‹ Traité pratique d'analyse chimique, suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substance (volume 4)Chapitre 44 sur 122 · ACIDE HYPOPHOSPHOREUX · texte numérisé non relu

ACIDE HYPOPHOSPHOREUX

L’acide hypophosphoreux aqueux et aussi concentré que possible , ressemble tellement à l’acide phosphoreux concentré, par la manière dont il se comporte, qu’on peut à peine l’en distinguer. On ne l’a point encore obtenu cristallisé. Les dissolutions d’or et de chlorure mercurique sont réduites plus rapidement par lui que par l’acide phosphoreux, et avec les mêmes phénomènes. 11 se comporte absolument de même que l’acide phosphoreux quand on le chauffe.

20 6 traité d’anàlvse chimique.

L’acide hypophosplioreux forme avec toutes les bases des sels qui sont solubles dans l’eau. Aussi les dissolutions dessels de terres et d’oxides métalliques ne produisent-elles point de précipité dans celles des hypopliosphites, à moins que la réduction de l’oxide métallique n’ait lieu ; mais cette réduction n’arrive que quand 011 verse des dissolutions d’or, de mercure, d’argent ou de cuivre, soit dans l’acide hypophosplioreux pur, soit dans la dissolution de ses sels rendue acide par l’addition d’un acide libre. La réduction ne s’opère non plus', dans les dissolutions cuivriques, que quand les liqueurs sont très-concentrées, et qu’on les chauffe long-temps.

A l’état solide , tous les hypopliosphites se décomposent lorsqu’on les fait rougir» Quand 011 les calcine dans une petite cornue, en suivant le procédé indiqué précédemment (P- 2o4*) pour les pliospliites , et qu’on plonge le bec de la cornue dans l’eau, la plupart de ces sels dégagent un gaz, qui, pour la*plus grande partie , s’enflamme spontanément au contact de l’air, brûle en répandant une fumée blanche, et laisse à la surface de l’eau un dépôt brun-jaune de phosphore. Si l’on fait passer ce gaz à travers une dissolution de nitrate argentique , la moindre bulle détermine une coloration en brun-noir , et une plus grande quantité de gaz donne naissance à un précipité noir, qui devient blanc par le repos ou par l’action de la chaleur, et qui consiste en argent pur: de l’acide phosphorique se trouve alors dans la liqueur. Lorsqu’on fait passer le gaz à travers une dissolution de chlorure mercurique, il résulte delà un précipité jaune. Dans la décomposition des hypopliosphites produite par la chaleur rouge, il se sublime une faible trace de phosphore, et reste un phosphate neutre, qui parait un peu rougeâtre ou brunâtre après le refroidissement, mais qui n’a pas de couleur tant qu’il est échauffé. Le phosphate neutre ainsi produit se dissout très-facile-

ACIDES

ment aussi dans Facide hydrochlorique , en laissant une forte petite quantité d'une substance insoluble rouge, qui contient du pliospbore. Les combinaisons de Facide liypophosplioreux avec les alcalis fixes, les terres et la plupart des oxides métalliques, subissent ce genre de décomposition quand on les fait rougir au feu. Il n’y a que les combinaisons de Facide avec les oxides cobaltique et niccolique, qui , lorsqu’on les fait rougir , dégagent en se décomposant du gaz phosphure d’hydrogène non susceptible de s'enflammer spontanément, tandis qu’il reste un surphosphate métallique , qui ne se dissout point dans Facide hydroclilorique parce qu’il a été calciné, et qui ne devient soluble dans l’eau qu’après avoir été bouilli avec de l’acide sulfurique.

L’acide hypophosphorique libre ne peut être confondu avec aucun autre acide, si ce n’est avec l’acide phosphoreux, puisqu’il se comporte de même que ce dernier quand on le fait chauffer. Pour distinguer ces deux acides l’un de l’autre, on les sature avec précaution au moyen d’un alcali fixe , ou mieux d’une terre alcaline , par exemple de la baryte , et l’on évapore la dissolution jusqu’à siccité, puis on fait rougir le sel sec, dans une petite cornue, sur la lampe à esprit de vin. Si alors il se dégage du gaz phosphure trihydrique, l’acide était de Facide hypophosphoreux • mais s’il se dégage un gaz qui ne s’enflamme pas spontanément au contact de l’air, et qui, lorsqu’on y met le feu, brûle avec une flamme bleue, sans répandre de fumée blanche , Facide était de l’acide phosphoreux. Si l’on a une assez grandequantité d’acide hypophosphoreux à sa disposition, on peut déjà le distinguer de Facide phosphoreux à ce que sa dissolution , même concentrée, quand elle a été saturée avec précaution au moyen d’un alcali , ne donne pas de précipité par les dissolutions de sels ayant pour base une terre ou un oxide métallique, cas dans lequel ne se trouve point Facide phosphoreux.

so8 Traité d’analyse chimique.

La propriété dont jouissent les hypopliosphites , à l’exception des hypopliosphites cobaltique et niccolique, de dégager du gaz phospbure trihydrique, lorsqu’on les fait rougir dans une petite cornue, les distingue tellement de tous les autres sels, qu’on ne saurait les confondre avec aucun.

Page 1