‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 20 sur 122 · OXIDES DU PLOMB · texte numérisé non relu

OXIDES DU PLOMB

i° Oxide plombique.

L’oxide plombique pur est jaune, et sa poudre a une teinte rougeâtre. Il fond aisément au rouge obscur, et après avoir été fondu en grande quantité , il est écailleux et de couleur jaune-rougeâtre ou jaune , mais sa poudre est d’un jaune rougeâtre. Au rouge blanc il se volatilise, surtout lorsqu’on le chauffe à l’air. Quand il est mêlé avec des substances organiques, ou avec du charbon en poudre, il se réduit très-facilement par l’action de la chaleur. Il n’est pas tout-à-fait insoluble dans l’eau. Son meilleur dissolvant est l’acide nitrique, ou aussi l’acide acétique. Quand ces acides ne le dissolvent pas d’une manière complète , c’est une preuve qu’il n’est pas pur. La litliarge qu’on trouve dans le commerce contient fort souvent de la silice , qui reste quand on la traite par les acides. La dissolution se comporte avec les réactifs de même que celle des sels plombiques dans l’eau.

Une dissolution de potasse produit, dans ces dissolutions, un précipité blanc, qui est soluble dans un assez grand excès du réactif.

L’ ammoniaque détermine un précipité blanc, qui ne se redissout point dans un excès d’alcali. (Une dissolution d’acétate plombique n’est point troublée par l’ammoniaque, même lorsqu’elle a été amenée à un état d’assez

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grande concentration 5 mais , au bout d’un long laps de temps, il se dépose un sous-sel. )

Une dissolution de carbonate potassique donne, dans les dissolutions plombiques, un précipité blanc, qui est insoluble dans un excès du réactif, mais soluble dans la potasse pure.

Une dissolution de bicarbonate potassique produit le même précipité , avec dégagement de gaz acide carbonique.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte, avec les dissolutions plombiques , de même que celle du carbonate potassique.

Une dissolution de phosphate s 0 clique forme, dans les dissolutions plombiques neutres , un précipité blanc , qui est soluble dans une dissolution de potasse pure.

Une dissolution d 'acide oxalique fait naître sur-lechamp un précipité blanc dans les dissolutions plombiques neutres.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique produit un précipité blanc dans les dissolutions plombiques.

Une dissolution de cyanure ferrico-potassique ne détermine pas de précipité dans les dissolutions plombiques.

Le sulfhydrate ammonique y occasione un précipité noir, qui est insoluble dans un excès du réactif.

Le suljide hydrique , dissous dans l’eau ou à l’état de gaz, produit un précipité noir dans les dissolutions plombiques.

Une baguette de zinc métallique , plongée dans les dissolutions plombiques , précipite le plomb à l’état métallique , sous la forme de paillettes brillantes , d’un gris noir.

Les dissolutions plombiques sont encore précipitées par quelques réaclifs qui 11e font point naître de précipités dans celles de la plupart des oxides dont il a été question jusqu’ici.

U acide sulfurique étendu et les dissolutions de sulfates donnent , dans les dissolutions plombiques, un préci-

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pité blanc , qui est peu soluble ou insoluble dans les acides étendus, mais qui se dissout dans une dissolution de potasse. C’est surtout ce précipité qui fait reconnaître la présence de l’oxide plombique dans les dissolutions, puisque l’acide sulfurique ne produit qu’avec les terres alcalines et l’oxide plombique des combinaisons qui soient insolubles ou peu solubles dans les acides étendus. Le sulfate plombique diffère des sulfates terreux en ce qu’il se dissout dans une dissolution de potasse , et surtout en ce qu’il noircit instantanément lorsqu’on l’iiumecte avec du sulfhydrate ammonique.

L 'acide hydrochlorique et les dissolutions de chlorures métalliques produisent , dans les dissolutions plombiques qui ne sont pas très-étendues , un précipité blanc , susceptible de se redissoudre quand on ajoute de l’eau. L’ammoniaque fait naître un précipité blanc dans cette dissolution de chlorure plombique. Le précipité qui résulte de l’acide hydrochlorique ou des dissolutions de chlorures métalliques se dissout aussi dans la potasse.

Une dissolution déiodure potassique détermine, dans les dissolutions plombiques, un précipité jaune , qui est soluble dans un grand excès du réactif.

Une dissolution de chromate potassique fait naître, dans les dissolutions plombiques, un précipité jaune, qui est insoluble dans l’acide nitrique étendu , mais qui se dissout dans une dissolution de potasse pure.

Les sels plombiques solubles dans l’eau se décomposent quand on les fait rougir à l’air.

Les dissolutions des sels plombiques neutres rougissent le papier de tournesol.

La plupart des sels plombiques insolubles dans l’eau se dissolvent dans l’acide nitrique. Quand cette dissolution n’est point trop acide, et qu’on l’a étendue d’eau, l’acide sulfurique y fait naître un précipité. Le sulfate plombique n’est point soluble dans l’acide nitrique étendu 5

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mais on le reconnaît aisément pour un sel métallique à ce qu’il noircit aussitôt qu’on l’humecte avec du sulfhydrate ammonique, et à ce que , traité au chalumeau avec de la soude, sur du charbon, il donne très*promptement du plomb métallique.

Au chalumeau les sels plombiques se reconnaissent à ce qu’après avoir été mêlés avec de la soude, ils se réduisent très-facilement, sur le charbon, à la flamme intérieure, en grains de plomb métalliques, qui s’aplatissent sous le marteau , et ne sont point cassans, tandis que le charbon se couvre d’un enduit jaune.

Les dissolutions plombiques sont très-faciles à distinguer de celles d’autres oxides par leur réaction avec l’acide sulfurique étendu. On les distingue de celles des terres alcalines par la manière dont elles se comportent avec le sulfhydrate ammonique.

Quand une dissolution plombique contient beaucoup de substances organiques , et qu’elle leur doit même une couleur très-foncée, l’acide sulfurique n’en précipite pas moins pour cela l’oxide plombique. On constate sans peine la présence de ce dernier dans le précipité, en le fondant au chalumeau, sur du charbon, avec de la soude. Si la dissolution contient de la gomme , le sulfate plombique ne se dépose pas bien, mais il reste long-temps en suspension dans la liqueur, et l’on a de la peine à le rassembler sur un filtre.

Lorsqu’une liqueur chargée d’une grande quantité de substances organiques, ne contient que des traces d’oxide plombique, on n’obtient pas de précipité par l’acide sulfurique. Dans ce cas , on rend la dissolution très-légèrement acide en y ajoutant de l’acide nitrique, et on la fait traverser par un courant de gaz sulfide hydrique-, l’oxide plombique se trouve par là complètement précipité à l’état

DES BASES

de sulfure plombique*, cependant le précipité n’est bien formé qu’au bout de long-temps. Si la quantité de liqueur est peu considérable , il suffit d’y verser de la dissolution de sulfide hydrique en excès , pour en précipiter l’oxide plombique à l’état de sulfure plombique , que Ton fond également au chalumeau avec de la soude , sur du charbon, pour en obtenir le plomb métallique. Lorsqu’au contraire l’oxide plombique est mêlé avec des substances organiques solides ou en bouillie , le mieux est de mêler le tout avec du carbonate sodique ? et de le faire rougir dans un creuset de Hesse couvert ; cependant il faut éviter alors de donner une chaleur trop forte, afin que le plomb réduit ne se volatilise pas. Après le refroidissement , on broie la masse fondue dans un mortier en agate, avec de l’eau, et on sépare le charbon avec soin par la lévigation ; le plomb métallique reste dans le mortier , et peut être reconnu aisément pour tel.

2°. Suroxide plombeux.

Cet oxide est pulvérulent et de couleur rouge briquetée. Lorsqu’on le chauffe légèrement , il noircit 5 mais , par le refroidissement , il redevient rouge. A une plus forte chaleur , il se convertit en oxide plombique, avec dégagement de gaz oxigène. Lorsqu’il est falsifié, par exemple avec de la brique pilée , la meilleure manière de découvrir cette fraude , est de traiter l’oxide par l’acide nitrique étendu , après l’avoir fait rougir : la brique pilée reste sans se dissoudre. Les acides nitrique et acétique rendent brun le suroxide plombeux qui n’a point été rougi', ils le convertissent en suroxide plombique qui reste, et en oxide plombique , qui se dissout dans l’acide. Quand on le chauffe avec de l’acide hy~ drochlorique , il se forme du chlorure de plomb, dont la production s’accompagne d’un dégagement de chlore gazeux.

Au chalumeau ? le suroxide plombeux se comporte

8o traité d’analyse chimique.

comme l’oxide plombique, parce que l’action de la chaleur le convertit en ce corps.

3°. Suroxide plomcique.

Cet oxide est d’un brun foncé et pulvérulent. Quand on le fait chauffer, il dégage du gaz oxigène, et se convertit en oxide plombique, snas donner d’abord de suroxide plombeux. Lorsqu’on le chauffe avec de l’acide hydrochlorique, il se convertit, même à froid, en chlorure plombique, avec dégagement de chlore gazeux.

Am chalumeau , il se comporte de même que l’oxide plombique.

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