CHAPITRE VII
Détermination du magnésium et de la magnésie. — La séparation quantitative de la magnésie présente souvent de nombreuses difficultés. La quantité de celte terre ne peut point, dans beaucoup de cas, être déterminée avec autant de précision que celle des substances dont il a été parlé jusqu'ici.
S'il se trouve de la magnésie dans une liqueur d'où Ton n'ait point d'autres substances à séparer quantitativement, et qu'il n'existe pas d'autre principe fixe qu'elle dans celle liqueur, on évapore celle-ci jusqu'à siccité, et on fait rougir la masse sèche dans un creuset de platine taré, ce qui chasse tous les sels ammo-
niques, s'il y en avait dans la liqueur. On verse ensuite avec ménagement , sur la masse rougie , de l'acide sulfurique étendu d'un peu d'eau , on évapore le tout jusqu'à siccité , et l'on fait rougir un peu le résidu , afin de dissiper l'acide sulfurique qui a pu être mis en excès. Le résidu est pesé; il consiste alors en sulfate magnésique neutre , d'après le poids duquel ou peut calculer la quantité de la magnésie. S'il y avait déjà auparavant de l'acide sulfurique dans la liqueur , il n'est naturellement point nécessaire de sursaturer la masse sèche avec de l'acide sulfurique après la première calci nation. Cependant, lorsque la liqueur contient des sels ammoniques , on ne doit jamais y ajouter d'acide sulfurique qu'après le dégagement de ces sels, parce qu'autrement il se formerait du sulfate ammonique, qu'il est difficile de chasser sans occasions r une perte dans le résidu, attendu qu'il commence par entrer en fusion , et qu'alors il éclabousse beaucoup.
Si , en même temps que la magnésie, il existe dans la liqueur d'autres principes constituans fixes, comme, par exemple, des sels potassiques , et qu'on n'ait besoin que de déterminer la quantité de la seule magnésie, on précipite celle-ci, à l'état de carbonate magnésique , par le moyen d'une dissolution de carbonate potassique. Mais comme le carbonate magnésique neutre , qui devrait être précipité par le carbonate potassique neutre , éprouve , de la part de l'eau , une décomposition dont le résultat est de donner naissance à du bicarbonate magnésique soluble dans ce liquide , il faut , pour éviter cet inconvénient, faire bouillir longtemps la dissolution magnésique avec un excès de carbonate potassique. Le mieux, pour cela, est d'employer une capsule de platine aussi grande que possible. On recueille sur un filtre le carbonate magnésique qui s'est précipité , et on le lave à l'eau chaude. 11 faut avoir soin de ne pas interrompre le lavage , comme aussi de ne pas trop le prolonger, parce que le carbonate magnésique n'est point absolument insoluble dans l'eau : cependant il se dissout moins dans l'eau chaude que dans l'eau froide, de sorte qu'on doit toujours employer, pour le laver, de l'eau aussi chaude que possible. Après l'avoir lavé assez long-temps pour que quelques gouttes de l'eau de lavage évaporées sur une feuille de platine ne laissent qu'une mince pellicule, on le fait séjçhçr, puis rougir, et
on le pèse. L'action du feu lui fait perdre son acide carbonique ; il ne faut donc pas airêter irop vite la calcination.
Mais comme il pourrait rester un peu de magnésie en dissolulion , si ]'od n'a pas fait bouillir assez long-temps , il est à propos , après l'ébullition , de prendre la liqueur séparée du carbonate magnésique par la ûltralion , de la mettre dans une capsule en porcelaine, ou mieux en platine , et de l'évaporer jusqu'à si ce i té, à une forte chaleur, en ayant soin, afin d'éviter toute perte qui pourrait résulter de la projection , de remuer la masse , surtout vers la 6n. On verse sur le résidu sec de l'eau bouillante ; celle-ci bisse souvent encore indissoute une petite quantité de carbonate magnésique , qu'on recueille sur un petit filtre, et qu'on doit laver
à l'eau chaude
Gomme, après que le carbonate magnésique s'est précipité par l'ébullition, la liqueur, séparée du précipité par la filtration , contient ordinairement encore un peu de carbonate magnésique , avec l'excès de carbonate alcalin , et qu'on est par conséquent obligé de l'évaporer à siccilé , il n'est pas nécessaire de filtrer toute la liqueur après l'ébuiliuon ; il suffit de laisser le carbonate magnésique se rassembler au fond , et de décanter la liqueur encore chaude qui Je surnage : on verse alors de l'eau chaude sur le précipité, on le jette sur un filtre, et on le lave. La liqueur décantée el Veau de lavage sont ensuite rapidement évaporées ensemble jusqu'à siccilé.
Quand on précipite la magnésie par le carbonate potassique , il faut observer plusieurs précautions , de la négligence desquelles peuvent résulter des erreurs très-graves et des résultats très-inexacts. On doit surtout avoir soin d'employer, principalement pour Pévaporation de la liqueur à siccité, non pas une chaleur douce, mais, autant que possible, celle de l'ébullition. A la vérité , en agissant ainsi, on a de la peine à éviter u nu légère projection; mais, d'un autre «>vé, on n'a pas à craindre une perte par l'efflorescence des sels , qui n'a guère lieu que quand on a recours à une douce chaleur pour évaporer une liqueur saline. D'ailleurs, sous l'influence d'une chaleur douce, il se forme une combinaison très-peu soluble de carbonate magnésique et de carbonate potassique , ce qui augmente considérablement le poids du premier, quoique une grande
26 MARCHE DB l' ANALYSE QUANTITATIVE.
quantité de la combinaison se dissolve dans l'eau de lavage. Cette
combinaison est détruite par l'action de la chaleur rouge , qui fait perdre à la magnésie son acide carbonique ; de sorte que quand on traite la masse rougie par l'eau , celle-ci dissout du carbonate potassique, en laissant la magnésie pour résidu. 11 est donc toujours nécessaire , après la pesée , do traiter la magnésie rougie par l'eau , afin de voir si elle est pure et si ce liquide enlève beaucoup de carbonate potassique. Ce dernier cas arrive-t-il, on doit, après avoir lavé la magnésie avec de l'eau chaude, la faire rougir de nouveau et ensuite la peser.
Lorsqu'on s'est convaincu de la présence de la potasse dans la magnésie, il faut, après avoir pesé cette dernière, la dissoudre dans de l'acide chlorhydrique étendu. Si la magnésie a été précipitée par le carbonate potassique , il reste ordinairement , après la dissolution dans l'acide , une petite quantité d'acide silicique , qu'on recueille sur un filtre , qu'on lave , qu'on fait rougir, qu'on pèse , et dont on déduit le poids de celui de la magnésie , pour obtenir la quantité juste de celle-ci. Cet acide silicique provient, dans presque tous les cas , du carbonate potassique, qu'il est trèsdifficile d'obtenir parfaitement pur de ce mélange.
Quand la liqueur qui contient la magnésie renferme aussi des quantités considérables de chlorure ammonique ou d'autres sels d'ammoniaque, le carbonate potassique ne précipite la totalité de la magnésie qu'après avoir décomposé les sels ammoniques. Mais, pour cela , il faut ajouter un excès de carbonate potassique, chauffer le tout long-temps, jusqu'à la décomposition des sels d'ammoniaque, et ensuite le faire bouillir. Souvent, néanmoins, les opérateurs qui manquent d'habitude se trompent à l'égard de la quantité de carbonate potassique qu'ils doivent employer. Pour voir si l'on en a mis assez, on chauffe la liqueur jusqu'à ce qu'elle ne répande plus l'odeur d'ammoniaque , puis on y ajoute un peu de carbonate potassique ; si alors l'action de la chaleur donne lieu à un nouveau dégagement d'odeur ammoniacale, c'est une preuve qu'il n'y avait point encore assez de carbonate potassique. 11 faut donc continuer ainsi jusqu'à ce que la quantité qu'on ajoute de ce dernier sel ne détermine plus de dégagement d'ammoniaque. Il faut qu'après avoir séparé le carbonate magnésique par la filtra*
tion, et évaporé jusqu'à siccité la liqueur filtrée, l'eau par laquelle on traite le résidu sec de cette dernière bleuisse très-fort»* ment le papier de tournesol rouge. Si la couleur du papier ne change pas, on en conclut qu'on n'a pas employé la quantité de carbonate potassique nécessaire pour décomposer les sels ammonites, et qu'il faut en ajouter encore pour séparer toute la magnésie de la liqueur.
Autrefois , dans ces sortes d'analyses, lorsqu'à près avoir ajouté du carbonate potassique , on avait précipité la magnésie par l'ébullition , on évaporait le tout jusqu'à siccité . sans préalablement séparer cette dernière. On versait de l'eau chaude sur la masse sèche, et on recueillait sur un filtre le carbonate magnésique non dissous. Suivant Bonsdorf , cttlc méthode n'est pas aussi bonne que ce\\e qui \ient d'être indiquée. Il parait effectivement que le carbonate magnésico-potassique dont il a été parlé plus haut se forme aussi à une certaine température , dans la masse soumise à )a dessiccation , par la réaction du carbonate potassique en excès sur \c carbonate magnésique précipité.
Au lieu du carbonate potassique on peut , dans tous les cas , employer la potnsse pure, qui précipite même mieux la magnésie* Mais alors on obtient de la magnésie pure, qui est plus soluble dans l'eau que le carbonate magnésique, quoique, comme ce dernier, elle le soit moins dans l'eau bouillante que dans l'eau froide.
Le carbonate sodique peut être employé avec le même résultat que le carbonate potassique. A la vérité , Mosander a prétendu que ce sel ne convenait pas pour la séparation quantitative de la magnésie , parce qu'il forme , avec le carbonate magnésique , un sel double, qui ne se décompose point quand on fait bouillir la liqueur, et qui est plus soluble encore dans l'eau que le double sel jxjtassique correspondant. Mais Bonsdorf a fait voir depuis que, quand on observe les précautions indiquées précédemment , le carbonate sodique précipite la magnésie tout aussi complètement que k carbonate potassique. On ne peut nier cependant que ces précautions doivent alors être observées avec plus de soin encore , parce que le carbonate sodique a plus de tendance que le carbonate potassique à former avec le carbonate magnésique un sel double peu soluble. Quoi qu'il en soit , le carbonate sodique a ce
grand avantage, qu'étant toujours exempt d'acide si licique il n'en peut mêler à la magnésie précipitée. Aussi cette dernière, quand on la fait rougir après l'avoir précipitée au moyen du carbonate sodique , se dissout-elle ensuite sans résidu dans l'acide chlorhydrique , même lorsqu'on l'a extraite de substances qui contiennent beaucoup de silice.
Une seconde méthode pour précipiter la magnésie de ses dissolutions consiste à employer une dissolution de phosphate sodique, en ajoutant de l'ammoniaque. Peu importe qu'on se serve d'ammoniaque pure ou de carbonate ammoniacal. Après la précipitation , on laisse le tout en repos dans un endroit chaud , pendant long-temps , douze heures au moins. 11 se produit un dépôt de phosphate ammoniaco-magnesique bibasique, qui n'est rassemblé qu'au bout d'un assez long espace de temps , sous la forme d'un précipité cristallin. Ce précipité, quoiqu'il se forme tard, est totalement insoluble dans une liqueur qui tient du phosphate sodique en dissolution , mais il n'est pas insoluble dans l'eau pure. On ne doit donc pas le laver trop long-temps, sans quoi l'eau de lavage se trouble lorsqu'on la mêle à la liqueur préalablement filtrée , qui contient du phosphate sodique; l'habitude seule peut enseigner quand il faut cesser de le laver. Après l'avoir desséché , on le fait rougir, ce qui en chasse l'eau et l'ammoniaque : il ne reste plus que du phosphate magnésique neutre. Une déflagration a lieu pendant qu'on fait rougir le précipité. On calcule d'après les tables combien le phosphate magnésique contient de magnésie.
Le peu de solubilité du phosphate ammoniaco-magnesique bibasique fait que, dans les analyses qui demandent une grande précision, on préfère le carbonate alcalin à la dissolution du phosphate sodique, avec addition d'ammoniaque, pour précipiter la magnésie. Quand on veut arriver promplement au résultat, cette dernière méthode est préférable à l'autre. 11 convient aussi d'y recourir lorsque la liqueur qu'on examine contient beaucoup de sels ammoniques et seulement très-peu de magnésie.
Quand on a précipité la magnésie d'une liqueur, au moyen d'une dissolution de carbonate potassique ou sodique, en observant les précautions qui ont été indiquées, cl qu'on a lavé le précipité ,
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on peut, au Heu d'évaporer à siccité le liquide filtré, avec l'excès de carbonate alcalin, précipiter la petite quantité de magnésie qu'il retient , en y versant une dissolution de phosphate sodique, et y ajoutant ensuite de l'ammoniaque. Cette méthode a l'avantage d'éviter l 'évapora lion de la liqueur jusqu'à siccité. Mais ce qui empêche d'y recourir toujours , c'est que souvent la liqueur, si on n'a pas mis assez de soin, pourrait contenir une quantité considérable de magnésie, qu'on déterminerait avec moins d'exactitude comme phosphate ammoniaco-magnésique que comme carbonate magnésique. Au reste, les opérateurs qui manquent d'habitude doivent toujours , quand ils croient avoir complètement précipité la magnésie d'une liqueur à l'aide du carbonate potassique, essayer cette liqueur par une dissolution de phosphate sodique, avec addition d'ammoniaque , avant de la mettre au rebut.
Comme \\ est déjà fort difficile de déterminer exactement la quantité de la magnésie lorsqu'elle existe seule dans une liqueur, les difficultés augmentent encore beaucoup quand il s'agit de la séparer quantitativement d'autres substances.
M anière de séparer la magnésie de ta cliaux. — Lorsqu'une liqueur contient de la chaux et de la magnésie, il y a, pour séparer ces deux ferres, plusieurs méthodes, parmi lesquelles les suivantes sont celles qu'on emploie le plus fréquemment.
Si la liqueur contenant de la chaux et de la magnésie renferme en outre du chlorure ammonique ou d'autres sels ammoniques, ce qui arrive fort souvent, on l'élend convenablement d'eau, et Von y ajoute ensuite de l'ammoniaque pure , en aussi faible excès que possible cependant. Lorsqu'elle ne contient pas de sels ammoniques, on y ajoute une dissolution de chlorure ammonique. Cependant, si elle est acide, celte addition n'est pas nécessaire non plus , parce qu'il se forme assez de sel ammonique par la saturation avec de l'ammoniaque. L'ammoniaque ne produit pas de précipité quand il y a assez de sels ammoniques. S'il s'en produit un , par défaut d'une suffisante quantité d'un sel ammonique , on le dissout à l'aide d'un acide, par exemple de l'acide chlorhydrique, d Ton sursature de nouveau la liqueur avec de l'ammoniaque, dont l'addition ne détermine plus alors de précipité. Cela fait , on précipite la chaux de la liqueur par l'acide oxalique ou par
l'oxalate amraonique, comme il a élé dil p. 17. La magnésie n'est point précipitée par-là , attendu que la présence des sels ammoniques s'y oppose, quoique l'oxalate magnésique soit par lui-même à peu près insoluble dans l'eau. "Âpres avoir séparé l'oxalate calcique par la ûitration , on précipite la magnésie de la liqueur filtrée, au moyen du carbonale potassique ou sud i que , d'après les méthodes qui ont élé décrites précédemment.
Une aulre méthode, indiquée par R. Phillips et Cooper, est celleci : lorsque la liqueur qu'on analyse, outre de la chaux et de la magnésie, contient encore d'auties principes constituans fixes , comme par exemple des alcalis, on précipite les deux terres par le carbonale potassique ou sodique; puis on verse de l'eau chaude sur la masse sèche , et on lave les carbonates terreux avec de l'eau bouillante. On les sursature ensuite avec ménagement d'acide su^ furique étendu, on évapore le tout à siccilé, et on fait rougir faiblement le résidu sec, dans un creuset de platine taré, afin d'expulser complètement l'acide sulfurique en excès. Si , au contraire , la dissolution ne contient point de principes fixes avec la chaux et la magnésie, et que ces terres y soient combinées avec des acides susceptibles d'être chassés pur l'acide sulfurique, on l'évaporé jusqu'à siccilé, on fait rougir le résidu sec, quand il contient des sels ammoniques , afin de volatiliser ceux-ci , on le traite ensuite par l'acide sulfurique, et on le fait rougir de nouveau , pour chasser l'excès d'acide sulfurique. La masse rougie est pesée et mise en digestion avec une dissolution saturée de sulfate calcique. Celle dissolution ne dissout que le sulfate magnésique, et laisse le sulfate calcique, qu'on lave avec une dissolution saturée de sulfate calcique, jusqu'à ce qu'on croie qu'il ne contient plus de sulfate magnésique. Cela fait, on rougit le sulfate calcique restant, et on le pèse. La différence do poids indique la quantité du sulfate magnésique, et, d'après le poids des sulfates, on calcule la quantité des terres qu'ils contiennent. Celle méthode, qu'on peut employer avec beaucoup d'avanlage dans certains cas, est un peu moins sûre que celle qui a été décrite en premier lieu ; on ne peut pas savoir quand tout le sulfate magnésique est enlevé par le lavage, et môme alors le filtre sur lequel on lave le sulfate calcique reste imbibé d'une dissolution de ce sel, ce qui doit nécessairement augmenter un peu
le poids de celui qu'on obtient. Cest ce qui fait qu'on y a rarement recours.
I3ne troisième méthode pour séparer Tune de l'autre la magnésie et la chaux consiste à les dissoudre toutes deux dans un acide, et de préférence dans l'acide chlorhydrique , puis à verser dans la dissolution acide , d'abord de l'acide su I lu ri que, ensuite assez d'alcool pour que celui-ci soit amené au degré d'un esprit très-faible. Le suJ&le calcique produit, qui est tout-à-fait insoluble dans cette liqueur, est lavé avec de l'alcool aussi faible que de l'eau-de-vie, et qui ne peut ni précipiter le sulfate inagnésiquo , ni non plus dissoudre le sulfate calcique ; la liqueur séparée de ce dernier par ki filtration , est chauffée pendant long-temps, afin d'en chasser l'alcool par l'action d'une faible chaleur , après quoi on en précipite \a magnésie. Si les deux terres étaient contenues dans une liqueur fort étendue , il faudrait concentrer celle-ci par 1 evaporalion, jusqu'à ce que l'alcool qu'on y ajoute formât avec elle un esprit de vin faible. Cependant il est nécessaire que lu liqueur, après l'addition de l'acide sulfurique , ne contienne pas d'autre substance insoluble dans l'alcool affaibli que le sulfate calcique. Celle méthode convient surtout dans le cas où les deux lerresqu'il s agi! de séparer sout combinées avec de l'acide pbosphorique, ou quand la liqueur dans laquelle elles sont dissoutes contient de l'acide pbosphorique. Mais, dans ce cas , il faut , après avoir séparé le sulfate calcique et fait évaporer l'alcool, précipiter la magnésie à
i'état de ohosnhate ammoniaco-ma<rnésiaue bibasiaue
D'autres méthodes propres à séparer la chaux de la magnésie peuvent être passées ici sous silence, attendu qu'elles ne donnent point un résultat aussi certain que celles qui viennent d'être décrites.
Manière de séparer la magnésie de la strontiane et de la baryte. — On n'éprouve aucune difficulté à séparer la magnésie de la strontiane et de la baryte. Ces terres sont-elles contenues dans une liqueur, on précipite la baryte et la strontiane à l'état de sulfates, après quoi, ou bien l'on détermine comme sulfate magnésique la magnésie tenue en dissolution dans la liqueur filtrée, ou bien, par le moyen du carbonate potassique, on la précipite, ainsi qu'il a été dit précédemment. Le sulfate slrontianique n'étant pas aussi
3$ MARCHE DE l'aNALYSE QUANTITATIVE.
complètement insoluble dans l'eau que le sulfate barytiquc , la baryte est beaucoup plus facile à séparer de la magnésie , par cette méthode , que la strontiane.
Manière de séparer la magnésie des alcalis. — 11 est fort difficile de séparer la magnésie des alcalis fixes. On convertit cette terre et l'alcali fixe en sulfates , ce qui peut se faire très-aisément. Si l'alcali et la magnésie sont dissous dans une liqueur qui ne contienne pas d'acide sulfurique, mais dans laquelle il y ait des sels aramoniques, on évapore la dissolution jusqu'à siccité, on fait rougir le résidu jusqu'à ce que les sels ammoniques soient dissipés , et on traite la masse rougie par l'acide sulfurique. Si l'on ajoute de l'acide sulfurique à la liqueur, avant d'avoir dissipé les sels ammoniques, il se produit trop de sulfate ammoni que, dont l'expulsion par la chaleur rouge entraîne presque toujours une perle de la masse restante. Le sulfate alcalin et le sulfate magnésique sont faiblement rougis, pour chasser l'excès d'acide sulfurique. Afin de convertir complètement le bisulfate alcalin en sulfate alcalin neutre , on traite ensuite la masse par une petite quantité de carbonate ammoniacal , ainsi qu'il a été dit p. 2.
Les sulfates neutres alcalin et magnésique sont pesés et dissous dans de l'eau; à la dissolution on en ajoute une d'acétate barytique (qui doit être parfaitement exempt de chlorure barytique) , jusqu'à ce que la tolauté de l'acide sulfurique soit précipitée à l'état de sulfate barylique. On chauffe le tout , on sépare le sulfate barytique par la fillration , on évapore la liqueur filtrée jusqu'à siccité, et l'on fait rougir la masse sèche dans une capsule de platine. Parlà les acétates se convertissent en carbonates , et le carbonate magnésique perd son acide carbonique en totalité ou en partie, suivant que la calcina lion a été plus ou moins forte. On verse de l'eau chaude sur la masse rougie ; ce liquide ne dissout que le carbonate alcalin , et les carbonates barytique et magnésique restent. On sépare la dissolution du carbonate alcalin , par la fillration , de ce résidu, qu'on lave avec de l'eau chaude; le lavage ne doit pas durer trop long-temps , parce que les carbonates barytique et magnésique ne sont point absolument insolubles dans l'eau. La liqueur alcaline est évaporée jusqu'à siccité; on fait rougir le résidu sec, on le pèse, et on le convertit en chlorure méta,Uj
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lique ou en sulfate alcalin , parce qu'il est alors plus facile de le peser.
Les carbonates bary tique et magnésique qui sont restés sans se dissoudre sont dissous dans de l'acide chlorhydrique , et Ton précipite la baryte de la dissolution par le moyen de l'acide sulfurique ; après quoi on sépare le sulfate barytique par la filtration , et on évapore la liqueur jusqu'à siccité. Le résidu sec est rougi au feu et pesé ; il consiste uniquement en sulfate magnésique. Si maintenant on ajoute le poids du sulfate alcalin à celui du sulfate magnésique , la somme doit être égale à celle qu'on avait oblenue avant la séparation des deux corps.
On voit que cette méthode est fort compliquée , et qu'elle ne peut pas donner de résultat d'une exactitude absolue, parce que les carbonates barytique et magnésique ne sont point totalement insolubles dans l'eau.
Au reste , on ne peut l'employer que pour séparer la potasse et la soude de la magnésie , et elle ne saurait servir à isoler la litbine de celte dernière , parce que le carbonate litbique est fort peu soîuble dans Veau. Donc, lorsqu'on n'a que de la lithine seule à séparer de la magnésie, il faut d'abord précipiter cette dernière au moyen d'une dissolution de carbonate sodique, comme il a été dit précédemment , puis filtrer, et précipiter la litbine de la liqueur filtrée , à l'état de phosphate sodico-lithique, ainsi qu'il a été prescrit p. 11.
Liebig a proposé une autre méthode pour séparer la magnésie de la potasse et de la soude. On combine les bases avec de l'acide sulfurique, on rend la dissolution neutre, et on la précipite par une dissolution de sulfure barytique, ce qui sépare toute la potasse ou toute la soude de la magnésie. Les alcalis restent dans la liqueur, à l'état de sulfure potassique ou de sulfure sodique, avec l'excès qu'on a employé de sulfure barytique. On décompose celte liqueur par Vacide sulfurique, on recueille le sulfate barytique sur un filtre, et en taisant évaporer le liquide filtré on obtient le sulfate alcalin. Le meilleur moyen pour extraire la magnésie du précipité produit par le sulfure barytique est d'employer un acitlc, et de pfîférence l'acide sulfurique, puis de filtrer pour avoir à part le
sulfate barylique; on détermine ensuite la magnésie comme sulfate magnésique.
Pour opérer la précipitation, on prend du sulfure barylique cristallisé et lavé avec de l'eau froide , tel qu'il se dépose du liquide chaud par lequel on traite le résidu d'un mélange fortement calciné de sulfate barylique et de charbon.
L'hydrate barylique substitué au sulfure donne le même résultat.
On a moins de peine à séparer les alcalis fixes de la magnésie, lorsque ces bases sont combinées avec de l'acide nitrique. On calcine les nitrates, ce qui peut se faire dans un creuset de platine , en ajoutant un peu de carbonate ammoniacal sec à la masse , après qu'elle a subi la première action de la chaleur, et poussant ensuile le feu avec ménagement. Lorsque la calcination est terminée, on traite le résidu par l'eau , qui dissout les alcalis, à l'état de carbomites, et laisse la magnésie.
Il est également moins difficile d'opérer la séparation quand les alcalis et la magnésie sont combinés avec de l'acide oxalique ou avec un autre acide organique, attendu que, par la calcination , les sels alcalins se convertissent en carbonates, et qu'alors on parvient sans peine à les séparer de la magnésie au moyen de l'eau.
Lorsque les alcalis et la magnésie sont contenus dans une dissolution à l'état de chlorures métalliques , on était autrefois dans l'usage , pour les séparer, d'évaporer la liqueur à siccité , el de faire rougir le résidu sec : l'eau de cristallisation du chlorure magnésique convertissait ce dernier en magnésie, avec dégagement d'acide chlorhydriquo , après quoi on séparait le chlorure alcalin de la magnésie , au moyen de l'eau.
Cette méthode peut souvent être employée avec avantage dans les analyses qualitatives; mais, dans les analyses quantitatives, elle donne des résultats tout-à-fait inexacts; car, môme après une longue calcination , il reste une assez grande quantité de chlorure magnésique non décomposé, qui se dissout dans l'eau avec le chlorure alcalin. La même chose arrive lorsqu'après avoir fait rougir fortement le sel on le traite par de l'alcool fort , qui dissout, comme l'eau , le chlorure magnésique non décomposé, tandis que la magnésie produite reste non dissoute.
Cependant , lorsqu'après avoir mis le mélange de chlorure magnésique el de chlorure alcalin dans un petit creuset de platine, on le fait rougir pendant long-temps sur une lampe à double courant d'air, qu'ensuite on place un petit morceau de carbonate ammoniacal sur la masse, et qu alors on la fait rougir de nouveau avec force , on peut de cette manière , si Ton répète plusieurs fois la calcination avec le sel ammoniacal , et que, chaque fois , avant de procéder à cette calcination , on humecte le sel avec quelques gouttes d'eau , parvenir à convertir la presque totalité du chlorure magnésique en magnésie. Quand la masse, ainsi traitée à plusieurs reprises par le carbonate ammoniacal el l'eau , ne perd plus de son poids , on la soumet à l'action de l'eau , qui enlève le chlorure alcalin, et ne dissout qu'une trace impondérable de magnésie. La magnésie qui reste indissoute , et qui , après avoir été dissoute dans l'acide nitrique , ne donne que d'imperceptibles traces de chlore par la dissolution du nitrate argentique, est pesée. Il est bon , pendant la calcination , de couvrir le creuset , afin de retenir aussi long-temps que possible la vapeur de carbonate ammoniacal, et d'éviter, également autant que possible, l'accès de /'air.
Lorsqu'on opère sur quelques grammes d'un mélange de chlorure magnésique et d'un chlorure alcalin , il faut répéter au moins liait fois le traitement par le carbonate ammoniacal et l'eau. Dans celte méthode, la perte inévitable de chlorure alcalin ne s'élève pas à un pour cent. 11 va sans dire que les chlorures dont on veut opérer la séparation ne coniitunent aucune laa&asgVaride sul/urique. fi V ,v' ;iîK ^\
Quoique le chlorure potassique cj le chlorure sodiqué soionl un peu volatils lorsqu'on les fait rougit au contact de l'air, ijs^e le sont point dès qu'on les tient plongés cfaos une atmosphère de carbonate ammoniacal cl d'eau , en excluant, autant que possible, Vair du dehors. On n'a donc point , sous ce rapport , à craindre qu'il se perde de chlorure alcalin.
Mais on ne peut ainsi séparer le ch'orure lilhique sans perte de chlorure magnésiqne. En traitant la nu.ase rougie par l'eau , celle-ci ne procure qu'environ 93 pour cent de la quantité réelle de chlorure lilhique. la cause en est que, quand on fa t roupie
à plusieurs reprises ce dernier sel avec du carbonate ammoniacal , une partie se convertit en carbonate lilhique , que son peu de solubilité ne permet pas de séparer sûrement de la magnésie. La production du carbonate lilhique est alors bien plus grande que quand on fait rougir le chlorure lilhique seul au contact de l'air.
Comme le chlorure calcique change beaucoup plus que le chlorure lilhique par la calcination avec du carbonate ammoniacal , et qu'il se forme par-là une quantité assez considérable de carbonate calcique , le chlorure calcique ne peut être séparé du chlorure magnésique par les moyens qui viennent d'être indiqués pour opérer la séparation de ce dernier sel et du chlorure potassique ou sodique.