ACIDE HYDROSÉLÉNIQUE
A l’état de pureté , le sélénide hydrique forme un gaz incolore. Il a une odeur très-désagréable , qui ressemble parfaitement à celle du gaz sulfide hydrique , mais qui agit de la manière la plus violente sur la trachée-artère et les organes respiratoires. Ce gaz est facilement décomposé par les substances organiques humides , que le sélénium
mis à du colore en rouge , non pas seulement à la surface, niais même jusque dans leur intérieur , principalement lorsqu’elles sont très-poreuses. Il paraît être plus soluble dans l’eau que le gaz sulfide liydrique. La dissolution est incolore : cependant , à l’air , elle prend une teinte rougeâtre , produite par du sélénium mis à nu. Du reste, elle a la plus grande ressemblance avec la dissolution aqueuse du sulfide hydrique. Elle rougit le papier de tournesol, et elle a une saveur hépatique.
Le sélénide hydrique forme avec les oxides métalliques des composés appelés séléniures métalliques . Ce gaz paraît précipiter les divers oxides métalliques de leurs dissolutions de la même manière que le fait le sulüde hydrique ; cependant les oxides du fer sont, à ce qu’il semble, précipités par lui même de leur dissolution neutre.
Les séléniures métalliques ont beaucoup de ressens hlance avec les sulfures correspondans, sous le rapport de leurs propriétés et de la manière dont ils se comportent avec les réactifs. Cette analogie s’étend jusqu’à ceux qui existent dans la nature. Ils diffèrent des sulfures métalliques et de toutes les autres substances , principalement par les phénomènes qu’ils présentent au chalumeau . Lorsqu’on les chauffe à la flamme extérieure , ils répandent une odeur très-forte et répugnante de raifort pourri. Cette odeur est tellement caractéristique , qu’elle suffit pour trahir la présence des moindres traces de sélénium. Avec le verre d’acide silicique et de soude , ils offrent les mêmes réactions que les sulfures métalliques ; seulement la couleur rouge ou brune qu’ils communiquent à ce verre , disparaît plus aisément par une insufflation prolongée. Quand on les traite avec de la soude, sur du charbon , à la flamme intérieure du chalumeau , qu’on jette la masse sur une feuille d’argent, et qu’on l’humecte , ils produisent , comme les sulfures métalliques , une tache noire ou brune.
34B traité d’analyse chimique.
Lorsqu’on chauffe les séîéniures métalliques dans un tube de verre ouvert aux deux extrémités , il est souvent facile, en inclinant convenablement le tube, de sublimer une partie du sélénium à l’état métallique et avec une couleur rouge, tandis que les autres substances s’oxident. Très souvent alors cependant il se forme aussi de l’acide sélénieux , qui se dépose , sous Ja forme d’un réseau cristallin, dans les parties les moins chaudes du tube. Si le séléniure métallique est accompagné d’un sulfure métallique, il ar~ rive souvent qu’en opérant ainsi , le sélénium se sublime seul, tandis que le soufre se dégage sous la forme d’acide sulfureux. Le sulfure d’arsenic se sublime quelquefois avec toutes les apparences du sélénium ; mais, quand on le traite avec de la soude , sur du charbon , il répand l’odeur de l’arsenic , et non pas celle du sélénium.
Lesulfide sélénique ne forme pas de sulfosels avec lessulfobases métalliques; mais les sélénibases métalliques produisent des sélénisels en s’unissant aux combinaisons du sélénium avecles métaux dontlesoxides jouent le rôle d’acides.
Les moindres quantités de séîeniures métalliques se reconnaissent aisément à l’odeur que ces composés exhalent au chalumeau.