‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 22 sur 122 · OXIDES DE l’urANE · texte numérisé non relu

OXIDES DE l’urANE

1°. Oxide uraneux.

A l’état de pureté; l’oxide uraneux a une couleur de

DES BASES

gris noir foncé, quand on se l’est procuré en faisant rougir l’oxide uranique précipité par l’ammoniaque, et lè mettant ensuite en digestion dans de l’acide hydrochlorique; mais lorsqu’il est extrêmement divisé, il a une teinte verte. L’acide hydrochlorique ne le dissout presque point. L’acide sulfurique étendu d’une très-petite quantité d’eau le dissout avec le secours de la chaleur, et donne ainsi une liqueur verte. Il est très-soluble dans l’acide nitrique : la dissolution contient cependant de l’oxide uranique.

La dissolution de l’oxide uraneux dans l’acide sulfuriqu ese comporte de la manière suivante avec les réactifs.

Une dissolution de potasse y produit un volumineux précipité brun, qui est insoluble dans un excès du réactif.

L’ ammoniaque donne un précipité brun noir, qu’un excès du réactif 11e dissout point. Au bout d’un temps très-long, les couches supérieures de ce précipité deviennent jaunes , parce qu’elles se convertissent en oxide uranique.

Une dissolution de carbonate potassique détermine un précipité verdâtre sale, qui est soluble dans un grand excès du réactif.

Une dissolution de bicarbonate potassique produit le même effet : seulement le précipité est encore plus soluble dans un excès du réactif.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte comme la précédente.

Une dissolution de phosphate sodique fait naître un précipité blanc-verdâtre sale , lorsque la dissolution uraneuse ne contient pas trop d’acide libre.

Une dissolution N acide oxalique ne tarde pas à déterminer, même dans les dissolutions uraneuses très acides , un précipité vert jaunâtre clair sale.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique produit un précipité rouge-brun dans les dissolutions uraneuses.

84 TRAITÉ d’âNÀLYSE CHIMIQUE.

Une dissolution de cyanure fer rico-potassique ne produit pas de précipité sur-le-champ ; mais , au bout d’un laps de temps assez long, on en voit apparaître un rouge-brun.

Le sulfhydrate ammonique détermine , dans les dissolutions uraneuses qu’on a neutralisées aussi exactement que possible, un précipité noir, qui se réunit bien , et qui est insoluble dans un excès du réactif : le liquide qui surnage ce précipité n’est coloré en jaunâtre que par le réactif qu’on ajoute en excès.

Le sulfïde hydrique , tant liquide que gazeux , ne produit pas de précipité dans les dissolutions uraneuses.

Au chalumeau , l’oxide uraneux se comporte de meme que l’oxide uranique ( p. 86 ).

Le meilleur moyen de distinguer les dissolutions uraneuses de celles d’autres substances , consiste à réduire par l’acide nitrique l’oxide uraneux qu’elles contiennent en oxide uranique, dont la manière de se comporter avec les réactifs sera exposée plus loin. L’oxide uraneux sous forme solide est très-facile à reconnaître au chalumeau.

Les substances organiques non volatiles empêchent les alcalis de précipiter les dissolutions uraneuses.

2°. Oxide uranique.

L’oxide uranique qui vient d’être précipité a une couleur jaune. Quand on le fait rougir , il se réduit en oxide uraneux, et alors il est d’un vert noir foncé : on peut extraire de la masse rougie la portion d’oxide uranique qui ne s’est point réduite, en traitant cette masse par l’acide hydrochlorique. Lorsque l’oxide uranique a été précipité de sa dissolution par de la potasse ou de la soude, ou qu’on s’est servi d’ammoniaque pour le précipiter d’une disssolution qui contenait soit ces alcalis , soit des terres alcalines, le précipité devient rouge orangé par la calcination , et il se compose alors des bases

DES BASES

fixes et d’oxide uranique, qui est combiné chimiquement avec elles, et que l’action de la chaleur rouge ne peut point convertir en oxide uraneux. L’oxide uranique se dissout aisément dans les acides; sa dissolution se comporte comme il suit avec les réactifs :

Une dissolution de potasse y produit un précipité jaune, qui est insoluble dans un excès d’alcali.

L’ ammoniaque se comporte de même.

Une dissolution de carbonate potassique y détermine un précipité jaune, qui est soluble dans un excès du réactif : un précipité également jaune se forme au bout de quelque temps dans celte dernière dissolution.

Une dissolution de bicarbonate potassique donne lieu à un précipité jaune , qui est très-soluble dans un excès du réactif, dissolution de laquelle il ne se précipite point d’oxide uranique avec le temps.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte de la meme manière.

Une dissolution de phosphate sodique produit , dans les dissolutions uraniques, quand elles necontiennent pas trop d’acide, libre, un précipité blanc , qui a une teinte de jaunâtre.

Une dissolution de cyanure ferroso- potassique en détermine un rouge brun.

Une dissolution de cyanure ferrie o -potassique n’en produit pas.

Le sulfhydrale ammonique fait naître, dans les dissolutions uraniques qui ne contiennent point un excès d’acide, un précipité brun , qui n’est point sensiblement dissous par un excès du réactif : la liqueur qui surnage ce précipité est cependant colorée en noir dans les premiers momens, mais avec le temps le précipité se dépose entièrement.

Le suljide hydrique , tant aqueux que gazeux , ne pro ' duit pas de précipité dans les dissolutions uraniques.

86 TRAITÉ d’àNAIYSE CHIMIQUES

La calcination à l’air décomposé les sels uraniques solubles dans l’eau.

Les dissolutions des sels uraniques neutres rougissent le papier de tournesol.

Les sels uraniques insolubles dans l’eau se dissolvent presque tous dans l’acide hydrochlorique. Quelques uns d’entre eux se comportent souvent de la même manière que l’oxide urani que , en sorte qu’on n’a point reconnu la présence de Facide qui s’y trouve combiné avec celui-ci. Le mieux alors est de dissoudre la combinaison uranique dans de Facide bydrochlorique, de sursaturer la dissolution avec de l’ammoniaque, et d’ajouter du suif hydrate ammonique , par lequel Foxide uranique est précipité 5 on fait alors digérer le sulfure uranique avec de Facide hydrochlorique : la liqueur lient ensuite de Foxide uraneux en dissolution. On trouve , dans le liquide séparé du sulfure uranique par la filtration, Facide avec lequel Foxide uranique était combiné.

Àu chalumeau 1 l’oxide uranique et ses sels se reconnaissent à ce que, dissous dans le sel de phosphore sur un fil de platine, ils lui communiquent , dans la flamme extérieure , une couleur jaunâtre ayant une forte teinte de verdâtre, qui augmente encore à tel point par le refroidissement , qu’elle finit par ne plus paraître que verte. Dans la flamme intérieure , la couleur est verte. Lorsque Facide uranique a été dissous dans du borax sur un fil de platine, sa couleur devient manifestement jaune à la flamme extérieure, et verte à la flamme intérieure. L’oxide uraneux se comporte au chalumeau comme Foxide uranique.

La couleur jaune des précipités que les alcalis purs et les carbonates alcalins produisent dans les dissolutions uraniques, et la manière dont elles se comportent avec le suif hydrate ammonique , distinguent tellement Foxide uranique engagé dans des dissolutions, qu’on ne peut le

DES BASES. 87

confondre avec aucune des bases dont il a été question précédemment.

Lorsqu’une dissolution uranique contient beaucoup de substances organiques non volatiles , l’oxide uranique n’est point précipité par les alcalis.

3/f* OXIDES DE CUIVRE.

i°. Oxide cuivreux.

L’oxide cuivreux , tel qu’on le rencontre dans la nature , est d’un rouge de cuivre ; pulvérisé , il a une couleur rouge de cochenille. Il ne change point à l’air. Lorsqu’on le fait rougir au contact de l’air , il se convertit en oxide cuivrique; mais , chauffé dans des vaisseaux clos, il ne subit aucun changement, si l’on n’élève pas trop la température. L’acide sulfurique étendu et d’autres acides le convertissent en cuivre métallique, qui se sépare , et en oxide cuivrique , qui se dissout dans l’acide dont on s’est servi. Il n’y a que l’acide hydrochlorique qui , lorsqu’on en met un excès sur de l’oxide cuivreux , le dissolve à l’état de chlorure cuivreux. La dissolution a une couleur brune ; exposée à l’air, elle se convertit peu à peu en une dissolution de chlorure cuivrique, et alors elle a une couleur verte. Lorsqu’on emploie moins d’acide hydrochlorique, Foxicle cuivreux se convertit en une poudre blanche, qui est du chlorure cuivreux. La dissolution de l’oxide cuivreux dans un excès d’acide hydrochlorique se comporte de la manière suivante avec les réactifs :

Une dissolution de potasse , versée en petite quantité dans cette dissolution , sature l’acide libre qu’elle contient , ce qui détermine la précipitation du chlorure cuivreux, sous la forme d’une poudre blanche , puisqu’il n’est soluble que dans l’acide hydrochlorique libre. Une plus grande quantité dépotasse détermine un précipité jaune-

88 traité d’analyse chimique.

brun, qui est de l’hydrate cuivreux, et qui ne se dissout point dans un excès du réactif. Quand ce précipité reste très-long-temps exposé à l’air, il devient peu à peu d’un brun-noir, parce que l’oxide cuivreux se convertit en oxide cuivrique.

L 'ammoniaque colorerait la dissolution du chlorure cuivreux en blanc si l’opération se faisait à l’abri de tout contact avec l’air ; mais ordinairement la liqueur devient d’un bleuâtre clair dès les premiers momens , parce que la présence de l’air détermine sur-le-champ la formation d’un peu de chlorure cuivrique. Lorsqu’on laisse la dissolution tranquille à l’air, elle devient en peu de temps d’un bleu foncé. Cette coloration part manifestement de la surface, qui est ordinairement déjà d’un bleu foncé, tandis que le reste n’est encore que d’un bleu clair. Une dissolution de potasse fait naître, dans une dissolution de chlorure cuivreux à laquelle on a ajouté de l’ammoniaque, un précipité jaune-brun d’hydrate cuivreux , lorsque la quantité de l’ammoniaque ajoutée n’est pas trop considérable , proportionnellement à celle de la potasse.

Une dissolution de carbonate potassique produit un précipité jaune dans les dissolutions cuivreuses.

Une dissolution de bicarbonate potassique agit de même.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte comme l’ammoniaque pure; cependant il se manifeste de plus une effervescence due à de l’acide carbonique qui se dégage.

Une dissolution de phosphate sodique produit , dans les dissolutions cuivreuses qui ne sont pas trop acides, un précipité blanc qui , en absorbant de l’oxigène avec le temps , devient bleu verdâtre.

Une dissolution d "acide oxalique détermine, dans les dissolutions cuivreuses, un précipité blanc , qui devient vert bleuâtre par l’effet d’un repos prolongé.

DES BASES. 89

Une dissolution de cyanure ferroso-polassique donne un précipité Liane , qui devient en très-peu de temps rouge-brun, lorsqu’on le laisse en contact avec l’air.

Une dissolution de cyanure ferrico-potassique en détermine sur-le-champ un rouge-brun.

Le suljhydrate ammonique fait naître, dans les dissolutions cuivreuses qui ont été saturées avec de l’ammoniaque, un précipité noir insoluble dans un excès du réactif.

La dissolution ou un courant de gaz sulfide hydrique produit un précipité brun dans les dissolutions cuivreuses.

Une dissolution à'iodure potassique en donne un blanc, et la liqueur qui le surnage ne contient point d’iode libre.

Les sels cuivreux solubles dans l’eau se décomposent quand on les fait rougir à l’air.

Les sels cuivreux insolubles dans l’eau se dissolvent pour la plupart dans l’acide bydrocblorique libre. L’oxide cuivreux contenu dans cette dissolution, peut aisément être converti en oxide cuivrique, par le traitement au moyen de l’acide nitrique. On verra plus loin (p. pd) quels sont les moyens à l’aide desquels on peut se convaincre de sa présence dans la dissolution.

Au chalumeau , l’oxide cuivreux se comporte comme l’oxide cuivrique, avec cette seule différence que , quand on le dissout dans du borax ou du sel de phosphore, il lui communique sur-le-champ, dans la flamme extérieure , la couleur de brun sale qui , lorsqu’on opère sur de l’oxide cuivrique , ne se manifeste que dans la flamme intérieure.

2* Oxide cuivrique.

L’oxide cuivrique est pulvérulent et de couleur noire ; il fond à une très-forte chaleur. Chauffé avec du charbon ou avec des corps organiques , il se réduit aisément, soit en oxide cuivreux, soit en cuivre. Il est très-

90 traité d’analyse chimique.

soluble dans les acides : la dissolution a ordinairement une couleur bleue. Celle dans l’acide hydrocblorique est d’un vert d’émeraude. L’hydrate cuivrique est bleu 5 cependant il suffit de le dessécher avec force et de l’exposer à la température de l’eau bouillante, pour qu’il perde son eau et devienne noir.

Une dissolution de potasse détermine , dans les dissolutions cuivriques, un volumineux précipité bleu d’hydrate cuivrique. Celui-ci noircit quand on le fait bouillir avec un excès de potasse , parce qu’il se convertit en oxide cuivrique; alors aussi il se rassemble aisément au fond du vase. Lorsqu’on fait bouillir une dissolution cuivreuse avec une quantité de potasse moindre que celle qui serait nécessaire pour produire une décomposition complète , on obtient, non un précipité noir, mais un précipité verdâtre clair, de sous-sel cuivrique.

L 'ammoniaque, versée en petite quantité dans les dissolutions cuivreuses, détermine un précipité verdâtre , qui se redissout très-facilement dans un excès d’ammoniaque , en produisant une liqueur bleue. La couleur bleue de ce liquide est beaucoup plus foncée que celle qu’011 obtient lorsqu’au lieu d’oxide cuivrique, c’est une égaie quantité d’oxide niccolique qu’on dissout dans un excès d’ammoniaque. Dans les cas même où la dissolution cuivrique est assez étendue pour paraître incolore , l’ammoniaque la colore encore en bleuâtre. Une dissolution de potasse pure, versée à froid dans une dissolution ammoniacale d’oxicle cuivrique , ne détermine pas sur-le-champ de précipité ; mais au bout de quelque temps il s’en forme un bleu , si la dissolution n’était pas trop étendue. Cependant lorsqu’on fait bouillir la dissolution ammoniacale d’oxide cuivrique avec une dissolution de potasse ,, il se produit un lourd précipité noir, après le rassemblement total duquel au fond du vase la liqueur, qui auparavant paraissait d’un bleu foncé, est tout-à-fail incolore.

BES BASES

Une dissolution de carbonate potassique produit , à froid, dans les dissolutions cuivriques, un précipité bleu qui, par l’ébullition, devient noir et pesant.

Une dissolution de bicarbonate potassique en détermine un verdâtre clair, qu’un excès du réactif redissout, en produisant une liqueur d’un bleuâtre clair.

Une dissolution de carbonate ammoniacal en petite quantité produit un précipité verdâtre clair, qu’une plus grande quantité du réactif redissout. La liqueur paraît alors aussi bleue qu’une dissolution cuivrique â laquelle on a ajouté de l’ammoniaque pure. Une dissolution de potasse pure, avec laquelle on la fait bouillir, y détermine également un précipité noir et pesant.

Une dissolution de phosphate sodique fait naître , dans les dissolutions cuivriques , un précipité blanc verdâtre , soluble dans l’ammoniaque , qui produit avec lui une liqueur bleue , dans laquelle une dissolution de potasse détermine, à la faveur de l'ébullition, un précipité noir et pesant.

Une dissolution d 'acide oxalique forme sur-le-champ un précipité blanc verdâtre dans une dissolution cuivrique neutre.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique donne, dans les dissolutions cuivriques, un précipité rouge-brun , qui est insoluble dans l’acide hydrochlorique.

Une dissolution de cyanure ferrico -potassique en détermine un d’un jaune vert, qui est également insoluble dans l’acide hydrochlorique.

Le sulfhydrate ammonique fait naître , dans les dissolutions cuivriques neutres, un précipité noir, qui paraît brun-foncé quand il est peu abondant , et qui ne se dissout point dans un excès du réactif.

La dissolution ou un courant de gaz sulfide hydrique produit, dans les dissolutions cuivriques, tant neutres

gi TRAITÉ d’anAlYSE CHIMIQUE.

qu’acides , un précipité noir, dont les petites quantités paraissent également d’un brun foncé.

Une baguette de zinc métallique précipite le cuivre de ses dissolutions sous la forme d’un enduit noir.

Le fer métallique le précipite avec la couleur qui lui est propre. Des traces même très-faibles de cuivre sont précipitées de leurs dissolutions par du fer poli , qui se recouvre d’une pellicule de cuivre rouge.

Les dissolutions cuivriques peuvent encore être reconnus à l’aide des réactifs sui vans :

Une dissolution d 'iodure potassique y produit un précipité blanc, dont on ne peut bien apprécier la couleur qu’après l’avoir séparé de la liqueur colorée par l’iode mis en liberté. Ce précipité se dissout dans un excès du réactif.

Unedissolution de chromate potassique forme, dans les dissolutions cuivriques, un précipité rouge-brun, qui, lorsqu’on ajoute de l’ammoniaque, se dissout très-aisément en une liqueur d’un vert d’émeraude. Ce précipité est également très-soluble dans l’acide nitrique étendu.

Les sels cuivriques solubles dans l’eau se décomposent quand on les fait rougir à l’air. Cependant le sulfate cuivrique supporte cette épreuve sans se décomposer , lorsque la chaleur n’est point trop forte.

Les dissolutions des sels cuivriques neutres rougissent le papier de tournesol.

Les sels cuivriques insolubles dans l’eau se dissolvent dans les acides libres. On reconnaît dans ces dissolutions les quantités même les plus faibles d’oxide cuivrique, en précipitant ce dernier à l’état de sulfure cuivrique par la dissolution de sulfide hydrique, et essayant le précipité au chalumeau. La dissolution acide de ces combinaisons devient bleue quand on y ajoute un excès d’ammoniaque , comme il arrive à celles d’autres sels cuivriques } une quantité d’ammoniaque inférieure à celle qui est néces-

DES BÀSËâi g3

saire pour saturer l’acide , précipite le sel cuivrique insoluble de la dissolution.

Les sels cuivriques sont très-faciles à reconnaitre au chalumeau. Dissous dans du borax et du sel de phosphore, ils forment, à la flamme extérieure, un globule d’un beau vert, et à la flamme intérieure un globule d’un brun-rouge sale. Lorsque la quantité du sel cuivrique est très- faible , la couleur rouge-brun se manifeste aisément par une addition d’étain. Mêlés avec de la soude et exposés à la flamme intérieure, sur du charbon, ces sels se réduisent 5 les moindres traces même d’un sel cuivrique se reconnaissent de cette manière, après qu’on a enlevé le charbon par la lévigation , à la couleur qui caractérise le cuivre.

Les dissolutions cuivriques se reconnaissent très-aisément à leur manière de se comporter avec une dissolution de cyanure ferroso-potassique et avec le suif hydrate ammonique. On les distingue des dissolutions niccoliques à la réaction qu’elles produisent avec une dissolution de potasse et avec celle du sulfldc hydrique.

La présence de substances organiques non volatiles dans les dissolutions cuivriques change beaucoup la manière dont celles-ci se comportent avec les réactifs. Lorsque la liqueur n’est que faiblement colorée par elles, la potasse qu’on y ajoute en excès ne produit pas de précipité 5 mais le liquide prend par-là une couleur bleue, semblable à celle qu’un excès d’ammoniaque développe dans les dissolutions cuivreuses. C’est ce qui arrive, par exemple, lorsque du vin blanc , une dissolution de sucre, ou une dissolution d’acide tartrique contient une assez grande quantité de sulfate cuivrique, de vert-de-gris ou d’un autre sel de cuivre. Plus l’oxide cuivrique est abondant dans la dissolution, plus la couleur bleue quelle acquiert ainsi est foncée. Lorsqu’on fait bouillir celte dissolution alcaline

C)4 traité d’analyse chimique.

bleue de cuivre, l’oxide cuivrique se trouve réduit dans la plupart des cas , et il se produit alors un précipité d’hydrate cuivreux jaune-brun, qui cependant a souvent une couleur rouge-brune. Quelquefois le cuivre se précipite presque entièrement, de cette manière, à l’état d’oxide cuivreux. C’est ce qui a lieu, par exemple, lorsqu’on traite ainsi du vin blanc cpii a été frelaté avec un sel de cuivre. Cependant on voit, dans beaucoup de cas, la liqueur rester bleue après l’ébullition, et alors il n’y a qu’une partie du cui vre précipitée à l’él at d’oxide cuivreux , comme, par exemple, lorsqu’une dissolution de sucre contient de l’oxide cuivrique 5 et quelquefois la liqueur bleue ne change pas du tout par l’ébullition, comme il arrive entr’autres aux dissolutions cuivriques qui contiennent de l’acide tartrique. Lorsque ces liqueurs ne tiennent en dissolution que des traces d’oxide cuivrique , la présence de ce dernier ne peut point être découverte à l’aide d’une dissolution de potasse , qui ne produit pas alors de coloration en bleu, et qui même, par l’ébullition , ne détermine pas de précipité d’oxide cuivreux. Quand la liqueur contenant du cuivre doit aux substances organiques une couleur très-foncée , une dissolution de potasse qu’on y verse ne peut point non plus y développer de couleur bleue; c’est ce qui arrive au vin rouge qui contient beaucoup d’oxide cuivrique. Il se produit alors une dissolution opaque , d’un vert sale , et un précipité de même couleur; mais, par l’ébullition , il se précipite de l’oxide cuivreux rouge-brun.

Il faut que l’oxide cuivrique soit en assez grande quantité dans une dissolution cuivrique contenant des substances organiques non volatiles , et que la liqueur 11e soit pas très-foncée en couleur, pour que l’ammoniaque qu’on y verse fasse naître une coloration en bleu. Lorsque, par exemple, du vin blanc contient une proportion assez forte d’oxide cuivrique , et qu’on y ajoute un excès d’am-

DES BASES. g5

moniaque , il devient vert sale ou brun ; ce n’est que quand l’oxide cuivrique qu’il tient en dissolution est fort abondant, que la liqueur prend une teinte bleue par l’alcali volatil. Quand la dissolution cuivrique a une couleur foncée due à des substances organiques, quoiqu’elle contienne d’assez grandes quantités d’oxide cuivrique, un excès d’ammoniaque n’y peut pas produire de couleur bleue. Le vin rouge qui contient de l’oxide cuivrique ne devient que d’un brun saie par l’ammoniaque, changement semblable à celui que le vin rouge pur éprouve par l’alcali volatil.

Un des réactifs les plus infaillibles pour découvrir promptement l’oxide cuivrique dans les liqueurs qui contiennent beaucoup de substances organiques non volatiles , est la dissolution de cyanure ferroso-potassique. Lors même qu’une liqueur très-chargée de substances organiques ne contient que des traces extrêmement faibles d’oxide cuivrique, ce réactif y détermine le même précipité rouge-brun que dans les dissolutions cuivriques pures. Mais il est nécessaire pour cela que la dissolution soit neutre, ou un peu acide, et non alcaline. On peut, de cette manière, découvrir des traces très-faibles d’oxide cuivrique dans du vin blanc , des dissolutions de sucre et autres dissolutions de substances organiques , quoique la chose ne soit possible qu’autant qu’il s’agit de liqueurs qui n’ont point une liqueur foncée. Dans les liquides chargés en couleur, par exemple dans le vin rouge, on peut tout au plus découvrir des quanti tés assez considérables d’oxide cuivrique, au moyen de cyanure ferroso-potassique.

La plus sûre manière de trouver les moindres traces d’oxide cuivrique dans des dissolutions , est de le précipiter à Fétat métallique, au moyen du fer poli, par exemple d’une lame de couteau. Lors même que les liqueurs contiennent des substances organiques de toute espèce, et qu’elles sont très-foncées en couleur, ou complètement

96 Î'RÀ.ITÉ D^ANÂLYSE CHIMIQUE.

opaques, la moindre quantité d’oxide cuivrique se trahit par une pellicule couleur de cuivre rouge dont elle couvre le fer. Il faut seulement pour cela que le liquide ne soit point alcalin, mais qu’il soit un peu acide, sans cependant l’être trop. Quand la liqueur ne contient que de très-petites quantités d’oxide cuivrique, la pellicule de cuivre métallique ne paraît sur le fer qu’au bout de plusieurs heures. Ce moyen est encore plus sensible que le gaz sulfide hydrique pour faire apercevoir de petites quantités d’oxide cuivrique; car le sulfide hydrique dissous dans l’eau , qu’on verse dans des dissolutions contenant, avec très-peu seulement d’oxide cuivrique, une grande quantité de substances organiques, ou le suif hydrate ammonique qu’on ajoute aux liqueurs alcalines, décèle bien la présence de cet oxide par une couleur brune , et non noire ; mais pour se convaincre pleinement de la présence de l’oxide cuivrique, il faut recueillir sur un filtre le sulfure cuivrique qui s’est précipité, et l’essayer au chalumeau, afin de constater qu’il contient du cuivre. Or il est difficile ou même impossible de séparer par la filtration des quantités faibles de sulfure cuivrique , parce que ce corps reste fort long-temps en suspension dans les liquides contenant beaucoup de substances organiques en dissolution. En outre , il arrive souvent que la dissolution de sulfide hydrique n’indique déjà plus des traces extrêmement faibles de cuivre dissous , qu’elles sont encore précipitées par le fer poli. Lorsqu’au reste une liqueur est très-foncée en couleur , on ne peut point avoir recours au sulfide hydrique liquide pour reconnaître si elle tient de l’oxide cuivrique en dissolution.

Lorsque des substances organiques solides ou en bouillie se trouvent mêlées avec des petites quantités d’oxide cuivrique, on les fait ordinairement digérer dans de l’acide nitrique étendu , et l’on examine ensuite si la liqueur filtrée tient de l’oxide cuivrique en dissolution. Mais il

DES BASES. ÿn

n’est pas possible de découvrir ainsi des traces extrêmement faibles de cet oxide, lorsqu'elles sont mêlées avec beaucoup de substances organiques. Le mieux alors est de mêler la masse avec du carbonate sodique ou du carbonate potassique, de faire rougirle tout dans un creuset de Hesse, et de pulvériser la masse rougie *, on enlève ensuite le charbon par la lévigation , et les traces du cuivre réduit restent dans le mortier. On peut de cette manière découvrir le cuivre dans des alimens pour la cuisson desquels des ustensiles en cuivre ont été employés , et dans le pain lorsqu’il a été falsifié avec de très-petites quantités de sulfate cuivrique. La méthode et les précautions que , suivant Jacquemyns , on doit alors observer, pour constater positivement l’existance de toute trace quelconque de cuivre , sont les suivantes : On délaye la substance dans assez d’eau pour la pouvoir réduire en une pâte molle, avec laquelle ou mêle le double de son poids de carbonate sodique cristallisé réduit en poudre. On introduit le mélange dans un creuset de .Hesse , qu’on fait chauffer peu à peu , après l’avoir couvert, et qu’on expose pendant un quart d’heure au rouge obscur. Après le refroidissement , on pulvérise la masse carbonisée dans un mortier en agate. Pour cela on ne prend d’abord qu’une partie de la masse, on riiumecte avec de l’eau, on la pile avec soin , on verse de nouvelle eau dans le mortier , on broyé modérément le tout avec le pilon , et l’on décante le liquide avec circonspection. Cela fait, on pulvérise la masse restante, et l’on réitère la lévigation du charbon jusqu’à ce qu’il n’en reste plus, après quoi on trouve , au fond du mortier , de petites paillettes métalliques brillantes , qui ont la couleur du cuivre. Si , dans cette opération, on employé moins de carbonate sodique , Foxide cuivrique se trouve bien réduit , mais il reste à un état de division tel, qu’il peut être enlevé avec le charbon par la lévigation. Pour empêcher qu’une partie du carbonate alcalin pénètre dans le fond du creuset I. 7

g8 traité d’analyse chimique.

pendant Faction de la chaleur , et en attaque la masse , on prend une certaine quantité de la substance dans laquelle on veut rechercher s'il existe du cuivre , et on la dépose sur le fond , sans la mêler avec du carbonate alcalin. Il ne faut pas employer un mortier en porcelaine ou en grès , à la place du mortier en agate.

^5. OXIDE ARGENTIQUE.

À Fétat de pureté , Foxide argentique forme une poudre cF un gris brun, qui noircit à la lumière solaire, et qui se réduit en argent lorsqu’on la fait rougir. Cet oxide est très-soluble dans Facide nitrique et dans quelques autres acides : la dissolution se comporte avec les réactifs de même que les dissolutions des sels argentiques dans Feau.

Une dissolution cl e potasse produit, dans les dissolutions argentiques, un précipité brun-clair , qui n’est point soluble dans un excès du réac tif , mais qui se dissout quand on ajoute de- l’ammoniaque.

Lî ammoniaque , mise en très-petite quantité dans des dissolutions de sels argentiques neutres , détermine un précipité brun , qu’une plus grande proportion d’ammoniaque dissout avec une facilité extrême. Lorsque la dissolution argentique contient de Facide libre, et qu’on la sature avec de l’ammoniaque, il ne s’y forme pas de précipité. Une dissolution argentique h laquelle on a ajouté de Fammoniaque en excès , donne un précipité blanc parla dissolution de potasse pure, lorsque l’ammoniaque ne se trouve qu’en très-faible excès.

Une dissolution de carbonate potassique produit , dans les dissolutions argentiques, un précipité blanc, qui est soluble dans Fammoniaque.

Une dissolution de bicarbonate potassique en détermine un blanc, qui se dissout dans Fammoniaque.

DES BASES

Une dissolution de carbonate ammoniacal en fait naître un blanc , qui est soluble dans un excès du réactif.

Une dissolution de phosphate sadique occasione , dans les di ssolutions argentiques neutres, un précipité jaune , soluble dans l’ammoniaque : la liqueur qui surnage ce précipité rougit le papier de tournesol. Si le phosphate sodique a été fortement rougi au feu peu de temps avant l’expérience , et ensuite dissous dans de l’eau, sa dissolution fait naître un précipité blanc dans les dissolutions argentiques.

Une dissolution à’ acide oxalique détermine , dans les dissolutions argentiques neutres, un précipité blanc, soluble dans l’ammoniaque.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique en produit un blanc.

Une dissolution de cyanure ferrico-potassique en fait naître un rouge brun , qui ressemble beaucoup au précipité produit par l’ammoniaque dans les dissolutions ferriques.

Le sulj hydrate ammonique en donne un noir, qui est insoluble dans un excès du réactif.

Le suljide hydrique , dissous dans l’eau ou gazeux , donne un précipité noir dans les dissolutions argentiques, neutres et acides.

Une baguette de zinc métallique précipite l’argent à l’état métallique de ses dissolutions^ auprès du zinc l’argent réduit est noir 5 à une certaine distance de la baguette il est blanc.

Les dissolutions argentiques peuvent encore être reconnues par les réactifs suivans :

L’ acide hydrochlorique et les dissolutions des chlorures métalliques produisent un précipité blanc , même dans les dissolutions argentiques fort étendues. Lorsque la dissolution ne contient qu’une quantité extrêmement faible d’oxide argentique , le précipité se dépose lentement, et communique alors à la liqueur une teinte opa-

100 traité d’analyse chimique.

line blanche -, plus abondant , ce précipité est en flocons caséeux. L’ammoniaque le dissout aisément, mais il est insoluble dans les acides étendus. Exposé au soleil , il ne tarde pas à perdre sa couleur blanche , et devient gris ou plutôt violet à la surface.

Une dissolution d ’iodwe potassique produit , dans les dissolutions argentiques , un précipité blanc, ayant une teinte de jaune , qui ne se dissout que très-peu dans l’ammoniaque , mais qui est plus soluble dans un excès de dissolution d’iodure potassique.

Une dissolution de chromate potassique en donne un rouge-brun foncé, qui est soluble dans l’acide nitrique étendu et dans l’ammoniaque.

Une dissolution de suljate ferreux détermine un précipité blanc , d’argent métallique , dans les dissolutions argentiques neutres.

Une dissolution de chlorure stanneux à laquelle on a ajouté assez d’acide hydrochlorique pour produire une liqueur claire , produit un précipité blanc, de chlorure argentique, quand on la verse en petite quantité dans une dissolution argentique. Cependant si l’on employé davantage de chlorure stanneux, la dissolution , surtout quand onia chauffe , prend une couleur brune, due cà de l’argent réduit.

Les précipités blancs ou peu colorés de l’argent se distinguent encore d’une manière toute spéciale par la propriété qu’ils ont de noircir tiès-promptement à la surface , quand on les expose à la lumière tandis qu’ils sont humides. Celui de tous qui subit le plus facilement cette altération est le précipité produit dans les dissolutions argentiques par l’acide hydrochlorique et les dissolutions de chlorures métalliques. Elle est peu ou presque pas sensible dans les précipités qui doivent naissance aux dissolutions d’iodure potassique et de phosphate sodique.

DES BASES

Les sels argentiques solubles clans l’eau se décomposent ou and on les roueit au feu.

Les dissolutions des sels argentiques neutres n’altèrent pas la couleur du papier de tournesol.

Les sels argentiques insolubles dans l’eau se dissolvent presque tous dans l’acide nitrique. On reconnaît la présence de l’oxide argentique dans cette dissolution acide par le moyen de l’acide hydrochlorique, qui produit un précipité de chlorure argentique non susceptible de se dissoudre dans les acides.

Au chalumeau les sels argentiques se réduisent trèspromptement en argent métallique, lorsqu’on a eu soin de les mêler avec de la soude. Ce caractère les fait reconnaître sans peine.

Les dissolutions argentiques se reconnaissent très-facilement au précipité que l’acide hydrochlorique y détermine , et qui diffère de tous les autres, en ce qu’il est soluble dans , l’ammoniaque et insoluble dans les acides étendus.

La présence de substances organicpies non volatiles n’empêche pas l’acide hydrochlorique de précipiter les dissolutions argentiques.

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