‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 41 sur 122 · ACIDE BROMIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE BROMIQUE

L’acide bromique, à l’état aqueux, constitue un liquide incolore, qu’on peut bien évaporer jusqu’en consistance sirupeuse, comme l’acide chlorique , mais qui n’est

igo traité d’analyse chimique.

point susceptible de se laisser distiller, sans éprouver une décomposition ayant pour résultat d’en convertir une partie en brome et en gaz oxigène. Il rougit le papier de tournesol, qu’il finit cependant par blanchir lorsqu’il reste pendant long-temps en contact avec lui. L’acide hydrochlorique , l’acide hydrobromique , l’acide sulfureux et le sulfide hydrique le décomposent, de même qu’ils font à l’égard de l’acide chlorique.

Cet acide forme avec quelques bases qui , en s’unissant à l’acide chlorique donnent des sels solubles dans l’eau , des combinaisons qui sont peu solubles et insolubles. La dissolution de nitrate argentique produit dans celles des bromates , même lorsqu’elles sont exemptes de bromure métallique, un précipité blanc, qui est soluble dans l’ammoniaque et insoluble dans l’acide nitrique étendu. Ce précipité se distingue du chlorure argentique en ce qu’il ne noircit presque pas par l’action de la lumière , et détone, comme les bromates en général, quand on le fait chauffer après l’avoir mêlé avec du charbon.

Une dissolution concentrée de nitrate plombique donne également un précipité blanc dans les dissolutions des bromates *, mais ce précipité se redissout quand on ajoute de l’eau.

Quand on fait rougir les bromates à l’état solide, ils se comportent de la même manière que les chlorates, c’est-à-dire qu’ils se convertissent en bromures métalliques, pendant la formation desquels du gaz oxigène se dégage. Ils détonent avec presque autant de violence que les chlorates quand on les chauffe , et souvent même seulement quand on les percute , après les avoir mêlés avec du soufre, du charbon ou d’autres corps combustibles. Le mélange s’enflamme aussi lorsqu’on l’humecte avec de l’acide sulfurique fumant. Si le bromate contient de l’eau de cristallisation , ces phénomènes sont moins prononcés. Quand on introduit ces sels dans un tube de verre

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soudé à Tune de ses extrémités , et qu’on verse dessus de l’acide sulfurique concentré, à froid, il se dégage du brome gazeux , reconnaissable à sa couleur hyacinthe , et du gaz oxigène. La plupart des bromates sont décomposés de la même manière , tant par l’acide sulfurique que par l’acide nitrique, quand , après les avoir dissous dans trèspeu d’eau , on y ajoute l’un ou l’autre de ces acides et fait chauffer le tout *, la liqueur entière prend alors une belle couleur rouge-liyacinthe , qui est due au brome mis en liberté. Certains bromates , par exemple le bromate barytique , ne subissent ce genre de décomposition qu’à l’état solide, et ne l’éprouvent point lorsqu’ils sont dissous.

Les bromates ont la plus grande ressemblance avec les chlorates. On les distingue de ces derniers en ce que la dissolution de nitrate argentique produit un précipité dans les leurs , et , lorsqu’ils sont solides , à ce que, quand on les traite par l’acide sulfurique concentré froid , ils dégagent, non pas un gaz jaune-verdàtre, mais un gaz rouge-liyacinthe, dont la couleur se rapproche de celle de l’acide nitreux. Les bromates diffèrent des nitrites, par la décomposition qu’ils subissent quand on les fait rougir. Ils se distinguent des autres sels en ce que leur mélange avec des substances combustibles détone violemment lorsqu’on le fait chauffer.

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