‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 23 sur 122 · OXIDES DU MERCURE · texte numérisé non relu

OXIDES DU MERCURE

i°. Oxide merctjreux.

L’oxide mercureux pur est noir. A une chaleur trèsdouce , il se convertit en mercure métallique et oxide mercurique : une plus forte chaleur réduit aussi ce dernier en oxigène et en mercure métallique. Il se convertit aussi très-souvent en mercure et en oxide mercurique quand on le traite par divers acides , surtout en présence d’un alcali libre. La meilleure manière d’obtenir une dissolution

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d’oxide mercureux , consiste à traiter un excès du métal par l’acide nitrique. Quelques sels mercureux neutres ne se dissolvent que partiellement dans l’eau , qui s’empare d’un sur-sel et laisse un sous-sel. Le nitrate mercureux neutre est dans ce cas.

Les dissolutions mercureuses se comportent comme il suit avec les réactifs :

Une dissolution de potasse y produit un précipité noir, qui est insoluble dans un excès du réactif.

L’ ammoniaque y fait également naître un précipité noir, qui ne se redissout pas dans un excès d’alcali volatil.

Une dissolution de carbonate potassique donne un précipité jaune sale, qui noircit par l’ébullition.

Une dissolution de bicarbonate potassique occasione un précipité blanc , qui, par l’ébullition , noircit , avec dégagement de gaz acide carbonique.

Une dissolution de carbonate ammojiiacalproàmt , quand on la verse en petite quanti té , un précipité gris , et lorsqu’on en met une plus grande proportion , un précipité noir.

Une dissolution de phosphate sodique en donne un blanc.

Une dissolution d’acide oxalique en fait également naître un blanc.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique occasione un précipité gélatineux blanc.

Une dissolution de cyanure ferrico- potassique en produit un rouge brun, qui devient blanc avec le temps.

Le suif hydrate ammonique détermine sur-le-cbamp un précipité noir , qui est insoluble dans un excès du réactif et dans l’ammoniaque. Ce précipité se dissout dans un dissolution de potasse pure, en laissant une poudre no ire j qui est du mercure métallique, et qu’un peut reconnaître pour telle h la loupe, lorsqu’après l’avoir recueillie sur un filtre de papier gris, on la frotte avec une baguette de verre. Si Ton sursature la liqueur filtrée au

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moyen d’un acide , il s’y forme un précipité noir de sulfure de mercure.

Le sulfide hydrique , dissous dans l’eau ou gazeux , détermine sur-le-champ un précipité noir, dans les dissolutions mercureuses neutres. La formation de ce précipité a lieu même quand on employé beaucoup moins de gaz sul- Hcle hydrique qu’il n’en faut pour décomposer complètement le sel mercureux.

Une baguette de zinc métallique précipite le mercure, à l’état métallique, sous la forme d’une pellicule grise, qui est un amalgame de zinc et de mercure.

Les dissolutions mercureuses peuvent encore être reconnues avec le secours des réactifs snivans :

L 'acide hy drochlorique et les dissolutions des chlorures métalliques produisent , même lorsqu’on les verse en aussi petite quantité que possible dans les dissolutions mercureuses, un précipité blanc, qui est insoluble dans les acides simples, et que l’ammoniaque convertit en un précipité noir.

Une dissolution dé io dure potassique en détermine un jaune verdâtre, cpii noircit quand on ajoute davantage de réactif, dans un excès duquel il se dissout.

Une dissolution de chromate potassique en donne un rouge.

Une goutte d’une dissolution mercureuse qu’on laisse tomber sur du cuivre poli , et qu’on frotte quelque temps après avec du papier , laisse sur le métal une tache comme argentée, qui disparaît par la chaleur rouge.

Les sels mercureux solubles dans l’eau se volatilisent par l’action de la chaleur rouge, qui les décompose.

Les dissolutions des sels mercureux rougissent le papier de tournesol.

Les sels mercureux insolubles dans l’eau sont, pour la plupart , dissous par l’acide nitrique étendu. L’acide hy drochlorique détermine également, dans ces dissolu-

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lions acides, un précipité blanc, que l’ammoniaque ne dissout point, mais noircit.

Lorsqu’on mêle des sels mercureux avec de la soude sèche , dans un tube de verre soudé à Tune de ses extrémités, et qu’on les fait rougir au chalumeau , le mercure se sublime sous la forme d’un enduit gris, dans lequel des globules mercuriels bien visibles se forment pour peu qu’on y touche avec une baguette de verre.

Les sels mercureux sont très-aisés à reconnaître , dans leurs dissolutions, par la manière dont ils se comportent avec l’acide hydrochlorique , le précipité que ce réactif y détermine étant insoluble dans les acides étendus et noirci par l’ammoniaque , ce qui le distingue de celui auquel l’acide hydrochlorique donne naissance dans les dissolutions argentiques, Par la voie sèche , il est trèsfacile de constater la présence du mercure par l’apparition de globules mercuriels.

2° Oxide mercurique.

L’oxide mercurique pur est ordinairement cristallin , et alors il aune couleur rouge debrique; il devient jaunâtre quand on le réduit en poudre très-fine. A une faible chaleur, il noircit , mais il reprend sa couleur rouge briquetéc par le refroidissement. Une chaleur plus forte le décompose en gaz oxigène et en mercure métallique. Lorsqu’il est mêlé avec du suroxide plombeux , et qu’on le chauffe dans un petit tube de verre soudé à Tune de ses extrémités, jusqu’à ce que l’oxide mercurique soit complètement décomposé, il reste de l’oxide plombique fondu. Si , au contraire , l’oxide mercurique se trouve mêlé avec de la brique pilée, cette dernière reste sans éprouver de changement , lorsqu’on fait chauffer le mélange.

L’oxide mercurique est très-soluble dans les acides. Cette dissolution se comporte avec les réactifs de même que celles des sels mercureux solubles dans l’eau.

DES BÀSES.

Une dissolution de potasse détermine , dans les dissolutions mercuriques , un précipité -jaune , qui est insoluble dans un excès du réactif. Lorsqu’on verse trop peu de potasse dans la liqueur * le précipité a une teinte qui se rapproche davantage du rouge-brun. Si la dissolution mercurique contient du chlorure ammonique , la potasse y fait naître un précipité blanc. Si elle contient une trèsgrande quantité d’acide libre, ce réactif y produit un précipité blanchâtre.

L’ ammoniaque donne lieu à un précipité blanc, qui est insoluble dans un excès d’alcali volatil.

Une dissolution de carbonate potassique en détermine une rouge-brun , qui est insoluble dans un excès du réactif. Si la dissolution mercurique contient du chlorure ammonique, celle de carbonate potassique y produit un précipité blanc.

Une dissolution de bicarbonate potassique donne, avec dégagement de gaz acide carbonique , un précipité brunrouge , dans celles du sulfate et du nitrate mercuriques. Une dissolution de chlorure mercurique n’est point troublée de prime abord par celle du bicarbonate potassique ; mais , au bout de quelque temps , il s’y dépose un précipité rouge brun foncé.

Une dissolution de carbonate ammoniacal produit un précipité blanc dans les dissolutions mercuriques.

Une dissolution de phosphate sodique en donne un blanc dans celles du sulfate et du nitrate mercuriques , mais ne trouble que très-légèrement celle du chlorure mercurique.

Une dissolution d 'acide oxalique produit un précipité blanc dans celles du nitrate et du sulfate mercuriques , mais n’en détermine aucun dans celle du chlorure mercurique.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique donne, dans les dissolutions mercuriques , un précipité blanc , qui , par l’effet d’un long repos, prend une teinte bleue , due à ce qu’il se forme du bleu de Prusse.

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Une dissolution de cyanure ferrico -potassique produit un précipité jaune dans celles du nitrate et du sulfate mercuriques, mais n’en donne point dans celle du chlorure mercurique.

Le suif hydrate ammo nique , versé en petite quantité dans les dissolutions mercuriques, y produit un précipité noir, qui devient parfaitement blanc lorsqu’on l’agite avec le sel mercurique dissous que le réactif n’a pu décomposer, et qui reste fort long-temps en suspension dans la liqueur. Si l’on ajoute peu à peu une nouvelle quantité de suif hydrate ammonique, la couleur du précipité devient un mélange de blanc et de noir. Enfin, quand on a mis un excès de réactif, le précipité est tout noir, et absolument insoluble aussi à froid dans ce dernier. Il n’est pas soluble non plus dans l’ammoniaque; mais une dissolution de potasse le dissout complètement : il se précipite de cette dernière dissolution quand on la sursature avec un acide.

La dissolution ou un courant de gaz siiljicle hydrique se comporte de même avec les dissolutions mercuriques acides et neutres ; cependant les phénomènes sont alors plus faciles à observer que quand on opère avec du sulfhydrale ammonique.

Le zinc métallique produit le même effet dans les dissolutions mercuriques que dans les dissolutions mercur eus es.

Les dissolutions mercuriques peuvent encore être reconnues à l’aide des réactifs suivans :

Une dissolution àéiodure potassique y produit un précipité rouge de cinabre, qui est soluble dans un excès du réactif, ainsi que dans un excès de la dissolution mercurique et dans l’acide hydrochlorique.

[J ne dissolution de chromale potassique détermine un précipitéjaune rouge , dansles dissolutions mercuriques qui ne sont pas trop étendues.

Les dissolutions mercuriques se comportent , à l’égard

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du cuivre métallique , de même que les dissolutions mercureuses.

Les sels mercuriques solubles dans l’eau se volatilisent, comme les sels mercureux , quand on les fait rougir au feu.

Les dissolutions des sels mercuriques neutres rougissent le papier de tournesol.

Les sels mercuriques insolubles dans l’eau sont presque tous solubles dans les acides. La meilleure manière de constater la présence de l’oxide mercurique dans cette dissolution acide , est d’y ajouter peu à peu une solution aqueuse de sulfide hydrique. S’il reste encore de l’oxide mercurique non décomposé dans la liqueur, ce réactif y produit , par l’agitation, un précipité blanc qui demeure longtemps en suspension, et qui , par un excès de sulfide hydrique liquide, se convertit en un précipité noir et pesant.

Les sels mercuriques se réduisent aisément, comme les sels mercureux , quand 011 les traite au chalumeau , après les avoir mêlés avec de la soude.

Les sels mercuriques sont reconnaissables à la réaction qu’ils produisent avec le sulfhydrate ammonique, ou mieux encore, parce que ce sel est trop concentré, à la manière dont ils se comportent avec la dissolution du sulfide hydrique. Par la voie sèche, l’apparition des globules de mercure y décèle très-aisément l’existence de ce métal.

La présence de substances organiques qui ne sont pas susceptibles de se volatiliser sans éprouver de décomposition, change beaucoup, même lorsque la liqueur n’est pas du tout colorée par elles , la manière dont les dissolutions de l’oxide mercurique et celle du chloride mercurique se comportent avec les réactifs qui viennent d’être passés en revue. Si l’on ajoute, par exemple, du

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sucre ou des acides organiques non volatils à une dissolution mercurique, une dissolution de potasse qu’on y verse ensuite en excès n’y produit pas sur-le-champ de précipité ; lorsque la liqueur est concentrée, il s’en forme alors un jaune sale. Mais , dans l’un et l’autre cas, il se dépose au bout d’un certain laps de temps un sédiment noir et pesant, cpii contient beaucoup de mercure métallique. L’apparition de ce précipité noir est déterminée de suite par l’ébullition. Les memes phénomènes s’observent quand , au lieu de potasse , on prend une dissolution de carbonate sodique ou de carbonate potassique. Sans l’addition d’un alcali, la réduction du mercure ne s’effectuerait pas. L’ammoniaque ne fait naître, dans ces dissolutions mercuriques, qu’un précipité blanc, qui conserve cette couleur avec le temps, et qui ne noircit qu’en partie par l’ébullition.

Lorsque les dissolutions mercuriques doivent une couleur très-foncée à des substances organiques , par exemple lorsqu’elles contiennent du vin rouge, les dissolutions de potasse y produisent sur-le-champ des précipités diversement colorés, qui , par le repos, ou plus rapidement en- - core par l’ébullition, deviennent noirs, et contiennent alors du mercure métallique. Du vin blanc qui tient beaucoup de chlorure mercuri que en dissolution, est coloré eu brun-rouge par la dissolution de potasse, sans qu’il se manifeste sur-le-champ de précipité -, ce n’est qu’après un laps de temps assez long, ou , plus rapidement encore, par l’ébullition, qu’on voit paraître un précipité brun rouge sale, et enfin un précipité noir.

Quand on verse du suit hydrate ammonique ou de la dissolution de sulfide hydrique en excès dans des dissolutions mercuriques chargées d’une grande quantité de substances organiques, il se forme bien un précipité de sulfure noir de mercure , mais on a ordinairement delà peine à remarquer ce précipité dans les liquides chargés en couleur. Pour se

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convaincre pleinement de la présence du mercure, il faut recueillir le P récipité de sulfure sur un filtre, le faire sécher , le mêler avec de la soude , et le réduire en métal dans un petit tube de verre soudé à Tune de ses extrémités. Mais comme le sulfure de mercure peut rester long-temps en suspension clans la liqueur, lorsque celle-ci contient certaines substances organiques, et qu’alors il est difficile, souvent même impossible , de le recueillir sur un filtre, on ne doit alors se servir cpie du gaz sulfide hydrique pour opérer la précipitation, lorsque la quantité de mercure dissous est très-considérable.'Le moyen le plus sur pour découvrir une petite quantité de mercure dans de pareilles liqueurs , consiste à y plonger une feuille de cuivre poli. La liqueur doit être neutre, ou n’être pas trop acide ; mais le mercure peut aussi être précipité d’un liquide alcalin par le cuivre. Du reste, peu importe que la dissolution soit très-chargée en couleur, et qu’elle contienne des substances organiques de telle ou telle nature. Quelque faibles que soient les traces de mercure qui s’y trouvent dissoutes, le cuivre se couvre, au bout de quelque temps , d’un enduit gris , qui , lorsqu’on le frotte avec du papier, communique à la surface du métal un brillant argentin, qu’une légère chaleur dissipe bientôt. Lorsque la quantité de mercure tenue en dissolution est extrêmement peu considérable , l’argentation apparente du cuivre est elle-même moins prononcée , car la couleur du cuivre perce au travers. Dans ce cas , il faut faire reparaître la couleur du cuivre sur quelques points par l’action de la chaleur , ce qui donne plus d’intensité à la teinte argentine de ceux qui n’ont point été chauffés.

Lorsque de l’oxide merc urique se trouve contenu dans des substances organiques solides ou en bouillie qui sont insolubles dans l’eau, il faut essayer si l’on ne parviendra point à les dissoudre par l’ammoniaque. Ainsi, par exemple , les dissolutions de l’oxide mercurique et celle du

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chlorure mercurique donnent, avec les dissolutions d’albumine, un précipité qui est insoluble dans l’eau , mais qui se dissout très-aisément dans l’ammoniaque, de même que dans une dissolution de potasse. Le sulfbydrate ammonique , versé dans cette liqueur ammoniacale , en précipite bien le mercure à l’état de sulfure 5 mais celui-ci reste très -long-temps en suspension , et l’on ne peut presque point parvenir à le séparer, afin de le faire sécher et de le soumettre à Faction du chalumeau , pour essayer s’il contient du mercure. 11 vaut donc beaucoup mieux plonger dans la dissolution ammoniacale une feuille de cuivre polie, qui en sépare le mercure à l’état métallique, tout comme elle ferait dans une dissolution neutre ou peu acide, et qui s’en couvre à la surface , de manière à offrir un enduit gris, qui prend le brillant de l’argent quandon le frotte avec du papier. On peut de cette manière découvrir des traces même très-faibles de mercure dans la dissolution alcaline. C’est peut-être aussi la meilleure méthode qu’on puisse employer pour constater la présence du mercure dans du sang avec lequel une certaine quantité de ce métal aurait été mêlée , puisque tous les principes constituans du sang sont solubles dans un excès d’ammoniaque.

11 ne faut pas , dans ces expériences , se servir d’une dissolution de potasse en place d’ammoniaque. La présence du mercure dans une dissolution de potasse, meme lorsque la liqueur est parfaitement claire , ne saurait être reconnue à l’aide du sulfhydratc aminonique, parce que le sulfure de mercure qui résulte de la réaction reste dissous quand il y a assez de potasse. Une feuille de cuivre plongée dans une semblable dissolution, en précipite également le mercure, mais moins bien que d’une liqueur ammoniacale.

Lorsque la substance organique qui contient du mercure n’est soluble ni dans l’eau ni dans l’ammoniaque ?

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on a coutume de la mettre en digestion avec de l’acide nitrique, afin de découvrir la présence du mercure clans la dissolution nitrique. Mais cette méthode entraîne souvent des inconvéniens, surtout lorsque la substance organique est fort abondante et le mercure qu’elle contient en trèspetite quantité. Il vaut donc mieux , en pareil cas , recourir à la suivante : on mêle la substance sèche avec environ le tiers ou le quart de son poids de carbonate sodique ou de carbonate potassique, et l’on introduit le mélange dans une cornue , qui ne doit en être remplie qu’à peu près jusqu’au cpiart de son contenu *, on verse alors assez d’eau dessus pour pouvoir le réduire en bouillie en secouant la cornue. Lorsqu’il s’agit de rechercher si une substance en bouillie contient du mercure , on la mêle avec du carbonate alcalin , et on la fait ensuite sécher à une douce chaleur , afin de pouvoir faire entrer la masse sèche dans la cornue -, on fait communiquer le col de cette cornue avec un récipient, par le moyen d’un bouchon de liège percé, qui n’interdise pas tout accès à l’air, et on chauffe peu à peu la cornue jusqu’à ce que son fond devienne rouge. La meilleure manière de chauffer le mélange , quand, la substance qu’on se propose d’examiner étant peu abondante , on peut faire l’expérience dans une petite cornue, consiste à se servir d’une lampe à esprit de vin à double courant d’air *, si l’on opère sur des quantités plus considérables , on est naturellement obligé d’avoir recours au feu de charbon. La masse se boursoufle ordinairement beaucoup, et l’on est par conséquent obligé de veiller à ce qu’elle ne déborde pas. Après le refroidissement , on coupe le col de la cornue immédiatement auprès de sa voûte, et on le fend également dans le sens de sa longueur. L’intérieur en est couvert d’une huile empyreumatique brune et visqueuse. A environ un pouce de la voûte de la cornue , on découvre des globules de mercure. Le meilleur moyen de les reconnaître consiste à frotter

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avec le doigt l’endroit où l’on croit en apercevoir ; il est alors facile de les distinguer sur le doigt, soit à la vue simple, soit, mieux encore, avec le secours de la loupe. Cette précaution est nécessaire, parce que, quand on manque de pratique, on pourrait prendre pour des globules de mercure de petites bulles d’air enfermées dans l’huile empyreumatique. Si la matière organique ne contenait que de très-petites quantités de mercure , on trouve tout le métal dans le col de la cornue , et il n’y en a point dans l’huile empyreumatique que renferme le récipient. Lorsqu’on n’est pas parvenu ainsià trouver du mercure , on pourrait faire digérer dans de l’acide nitrique l’huile du récipient et les morceaux du col de la cornue , et aller ensuite à la recherche du métal dans la dissolution nitrique ; cependantlorsqu’on a procédé avec beaucoup de circonspection , et qu’il ne s’est pas trouvé de globules mercuriels dans le col de la cornue, il est bien rare qu’on puisse découvrir la moindre trace de ce métal dans la dissolution nitrique.

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