De l analyse des eaux minérales
Les sels qui ont été trouvés jusqu’à présent dans les eaux minérales contiennent les bases et acides suivans : bases, potasse , soucie , litliine , ammoniaque , strontiane , chaux , magnésie, alumine , oxide mangcmeux , oxide ferreux ^ oxide zincique et oxide cuivrique ; acides , acide sulfurique , acide sulfureux , acide nitrique , acide carbonique , acide borique , acide phosphorique , acide silicique , et, en outre , chlore , fluor , brome , iode et soufre , unis à un métal des bases qui viennent d’être désignés.
L’analyse qualitative des eaux minérales, ne présente quelques difficultés que parce qu’ordinaircment leurs principes constituans sont en si petite quantité, qu on n’en saurait constater la présence par les moyens ordinaires. Quoique de faibles traces d’une substance dans des eaux minérales ne puissent avoir aucune utilité réelle sous le point de vue médicinal, cependant l’état actuel de la science exige qu’en faisant l’analyse de ccs liquides, on ait égard à tous les principes constituans qui peuvent s’y
OSïB TRAITÉ D’ANALYSE CHIMIQUE.
trouver contenus. C’est pourquoi , avant de la commencer, il faut évaporer une assez grande quantité de l’eau minérale, soit seulement pour la concentrer, soit même pour la réduire à siccité, afin que les principes constituans secs qu’elle tient en dissolution restent à l’état sec. Tandis que l’on concentre ainsi les eaux minérales par l’évaporation , on voit fréquemment s’en séparer quelques substances, qu’on doit recueillir sur un filtre et examiner à part. Le liquide clair qui a traversé le filtre, est également examiné à part. On le soumet à autant d’essais distincts qu’on y présume de substances différentes , et lorsqueles circonstances le permettent , on prend à. chaque expérience une nouvelle quantité de l’eau minérale soumise à l’analyse : car non-seulement il est plus difficile de découvrir un grand nombre de principes dans une seule et même portion de celte eau, mais encore ou ne parvient point à y constater la présence de celles dont elle ne contient que de faibles traces. Il est certaines expériences cependant pour lesquelles on emploie l’eau minérale sans préalablement la concentrer; ce qu’on est obligé de faire aussi quand on n’a qu’une petite quantité de cette eau «à sa disposition , ou quand elle est très-riche en principes constituans fixes.
Recherche des hases.
a , ) On prend une partie de l’eau qui n’ait point encore été concentrée par l’évaporation , cm y verse du suifhydrate ammonique , et on laisse au précipité que ce réactif détermine le temps de bien se rassembler. Si l’eau est un peu acide, on commence par la saturer aussi exactement crue possible au moyen de l’ammoniaque. Afin d’éviter l’accès de l’air atmosphérique, on opère la précipitation dans une bouteille qui puisse être bouchée. De cette manière Y oxide ferreux , Y oxide manganeùx , Y oxide zincique et Y oxide cuivrique sont précipités à l'état de sulfures métalliques; d’autres substances, comme de
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l’alumine et du phosphate calcique , s’il s’en trouvait une certaine quantité dissoute dans une eau imprégnée d’acide carbonique, pourraient également être précipitées par ce réactif, mais il vaut bien mieux recourir à une expérience d’un autre genre pour constater leur présence. S’il existait encore d’autres oxides métalliques proprement dits dans l’eau, iis seraient précipités aussi à l’état de sulfures métalliques. Les sulfures précipités ont une couleur noire , meme lorsque la dissolution ne contenait qu’une petite quantité d’oxide ferreux. On décante le liquide clair qui surnage le précipité, et on filtre ensuite ce dernier, sans le laver. Alors on le traite par l’acide liydrocblorique , puis on ajoute un peu d’acide nitrique , et on fait chauffer le tout -, après quoi on précipite l’oxide ferrique par l’ammoniaque, on le fait sécher, et on l’essaie au chalumeau. La liqueur filtrée peut contenir de l’oxide manganeux , de l'oxide zincique, et même dans quelques cas de l’oxide cuivrique. On l’évapore jusqu’à siccité, et l’on traite le résidu sec au chalumeau, pour reconnaître s’il s’y trouve de l’oxide manganiqne (p.53), de l’oxide zincique (p. 5g) et de l’oxide cuivrique ( p. g5 ).
Lorsque la quantité d’oxide ferreux contenue dans l’eau est extrêmement peu considérable, le sulfhydrate ainmoniquene détermine pas de précipité noir dans cette eau *, en pareil cas , on voit seulement apparaître d’abord une coloration verte de la liqueur, qui cependant, au bout d’un assez long espace cle temps, sur tout lorsqu’on a laissé labouteilîe bouchée dans un endroit médiocrement échauffé , donne des traces d’un précipité noir , qu’on peut recueillir sur un filtre et essayer au chalumeau pour voir s’il s’y trouve du fer. Des traces d’oxide ferreux trop faibles pour être sensiblement précipitées par le sulfhydrate ainmonique, se reconnaissent encore à l’aide de quelques gouttes cle teinture de noix de galle quon instille dans l’eau ; mais il faut pour cela que cette dernière , si elle con.
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tient du carbonate ferreux , vienne d’ètre récemment puisée à la source. Celte condition remplie, la teinture de noix de galle fait naître une couleur violette, sinon de suite, du moins au bout de quel crue temps. Si cette teinte n’augmente pas dans l’espace de quelques heures, la quantité de fer tenue en dissolution par l’eau était extrêmement faible. Une couleur violette foncée, ou noire, qui se manifeste avec promptitude , dénote la présence d’une grande quantité d’oxide ferreux.
Lorsque l’eau a été concentrée par l’évaporation , avant d’être précipitée par le sulfhydrate ammonique , l’oxide ferreux s’est trouvé par là converti en oxide ferrique , et s’il n’était combiné qu’avec de Facide carbonique , il s’est séparé à l’état d'hydrate ferrique. On découvre ensuite la présence du fer dans les matières qui sont devenues insolubî es par le fait de l’évaporation. Quand Feau minérale contient du sulfate ou du chlorure ferreux , il ne se sépare qu’une petite quantité d’hydrate ferrique pendant qu’on l’évapore.
b. ) On verse un léger excès d’ammoniaque dans une autre portion de l’eau minérale, et , afin de mettre la liqueur à l’abri du contact de l’air atmosphérique, on laisse le précipité se déposer dans une bouteille bouchée. Ce réactif précipite principalement Y alumine; mais, si l’on opère sur une eau qui vienne d’être puisée à la source et qui n’ait point été concentrée par l’évaporation , il peut aussi précipiter, non-seulement du carbonate calcique , du carbonate strontianique et du carbonate magnésique, lorsqu’une eau très-chargée d’acide carbonique contenait les bases de ces sels à l’état de bicarbonates, mais encore du phosphate calcique , du fluorure calcique , etc., quand ces substances étaient également tenues en dissolution par une eau très-riche en acide carbonique. Si, au contraire, Feau a été suffisamment concentrée et réduite presque à siccité par l’évaporation , ces sels s’en sont presque tous séparés.
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Voit-on ensuite l’ammoniaque dont on sursature l’eau minérale concentrée et claire, y faire naître un précipité , celui-ci, outre de Y alumine, peut contenir aussi delà znàgnésie; cependant la magnésie n’est point précipitée par l’ammoniaque lorsqu’on a eu soin préalablement de rendre l’eau acide en y versant un peu d’acide hydrochlorîque. Outre la magnésie, il peut encore se trouver de Y oxide ferrique dans le précipité d’alumine.
A la liqueur ammoniacale séparée de l’alumine par la filtration on ajoute une dissolution d’oxalate potassique, ce qui produit un précipité quand il existe encore de la chaux dans l’eau concentrée par l’évaporation. La cbaux peut être découverte de cette manière dans les cas même où l’ammoniaque n’avait pas déterminé de précipité. Après avoir séparé la liqueur de Foxalate calcique, on y ajoute une dissolution de pliospbate sodique , qui , si elle contient de la magnésie , y fait naître un précipité, soit surle-champ , soit au bout de quelque temps. Lorsque la magnésie est abondante, il convient, avant d’ajouter l’ammoniaque , de rendre l’eau minérale légèrement acide en y versant un peu d’acide bydrochlorique , ainsi qu’il a déjà été dit plus haut.
Si l’eau minérale contenait de la lilhine , l’addition, d’une dissolution de phosphate sodique pourrait donner lieu à un précipité, lors même qu’il n’y aurait pas de magnésie. Cependant on distingue ce précipité du phosphate ammonico-magnésique à l’aide des moyens qui ont été indiqués p. i3. D’ailleurs la lilhine s’est jusqu’à ce jour présentée en si faible quantité dans les eaux minérales, que, la plupart du temps, le précipité produit par le phosphate sodique est du à de la magnésie. Cependant plus tard encore la présence de la îithine se constate au moyen d’une expérience particulière.
Il serait très-facile, dans cette expérience , de ne pas s’apercevoir de la présence de la stronliane. Cependant
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elle n’a jusqu’à présent été rencontrée dans les eaux minérales qu’à l’état de bicarbonate strontianique, et alors on la trouve toujours contenue dans le précipité insoluble auquel l’évaporation donne lieu.
c ). On consacre une certaine quantité de Feau minérale à la recherche des cdccdis fixes. En l’absence de la magnésie, cette recherche ne présente pas beaucoup de difficultés. S’il y a une grande quantité d’oxide ferreux dans l’eau minérale , et qu’on opère sur une portion de cette eau qui n’ait point été concentrée par l’évaporation , on y verse une dissolution aqueuse de chlore , puis on fait chauffer le tout, afin de convertir l’oxide ferreux en oxide ferrique, ce qui n’est pas nécessaire quand on emploie de l’eau concentrée par l’évaporation. Ensuite , au moyen d’une dissolution de carbonate ammoniacal-, on précipite l’alumine , l’oxide ferrique et la chaux, s’il s’en trouve; puis on filtre la liqueur, on l’évapore jusqu’à siccité , et l’on fait rougir le résidu. On obtient ainsi les alcalis combinés avec des acides. L’alcali qui se l’encontre ordinairement dans les eaux minérales est la soude ; cependant on y a trouvé aussi delà potasse et delà lithine. On reconnaît la présence de la potasse et de la soude , soit que le résidu rougi ne contienne qu’un seul de ces alcalis, soit que tous deux y existent ensemble, à l’aide de moyens qui ont été indiqués p. Z}55. La présence de la magnésie rend cette recherche plus difficile : on procède alors comme il a été dit p. 455. S’il existe aussi de la lilhine , qu’il y ait ou non de la magnésie en meme temps qu’elle, on suit la marche qui a été tracée p. 485 jusqu’à la p . 4 0 y .
d. ) Une nouvelle quantité d’eau minérale est consacrée à la recherche de Y ammoniaque. On évapore soigneusement le liquide à une très-douce chaleur , et presque jusqu’à siccité ; puis on mêle la masse restante avec de la potasse , afin de constater la présence cle l’ammoniaque , soit par le sens de l’odorat, soit à l’aide d’une baguette en