Î'J. OXIDES DU COBALT
î° Oxide cobaltique.
À l’état de pureté, l’oxide cobaltique est gris verdâtre, mais son hydrate sec a une couleur rougeâtre. Il est trèssoluble dans les acides. Comme il contient souvent du suroxide de cobalt , une odeur de chlore se dégage fréquemment lorsqu’on le fait dissoudre dans de l’acide hydrochlorique.
Une dissolution dépotasse produit, dans les dissolutions cobaltiques, un précipité bleu, qui devient vert par un repos prolongé , et rouge pâle sale par l’ébullition. Lorsqu’on laisse ce précipité séjourner au fond de la liqueur,
DES BASES
ail bout de quelque temps il acquiert cette couleur rouge pâle , même à froid. Recueilli sur un filtre, le précipité bleu ne tarde point à verdir. Il est insoluble dans un excès de dissolution de potasse.
Un peu d 'ammoniaque fait naître dans les dissolutions cobaltiques un précipité bleu , qui se colore en vert par l’addition d’une plus grande quantité d’ammoniaque, et qui, lorsqu’on ajoute encore davantage d’alcali, se dissout en grande partie, en produisant un liquide vert, de sorte qu’alors il en reste plus qu’une très-faible quantité de précipité vert. Cette dissolution , exposée à l’air , devient de plus en plus foncée à partir de sa surface , et finit par acquérir toute entière une couleur brune foncée. Si la dissolution cobaltique contient du chlorure ammonique, la liqueur, après qu’on y a versé de l’ammoniaque , reste colorée en rouge, sans qu’il s’y forme de précipité \ mais plus tard elle se colore en brun , â partir de la surface. Une dissolution de potasse ne détermine qu’un très-faible précipité dans une dissolution cobai tique ammoniacale , et si la liqueur contient un peu de chlorure ammonique , on n’y voit pas paraître du tout de précipité par l’addition de ce réactif.
Une dissolution d e carbonate potassique produit, dans les dissolutions cobaltiques, un précipité rouge, qui se colore en bleu par l’ébullition.
Une dissolution de bicarbonate potassique détermine un précipité rouge dans les dissolutions cobaltiques.
Une dissolution de carbonate ammoniacal donne, dans les dissolutions cobaltiques neutres, un précipité rouge, qui est soluble dans une dissolution de chlorure ammonique. La dissolution a une couleur rouge, et ne brunit point à l’air, mais ne fait qu’y acquérir, au bout d’un assez long laps de temps , une teinte un peu plus foncée à la surface. Lorsqu’une dissolution cobaltique contient du chlorure ammonique, le carbonate ammoniacal n’y produit pas de précipité.
62 traité d’analyse chimique.
Une dissolution de phosphate sodique donne un précipité bleu dans les dissolutions cobaltiques neutres.
Une dissolution à’ acide oxalique ne trouble pas sur-lechamp les dissolutions cobaltiques neutres -, mais , au bout de quelque temps, il survient un précipité blanc, quiaseulement une faible teinte rougeâtre. Ce précipité devient de plus en plus considérable, de sorte qu’au bout de quelque temps la liqueur qui le surnage est presque incolore.
Une dissolution de cyanure ferroso-potassique détermine, dans les dissolutions cobaltiques, un précipité vert , qui plus tard devient gris , et qui est insoluble dans l’acide hydrochlorique.
Une dissolution de cyanure ferrico-potassique produit, dans les dissolutions cobaltiques, un précipité brun-rouge foncé, qui est insoluble dans l’acide hydrochlorique.
L esulfhydrate ammonique fait naître , dans les dissolutions cobaltiques neutres, un précipité noir, qui est insoluble dans un excès du réactif.
La dissolution ou un courant de gaz sulfide hydrique ne détermine pas sur-le-champ de précipité dans les dissolutions cobaltiques neutres. La liqueur ne fait que prendre une teinte un peu noirâtre, et au bout de quelque temps il s’y forme un précipité noir fort peu abondant. Il ne se produit pas le moindre trouble noir , même au bout d’un long laps de temps, dans une dissolution cobaltique acide.
Tous les sels cobaltiques solubles se décomposent quand on les rougit à l’air, et ensuite ils ne sont plus susceptibles de se dissoudre complètement dans l’eau. Cependant une très-forte chaleur ne fait éprouver qu’une décomposition partielle au sulfate cobaltique.
Les dissolutions des sels cobaltiques neutres rougissent faiblement le papier de tournesol.
Les sels cobaltiques insolubles dans l’eau sont presque tous solubles dans les acides ? par exemple dans l’acide
DES BASES
hydrochlorique ou dans l’acide sulfurique. Si l’on sature une dissolution de ce genre avec de la potasse, ou mieux encore avec de l’ammoniaque, la combinaison cobaltique insoluble dans l’eau s’en précipite ordinairement; cependant si la dissolution est très-acide , il ne se produit point de précipité quand on la sature avec de l’ammoniaque , parce qîie le sel ammonique qui se forme alors empèclie la précipitation d’avoir lieu. Mais alors le sulfhydrate ammonique fait naître sur-le-champ un précipité noir, et c’est là le caractère le plus certain auquel on puisse reconnaître la présence de l’oxide cobaltique dans une dissolution , car lorsque îe gaz sulfîde hydrique ne fait point naître de précipité dans une dissolution acide, et que le sulfhydrate ammonique en produit un noir dans la dissolution neutre ou alcaline , ce précipité ne peut guère être du qu’à du sulfure cobaltique, à du sulfure niccolique, ou aussi à du sulfure ferrique. On verra plus loin comment il faut s’y prendre pour distinguer ces sulfures les uns des autres.
Les sels colbatiques sont très-faciles à reconnaître au chalumeau . Il n’en faut que la plus petite quantité pour colorer fortement le borax et le sel de phosphore en bleu à la flamme intérieure et à la flamme extérieure. Lorsque le sel est plus abondant, le verre prend une couleur si foncée, qu’il paraît noir. Avec la soude, ces sels se réduisent en une poudre grise et magnétique , qui est du cobalt métallique.
Les dissolutions des sels cobaltiques se distinguent de celles de tous les sels dont il a été question jusqu’ici , principalement par le précipité noir cpie le sulfhydrate ammonique y produit. Sous forme solide, la manière dont ces sels se comportent au chalumeau les fait très-aisément distinguer d’autres substances.
Beaucoup de substances organiques non volatiles em.
6/L TRA.ITÉ d’ANÀLYSE CHIMIQUE,
pèclient la précipitation de Foxide cobaltique par la potasse , mais ne s’opposent point à celle par le sulfhydrate ammonique.
2°. Suroxide de cobalt.
Le suroxide de cobalt a une couleur noire, et dégage du gazoxigène par Faction d’une forte chaleur. L’acide hy — drochlorique concentré dans lequel on le fait Bouillir, le dissout avec dégagement de chlore gazeux. Au chalumeau, il se comporte de même que l’oxide cobaltique.