Acide arsénieux et acide arsénique
L’oxide stanneux fait partie, à proprement parler, de la première section \ cependant, comme le sulfhydrate ammonique contient toujours du soufre en excès , un grand excès de ce réactif le convertit en sulfure stannique , qui , par conséquent , se dissout dans le sulfhydrate ammonique (p. i4o). L’acide tungstique ne devrait pas non plus , rigoureusement parlant , être rangé ici , parce que
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sa dissolution dans le sulfhydrate ammonique est presque la seule dans laquelle les acides étendus puissent faire naître un précipité de sulfure tungstique, auquel ne donne point lieu le gaz sulfide hydrique dirigé à travers ses dissolutions acides ( p. a53 ).
On ne peut pas comprendre au nombre des oxides de cette classe ceux dans les dissolutions desquels le gaz sulfide hydrique détermine une désoxidation , et par suite un dépôt de soufre, comme il arrive dans les dissolutions de l’oxide ferrique , de l’acide chromique , de l’acide chloricpie , de l’acide bromique , de l’acide iodique et de l’acide sulfureux.
A peine est-il nécessaire de faire remarquer que les dissolutions des chlorures , bromures , iodures et fluorures métalliques se comportent avec le sulfide hydrique de même que celles des oxides correspondans.
Les sulfures métalliques se comportent tous d’une manière caractéristique au chalumeau. Lorsqu’on les chauffe à la flamme du chalumeau , sur du charbon , ou dans un tube de verre ouvert aux deux bouts , tous dégagent de l’acide sulfureux , dont les plus petites quantités se reconnaissent fort aisément à leur odeur. Quand on les chauffe dans un tube ouvert , et qu’on introduit un papier de Fernambouc imbibé d’eau dans la partie supérieure du tube , ce papier blanchit , quelque faible même que soit la quantité d’acide sulfureux qui se dégage (p. 166). II faut surtout ne point négliger cette épreuve lorsqu’on examine des substances qui contiennent du sulfure d’antimoine , parce qu’alors la faible odeur de l’oxide antimonique pourrait rendre celle de l’acide sulfureux moins sensible. Souvent alors il se sublime en même temps du soufre, mais fréquemment aussi il ne s’en sublime point, ce qui dépend du plus ou moins d’inclinaison donnée au tube pendant qu’on le cliaufïe. Les substances qui contiennent des sulfures métalliques se comportent de même
que les sulfates avec une perle d’acide silicique et de soude ( p. 162) ; cependant si le métal uni au soufre devait colorer cette perle, on peut encore, à l’aide du chalumeau, acquérir d’une autre manière une certitude absolue de la présence du soufre -, on fait alors fondre la substance sur du charbon avec de la soude , et on la met ensuite sur une feuille d’argent , où on l’humecte 5 si elle contenait un sulfure métallique, l’argent se trouve taché en noir ou en jaune foncé (p. 162).
Lorsqu’en essayant les sulfures métalliques au chalumeau, on a principalement en vue de découvrir le métal, il faut, dans la plupart des cas , chasser le plus complètement possible le soufre au moyen du grillage. On prend en conséquence, pour pièces d’essai, des lames minces des sulfures métalliques naturels, parce que l’air a plus de prise sur ces lames, et l’on évite les masses rondes et épaisses. On commence aussi par leur donner un feu doux, qui ne soit pas capable de les fondre; si la fusion a lieu, ce que l’on a de mieux à faire est de choisir une autre pièce d’essai , ou de réduire en poudre la masse fondue. Lorsque le grillage a été poussé jusqu’à un certain point , quelques sulfures n’ont plus la faculté de fondre ; on peut alors donner un feu plus vif , afin de décomposer le sulfate qui se forme ordinairement pendant l’opération. Ce grillage s’exécute très-bien sur du charbon.
Ce n’est que quand le grillageest terminé, qu’on peutse servir avec avantage des réactions produites par les flux. C’est surtout lorsqu’on doit recourir à la soude pour opérer la réduction de l’oxide métallique produit , qu’il importe d’expulser autant que possible tout le soufre ; car sans cela il se reproduit des sulfures métalliques , qui ne sont point aussi faciles à reconnaître que les métaux eux-mêmes, ou qui se dissolvent dans le sulfure sodique produit , et sont entraînés par l’eau pendant le lavage.
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Les sulfures métalliques sont fixes , à l’abri (lu contact de l’air, quand les métaux qu’ils contiennent ne sont point volatils. Les métaux volatils, au contraire, forment des sulfures métalliques volatils. Cependantceux-ci paraissent souvent n’avoir pas autant de volatilité que les métaux qu’ils renferment. C’est ce qui a lieu pour les sulfures de mercure , d’arsenic et de sélénium.
Quand on les fait rougir à l’abri du contact de l’air, plusieurs degrés supérieurs de sulfuration des métaux perdent une partie de leur soufre , et se convertissent en degrés inférieurs de sulfuration. Cependant il est difficile d’expulser l’excès de soufre assez complètement pour que les degrés inférieurs de sulfuration restent bien purs. Les de grés supérieurs de sulfuration du fer , du cuivre , de l’étain (ormusif) et de l’antimoine sont dans ce cas. Calcinés à l’air, la plupart des sulfures métalliques se convertissent en sous-sulfates. J’ai déjà indiqué précédemment la manière dont les sulfosels se comportent à une haute température.
Les sulfures métalliques ont beaucoup de ressemblance les uns avec les autres à l’extérieur. Quelques uns de ceux qu’on rencontre dans la nature jouissent de l’éclat métallique, comme des métaux eux-mêmes ; d’autres n’ont point ce brillant. Ceux que l’art a produits par la voie humide , ont souvent, malgré l’identité parfaite de leur composition , une tout autre couleur que ceux qui se trouvent dans la nature et que ceux qui ont été obtenus par la voie sèche* Ainsi, par exemple, le sulfure d’antimoine , soit naturel , soit produit par la voie sèche „ a une couleur noire et le brillant métallique , tandis que celui qu’on obtient par la voie humide est rouge et sans éclat. Beaucoup de sulfures métalliques préparés par la voie humide, surtout parmi ceux qu’on fait naître en versant du sulfhydrate ammonique dans des dissolutions neutres ou alcalines , absorbent l’oxigène de l’air avec une facilité
extraordinaire, ce qui n’arrive point à ceux qu’on rencontre dans la nature. Voilà pourquoi le sulfure de fer , qui est noir au moment de sa précipitation, devient déjà d’un brun rouge sur le filtre, le sulfure de manganèse se colore en brun, etc.
Le suîfide hydrique est si facile à reconnaître par son odeur , qu’à peine a-t-on besoin d’un autre moyen pour s’assurer de sa présence, même lorsqu'il n’existe qu’en petite quantité. On pourrait d’ailleurs acquérir cette conviction par le précipité qui aurait lieu en versant dans sa dissolution celle d’un oxide métallique, et, de préférence à toute autre, une dissolution d’oxide plombique. On peut aussi le reconnaître à la couleur brune qu’il fait prendre au papier imbibé d’une dissolution d’oxide plombique. Lorsqu’on soupçonne l’existence du gaz sulfide hydrique dans un mélange gazeux , on y suspend un papier imbibé de cette liqueur. Les sulfures métalliques sont déjà faciles à reconnaître au moyen du chalumeau.
La présence de substances organiques change moins l’action du gaz sulfide hydrique et du sulfhydrate aimnonique sur les oxides métalliques , qu’elle ne fait à l’égard d’autres réactifs. Aussi l’importance de ces deux réactifs est-elle accrue par le pouvoir qu’ils ont de donner encore des résultats précis lorsque les autres ne fournissent plus que des indications trompeuses.