‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 14 sur 122 · II. THORINE · texte numérisé non relu

II. THORINE

La thorine étant extrêmement rare, je n’ai point eu

DES BASES

occasion de l’étudier ni d’examiner la manière dont elle se comporte avec les réactifs. Ce que je vais dire à son égard est tiré d’un mémoire de Berzelius sur cette substance.

La thorine pure est incolore. Après avoir été rougie au feu, elle ne se dissout dans aucun acide , si ce n’est dans l’acide sulfurique concentré auquel on a ajouté un poids d’eau égal au sien \ encore même la dissolution ne s’effectue-t-elle qu’avec le secours de la chaleur. Lors même que la thorine a été chauffée jusqu’au rouge avec des alcalis purs ou des carbonates alcalins , ce traitement ne la rend point soluble dans l’acide hydrochlorique ou dans l’acide nitrique , comme le deviennent presque tous les autres oxides qui sont insolubles dans les acides après avoir été rougis } les acides ne s’emparent que des substances étrangères avec lesquelles elle peut être mêlée, et qu’ils ne sauraient enlever tant qu’on ne l’a pas fait rougir avec de l’alcali. L’hydrate thorique , au contraire, se dissout trèsaisément dans les acides , quand il est humide ; après qu’il a été desséché , sa dissolution s’opère plus difficilement et avec lenteur.

Une dissolution de potasse produit , dans les dissolutions thoriques, un précipité gélatineux, qui ne tarde cependant pas à se rassembler au fond du vase , et qui est insoluble dans un excès du réactif.

L 'ammoniaque se comporte de même.

Les dissolutions de carbonate potassique et de carbonate ammoniacal déterminent, dans les dissolutions thoriques , un précipité qui est soluble dans un excès du réactif. La solution s’opère assez facilement lorsque la dissolution du carbonate est concentrée, et difficilement,, au contraire , quand celle-ci est trop étendue.

Une dissolution de phosphate soclique forme , dans les dissolutions thoriques , un précipité blanc et floconneux, qui est insoluble dans un excès d’acide phosphorique.

4^ traite d’analyse chimique.

Une dissolution à1 acide oxalique en produit un blanc , pesant, insoluble dans un excès d’acide oxalique, et qui n’est non plus qu’extrèmement peu soluble dans d’autres acides libres et étendus.

Une dissolution de sulfate potassique trouble les dissolutions thoriques , lentement à la vérité , mais précipite la thorine en totalité lorsque la dissolution du sulfate est concentrée et mise un excès.

Une dissolution de cyanure ferroso-polassique produit, dans une dissolution tlioriquc neutre , un précipité blanc et pesant, qui est soluble sans les acides.

Une dissolution de cyanure ferrico-potassique ne fait pas naître de précipité dans les dissolutions thoriques.

Le suljhydrate ammonique détermine dans les dissolutions thoriques neutres , un précipité d’hydrate tliorique.

Le suljide hydrique , liquide ou gazeux , ne précipite pas les dissolutions thoriques.

Les sels thoriques solubles dans l’eau se décomposent quand on les fait rougir au feu. Les dissolutions de plusieurs d’entr’eux , par exemple celle du sulfate , sont précipitées par l’ébullition. Cependant cette réaction n’a point lieu quand il se trouve des bases avec lesquelles la thorine forme des sels doubles.

Les dissolutions thoriques se distinguent des dissolutions alcalines, barytiques , strontianiques et calciques , parce que l’ammoniaque en précipite la terre $ des dissolutions magnésiques, par la manière dont elles se comportent avec l’ammoniaque et le chlorure ammonique j enfin des dissolutions aluininiques et gluciques , parce que la dissolution de potasse y fait naître un précipité qui n’est point soluble dans un excès du réactif.

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