phosphore
Le phosphore est solide à la température ordinaire , de couleur jaunâtre , translucide, flexible comme de la cire , et plus pesant que l’eau, Il entre en fusion dès que la chaleur s’élève à 35°, et par conséquent lorsqu’on verse dessus de l’eau chaude. Dans des vaisseaux clos , il peut, à une température plus élevée , se volatiliser et être distillé. Son gaz est incolore.
A l’air , le phosphore s’enflamme très-aisément , et il suffit souvent d’un frottement léger pour cela. En été , lorsque la température est un peu élevée , il prend feu quelquefois de lui-même à l’air, surtout lorsqu’il est placé sur des corps chargés d’inégalités, comme sur du papier gris grossier; en hiver même, il suffit de circonstances légères et souvent imprévues pour l’enflam-
ACIDES
mer. Il brûle avec une flamme intense, et en répandant une épaisse fumée blanche. Il luit dans l’obscurité; cette propriété devient plus prononcée lorsqu’il est plongé dans de l’acide nitrique de manière à dépasser un peu le niveau de la liqueur. À l’air , il exhale des vapeurs blanches.
L’acide nitrique et l’eau régale le dissolvent plus aisément que le soufre , en le convertissant en acide phosphorique. Lorsqu’on fait digérer ou bouillir pendant longtemps une grande quantité de phosphore dans moins d’acide nitrique qu’il n’en faut pour l’oxider complètement, on obtient de l’acide phosphoreux avec l’acide phosphorique. Le phosphore est insoluble dans l’acide hydrochlorique. Quand, après l’avoir chaulfé , on l’expose à un courant de chlore gazeux, il y brûle et se convertit en chloride phosphorique solide , ou en cliloride phosphoreux liquide , suivant la quantité de chlore qu’on emploie. Le phosphore se dissout dans une dissolution de potasse pure, avec dégagement de gaz phosphure trihydrique ; la dissolution contient ensuite du phosphate et de l’hypophosphite potassiques. Cependant , lorsqu’après la dissolution complète du phosphore , on fait encore bouillir pendant long-temps le tout dans un excès de potasse , la liqueur finit par ne plus contenir que du phosphate potassique.
Les combinaisons du phosphore avec les métaux, appelées phospïiures métalliques , sont encore peu connues. Celle avec le potassium donne, quand on la traite par l’eau, du gaz phosphure trihydrique et de l’hypophosphite potassique. Les phospïiures de calcium et de barium se comportent de la même manière que celui de potassium, quand ils sont mêlés avec du phosphate calcique ou du phosphate barytique : on les obtient dans cet état en traitant les terres échauffées par du phosphore. Si l’on fait bouillir ces combinaisons avec de l’eau, il se dégage du gaz phosphure trihydrique , et il se dissout dans la li-
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queur de l’hypophospliite calcique ou barytique, tandis que du phosphate calcique ou barytique reste sans se dissoudre. Mais les combinaisons du phosphore avec les métaux proprement dits se comportent d une tout autre manière. Cependant on n’a encore exécuté qu’un petit nombre de ces composés. La combinaison du phosphore avec le fer est insoluble dans l’acide hydrochlorique ; elle ne se dissout que dans l’acide nitrique et dans l’eau régale , opération pendant laquelle le phosphore se convertit de suite et entièrement en acide phosphorique. Les phosphures de cuivre , de nickel et de cobalt se comportent de même.