d’alumine, avec laquelle on peut aisément la confondre. Lorsque, dans le cours de l’analyse, après avoir séparé la liqueur de l’acide silicique, par la filtration , 011 y verse de l’aminoniaque , le précipité produit par ce réactif contient la glucine qui existe dans la combinaison. Pour constater la présence de cette terre, on dissout le précipité encore humide dans la plus petite quantité possible d’acide hydroehlorique, et, à la dissolution concentrée, 011 ajoute une dissolution de carbonate ammoniacal en assez grand excès, avec lequel on laisse le
COMBINAISONS siliciques. 5o g
précipité en contact pendant quelque temps , et de préférence dans une bouteille qui puisse être bouchée. Après la filtration du résidu qui ne s’est pas dissous, la gîucine se trouve dans la liqueur filtrée, de laquelle on peut l’obtenir par l’évaporation. On l’essaie à l’aide des réactifs, ainsi qu’il a été dit p. 38. L’helvine contient tant d’oxide manganeux , qu’à moins de filtrer rapidement la glucine précipitée par l’ammoniaque , elle entraine une certaine quantité de cet oxide , dont on peut cependant la débarrasser par la dissolution dans de la potasse pure.
La glucine existe aussi en petite quantité dans quelques variétés de gadolbiites , à l’analyse desquelles on peut la séparer de l’yttria par la dissolution dans de la potasse pure.
Comme la glucine a beaucoup de ressemblance avec l’alumine , il est nécessaire d’examiner si l’alumine qu’on a obtenu en analysant des combinaisons siliciques, n’en contient point. A cet effet on l’essaie au chalumeau avec une dissolution de nitrate cobaltique ( p. 3y). S’il se produit ainsi une couleur bleue pure, l’alumine est exempte de glucine; si l’on obtient un bleu sale, il est prudent de soumettre l’alumine à l’action des réactifs capables d’y déceler la présence de la gîucine.
3°. Thorine. Cette terre n’a été trouvée par Berzelius que dans le tJiorite. Il a employé la méthode suivante pour la mettre en évidence et la séparer des autres principes constituans. Aprèsavoir décomposé le minéralréduiten poudre par l’atide hydrochlorique, la liqueur séparée de l’acide silicique par la filtration fut précipitée par l’ammoniaque, le précipité dissous dans de l’acide hydrochlorique, et le liquide acide débarrassé par le gaz sulficle hydrique de quelques traces d’oxide pl ombique et d’oxide stannique. La liqueur séparée par la filtration des sulfures métalliques précipités fut évaporée jusqu’à siccité , le résidu redissous dans de l’eau , et la dissolution bouillie avec une dissolu-
&I0 TRÀITÉ d’analyse CHIMIQUE.
tion de potasse, qui dissolvit une trace d’alumine et précipita la thorine. Pour dégager cell e-ci de l’oxide ferrique, de Poxidemanganeux et de l’oxide uranique, elle fut redissoute dans de l’acide hydrochlorique ; la dissolution fut ensuite neutralisée avec de l’ammoniaque, et concentrée par l’évaporation. Alors on la laissa en contact avec des cristaux de sulfate potassique , aussi long-temps qu’elle voulut en dissoudre; le précipité pulvérulent qui résulta de là fut lavé avec line dissolution saturée de sulfate potassique, dans laquelle le sel double de tborine est insoluble (p. 42), puis dissous dans de l’eau chaude, et précipité de nouveau par une dissolution de potasse.
4° Yttria . Elle se rencontre dans les gadolinites , ainsi que dans Yorthite çt la pyrorthite. Quand on ajoute de l’ammoniaque à la dissolution séparée de l’acide silicique par la filtration , l’yttria existe dans le précipité qui résulte de là. E11 traitant ce précipité par une dissolution de potasse pure, on sépare l’yttria de l'alumine et de la glucine , s’il s’y en trouve. On dissout dans de l’acide hydroclilorique ce que la potasse a refusé de dissoudre ; on étend la dissolution d’une petite quantité d’eau , et , en y plongeant une croûte cristalline de sulfate potassique, on précipite l’oxide céreux que contiennent toujours les gadolinites et les orthites; il faut laisser les cristaux du sel en contact avec la liqueur pendant vingt-quatre heures; le précipité qui se forme est lavé avec une dissolution saturée de sulfate potassique , dans laquelle l’oxide céreux est insoluble , mais l’yttria soluble (p. 4^ et p. 45 ). La liqueur filtrée contient ensuite l’yttria , qu’on en peut précipiter au moyen de l’ammoniaque; cependant ce réactif précipite en même temps qu’elle de l’oxide ferrique, qui existe à l’état d’oxide ferreux dans les minéraux en question. On parvient à séparer suffisamment ces deux substances l’une de l’autre en saturant exactement la liqueur acide avec de l’ammoniaque, avant de la précipiter par cet al-
COMBINAISONS 9ILTC1QUES. 5 I I
cali, et y versant ensuite une dissolution de succinate arnmonique , qui précipite l’oxide ferrique à l’état de succinate ferrique. L’ammoniaque, versée alors en excès dans la liqueur filtrée , en précipite l’yttria.
5° Oxide céreux. Il se trouve dans la cérite et la cérine , ainsi que dans les gadoïinites , Yortïiite , la pyror thile , et en général dans tous les minéraux contenant de l’yttria , qu’il paraît accompagner presque toujours. Il vient detre dit, en parlait de celte dernière , qui a beaucoup de ressemblance avec lui , comment on doit s’y prendre pour les séparer l’un de l’autre.
6° Zircone. Elle fait partie essentielle du zircon et de l’ eudy alite. Après la décomposition du zircon par de l’alcali pur, qui est difficile à effectuer, on traite la masse rougie, comme à l’ordinaire, par de l’acide hydroclilorique , et l’on sépare également l’acide silicique par l’évaporation ; mais il faut ici employer une chaleur très-faible, car, sans cette précaution, outre l’acide silicique séparé, il peut aussi rester ensuite beaucoup de zircone non dissoute dans l’acide hydroclilorique. On sépare l’acide silicique par la filtration, et on verse de l’ammoniaque dans la liqueur filtrée, pour précipiter la zircone. Si le zircon contient des traces d’oxide ferrique, celui-ci se précipite avec la zircone. Dans l’eudyalite, la zircone est combinée, non-seulement avec de l’acide silicique, mais encore avec de la chaux, de la soude, de l’oxide ferrique, de l’oxide manganique et une petite quantité de chlorure sodique. Après la décomposition par l’acide hydrochlorique et la séparation de l’acide silicique, la zircone est précipitée parl’ammoniaque, comme dans l’analyse du zircon 5 mais l’oxide ferrique se précipite en même temps qu’elle. Dans une analyse qualitative, on parvient à séparer assez exactement l’oxide ferrique de la zircone, en rassemblant le précipité sur un filtre, et le faisant fortement rougir; la zircone devient par là insoluble dans l’acide hy-
TRAITÉ D’ANALYSE CHTMIOUE.
drochlorîque (p. 4;)? à l’aide duquel on peutdépoui lier la masse rougie de la plus grande partie de l’oxide ferrique. Une meilleure méthode pour séparer la zircone de l’oxide ferrique, et qu’on employé aussi dans les analyses quantitatives, consiste à verser dans îa dissolution liydrochlorique de la zircone et de l’oxide ferrique, de l’acide tartrique , en présence duquel les deux bases ne sont point précipitées par les alcalis de leurs dissolutions (p. 4q et p. y 2 ), après quoi le sulfhyjlrate ammonique, versé dans la dissolution sursaturée avec de l’ammoniaque, précipite l’oxide ferrique à l'état de sulfure de fer. Pour obtenir la zircone contenue dans la liqueur séparée du sulfure de fer par la filtration , il faut évaporer cette liqueur jusqu à siccité, et faire rougir le résidu sec, au contact de l’air , jusqu’à ce que le charbon de l’acide tartrique soit brûlé : la zircone reste alors à l’état d’insolubilité dans les acides.
70 Oxide zincique. Cet oxide se trouve dans le zinc silicate, Pour le trouver dans cette combinaison, après avoir séparé la liqueur hydrochiorique de l’acide silicique, par la tiltration, on la débarrasse des traces d’oxide plombique et d’oxide stanniquequi y sont contenues, au moyen de la dissolution du sulfide hydrique; puis on sursature îa liqueur avec de l’ammoniaque, et on y verse du suîfhydrate ammonique , ce qui précipite l’oxide zincique en blanc , à l’état de sulfure de zinc , qu’il est aisé de reconnaître pour tel. L’oxide zincique est moins facile à découvrir au chalumeau dans le zinc silicaté, parce qu’il ne donne que difficilement une fumée de zinc lorsqu’on le traite avec de la soude , sur du charbon, à la flamme intérieure.
8° Oxide niccolique. Il entre, comme partie constituante, dans la pim élite ; il existe aussi en très-petite quantiié dans la cïuysoprase, et, suivant Slromeyer, dans quelques espèces d 'olivine. 11 suffit déjà du chalumeau pour le trouver dans la pimélite, celle-ci donnant les réactions de
5io
combinaisons siltciques.
l'oxide niccolique quand- on ]a traite avec le borax et le sel de phosphore (p. 66 ) -, on obtient aussi beaucoup de nickel métallique réduit, en la traitantavec delà soude, sur du charbon. Dans l'analyse qualitative des autres minéraux, le meilleur moyen de reconnaître la petite quantité d’oxide niccolique consiste à prendre la liqueur bydrochlorique qu’on a séparée de l’acide siîicique par la filtration, à y verser de l’ammoniaque en excès, et à ajouter un peu de suîfhydrate ammonique à la liqueur filtrée pii se produit par là un faible précipité noir de sulfure de nickel , qu’on examine ultérieurement, afin d’en constater la nature.
9°. Oxide cadmique. Pour découvrir cet oxide, qui peut bien se rencontrer dans certaines variétés de zinc silicate , le mieux serait, dans une analyse qualitative, de prendre la liqueur bydrochlorique séparée de l’acide siîicique par la filtration, et étendue d’eau, et d’y faire passer un courant de gaz sulfide hydrique 5 il se précipiterait un sulfure de cadmium jaune 5 mais en même temps aussi des traces d’oxide plombique et d’oxide stannique , qui pourraient être contenues dans la combinaison, seraient également précipitées à l’état de sulfures métalliques.
io°. Oxide plombique. Des traces d’oxide plombique ont été trouvées dans plusieurs combinaisons silicifères, comme, par exemple, dans 1 ethorite, le zinc silicate , etc. Ces traces d’oxide plombique peuvent être contenues en totalité dans la liqueur bydrochlorique séparée de l’acide siîicique par la filtration. Des quantités plus considérables d’oxide plombique ne se dissoudraient qu’en partie à l'état de chlorure plombique, et ne pourraient point être séparées complètement de l’acide siîicique par le lavage : ce motif fait qu’au lieu d’acide bydrochlorique, c’est de i acide nitrique qu’il faut employer pour décomposer la combinaison. Puis, avant de traiter la liqueur acide par l’ammoniaqué, on y fait passer un courant de gaz sulfide hydrique, qui précipite l’oxide plombique a 1 état de sulfure
Ol4 TRAITÉ D’ANALYSE CHIMIQUE.
de plomb , qu’on pe.ut alors examiner de plus près. Ordinairement il faut encore la traiter par le suîfliydrate ammonique, afin d’en séparer des traces de sulfure d’étain, parce que, communément, les traces d’oxide plombique sont accompagnées de traces d’oxide stannique dans les combinaisons siliciques.
ii°. Oxide uronique. Cet oxide fait la base du minéral appelé peehblen de. On le trouveaussi en petite quantitédans plusieurs combinaisons siliciques , comme dans le thorite. Pour découvrir dans ces corps des traces d’oxide uranique , après avoir séparé l’acide silieique , et sursaturé la liqueur filtrée avec de l’ammoniaque, on dissout le précipité qui résulte de là dans de l’acide hydochlorique , et l’on verse de la potasse dans la dissolution. Le précipité déterminé par ce réactif est mis ensuite en digestion avec une dissolution concentrée de carbonate ammoniacal , ce qui dissout l’oxide uranique. La dissolution peut être évaporée jusqu’à siccilé , et la masse sèche mise en digestion avec de l’acide acétique étendu , qui dissout l’oxide uranique. La dissolution a une couleur jaune *, l’ammoniaque y fait naître un précipité jaune, qui, au chalumeau, se comporte comme il a été ditp. 86.
12°. Oxide cuivrique. Iî est un des principaux élémens de la dioplase et de la malachite siliceuse. Quand on a décomposé ces substances par l’acide hydrochlorique , la liqueur acide , séparée de l’acide silieique par la filtration, ne contient pas d’autre principe constituant essentiel que l’oxide cuivrique. Cet oxide a été trouvé en très-petite quantité dans quelques espèces d 'idocrase de Korwége ( cyprine ) , dans la cèrine et dans Y allophane , où il suffit déjà du chalumeau , employé à la manière ordinaire , pour constater sa présence (p. qd ). Cependant, lorsqu’on procède par la voie humide , si l’on veut ne point omettre les traces d’oxide cuivrique, il faut , après avoir traité les minéraux par du carbonate alcalin , décomposé
combinaisons sïliciqtjes. 5i5
la masse rougi e au moyen de Faciale hydrochlorique , et séparé Facide silicique par la Filtration, faire passer, à travers la liqueur acide filtrée, un courant de gaz sulfide hydrique, qui précipite les traces cFoxide cuivrique à Fétat de sulfure de cuivre.
i 3°. Oxide stannique. Il parait exister dans un très-grand nombre de combinaisons silicifères *, cependant il n’y entre jamais que comme partie constituante extrêmement peu essentielle , de sorte que dans l’analyse on doit s’attacher principalement à en découvrir les traces. Berzelius a trouvé des vestiges d’oxide stannique dans quelques espèces à? émeraude , dans Veuclase , dans le zinc silicate ci dans le thorite, biais cet oxide existe à coup sûr dans un très- grand nombre d’autres minéraux encore; seulement sa présence n’y a point encore été remarquée jusqu’à présent. La plus sûre manière de le reconnaître consiste à faire passer un courant de gaz sulfide hydrique dans la liqueur hydrochlorique séparée de Facide silicique par la filtration ; Foxide stannique se convertit par là en sulfure d’étain , et il se précipite à cet état , même lorsqu’il n’existe qu’en quantité extrêmement faible dans la dissolution; cependant la précipitation n’a pas lieu sur-le-champ dans ce dernier cas ; elle ne s’effectue qu’au bout d’un certain laps de temps, et principalement après qu’on a fait chauffer la liqueur acide (p. i/jo). Lorsque la combinaison silicique contient simultanément de Foxide plombique ou un autre oxide métallique susceptible d’être précipité delà dissolution acide, par le gaz sulfide hydrique, à Fétat de sulfure métallique, ce qui peut déjà , dans la plupart des cas, se reconnaître à la seule couleur du précipité , le sulfure métallique obtenu doit être traité par le sulfhydrate ammoniqiie, qui dissout le sulfure d’étain. Il ne faut qu’évaporer à siccité celte dissolution de sulfure d’étain dans un creuset en platine, et faire rougir le résidu ; on obtient ainsi de l’oxide, stannique , quon doit traiter au ch a-
bl6 traité d’analyse chimique.
jumeau, sur du charbon , avec clelasoude, pour le réduire en étain métallique. Cependant , il est quelques cas où les traces d’oxide stannique forment avec des bases, notamment avec deîagîucine, des combinaisons qui, après la décomposition de la combinaison silicique, ne se dissolvent qu’incomplètement ou foi t difficilement dans l’acide hy~ drochîorique ; c’est ce qui arrive quand on fait fondre «à la manière ordinaire, avec du carbonate alcalin, l’euclase et l’émeraude, qui contiennent dehoxide stannique. Après qu’on a sursaturé la masse rougie avec de l’acide hydrochlorique, il reste une poudre blanche , qu'on distingue aisément, soit d’un reste de la pierre qui n’aurait pas été décomposé, soit de l’acide silicique mis en liberté, et qu'on peut sans peine aussi séparer de ce dernier. Cette poudre blanche est une combinaison d’oxicle stannique avec de la glucine, et l’eau la dissout facilement, après qu’on l’a fondue avec du bisulfate potassique ; le gaz sulficle hydrique, dont on fait passer un courant à travers cette dissolution , en précipite l’oxide stannique , sous la forme de sulfure d’étain, qui donne un grain d’étain lorsqu’on le traite au chalumeau , sur du charbon , avec de la soude. Quand la combinaison silicique qui contient des traces d’oxide stannique, est traitée immédiatement au chalumeau, avec de la soude, sur du charbon, on n’obtient pas de traces sensibles d’étain réduit.
1 4° .Oxide chromique . Cet oxide se rencontre fréquemment aussi dans les combinaisons siliciques *, mais , la plupart du temps, il n’y entre que comme partie constituante non essentielle. Plusieurs de ces combinaisons, par exemple, l’ émeraude , lui sont redevables de leur belle couleur verte. Cependant les combinaisons siliciques paraissent ne pas être seulement teintes en vert par de petites quantités d’oxide chromique, mais devoir aussi quelquefois à cette substance une couleur rouge-de*sang , cas dans lequel est par exemple le pyrope. Ces combinai-
COMBINAISONS SILICIQUES, 5iy
sons siliciques colorées on rouge de sang par l’oxide chromique , ont la propriété de devenir noires et opaques par la seule action de la chaleur; en se refroidissant peu à peu, elles acquièrent, vues à contre-jour, une teinte jaunâtre , ou une belle couleur verte de chrome, et après l’entier refroidissement, elles ont repris leur couleur naturelle. De petites quantités d’oxide chromique ont été trouvées aussi dans le spath chatoyant et dans quelques espèces de serpentine.
Lors même que la quantité d’oxide chromique est trèsfaible dans les combinaisons siliciques, on peut souvent constater sa présence par le secours seul du chalumeau, attendu que ces combinaisons communiquent aux flux de borax ou de sel de phosphore , après le refroidissement complet, une couleur verte de chrome, qui cependant es t en général très faible, comme, par exemple, lorsqu’on opère sur l’émeraude. Néanmoins , lorsque la combinaison contient en même temps beaucoup d’oxide ferrique , les flux acquièrent par elle la couleur verte ordinaire du fer, sans qu’on puisse apercevoir dans celte teinte aucun mélange appréciable de vert de chrome.
Quand la combinaison peut être décomposée au moyen de l’acide bydrocblorique , la présence de l’oxide chromique se constate, par la voie humide, dans le précipité que l’ammoniaque a fait naître quand on l’a mêlée avec la liqueur bydrocblorique séparée de l’acide silicique par la filtration. Lors même que le chrome existe à l’état d’acide chromique dans la combinaison silicique , il se trouve à celui d’oxide chromique dans ce précipité , qui peut contenir en outre de l’oxide ferrique, de l’alumine, etc. On le fait sécher; puis on le fait bouillir, s’il y a de l’alumine dedans, avec une dissolution de potasse caustique, qui dissout l’alumine, en laissant de l’oxide ferrique et de l’oxide chromique. On peut alors fondre ces deux oxides , dans un petit creuset en porcelaine, avec du nitrate po-
tassique, et traiter la masse fondue par Feau : celle-ci dissout du chromate potassique, et laisse Foxide ferrique. On neutralise ensuite la dissolution par le moyen de Facide nitrique , et Fou précipite l’acide cliromique à l’aide du nitrate mercureux, du nitrate barytique ou du nitrate plombique. Le précipité obtenu est traité au chalumeau , pour y constater la présence du cbrome.
Lorsqu’on décompose une combinaison qui contient de Foxide cliromique , en la fondant avec du carbonate alcalin , il arrive fréquemment qu’ après avoir traité la masse r.ougie par Facide bydrochlorique, on obtient un acide silicique qui a une teinte brune et qui est mêlé avec du chromate cliromique brun. Cependant si Fon fait fondre cet acide silicique brun avec du nitrate potassique, dans un petit creuset en porcelaine, qu’on mette la masse fondue en digestion dans de Feau et de Facide liydrochlorique, qu’on évapore la liqueur jusqu' asiccité, et qu’ensuite on traite le résidu sec , comme à l’ordinaire , par l’acide liydroeblorique et Feau, il reste de Facide silicique blanc , tandis que la dissolution contient de Foxide cliromique. On parvient plus aisément encore à réduire complètement Facide cliromique en oxide cliromique, si, pendant qu’on évapore la liqueur bydrochlorique à siccité, on y ajoute un peu d’alcool.
i5°. sicide titanique. L’acide titanique combiné avec Facide silicique n’entre comme partie constituante essentielle que dans le titanite ( spbène ) , qui contient en outre de la chaux. L’acide titanique existe en très-grande quantité dans ce minéral , et cependant sa présence n’est pas très-facile à y constater au chalumeau par la couleur que cet acide communique ordinairement aux liux, quoique laprésencede Facide silicique et delà chaux ne puisse pas s’opposer à la manifestation de cette couleur caractéristique. Un globule de borax qu’on traite avec du titanite, à la flamme intérieure du chalumeau , ne se colore point
COMBINAISONS SILICIQUES. 5ig
en bleu , et un globule de sel de phosphore n’est teint en bleu , par cette même substance, que quand on laisse le mélange exposé pendant long-temps au feu de réduction.
Des traces très-faibles d’acide titanique se trouvent, comme partie constituante non essentielle , dans quelques minéraux, ainsi qu’il arrive à l’oxide stannique. On en a rencontré dans la cymophane , dans le cyanite , dans quelques espèces de mica et dansY achmite . Lorsqu’on fait rougir ces minéraux, à la manière ordinaire , avec du carbonate alcalin , et qu’ensuite on traite les masses rougies par l’acide hydrocblorique et l’eau, l’acide titanique se dissout dans l’acide hydrocblorique , à l’état de titanate alcalin. Si alors on évapore le liquide acide à une chaleur très-douce, pour provoquer la séparation de l’acide silicique , outre l’alumine, l’oxide ferrique et autres principes constituans qui se dissolvent, l’acide titanique se redissout aussi , mais se précipite ensuite, simultanément avec l’alu- ' mine et l’oxide ferrique, quand on vient à verser de F ammoniaque dans la liqueur séparée de Facide silicique par la filtration. Lorsqu’on fait rougir ce précipité , après l’avoir séché , et qu’ensuite on le traite par l’acide liydrochîorique, la plus grande partie de l’acide titanique reste sans se dissoudre, et on peut le reconnaître pour tel au chalumeau, quoiqu’il ne soit pas parfaitement pur, mais doive une teinte rougeâtre à une certaine quantité d’oxide ferrique, comme il arrive au rutile, qui contient aussi un peu d’oxide ferrique. Si, après avoir fait rougir le minéral avec du carbonate alcalin , une trop forte chaleur a été employée pour déterminer Facide silicique à se séparer de la liqueur hydrocblorique , il est à craindre , surtout si l’évaporation a été poussée jusqu’au degré de l’ébullition , que, lorsqu’on viendra ensuite à traiter les traces d’acide titanique par Facide hydrocblorique et par l’eau, la plus grande partie de cet acide ne se dissolve pas et reste avec Facide silicique.
520 TBA.1TÉ d’analyse CHIMIQUE.
i6°. Acide tantalique . Jusqu’à présent il n’a été trouvé par Berzelius que comme partie constituante non essentielle dans quelques espèces d’ émeraude. Lorsqu’on fait rougir ce minéral avec du carbonate alcalin, et qu’ensuite on le décompose par l’acide hydrocliîorique, les traces d’acide tantalique ne restent point mêlées avec l’acide silicîque, comme on devrait le présumer ; mais elles se trouvent dissoutes, conjointement avec la glucineet l’alumine , dans la liqueur hydrocliîorique séparée de ce dernier par la filtra lion. Si l’on dissout la glucine dans une dissolution de carbonate ammoniacal, les traces d’acide tantalique suivent aussi cette terre ; mais on parvient à les séparer l’un de l’autre, en dissolvant la glucine dans de l’acide hydrocliîorique, après la calcination : de cette manière, l’acide tantalique reste mêlé avec de l’acide siîicique.
170. Acide borique. On l’a rencontré dans un grand nombre de minéraux, où il est tantôt plus et tantôt moins abondant. Il forme un des principaux matériaux constituais du datholile et du botiyolite. Il a été trouvé en plus petite quantité clans les diverses espèces de tourmaline etc! 'axinitc. Turner, en opérant avec le chalumeau ainsi qu’il a a été dit, pag. 210, a constaté aussi la présence de cet acide dans la topaze du Brésil , de même que dans un grenat de Norwége (coloplionite), et C.-G. Gmeîin l’a découvert de la même manière dans quelques espèces de mica , de lépidolite et de pinite „
La méthode la plus certaine pour constater la présence de l’acide borique dans les combinaisons siliciques qui sont susceptibles d’être décomposées par un acide , consiste à les réduire en poudre et à les décomposer par de l’acide sulfurique concentré *, après quoi, sans séparer l’acide siîicique , on ajoute à la liqueur de l'alcool, auquel on met le feu. La couleur verte de la flamme de l’alcool atteste la présence de l’acide borique. L’acide hydroclilorique ne doit pas être substitué à l’acide sulfurique pour
COMBINAISONS SILXCIQUÊS. 5 AI
opérer la décomposition delà combinaison silicique , d’après des motifs qui ont été développés pag. 210.
Si la combinaison silicique résiste à Faction des acides , on la réduit en poudre très-fine*, on fait rougir celle-ci avec environ le triple de son poids de carbonate potassique ou sodique*, on décompose la masse rougie au moyen d’acide sulfurique qui n’a été étendu que d’une petite quantité d’eau, et l’on verse ensuite dessus de l’alcool, dont la flamme prend une couleur verte, lors même que la combinaison 11e contient qu’une très-faible proportion d’acide borique.
iB°. si eide phosphorique. Cet acide se rencontre aussi en petites quantités dans des combinaisons silicifères. Jusqu’à présent on ne Fa trouvé que dans \e.scrdawalite et dans quelques espèces de lépidolite. Cependant , il est vraisemblable qu’il existe aussi en petites quantités dans plusieurs autres combinaisons siliciques ; car sa présence peut aisément être inaperçue lorsque, dans l’analyse, on 11e s’attache pas , d’une manière spéciale , à la constater. Cet acide- paraît surtout exister dans plusieurs des minéraux silicifères qui contiennent des petites quantités de combinaisons de fluor.
Pour trouver Facide phosphorique dans ces combinaisons, qu’elles soient ou non susceptibles de se laisser décomposer par les acides, on les fait rougir avec trois à quatre fois leur poids de carbonate sodique ou potassique, et l’on traite la masse rougie par l’eau, qui ne dissout que le carbonate alcalin en excès^ ainsi que du phosphate alcalin, quand les bases contenues dans la conbinaison qu’on examine sont insolubles dans le carbonate alcalin. La présence de Facide phosphorique dans la dissolution , lors même que la quantité en est très-faible, se reconnaît de la manière suivante : on commence par sursaturer cette dissolution avec de Facide hydroclilorique , et on la laisse long-temps en repos dans un endroit un peu échauffe, afin que Facide carbonique se dégage aussi complètement que possible, puis
Ô2 2 TRÀ.ITÉ d’analyse CHIMIQUE.
on verse la liqueur acide dans une Bouteille susceptible d’être bouchée, on la sursature avec de l’ammoniaque, et l’on ajoute une dissolution dechlorure calcique, après quoi on bouche la bouteille. Cette dernière précaution est nécessaire, parce que, si l’on permettait l’accès à l’air atmosphérique, du carbonate calcique serait précipité de la liqueur en même temps que le phosphate calcique. Lorsque le précipité produit s’est complètement déposé, on le réunit sur un filtre, et l’on examine si , en même temps que le phosphate calcique, il ne s’y trouve pas aussi quelque sel insoluble résultant de la combinaison de la chaux avec un autre acide.
il est impossible de constater au chalumeau la présence de l’acide phosphorique dans des combinaisons siliciques, en suivant la marche qui a été tracée p. 200 , parce qu’il existe toujours en trop petite quantité pour qu’on puisse exécuter cette expérience.
K)°. Charbon. Parmi les combinaisons siliciques existantes dans la nature, la seule qui contienne du charbon en quantité considérable est le pyrorthile. Pour constater sa présence dans ce minéral, il suffit de chauffer doucement celui-ci au chalumeau, et de le faire ensuite rougir sur un point : il prend feu, et continue ensuite à brûler seul, sans donner cependant ni flamme ni fumée, après quoi le minéral estblanc ou d’un gris blanc. Le pyrorthile, mêlé avecdu nitrate potassique, fuse aussi, quand 011 le chauffe, comme font les substances qui contiennent du charbon.
Des quantités très-petites de charbon ou plutôt de substances organiques carbonées, dont on ne connaît point encore la composition, se trouvent dans un fort grand nombre de combinaisons siliciques, et sont cause que celles-ci noircissent quand on les chauffe dans un petit matras, sur une lampe, à esprit-de-vin 5 la couleur noire disparaît par l’application de la chaleur à l’air libre , le charbon brûlant alors. C’est ce qui a lieu principalement pour les combi-
COMBINAISONS SILICIQUES. 5ü3
liaisons siliciques contenant beaucoup de magnésie et en même temps de l’eau, comme la pierre de lard , Y écume de mer , le picrosmine , le pyrallolite , la serpentine , Y a gaimatolite , le pim élite , le chondrodite et le coupholite.
Quelques combinaisons siliciques contiennent de Y acide carbonique , mais la plupart du temps par b effet seulement d’un mélange de carbonate calcique ou d’autres carbonates. Ces minéraux font effervescence lorsqu’à près les avoir pulvérisés, on verse de l’acide liÿdrocliiorique sur leur poudre.
20°. Fluor. Il existe en assez grande proportion dans la topaze , le chondodrite et quelques espèces de mica , notamment celles qui contiennent de la lilbine. On en a trouvé des quantités plus faibles clans un très-grand nombre d’autres combinaisons siliciques, notamment dans la plupart des espèces de mica , qui cependant n’en contiennent pas toutes , dans presque toutes les espèces & amphibole , clans le carpiiolite , dans Y apopliyllite et dans quelques espèces de çhabasie et de scapolite . Le chalumeau, appliqué comme il a été dit p. 3oq, suffit déjà, en général, pour faire aisément constater la présence du fluor dans quelques unes de ces combinaisons siliciques, mais seulement dans celles qui contiennent en même temps une quantité d’eau p'us ou moins considérable. Cependant s’ilnes’y trouve aucune trace d’eau, on courtle risqua, dansl’analyse, de ne pas apercevoir des proportions même assez fortes de fluor. Il faut alors recourir à la méthode qui a été indiquée p. 3oq. Lorsqu’on croit avoir reconnu, à l’aide du chalumeau, qu’une combinaison de fluor exisie dans les combinaisons siliciques qu’on essaie, il faut s’en convaincre positivement par un examen plus rigoureux encore , surtout s’il n’y a que des traces de la combinaison de fluor, et si la combinaison silicique n’est pas de nature à se laisser décomposer par l’acide sulfurique. Cette conviction s’acquiert à l’aide des moyens qui ont été décrits p, 3o8,
5?,4 TRAITÉ d'analyse CHIMIQUE.
Quand on a suivi celle méthode, on obtient un précipité de fluorure calcique , loi s meme que îa combinaison sili ciquene contenait que de simples traces d’une combinaison de fluor. Le fluorure calcique ainsi obtenu doit être décomposé par l’acide sulfurique, d’après le procédé connu, et dont il a été parlé p. 3o6, afin de constater si le verre est corrodé , phénomène qui ne laisse aucun doute sur la présence du fluor.
Il est à remarquer , au reste , que le précipité déterminé parle chlorure calcique peut contenir, indépendamment du fluorure calcique, d’autres combinaisons insolubles de chaux avec des acides, s’il existait de ces derniers dans la c o m b i n a i s o n si 1 i ci que . Le fl uo r u r e cal ci q ue p e u t s u r t o u t ê tr e accompagné, dans ce précipité, par du phosphate calcique, ou, généralement par des combinaisons de chaux avec les acides qui ont été énumérés p. 47 2 • Cependant il faut y rechercher avec le plus grand soin la présence de l’acide phosphorique, parce que, ainsi qu’il a été déj à dit p. 5ai , cet acide existe très-fréquemment dans des minéraux qui contiennent des combinaisons de fluor. Ainsi donc, après avoir décomposé le précipité par l’acide sulfurique , dans un creuset en platine , afin d’acquérir , par la corrosion dit verre , la certitude de l’existence du fluor, on traite le résidu par une grande quantité d’eau ; celle-ci dissout l’acide sulfurique mis en excès, ainsi que le sulfate calcique qui s’est produit, et laisse le phosphate calcique, qu’on peut alors soumettre à un examen ultérieur.
2i°. Chlore. On a trouvé le chlore , mais toujours en trèspetite quantité , dans plusieurs combinaisons siliciques , notamment dans le sadalite , V eudialite et le pyrosmalite. Pour découvrir la présence d’une combinaison de chlore dans des combinaisons siliciques décomposables par les acides , on les décompose par l’acide nitrique, en ayant soin néanmoins d’éviter, quand il est possible, toute application de chaleur -, si l’on ne peut se dispenser de re-
COMBINAISONS 5ILICIQUES,
courir à cette dernière , ie mieux est de laisser l’acide nitrique agir sur la poudre du minéral , dans un flacon bouché à l’émeri. Après avoir séparé la liqueur de l’acide silicique par la filtration, on y verse une dissolution de nitrate argentique , qui précipite du chlorure argentique facile h reconnaître. Si ensuite on veut encore aller à la recherche des antres principes constituans , on filtre la liqueur, pour la séparer du chlorure argentique , et on y verse de l’acide hydrochlorique', pour la débarrasser de J’oxide argentique qui aurait pu y être mis eu exc ès, après quoi on procède de la manière ordinaire. Les trois minéraux dont les noms oot été cités précédemment sont décomposables par l’acide nitrique ; cependant le pyrosmali te n’est décomposé par cet acide qu’assez difficilement, et à l’aide d’une légère chaleur.
Si la combinaison silicique résistait à l’action des acides, il faudrait la faire rougir avec du carbonate alcalin. La masse rougieserait ensuite traitée par beau, qui, indépendamment du carbonate alcalin en excès , dissoudrait aussi du chlorure potassique ou du chlorure sodique ; on sursaturerait la dissolution alcaline avec de l’acide nitrique , puis on verserait dans la liqueur une dissolution de nitrate argentique, qui précipiterait du chlorure argentique.
La présence du chlore , dans des combinaisons'siliciques, peut bien être constatée à l’aide du chalumeau, en agissant comme il a été dit p. 2g4; mais il ne faut cependant jamais négliger l’analyse par la voie humide : car elle seule , en pareil cas, peut conduire à un résultat certain.
22°. Soufre. ïl existe dans quelques combinaisons siiiciques , à l’état , soit de sulfure métallique , soit de sulfate. On le trouve sous la première forme dans l 'helvine, qui le contient à l’état de sulfure de manganèse, et l’on peut alors constater fort aisément sa présence par le dégagement de gaz sulfide hydrique qui a lieu lorsqu’on opère la décomposition au moyen de l’acide hydroclilorique. Une par-
5^6 traité d’analyse chimique.
tie au moins du soufre paraît être aussi à Fëtat de sulfure métallique dans Yhaüyne, le nosian et le lazulitc ; car ces minéraux exilaient, quand on les décompose par l’acide hydroclilorique , une odeur de gaz sulfide hydrique, qui est cependant très-faible pendant la décomposition du nosian.
Si du soufre se trouvait à Fétat de sulfure dans une combinaison siiicique qui ne pût pas être décomposée par l’acide hydroclilorique avec dégagement de gaz sulfide hydrique, on ne parviendrait à constater sa présence qu’au moyen de la formation d’acide sulfurique qui aurait lieu en traitant la combinaison par Facide nitrique.
Le soufre s’offre à Fétat d'acide sulfurique dans quelquescombinaisons siliciques. L’haüyne, le nosian et le lazulite contiennent non-seulement du sulfure métallique , mais encore de Facide sulfurique *, car, après avoir décomposé ces minéraux au moyen de Facide hydroclilorique, et filtré la liqueur pour la séparer de Facide siiicique , si l’on verse dans cette dernière une dissolution de chlorure barytique , on obtient un précipité de sulfate barytique. Cependant il est nécessaire de bien laver Facide siiicique , parce cpie ces minéraux contiennent de la chaux qui , après la décomposition par Facide hydroclilorique, forme du sulfate calcique lequel est fort peu soluble dans l’eau.
S’il se trouvait de Facide sulfurique dans des combinaisons siliciques indécomposables par les acides , il faudrait réduire la combinaison en une poudre très* fine , rougir cette poudre avec du carbonate potassique ou sodique ^ et traiter la masse rougie par l’eau: la dissolution contiendrait, avec le carbonate alcalin mis en excès, du sulfate alcalin ; il serait facile d’y constater la présence de Facide sulfurique, en y versant une dissolution de chlorure barytique , après l’avoir sursaturée avec de Facide hydroclilorique.
Dans les combinaisons siliciques qui contiennent du
eaux minérales.
soufre ou de l’acide sulfurique, mais ne renferment pas en meme temps d’oxides métalliques proprement dits , ou du moins n’en renferment que de très-petites quanti tés? la présence du soufre peut être reconnue au chalumeau , en exposant, sur du charbon, le minéral, mêlé avec de la soude, à Faction de la flamme intérieure. On obtient ainsi un globule souvent trouble , qui devient rouge en se refroidissant (p. 162). Ce procédé ne réussit cependant pas quand 011 opère sur de Fhelvine, à cause de la grande quantité de manganèse qu'elle contient. Mais la présence du soufre peut toujours être reconnue au chalumeau dans ces combinaisons, en les traitant sur du charbon avec un excès de soude , projetant la masse rougi e sur une feuille d’argent, et rhume étant un peu, car alors l’argent se colore en brun ou en noir.