‹ Traité pratique d'analyse chimique suivi de tables, servant, dans les analyses, à calculer la quantité d'une substance d'après celle qui a été trouvée d'une autre substanceChapitre 15 sur 133 · CHAPITRE VHÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VHÎ

Détermination de l'aluminium et de l'alumine. — L'alumine est complètement précipitée de ses dissolutions par l'ammoniaque et le carbonate ammoniacal. Le précipité a un très-grand volume, et on a de la peine à le laver, opération pour laquelle on doit préférer l'eau chaude. 11 se contracte extraordinairement par la dessiccation , et il doit être bien sec avant qu'on puisse le faire rougir et le peser. La calcination demande à être faite avec précaution, parce qu'il arrive quelquefois à l'alumine sèche de décrépiter, ce qui peut entraîner de la perte.

Des deux réactifs qui viennent d'être indiqués , le carbonate ammoniacal est le meilleur pour opérer la précipitation de l'alumine , et on doit toujours y avoir recours quand il n'y a pas nécessité d'éviter la présence de l'acide carbonique. Lors même qu'on précipite une dissolution neutre d'alumine par du carbonate ammoniacal ou par d'autres carbonates alcalins , il se produit une effervescence due à du gaz acide carbonique , parce que cet acide ne se combine point avec l'alumine. Quant à l'ammoniaque pure, elle précipite aussi fort bien l'alumine, et Ton est obligé d'y avoir recours dans un ires-grand nombre de cas où l'on ne peut pas se servir du carbonate ammoniacal ; mais il faut éviter d'en mettre

un très-grand excès dans la liqueur, parce qu'il pourrait résulter delà que des traces d'alumine se dissolvissent; car si Ton sépare ensuite le précipité par la Oltralion , et qu'on chauffe la liqueur filtrée, jusqu'à ce que l'excès d'ammoniaque se soit volatilisé , il se sépare parfois des flocons insignifians, et souvent presque entièrement impondérables , d'alumine.

Il est très-inconvenant de prendre du carbonate potassique ou sodique pour précipiter l'alumine. Ces deux sels précipitent bien i alumine en totalité , mais il est extrêmement difficile, et même presque impossible , d'en séparer les dernières traces de potasse ou de soude par le lavage, ce qui fait qu'en pesant l'alumine on obtient un poids un peu plus fort que celui qu'on devrait avoir. Quand on a été forcé de précipiter l'alumine par le carbonate potassique ou sodique , il faut , dans des analyses quantitatives exactes , recueillir le précipité sur un filtre , le redissoudre dans un acide, par exemple dans de l'acide chlorhydrique, et précipiter de nouveau la terre par le carbonate ammoniacal. L'alumine est un peu soluble dans des dissolutions très-concentrées et bouillantes de carbonate potassique ou sodique.

La nature nous offre l'alumine à un tel état de condensation dans le corindon , que les acides ne peuvent point l'attaquer: elle ne devient môme pas soluble par eux après avoir été fondue avec du carbonate potassique ou sodique. La môme densité appartient à certaines combinaisons naturelles d'alumine avec quelques bases , dans lesquelles la terre joue le rôle d'acide par rapport à ces dernières. Telle est la combinaison de l'alumine avec la magnésie qu'on appelle spinelle. Ces corps ne peuvent ôtre dissous par les acides qu'après avoir été fondus avec de la potasse pure, ou calcinés très-fortement avec du carbonate barytique. Leur décomposition par la potasse pure, ou par la baryte, exige de nombreuses précautions. Le procédé qu'on suit à cet égard est celui qu'on emploie lorsqu'on traite certaines combinaisons siliciques par de ]a potasse pure ou la baryte. Comme il en sera question fort au long lorsque je parlerai plus loin de la détermination quantitative de l'acide silicique , je ne crois pas nécessaire de le décrire ici.

Manière de séparer l'alumine de la magnésie. — Il y a plusieurs méthodes pour séparer l'alumine dç la magnésie. On ajoute à Ut

dissolution de ces deux terres autant d'une dissolution de chlorure ammonique qu'on le croit suffisant pour rendre la magnésie imprécipitable par l'ammoniaque pure. Ensuite on précipite l'alumine au moyen de l'ammoniaque. Si la dissolution des deux terres est acide , il n'est pas nécessaire d'y verser du chlorure ammonique, attendu que la saturation de l'acide par l'ammoniaque donnera naissance à assez d'un sel ammonique pour maintenir la magnésie dissoute après l'addition de l'alcali volatil.

L'alumine est recueillie sur un ûltre et lavée ; il n'y a pas besoin cependant de la laver d'une manière complète , car elle n'est point parfaitement pure, et contient encore un peu de magnésie. Lors môme qu'on a préalablement ajouté une très-grande quantité de chlorure ammonique à la liqueur, on ne saurait éviter la précipitation d'un peu de magnésie , que l'alumine entraîne , suivant toute vraisemblance , en raison d'une affinité chimique

qu'elle a pour elle.

Quand on a fait rougir le précipité obtenu par l'ammoniaque, il ne se dissout pas complètement dans l'acide chlorhydrique ; la magnésie reste indissoute, mêlée avec une certaine quantité d'alumine.

Afin de séparer cette petite quantité de magnésie , il faut traiter l'alumine par la dissolution de potasse pure, tandis qu'elle est encore humide. Le mieux , sons ce rapport , est de mettre le filtre humide, avec l'alumine, dans un verre, et de dissoudre cette dernière dans de l'acide chlorhydrique, en évitant toutefois d'ajouter un trop grand excès de celui-ci. On filtre ensuite la liqueur, ei on lave parfaitement le filtre.

A la dissolution dans l'acide chlorhydrique on ajoute de la dissolution de potasse en excès , et l'on chauffe le tout dans une capsule en porcelaine, ou mieux en platine. L'alumine est dissoute par la lessive potassique , tandis que la petite quantité de magnésie reste sans se dissoudre. La dissolution s'opère môme à froid ; mais il vaut toujours mieux employer le concours de la chaleur, afin que la séparation ait lieu d'une manière plus complète. La petite quantité de magnésie est recueillie sur un filtre et lavée; après quoi on l'introduit, avec le filtre humide, dans de l'acide chlorhydrique, qui la dissout. On lave bien le filtre, et

Von ajoute la dissolution de la petite quantité de magnésie à la liqueur contenant la plus grande partie de cette terre , qu'on a , dans le principe , séparée par la ûltratiou du précipité auquel l'ammoniaque avait donné naissance. En mêlant les deux liqueurs l'une avec l'autre , on réunit la totalité de la magnésie , qu'on détermine ainsi qu'il a été dit dans le paragraphe consacré au dosage de cette terre.

Il reste encore à déterminer la quantité de l'alumine tenue en dissolution par la lessive potassique. On verse dans cette dissolution assez d'acide chlorhydrique pour que l'alumine précipitée au premier moment se redissolve dans un très-léger excès decet acide. L'alumine est ensuite précipitée de la dissolution dans l'acide chlorhydrique par l'ammoniaque , ou mieux par le carbonate ammoniacal. Cette méthode, pour précipiter l'alumine de sa dissolution dans la potasse, est bien préférable à une autre qui coûte moins cher et qu'on emploie ordinairement. Celle-ci consiste à verser une dissolution de chlorure ammonique dans la dissolution alcaline de l'alumine; la potasse se trouve convertie par-là en chlorure potassique, l'alumine se précipite, et l'ammoniaque devient libre. Mais la grande quantité de l'ammoniaque peut faire qu'un peu d'alumine reste en dissolution ; l'alumine entraîne aussi un peu de potasse , d'où résulte une augmentation de poids.

Une autre méthode pour séparer l'alumine de la magnésie pourrait consister à dissoudre les deux terres dans un acide , par exemple dans de l'acide chlorhydrique , en évitant toutefois de mettre un excès de cet acide, à verser dans la dissolution un excès de disso/ufion de potasse pure, et à chauffer le tout; l'alumine se dissoudrait, et la magnésie resterait. Mais, malgré sa brièveté, cette méthode n'est nullement préférable à celle dont je viens de donner la description , parce qu'en présence d'une grande quantité de magnésie, l'alumine ne peut être complètement séparée de cette terre par la potasse. 11 est donc toujours mieux de commencer par séparer de l'alumine la plus grande partie de la magnésie, et ensuite de dissoudre la première de ces deux bases dans de la potasse. Cependant, lorsqu'on n'a que des quantités très-faibles de magnésie à séparer de quantités fort considérables d'alumine, on peut avoir recours à la seconde méthode.

Une troisième méthode pour séparer l'alumi ne de la magnésie» consiste à verser une dissolution de bicarbonate potassique dans la dissolution étendue d'eau de ces deux terres. Il se produit ainsi une vive effervescence ; l'alumine est précipitée complètement, et la magnésie reste dissoute. On lave le précipité avec de l'eau froide. Ordinairement on le sèche ensuite, on le fait rougir, et l'on en détermine la quantité. Cependant j'ai déjà dit qu'il est plus exact, après avoir précipité l'alumine par un sel potassique, de la redissoudre dans de l'acide chlorhydrique, et de la précipiter de cette dissolution au moyen de l'ammoniaque, ou mieux du carbonate ammoniacal. Lors donc qu'on a lavé suffisamment l'alumine précipitée, on met le flltre humide, avec le précipité, dans un verre, on dissout ce dernier dans de l'acide chlorhydrique, on filtre la dissolution, on lave bien le filtre , et on précipite de nouveau l'alumine. Quant à la dissolution de la magnésie , on la fait bouillir pendant long-temps. Durant celte ébullition, il se dégage une quantité considérable d'acide carbonique, ce qui oblige de la faire dans un vase assez spacieux , afin que reffervescence produite par le dégagement du gaz ne donne pas lieu à une perte. Le mieux est de la commencer dans un matras, et quand l'effervescence a cessé on la continue dans une capsule de platine. La plus grande partie de la magnésie se précipite ainsi, à l'état de carbonate magnésique : quant à la petite portion qui ne se précipite pas, même par une ébullition prolongée , on l'obtient soit en évaporant rapidement la liqueur jusqu'à siccité, soiten ayant recours à une dissolution de phosphate sodique avec addition d'ammoniaque.

Le bicarbonate sodique peut servir , au lieu du bicarbonate potassique, pour séparer l'alumine de la magnésie; mais on ne peut employer le carbonate ammoniacal, môme lorsqu'il contient un excès d'acide carbonique.

Manière de séparer l'alumine de la chaux. — On éprouve quelque difficulté à séparer l'alumine de la chaux. La dissolution de ces deux terres est sursaturée avec de l'ammoniaque pure, qui ne précipite que l'alumine seule. Mais il faut observer ici une précaution de la négligence de laquelle pourraient fort souvent résulter de graves erreurs dans des analyses quantitatives. On sait en effet que la chaux n'est point précipitée par l'ammoniaque; cependant lors-

qu'on sursature avec de l'ammoniaque unedissolulion qui contient de la chaux , la liqueur attire l'acide carbonique de l'air au bout d'un laps de temps plus ou moins long, et des cristaux de carbonate calcique , semblables à des grains de sable , se déposent , les • uns au fond du verre, les autres sur ses parois, auxquelles ils adhèrent avec tant de force , que la plupart d'entre eux n'en peuvent être complètement détachés par les moyens mécaniques. La formation plus ou moins rapide de ces cristaux dépend du plus ou moins d'excès de l'ammoniaque, ou du plus ou moins d'eau dont la dissolution se trouve étendue. Par conséquent , lorsqu'on veut séparer l'alumine de la chaux au moyen de l'ammoniaque , il faut éviter de mettre un grand excès de cet alcali ; on doit en outre recueillir aussi promptement que possible, sur un filtre, Vatam'ine qui s'est précipitée, afin qu'il ne s'y môle point de carbonate calcique; il faut enfin, pendant la filtration, tenir l'entonnoir couvert avec une plaque de verre, aGn d'éviter autant que possible le contact de l'air atmosphérique. L'ammoniaque dont on se sert doit être exempte de carbonate ammoniacal , dont celle qui a été conservée pendant long-temps contient toujours une certaine quantité. Pour s'assurer de sa pureté, on l'introduit dans un flacon , avec une dissolution de chlorure calcique ou barytique, et on voit, au bout de quelque temps, si la liqueur est restée claire, ou s'il s'y est produit un léger trouble dû à du carbonate calcique ou barytique.

On verse de l'oxalate ammonique dans la liqueur séparée de l'alumine par la filtration, afin d'en précipiter la chaux. On pèse l'alumine obtenue, après l'avoir fait rougir, puis on verse un peu d'eau dessus, et l'on y ajoute de l'acide chlorhydrique concentré; s'il se produit une efiervescence , on conclut de là qu'elle contient du carbonate calcique. Il faut alors la dissoudre complètement dans l'acide, la reprécipiter de la dissolution, au moyen de l'ammoniaque, en observant les précautions prescrites , et mêler la liqueur filtrée , qui contient une petite quantité de chaux, avec celle qui contient déjà la plus grande partie de celte dernière. Si, après avoir fait rougir l'alumine, on versait immédiatement de l'acide chlorhydrique sur elle , il pourrait souvent arriver qu'il se produisit une légère effervescence, duc à des bulles d'air chassées de la

42 MARCHE DE l' ANALYSE QUANTITATIVE.

lerre par l'acide; on serait exposé à croire que cette effervescence est due à de l'acide carbonique, et en conséquence que l'alumine contient du carbonate calciquc. Mais en versant préalablement de l'eau sur la terre, ce liquide en chasse également l'air, et si ensuite l'acide chlorhydrique donne lieu à une nouvelle effervescence légère, il n'y a plus de doule que celle-ci ne soit due à de l'acide carbonique et qu'en conséquence la terre ne se trouve mêlée avec du carbonate calcique.

Manière de séparer l'alumine de la magnésie et delà chaux. — Lorsqu'on a de l'alumine à séparer de la chaux et de la magnésie, on ajoute ordinairement du chlorure ammonique à la dissolution , et on précipite ensuite l'alumine par le moyen de l'ammoniaque pore, parfaitement exempte de carbonate ammoniacal. Si la dissolulion est très-acide , l'addition du chlorure ammonique n'est point nécessaire, parce que la sursaturation avec l'ammoniaque produit assez de sel ammonique. L'alumine précipitée doit être recueillie eur un filtre avec rapidité et à l'abri du contact de l'air , afin qu'il ne puisse pas s'y mêler de carbonate calcique. On verse de l'oxalate ammonique dans la liqueur filtrée , pour en précipiter la chaux. La liqueur séparée de l'oxalale calcique par la filtraiion contient alors la plus grande partie de la magnésie; une petite partie de cette terre s'est précipitée avec l'alumine. On dissout cette dernière dans une dissolution de potasse pure , comme il a été dit précédemment , et l'on en sépare ainsi la petite quantité de magnésie, qu'on dissout dans de l'acide chlorhydrique. On réunit cette dissolution à la liqueur qui a été séparée par la fillrationdu précipité d'oxalatc calcique 1 et qui contient la plus grande partie delà magnésie. La magnésie est alors précipitée par le moyen du carbonate potassique ou sodique, de la manière qui a été prescrite plus haut.

Une seconde méthode poui séparer ces terres consiste à verser dans la dissolulion une dissolution de bicarbonate potassique ou sodique, à l'aide de laquelle on cherche à précipiter seulement l'alumine, en conservant la chaux et la magnésie dissoutes. I-i liqueur séparée de l'alumine par la filtraiion est évaporée jusqu'à siccité. Lorsqu 'ensuite on traite la masse sèche par de l'eau chaude, il reste du carbonate calcique et du caibonatc magnésique , qu'on sé-.

pare l'un de l'autre par l'une des méthodes qui ont été décrites quand j'ai parlé de la détermination de la magnésie. Dans ce cas , cependant , 1a plus avantageuse des méthodes est celle qui consiste à convertir les deux terres en sulfates, et à les séparer Tune de l'autre pur la dissolution de sulfate calcique.

11 faut encore remarquer, relativement à celte séparation de l'alumine d'avec fa chaux et la magnésie, qu'on ne peut y avoir recours que quand la quantité de chaux est extrêmement peu considérable. Au moyen du bicarbonate potassique, la chaux et lamagnésie sont (ransformées en bicarbonates. Le bicarbonate magnésiq'ie est très-soluble dans l'eau , tandis que le bicarbonate calcique y est fort peu soluble, quoique plus soluble dans l'acide carbonique libre. Ainsi donc, quand la quantité de chaux est un peu considérable, il faut étendre la dissolution de beaucoup d'eau, avant d'y ajouter du bicarbonate potassique , et malgré cette précaution ou a toujours à craindre que l'alumine précipitée ne contienne du carbonate calcique. Si la dissolution contenant les terres est acide jusqu'à un certain point , on n'a pas besoin de recourir à du bicarbonate alcalin pour précipiter la magnésie. Le carbonate neutre, potassique ou sodique, remplit alors le même otïice , parce que l'aci Je carbon ique de celui qu'on verse d'abord se combineavec celui qu'on ajoute ensuite, et convertit ce dernier en bicarbonate.

Manière de séparer t alumine de la strontiane. — Pour séparer l'alumine de Ja strontiane , on se sert de l'ammoniaque pure , de même que pour séparer l'alumine de la chaux. Les mêmes précautions sont également nécessaires dans ce cas. Il faut filtrer trèsrapidement, et à l'abri du contact de l'air, l'alumine précipitée, afin qu'il ne s'y môle point de carbonate strontianique, car les dissolutions de strontiane, lorsqu'elles sont mêlées avec de l'ammoniaque, attirent l'acide carbonique de l'air atmosphérique, comme celles de la chaux le font en pareille circonstance.

Manière de séparer l'alumine de la baryte. — On sépare l'alumine de la baryte par Je moyen de l'acide sulfurique, qui précipite cette dernière. La liqueur étant filtrée, pour obtenir le sulfate barytique à part, on y verse de l'ammoniaque, ou mieux du carbonate ammoniacal, qui en précipite l'alumine.

Manière de séparer l alumine des alcalis. — On sépare l'alumine

des alcalis fixes à l'aide de l'ammoniaque, ou mieux du carbonate ammoniacal, qui précipite la terre. La liqueur ayant été filtrée, on l'évaporc jusqu'à siccilé, puis on fait rougir la masse sèche dans un creuset de platine taré. La calcination dissipe le sel ammonique auquel l'ammoniaque avait donné naissance en s'unissant à l'acide avec lequel l'alumine était combinée, et l'alcali reste avec l'acide auquel il était uni , dans la dissolution , avant d'avoir été séparé de l'alumine. Si l'acide avec lequel l'alumine et l'alcali se trouvaient combinés est de l'acide sulfurique , il faut encore avoir soin, en faisant rougir le sulfate alcalin , de le traiter par du carbonate ammoniacal, ainsi qu'il a été dit p. 2.

Manière de séparer Calamine de la magnésie, de la chaux et des alcalis, — Quand il s'agit de séparer l'alumine de la magnésie, de la chaux et d'un alcali fixe, ce qui arrive souvent, surtout dans les analyses de substances minérales, on commence par ajouter du chlorure ammonique à la dissolution de ces substances, après quoi on y verse de l'ammoniaque pure, qui précipite l'alumine, avec un peu de magnésie. Si la dissolution est très-acide, on n'a pas besoin d'ajouier de chlorure ammonique. On filtre rapidement, afin qu'il ne se môle point de carbonate calcique au précipité. La chaux est précipitée de la liqueur filtrée par le moyen de l'oxalate ammonique. On sépare ensuite la petite quantité de magnésie qui s'est précipitée en même temps que l'alumine, à l'aide d'une dissolution de potasse, et on la dissout dans un acide. La dissolution peut être ajoutée à la liqueur qu'on a séparée de l'oxalate calcique par la filtration ; cependant, comme il serait possible qu'elle contînt un peu d'alcali, mieux vaut la précipiter comme phosphate ammonico-magnésique. On évapore jusqu'à siccité la liqueur qui a été séparée de la chaux, et l'on ajoute la dissolution à la liqueur qui a été séparée de l'oxalate calcique par la filtration. On évapore celle liqueur jusqu'à siccité, et on fait rougir la masse sèche, afin de dissiper les sels ammoniques ; puis on ajoute avec circonspection de l'acide sulfurique, on chauffe le tout, et on finit par le faire rougir doucement. Quant à séparer le sulfate magnésique du sulfate alcalin, on s'y prend pour cela comme il a été dit précédemment , p. 32. Lorsque la dissolution ne contenait que de l'acide chlorhydrique et point d'acide sulfu*

cujcimtTlf. 45

rique , ou d'autre acide, la séparalion peut avoir lieu au moyen de la méthode décrite p. 34.

Page 1