‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 29 sur 122 · Oxides de l’étain · texte numérisé non relu

Oxides de l’étain

i®. Oxide stanneux.

A l’état de pureté, l’oxide stanneux -est une poudre d’un gris noir, que les corps en ignition enflamment au contact de l’air, et qui se convertit ainsi en oxide stannique. L’hydrate stanneux est blanc, et plus soluble dans les acides que l’oxide stanneux qui a été rougi dans des vaisseaux clos. Le chlorure stanneux ne peut être dissous dans l’eau sans éprouver une décomposition *, il produit, avec elle une liqueur laiteuse, phénomène tenant à ce

DES BASES. l3^

qu’il se sépare une combinaison insoluble de chlorure stanneux et d’oxide stanneux.

Les dissolutions de l'oxide stanneux dans des acides et du chlorure stanneux dans l’eau, quand on y a ajouté assez d’acide hydroclilorique pour quelles soient claires , se comportent comme il suit avec les réactifs :

Une dissolution de potasse y produit un précipité blanc, qui est soluble dans un excès d’alcali. Au bout de quelque temps, mais d’une manière plus rapide encore quand on la fait bouillir, la dissolution subit une décomposition dont le résultat est que de l’étain se précipite à l’état métallique, sous la forme d’une poudre noire , et que de l’oxide stannique reste dissous, en combinaison avec de la potasse.

U ammoniaque détermine , dans les dissolutions s tanneuses, un précipité blanc, insoluble dans un excès du réactif.

Une dissolution de carbonate potassique produit le même effet.

Une dissolution de bicarbonate potassique se comporte de même.

Une dissolution de carbonate ammoniacal agit de la même manière.

Une dissolution de phosphate sodique donne un précipité blanc.

Une dissolution d’ acide oxalique en détermine aussi un blanc.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique produit un précipité blanc gélatineux.

Une dissolution de cyanure ferrico - potassique en donne un blanc , qui est soluble dans l’acide hydrochlorique.

Le suif hydrate ammonique produit, dans les dissolutions stanneuses neutres , un précipité brun, qui est dissous par un très-grand excès du réactif , surtout lors-

1 38 traité d’analyse chimique.

que ce dernier est jaune , et que , par conséquent , il contient un excès de soufre. L’acide hydroehlorique , versé en excès dans cette dissolution , y détermine un précipité jaune.

La dissolution ou un courant de gaz sulfîde hydrique produit un précipité brun foncé dans les dissolutions stanneuses neutres et acides.

Une baguette de zinc métallique , plongée dans les dissolutions stanneuses , précipite l’étain à l’état métallique, sous la forme de paillettes d’un gris blanc.

Une dissolution d ’iodure potassique fait naître , dans les dissolutions stanneuses, un précipité blanc, caséeux, qui a une teinte de jaunâtre, et qui , au bout de quelque temps , lorsque la liqueur est concentrée jusqu’à un certain point, devient en partie d’un rouge de cinabre. Ce précipité est soluble dans un grand excès d’iodure potassique.

Les sels stanneux se décomposent quand on les fait rougir à l’air.

Leurs dissolutions rougissent le papier de tournesol.

Les sels stanneux insolubles dans l’eau se dissol vent presque tous dans l’acide hydroehlorique , du moins quand ils n’ont point été préalablement rougis au feu. On reconnaît la présence de l’oxide stanneux dans ces dissolutions en y versant une dissolution de sulfîde hydrique ou d’or.

Au chalumeau , les sels stanneux, mêlés avec de la soude, donnent de l’étain métallique, quand on les chauffe sur du charbon, dans la flamme intérieure. Le grain d’étain réduit se reconnaît à la propriété qu’il a de s’aplatir sous le marteau, et à ce que, lorsqu’on le mêle avec un globule vert de sel de phosphore tenant de l’oxide cuivrique en dissolution , il devient , par l’action de la flamme extérieure, opaque et d’un brun rouge , phénomène dû à de l’oxide cuivreux qui s’est produit.

UES BASES. i3p

Les dissolutions stanneuses se reconnaissent très-facilement à leur manière de se comporter avec la dissolution d’or (p* 1 35 ).

La présence de substances organiques non volatiles peut empêcher quelquefois l’oxide stanneux d’être précipité par les alcalis.

2°. Oxide st antique.

A l’état de pureté, l’oxide stannique est blanc ou jaunâtre, quand on l’a fait rougir au feu. Celui qu’on rencontre dans la nature , a ordinairement une teinte plus foncée , due à des substances qui s’y trouvent mêlées par accident. Lorsqu’on le fait rougir , il devient tout-à-fait insoluble dans les acides, et il ne recouvre sa solubilité dans ces réactifs qu’après avoir été fondu avec du carbonate potassique ou sodique, A l’état de pureté, il n’est pas fusible à une chaleur qui ne soit point par trop violente 5 mais il fond aisément en un émail avec des substances basiques. L’hydrate stannique qui a été obtenu en traitant l’étain par l’acide nitrique est blanc, et sinon tout-à-fait insoluble, du moins fort peu soluble dans la plupart des acides. Celui qu’on s’est procuré en précipitant une dissolution de chlorure stannique par l’ammoniaque, est au contraire susceptible de se dissoudre dans les acides. Ses dissolutions se comportent de la manière suivante avec les réactifs :

Une dissolution de potasse produit, dans les dissolutions des sels stanniques , un précipité blanc , qui est soluble dans un excès du réactif.

L’ ammoniaque en donne un blanc , qui se dissout complètement dans un grand excès d’alcali volatil.

Une dissolution de carbonate potassique détermine, dans les dissolutions des sels stanniques neutres, un précipité blanc , dont la formation s’accompagne d’un déga*

l4o TRAITÉ d’ANALYSE CHIMIQUE.

gement cle gaz acide carbonique , et qui est complètement soluble dans un excès du réactif. Cependant un nouveau précipité blanc se forme au bout de quelque temps dans cette dernière dissolution.

Une dissolution de bicarbonate potassique produit , avec dégagement de gaz acide carbonique, un précipité blanc, qui ne se dissout point dans un excès du réactif.

Une dissolution de carbonate ammoniacal se comporte de même.

Une dissolution de phosphate sodique détermine un précipité blanc.

Une dissolution d’ acide oxalique ne fait point naître de précipité.

Une dissolution de cyanure ferroso-potassique ne produit pas sur-le-champ de précipité dans les dissolutions des sels stanniques, Au bout de quelque temps, il paraît un trouble blanc, et après un long repos, la liqueur entière se prend en une gelée épaisse , ferme, jaunâtre , qui est insoluble dans l’acide hydrochlorique. Une dissolution de cyanure ferroso-potassique ne détermine qu’au bout d’un laps de temps bien plus long la formation d’une gelée dans les dissolutions étendues des sels stanniques.

Une dissolution de cyanure jerrico -potassique n’occasione point de précipité.

Le sulfhydrate ammonique donne, dans les dissolutions stanniques neutres, un précipité jaune, qui est complètement soluble dans un excès du réactif.

La dissolution ou un courant de gaz sulfide hydrique ne produit pas sur-le-champ de précipité dans les dissolutions stanniques neutres ou acides. Au bout de quelque temps, on en voit paraître un jaune, qui augmente par l’effet d’un long repos. Ce précipité jaune se forme plus rapidement lorsqu’on fait bouillir une dissolution stannique avec du sulfide hydrique dissous dans l’eau.

DES BASES

Une baguette de zinc métallique , plongée dans une dissolution de sel stannique, produit, avec dégagement de gaz hydrogène, un précipité gélatineux blanc , qui est de r oxide stannique.

Une dissolution déiodure potassique ne détermine pas de précipité dans les dissolutions stanniques.

Les sels stanniques se décomposent quand on les fait rougir au feu.

Leurs dissolutions rougissent le papier de tournesol.

Les combinaisons de l’oxide stannique qui sontinsolubles dans l’eau, ne se dissolvent ordinairement dans l’acide liydro» chlorique que quand on ne les a point fait préalablement rougir. La présence de l’oxide stannique dans ces dissolutions acides, se reconnaît principalement au précipité jaune que le gaz sulfide hydrique y fait naître, et qui est soluble dans le sulfhydrate ammonique. Lorsque la combinaison stannique a été rougie, et par là rendue insoluble dans l’acide hydrochlorique, on la fait fondre dans un creuset en platine, avec le double ou le triple de son poids de carbonate potassique ou sodique sec, et l’on dissout la masse fondue dans de l’acide hydrochlorique étendu ; l'oxide stannique se reconnaît ensuite dans cette dissolution à l’aide des moyens qui ont été indiqués plus haut. O11 conçoit , du reste , que cette méthode n’est applicable qu’autant que l’oxide stannique se trouve combiné avec un acide dopt le gaz sulfide hydrique n’opère pas la précipitation. Cependant il est plus facile de reconnaître avec le secours du chalumeau la présence de l’oxide stanniqne dans les combinaisons stanniques insolubles.

Au chalumeau , les sels stanniques se réduisent, tout comme les sels stanneux, en étain métallique.

Les dissolutions stanniques se reconnaissent aisément à la manière dont elles se comportent avec la dissolution du sulfide hydrique et le sulfhydrate ammonique. C’est au

*4*2 traité d’analyse chimique.

chalumeau que les combinaisons stanniques se distinguent le mieux des arséniates.

La présence de substances animales non volatiles peut quelquefois empêcher les alcalis de précipiter l’oxide stannique.

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