ALUMINE
L’alumine pure est blanche, mais souvent aussi légèrement jaunâtre, et comme cornée, quand on l’a obtenue en faisant sécher doucement l’hydrate aluminique. Elle est insoluble dans l’eau , mais elle se dissout avec facilité dans les acides, quand clic n’a point été préalablement rotigie au feu. Par la calcination clic devient difficile à dissoudre , et presque insoluble dans certains acides. La meilleure manière de la dissoudre ensuite consiste à la mettre en digestion avec de î’acidc liydrocblorique concentré auquel on a ajouté une très-petite quantité d’eau, ou h la faire chauffer avec un peu d’acide sulfurique étendu. La dissolution neutre de l’aîuminc dans les acides se comporte,
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lorsqu’elle est étendue d’eau , de même que les dissolutions des sels aluminiques solubles dans l’eau.
Aucun acide libre, même Y acide hydrojluosilicique , ne produit de précipité dans les dissolutions des sels aluni iniques.
Une dissolution de potasse détermine, dans les dissolutions neutres des sels aluminiques , un précipité volumineux , qui se dissout complètement lorsqu’on ajoute de la potasse en excès. Une dissolution de chlorure ammonique fait naître un précipité d’alumine dans une pareille dissolution.
L "ammoniaque produit , dans les dissolutions des sels aluminiques , un précipité volumineux , qui est insoluble dans un excès d’ammoniaque. La présence du chlorure ammonique n’empêche pas la formation de ce précipité, non plus que celle des précipités produits par les réactifs suivans , ce qui ne permet pas qu’on confonde les sels aluminiques avec les sels magnésiques.
Une dissolution de carbonate potassique détermine, dans les dissolutions des sels aluminiques, un précipité aussi volumineux que celui qui résulte de l’ammoniaque, et qui est également insoluble dans un excès du réactif employé pour le faire naître. Si la dissolution était concentrée, il se produit, même dans les dissolutions aluminiques neutres, une effervescence qui est due au dégagement du gaz acide carbonique.
Une dissolution de bicarbonate potassique donne lieu au même effet ; seulement l’effervescence due au dégagement du gaz acide carbonique est plus forte encore.
Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte de la même manière*
Une dissolution de phosphate sodique produit , dans les dissolutions aluminiques neutres, un précipité volumineux , qui, de même que les autres précipités , est soluble dans les acides et dans une dissolution de potasse.
36 traité d’analyse chimique.
Les dissolutions d’ acide oxalique et d 'oxalales neutres ne déterminent pas de précipités dans les dissolutions aluminiques neutres.
Si Ton ajoute à une dissolution d’alumine de la potasse ou du carbonate potassique , et qu’on verse ensuite dans 3a liqueur assez d 'acide sulfurique pour que ce dernier prédomine un peu, il se forme au bout de quelque temps des cristaux d’alun , lorsque la dissolution aluminique n’était pas trop étendue. Quand la liqueur est trop étendue, il faut préalablement la concentrer par l’évaporation, si l’on veut que des cristaux d’alnn s’y forment par l’addition de la potasse et de l’acide sulfurique.
Les dissolutions de cyanure ferroso-potassicjue et de cyanure ferrico -potassique ne produisent pas de précipité dans les dissolutions aluminiques.
Le suif hydrate ammonique fait naître, dans les dissolutions aluminiques neutres , ml précipité d’alumine •, du gaz sulfide hydrique est mis en liberté, et se dégage avec effervescence , quand les dissolutions sont très-concentrées. Ce précipité étant formé d’alumine pure , il est soluble dans une dissolution dépotasse.
La dissolution ou un courant de gaz sulfide hydrique ne détermine pas de précipité dans les dissolutions aluminiques neutres ; le gaz sulfide hydrique n’en fait point naître non plus dans les dissolutions d’alumine par la potasse.
Les sels aluminiques neutres solubles rougissent le papier de tournesol bleu.
Les sels aluminiques solubles dans l’eau se décomposent quand on les fait rougir.
L’alumine forme, avec un très-grand nombre d’acides, par exemple avec l’acide pliosphorique, l’acide arsenique, etc., des sels qui, à l’état neutre, sont insolubles dans Peau. Ces sels, quand on ne les a point fait rougir au feu , se dissolvent très- facilement dans l’acide hydro-
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clilorique ou dans l’acide sulfurique, de meme que dans une dissolution dépotasse. Les dissolutions des phosphate , arseniate, etc. , aluminiques dans les acides et dans une solution de potasse se comportant avec les réactifs de la meme manière à peu près qu’une dissolution d’alumine pure , ces sels peuvent aisément être confondus avec l’alumine pure. Il faut donc, pour les distinguer de cette dernière , aller à la recherche des acides qui peuvent être combinés avec elle. On trouvera plus loin l’indication de la marche à suivre pour cela.
Le chalumeau fait très-bien reconnaître l’alumine, soit à l’état de pureté*, soit même dans la plupart de ses conbinaisons, surtout lorsque ces dernières ne jouissent pas d’une grande fusibilité. En effet si l’on en fait rougir une petite quantité sur du charbon, à la flamme du chalumeau, etqu’ensuite on i’humecte avec une solution de nitrate cobaltique, on obtient, en chauffant de nouveau avec force , une belle couleur bleue, ce qui n’arrive pas quand 011 opère sur des corps qui ne contiennent point d’alumine. La belle couleur bleue ne paraît pure qu’à la lumière du jour : à la lumière artificielle elle est d’un violet sale.
Les dissolutions des sels aluminiques se distinguent de celles des sels alcalins , en ce que l’ammoniaque y produit un précipité-, de celles des sels barytiques , strontianiques et calciques , en ce que l’ammoniaque ne fait pas naître de précipité dans ces dernières, mais que l’acide sulfurique en détermine un, au moins lorsque la dissolution calcique n’est point trop étendue -, enfin de celles des sels magnésiques, par la manière dont ils se comportent avec les dissolutions de potasse et de chlorure ammonique.
Dans une dissolution aluminique qui contient beaucoup de substances organiques , notamment de celles que l’action de la chaleur ne volatilise pas sans les décomposer ,
38 traité d’analyse chimique.
mais détruit au contraire, en laissant une grande quantité de charbon, la présence de l’alumine ne peut souvent point être reconnue par les réactifs ordinaires , même lorsque le liquide n’a presque pas de couleur. L’ammoniaque et les dissolutions de carbonate potassique et de carbonate ammoniacal ne produisent pas de précipité d’alumine dans ces dissolutions, même lorsqu’on les y verse en très-grand excès. Il s’y forme difficilement aussi des cristaux d’alun , par l’addition de potasse et d’acide sulfurique. On ne peut donc découvrir la présence de l’alumine, dans les dissolutions contenant beaucoup de substances organiques, qu’en évaporant la liqueur jusqu’à siccité , et faisant rougir le résidu , ce qui détruit les substances organiques. Après la calcination , on fait digérer le résidu avec un acide , par exemple avec de l’acide hydroclilorique ou de l’acide sulfurique ; puis, à l’aide des réactifs ordinaires, on recherche l’alumine dans la dissolution filtrée. Lorsque de l’alumine se trouve contenue dans des substances organiques solides ou en bouillie , il faut également détruire ces dernières , en faisant rougir le tout , et ensuite on découvre la présence de l’alumine par les mêmes moyens.
io. GLUCINE.
La glucine, à l’état de pureté , est blanche et insoluble dans l’eau. Elle se dissout dans les acides , moins aisément toutefois lorsqu’elle a été rougie au feu.
La dissolution de la glucine dans les acides se comporte avec les réactifs de même que celle des sels gluciques.
Les acides libres , même l’acide liydrofiiiosilicique , ne produisent pas de précipité dans les dissolutions gluciques.
Une dissolution de potasse y fait naître, de même que dans les dissolutions aluminiques , un précipité volumî-
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neux 9 qui est complètement soluble dans un excès de potasse. Une dissolution de chlorure ammonique détermine un précipité de glucinc dans cette dissolution.
L 'ammoniaque détermine, dans les dissolutions gluciques, un précipité volumineux, qui est insoluble dans un excès du réactif. Une dissolution de chlorure ammonique n’empêclie pas la formation de ce précipité , non plus que celle des précipités qui sont provoqués par les réactifs suivans.
Une dissolution de carbonate potassique produit , dans les dissolutions gluciques , un précipité volumineux, qui se dissout dans un grand excès du réactif.
Une dissolution de bicarbonate potassique se comporte de la même manière.
Une dissolution de carbonate ammoniacal agit de même que le carbonate potassique : seulement la glucinc précipitée se dissout plus aisément dans le carbonate ammoniacal que dans le carbonate potassique.
Une dissolution de phosphate sadique fait naître un précipité volumineux dans les dissolutions gluciques.
Les dissolutions d’acide oxalique et d oxalates ne produisent pas de précipité dans les dissolutions gluciques.
Quand on verse de la potasse dans une dissolution glucique, et qu’on sursature un peu celle-ci d’acide sulfurique, il ne s’y forme pas de cristaux d’alun.
Les dissolutions de cyanure ferroso-potassique et de cyanure ferrico-potassique ne produisent pas de précipité dans les dissolutions gluciques.
Le suif hydrate ammonique détermine, dans les dissolutions gluciques neutres , un précipité de glucine, qui est soluble dans une dissolution de potasse.
La dissolution ou un courant de gaz sulfide hydrique ne fait pas naître de précipité dans les dissolutions gluciques.
/f0 TRAITÉ D'ANALYSE CHIMIQUE.
Le papier de tournesol est rougi par les dissolutions gluciques neutres.
Les sels gluciques solubles dans l’eau se décomposent quand on les fait rougir au feu.
La glucine forme , avec un très-grand nombre d’acides , des sels qui , à l’état neutre , sont insolubles dans l’eau : ces sels sont souvent, comme les sels aluminiques correspond dans , difficiles à distinguer de la glucine pure.
La glacine et la plupart de ses combinaisons, exposées à la flamme du chalumeau , après avoir été humectées avec de la dissolution de nitrate cobaltique , se colorent , non en bleu , mais en gris foncé ou en noir.
Les dissolutions gluciques se distinguent de celles des sels alcalins, comme aussi de celles des sels barytiques, strontianiques , calciques et magnésiques, par les mêmes caractères qui établissent la distinction entre celles-ci et les dissolutions aluminiques. On les distingue de ces dernières par la manière dont elles se comportent avec les dissolutions des carbonates alcalins, notamment avec celle du carbonate ammoniacal , par leur réaction avec la potasse et l’acide sulfurique , enfin , quand elles sont à l’état solide, par la manière dont elles se comportent au chalumeau avec la dissolution de nitrate cobaltique.
Quand une dissolution glucique contient beaucoup de substances organiques non volatiles , on ne peut pas plus y reconnaître l’existence de la glucine , à l’aide des réactifs ordinaires, qu’il n’est possible , en pareille circonstance, de constater celle de l’alumine. Il faut également alors évaporer la liqueur jusqu’à siccité , faire rougir le résidu , puis le traiter par l’acide liydrochlorique , et rechercher la glucine dans la dissolution acide.