PALLADIUM
A l’état compacte, le palladium ressemble au platine; cependant il a une pesanteur spécifique bien moins considérable. Il est malléable, et aussi difficile à fondre que le platine. Quand on le chauffe au contact de l’air jusqu’à ce qu’il commence à rougir , il se ternit et devient bleuâtre ; mais ce changement 11e s’étend pas au delà de la surface, et n’augmente pas le poids du métal d’une manière appréciable. Si on le chauffe davantage encore, et qu’ensuîte on le laisse refroidir rapidement, il reprend son éclat métallique. Lorsqu’on porte un morceau de palladium métallique dans la flamme intérieure d’une lampe à esprit-de-vin , il se couvre d’une couche assez épaisse d’une poudre noire et charbonneuse, qui est du carbure de palladium. Ce phénomène n’est jamais plus sensible que quand on tient du palladium très-di visé dans la flamme intérieure de l’alcool; si ensuite on retire brusquement le métal , il ne tarde point à rougir fortement à l’air , ce qui dure souvent deux à trois minutes , c’est-à dire jusqu'à ce que le carbone soit brûlé , après quoi il reste du palladium pur.
Le palladium se dissout quand on le chauffe avec de l’acide nitrique. Quoique la dissolution ne s’opère qu’avec assez de peine, ce caractère n’en distingue pas moins bien le palladium du platine. La dissolution contient du chlorure palladeux , et elle a la même couleur qùe celle du platine dans l’eau régale. Le palladium n’est dissous ni par l’a eide hvdrochlorique , ni par l’acide sulfurique étendu. L’eau régale le dissout bien plus facilement que
l’acide nitrique; cependant la dissolution ne contient non plus que du chlorure palladeux. Par la fusion avec de la potasse pure ou avec du nitrate potassique, le palladium se convertit en oxide palladeux: cependant il s’oxide bien moins par ce moyen que ne font l’iridium , l’osmium et le rhodium. Lorsqu’on évapore , sur du palladium travaillé, quelques gouttes d’une dissolution d’iode dans l’alcool, il devient noir, ce qui n’arrive point au platine : on peut donc parla distinguer aisément et promptement les deux métaux l’un de l’autre.
RHODIUM.
Le rhodium, à l’état métallique, forme une poudre grise, qu’il n’est pas possible de fondre, meme à la plus forte clialeur, et à laqutdle on ne parvient ainsi qu’à procurer un peu de cohérence. Il est alors d’un blanc argentin. Sa pesanteur spécifique est fort inférieure à celle du platine. Lorsqu’on le fait rougir à l’air, il s’oxide et se convertit en une combinaison d’oxide rhodeux et d’oxide rhodique. A une chaleur plus forte encore, le métal oxidé se réduit.
Le rhodium métallique est insoluble dans l’acide nitrique, l’acide hydrochlorique , l’acide sulfurique étendu , et même l’eau régale. Cependant, lorsqu’il se trouve allié avec certains métaux , par exemple avec du platine , il se dissout dans l’eau régale; mais si l’alliage contient beaucoup de rhodium , il reste une grande quantité de ce métal qui ne se dissout point. Le rhodium allié à l'or et à l’argent n’est point soluble dans l’eau régale. Lorsqu’on fait fondre ce métal avec du bisulfate potassique , il s’oxide et se dissout. 11 peut aussi être dissous par la fusion avec de l'acide pliospLcrique et avec des surphosphates. Lorsqu’on le fond avec de la potasse pure ou du nitrate potassique , il se convertit en oxide rhodique.
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Quand nn mêle soigneusement du rkodium métallique avec du clilorure potassique ou du chlorure sodique , et quon expose le mélange , dès qu’il commence à rougir, à l’action d’un courant de chlore gazeux, le rhodium se convertit en chlorure rliodique. Si c’cst le métal seul snr lequel, après l’avoir fait rougir, on dirige un courant de chlore gazeux, il se transforme en une combinaison de chlorure rhodique et de chlorure rhodeux.
3o. MERCURE.
Le mercure sc distingue de tous les autres métaux en ce qu’à la température ordinaire de l’atmosphère, il est liquide, et d’autant plus qu’il est plus pur. A une température très-basse , environ à 4<> degrés au dessous de zéro, il se congèle*, dans cet état, il est malléable et mou. A 36o degrés il bout et se gazéifie. La couleur du mercure liquide est blanche, argentine et métallique. Ce métal est plus pesant que l’argent.
A la température ordinaire de l’air, le mercure n’éprouve aucun changement. Si on le tient exposé pendant longtemps à une température élevée, qui ne doit cependant pas dépasser le termeauquel il entre en ébullition, il se convertit en oxide mercurique, cpii , à une chaleur plus forte encore, se réduit et repasse à l’état métallique.
L’acide hydrochlorique , même concentré, 11’attaque point le mercure , même quand on le fait chauffer avec ce métal. L’acide nitrique le dissout à froid peu à peu, et le convertit en nitrate mercureux. Lorsqu’on fait bouillir de l’acide nitrique avec du mercure en excès, il ne se forme non plus que du nitrate mercureux, qui cristallise par le refroidissement de la liqueur. Quand au contraire c'est avec un excès d’acide nitrique qu’on fait bouillir du mercure , celui-ci se dissout et se convertit en nitrate mercurique. Le mercure qu’on fait bouillir avec un excès d’eau
régale, s’y dissout d’une manière complète : îa dissolution contient de l’oxide et du chlorure mercuriques. L’acide sulfurique étendu n’attaque presque point le mercure à froid ; mais si l’on fait bouillir ce métal avec de l’acide sulfurique concentré, il se convertit en sulfate mercurique solide, dont la formation est accompagnée d’un dégagement de gaz acide sulfureux. Si l’on n’emploie qu’une petite quantité d’acide sulfurique, et qu’on ne chauffe pas le tout jusqu’au point de faire entrer l’acide en ébullition, on obtient du sulfate mercureux. Un courant de gaz chlore dirigé sur du mercure qu’on chauffe doucement , le transforme en chlorure mercurique.
3l. ARGENT.
L’argent a une couleur très-blanche. Il jouit d’un grand éclat métallique; il est malléable, et un peu plus dur que l’or, mais fusible à une température moins élevée que ce dernier. A aucune température il ne s’oxide au contact de
l’air.
L’acide hydrochlorique , même concentré, n’attaque l’argent qu’à la surface, môme quand on le fait chauffer avec lui , et le convertit en chlorure argentique. Cependant la quantité du chlorure argentique qui se forme ainsi est toujours très-faible. L’acide nitrique attaque l’argent, même à froid, et le dissout; la dissolution contient de l’oxide argentique. L’acide sulfurique très - étendu est sans action sur l’argent; mais l’acide sulfurique concentré le convertit à chaud en sulfate argentique, en donnant lieu à un dégagement d’acide sulfureux. Quand on fait fondre l’argent avec du nitrate potassique, ou avec des alcedis purs, au contact de l’air, il ne s’oxide point , et ne subit aucune altération.
Lorsque l’argent est allié avec beaucoup d’or, et que ce dernier entre pour plus d’un quart dans l’alliage, l’argent
COUPS SIMPLES
qui fait partie de celui-ci ne se dissout point complètement dans Facide nitrique. Mais si l’on fait fondre cet alliage avec assez de nouvel argent pour que For n'y entre plus que pour un quart , Facide nitrique en sépare complètement l’argent de For.